Femme politique française, avocate et haute fonctionnaire, Marie-France Garaud fut la conseillère de l'ombre du président Georges Pompidou puis du Premier ministre Jacques Chirac. Candidate souverainiste à l'élection présidentielle de 1981, elle siégea au Parlement européen de 1999 à 2004.
Née Marie-Françoise Quintard à Poitiers, elle obtient en 1954 des diplômes d'études supérieures en droit privé, droit public et histoire du droit de l'université de Poitiers. Inscrite au barreau de Poitiers la même année, elle bifurque vers la haute administration en devenant attachée juridique au ministère de la Marine de 1957 à 1960. Sa carrière politique démarre en 1961 quand Jean Foyer, son ancien professeur de droit nommé ministre de la Coopération, la recrute comme attachée parlementaire. Elle suit Foyer place Vendôme quand il devient garde des Sceaux et y noue une amitié durable avec Simone Veil. En 1967, le conseiller du Premier ministre Georges Pompidou, Pierre Juillet, l'embauche à Matignon. Elle suit Pompidou dans la préparation de la présidentielle de 1969 et coécrit, sous le pseudonyme de Gérard Aubray, un ouvrage destiné à façonner son image de candidat.
À l'Élysée à partir de 1969, elle partage un bureau de conseillère avec Pierre Juillet et agit comme négociatrice en première ligne, le tandem prenant sous son aile le jeune Jacques Chirac. En 1973, l'hebdomadaire américain Newsweek la désigne comme la femme la plus puissante de France. Lors de la campagne de 1974, elle et Pierre Juillet manœuvrent pour écarter Jacques Chaban-Delmas et favoriser le ralliement à Valéry Giscard d'Estaing, qui la fait nommer conseillère référendaire à la Cour des comptes le 4 mai 1974. Conseillère officieuse de Chirac à Matignon, elle inspire avec Pierre Juillet l'appel de Cochin de décembre 1978 contre l'UDF. Après l'échec relatif du RPR aux européennes de 1979, elle s'éloigne de l'entourage de Chirac.
1934 : naissance le 6 mars à Poitiers (Vienne)
1954 : diplômée de l'université de Poitiers, inscription au barreau de Poitiers
1959 : mariage avec Louis Garaud le 28 décembre
1961 : entrée en politique comme attachée parlementaire de Jean Foyer
1967 : recrutement à Matignon par Pierre Juillet
1973 : désignée par Newsweek comme la femme la plus puissante de France
1974 : nomination à la Cour des comptes le 4 mai
1978 : rédaction avec Pierre Juillet de l'appel de Cochin
1981 : candidature à l'élection présidentielle, 1,33 % des voix
1982 : fondation de l'Institut international de géopolitique
1992 : engagement contre le traité de Maastricht aux côtés de Philippe Séguin
1999 : élection au Parlement européen sur la liste Pasqua - de Villiers
2002 : avocate au Conseil d'État et à la Cour de cassation
2004 : Grand-croix de l'ordre d'Isabelle la Catholique (Espagne)
2024 : décès le 22 mai à Saint-Pompain (Deux-Sèvres) à 90 ans
Marie-Françoise Quintard est la fille de Marcel Quintard, avoué et conseiller général de la Vienne, issu d'une famille de notables poitevins. Elle suit une scolarité religieuse à Poitiers, où elle étudie le latin, le grec ancien et le piano avant d'intégrer la faculté de droit. Le 28 décembre 1959, elle épouse Louis Garaud (1929-2001), avocat aux conseils et fils du juriste Marcel Garaud, professeur de droit à Poitiers et originaire de L'Absie. Le couple acquiert le château des Moulières à Saint-Pompain, dans les Deux-Sèvres. De cette union naissent deux fils, Jean-Yves et Christophe Garaud, et plusieurs petits-enfants, dont Charlotte, Marie-Astrid, Florent et Clara Garaud.
Liée d'amitié à Simone Veil rencontrée dans les cabinets de Jean Foyer, elle entretient un partenariat politique étroit avec Pierre Juillet pendant près de quinze ans. Mendésiste dans sa jeunesse, elle vote contre la Ve République en 1958 avant d'évoluer vers le gaullisme puis le souverainisme, proche du Club de l'horloge. Elle préside à partir de 1982 l'Institut international de géopolitique, qui publie la revue trimestrielle Géopolitique. Atlantiste en 1981, elle soutient la Serbie face à l'OTAN durant la guerre du Kosovo et milite pour le rétablissement de la peine de mort.
