Cette année marque le 10ᵉ anniversaire de sa disparition.
Michel Galabru, acteur français né le 27 octobre 1922 à Safi (Maroc) et mort le 4 janvier 2016 à Paris, a tourné dans plus de deux cent cinquante films et téléfilms en soixante-dix ans de carrière, tout en restant, selon ses propres mots, plus attaché au théâtre qu'au cinéma.
Michel Louis Edmond Galabru naît au Maroc où son père, Paul Galabru, ingénieur diplômé de l'École nationale des ponts et chaussées, supervise la construction du port de Safi. La famille regagne la France, et l'enfant grandit principalement à Le Bousquet-d'Orb, dans l'Hérault, puis passe quelques années au Havre. Élève renvoyé de sept établissements, il fréquente successivement le collège Saint-François-Régis et le lycée Pierre Rouge à Montpellier, puis le lycée jésuite Saint-Louis-de-Gonzague à Paris. Obéissant à l'injonction paternelle, il entame une année de droit avant d'y renoncer. Requis par le Service du travail obligatoire en 1942, il est envoyé comme ouvrier à Klagenfurt en Autriche, puis comme forgeron en Yougoslavie. Accusé de sabotage, il est emprisonné dans un camp disciplinaire dont il est libéré par les partisans yougoslaves. De retour à Paris après la guerre, il prépare le Conservatoire national d'art dramatique, où il obtient un premier prix dans la classe de Denis d'Inès, promotion 1950. Il est alors engagé à la Comédie-Française, où il interprète Molière, Shakespeare, Marivaux, Feydeau et Courteline pendant sept ans, jusqu'en 1957. Il y lie des amitiés durables avec Jean-Paul Belmondo, Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle.
La renommée cinématographique arrive en 1962 avec La Guerre des boutons d'Yves Robert, puis avec Le Gendarme de Saint-Tropez de Jean Girault en 1964, aux côtés de Louis de Funès. Il incarne l'adjudant Gerber dans la totalité des six films de la saga, qui totalisent trente-cinq millions d'entrées en France. De Funès, qui l'apprécie et le considère comme un nouveau Raimu, obtient que son nom figure au-dessus du titre. Galabru devient un acteur omniprésent du cinéma comique français, tournant sous la direction de Jean Girault, Jean-Pierre Mocky, Georges Lautner, Bertrand Blier et Claude Zidi dans des comédies comme Le Viager, La Cage aux folles, Les Sous-doués, Le Grand Bazar, Flic ou Voyou et Papy fait de la résistance. En 1976, Bertrand Tavernier lui confie le rôle de l'assassin Joseph Bouvier dans Le Juge et l'Assassin, face à Philippe Noiret. Cette composition lui vaut le César du meilleur acteur à la deuxième cérémonie, en 1977. En 1990, il interprète Monglat dans Uranus de Claude Berri, aux côtés de Gérard Depardieu et Jean-Pierre Marielle, ce qui lui vaut une nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle. En 1985, il apparaît dans Subway de Luc Besson, obtenant une nouvelle nomination dans la même catégorie. En 1999, il tient le rôle d'Abraracourcix dans Astérix et Obélix contre César de Claude Zidi, qui récolte neuf millions d'entrées en France.
1922 : naissance le 27 octobre à Safi, Maroc.
1942 : envoyé en camp de travail à Klagenfurt, puis en Yougoslavie au titre du Service du travail obligatoire.
1950 : premier prix au Conservatoire national d'art dramatique ; engagement à la Comédie-Française.
1951 : début au cinéma avec Ma femme, ma vache et moi de Jean Devaivre.
1957 : quitte la Comédie-Française après sept ans de pensionnariat.
1962 : rôle du père de Bacaillé dans La Guerre des boutons d'Yves Robert.
1964 : révélation au grand public avec Le Gendarme de Saint-Tropez de Jean Girault.
1977 : César du meilleur acteur pour Le Juge et l'Assassin de Bertrand Tavernier.
1984 : rachat et reconstruction du conservatoire Maubel, qui devient le théâtre Montmartre-Galabru.
1985 : achat du théâtre de Dix Heures, confié à son fils Jean Galabru.
1999 : rôle d'Abraracourcix dans Astérix et Obélix contre César de Claude Zidi, film le plus vu en France cette année-là.
2008 : Molière du meilleur comédien pour Les Chaussettes - opus 124, à 85 ans.
2011 : Prix du Brigadier pour l'ensemble de sa carrière ; Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres ; Grande médaille de vermeil de la Ville de Paris.
2013 : élevé à la dignité de grand officier de l'ordre national du Mérite.
2016 : décès le 4 janvier à Paris à l'âge de 93 ans.
Michel Galabru est le fils de Paul Galabru (1892-1988), ingénieur des ponts et chaussées, et d'Yvonne Payré (1895-1979). Il a deux frères : Jean, l'aîné, mort à 18 ans de la tuberculose, et Marc Galabru (1929-2014), médecin à Troyes. Michel Galabru épouse Anne Jacquot en 1951 et a avec elle deux fils : Jean Galabru (né en 1960), comédien et metteur en scène, et Philippe (né en 1970). Il rencontre ensuite Claude Etevenon (1943-2015), ancienne juge d'instruction, avec laquelle il a une fille, Emmanuelle Galabru (née en 1976). Sa petite-fille Sophie Galabru est philosophe. Il ouvre le théâtre Montmartre-Galabru en 1984 pour sa fille Emmanuelle, et acquiert le théâtre de Dix Heures en 1985 pour en faire un tremplin pour les jeunes auteurs, sous la direction de Jean Galabru.
Ami de longue date de Jean-Paul Belmondo, Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle, rencontrés à la Comédie-Française, Galabru entretient également une amitié professionnelle durable avec Bertrand Tavernier et Philippe Noiret, retrouvés dans plusieurs films. Au milieu des années 1980, il crée les Estivales de Malaucène, dans le Vaucluse, festival réunissant plus de cinquante mille spectateurs par édition pendant huit ans, avec des amis comme Rosy Varte et Micheline Dax. Passionné de théâtre classique, il affectionne particulièrement les oeuvres de Marcel Pagnol et met en scène La Femme du boulanger à la Comédie des Champs-Élysées en 1998. Il donne également des cours de théâtre au théâtre Montmartre-Galabru, au théâtre des Variétés et au théâtre du Gymnase à partir du début des années 1980.
Michel Galabru meurt dans son sommeil le 4 janvier 2016 à Paris, à l'âge de 93 ans, de causes naturelles. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille. Il