Marie-France Garaud est morte le mercredi 22 mai 2024 à 90 ans, à son domicile du château des Moulières à Saint-Pompain (Deux-Sèvres). La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille, l'annonce étant faite par son fils Jean-Yves Garaud à l'Agence France-Presse. Ses obsèques, célébrées dans la stricte intimité familiale, se sont tenues le samedi 25 mai 2024 à 16 heures en l'église de Saint-Pompain, suivies de son inhumation au cimetière communal. Le président de la République Emmanuel Macron lui a rendu hommage par un communiqué officiel diffusé sur le site de l'Élysée le 24 mai 2024. Le quotidien Le Monde, sous la plume de Michel Noblecourt, et Le Figaro, par Guillaume Tabard, ont publié des nécrologies développées.
Marie-France Garaud repose au cimetière communal de Saint-Pompain, dans les Deux-Sèvres, à proximité du château des Moulières où elle a passé une partie de sa vie aux côtés de son mari Louis Garaud, décédé en 2001.
1 - Pour préparer l'élection présidentielle de 1969, elle coécrit avec Pierre Juillet un livre destiné à façonner l'image publique de Georges Pompidou, Georges Pompidou, un portrait, signé du pseudonyme commun Gérard Aubray.
2 - Selon le communiqué de l'Élysée publié à son décès, elle avait l'habitude, dans son Poitou natal, de récolter des noix et d'élever des moutons entre deux opérations politiques au sommet de l'État.
3 - Sa campagne présidentielle de 1981 fut en partie financée par l'investisseur britannique Sir Arthur Forbes, gestionnaire d'intérêts du groupe pétrolier Texaco et du biscuitier Nabisco.
4 - Pour obtenir les 500 parrainages nécessaires à sa candidature en 1981, elle fut indirectement aidée par François Mitterrand, qui chargea Daniel Vaillant de pousser des maires socialistes à les lui accorder, avec l'accord du Premier secrétaire Lionel Jospin.
5 - Elle déclara avoir voté blanc à toutes les élections depuis 1981, à une exception près : en 2017, elle reporta sa voix sur Marine Le Pen, qu'elle qualifia dans une interview au Figaro de seule candidate à ne pas être « pieds et poings liés devant les Allemands ».
6 - Après le décès de son mari Louis Garaud en 2001, elle reprit son cabinet d'avocat aux conseils et exerça personnellement au Conseil d'État et à la Cour de cassation du 4 janvier 2002 au 31 juillet 2003.
- Métier(s) : avocate, haute fonctionnaire, femme politique
- Résidence principale : Saint-Pompain (Deux-Sèvres), château des Moulières
- Relations de couple : mariée à Louis Garaud (1929-2001) le 28 décembre 1959
- Enfants : Jean-Yves et Christophe Garaud
- Distinctions : Grand-croix de l'ordre d'Isabelle la Catholique (Espagne, 2004)
« L'Europe est un berceau vide où il n'y a pas d'enfant. »
— Interview au Figaro, 2 avril 2017, propos recueillis par Emmanuel Galiero
« Mitterrand a détruit la Ve République par orgueil, Valéry Giscard d'Estaing par vanité et Jacques Chirac par inadvertance. »
— Émission télévisée, France 2, 16 mai 2006
« Je pensais que Jacques Chirac était du marbre dont on fait les statues, il est en fait de la faïence dont on fait les bidets. »
— Le Canard enchaîné, 2 décembre 1985
Je croyais que Chirac était du marbre dont on fait les statues. En réalité il est de la faïence dont on fait les bidets.
« L'Europe est un berceau vide où il n'y a pas d'enfant. »
— Interview au Figaro, 2 avril 2017, propos recueillis par Emmanuel Galiero
« Mitterrand a détruit la Ve République par orgueil, Valéry Giscard d'Estaing par vanité et Jacques Chirac par inadvertance. »
— Émission télévisée, France 2, 16 mai 2006
« Je pensais que Jacques Chirac était du marbre dont on fait les statues, il est en fait de la faïence dont on fait les bidets. »
— Le Canard enchaîné, 2 décembre 1985
Je croyais que Chirac était du marbre dont on fait les statues. En réalité il est de la faïence dont on fait les bidets.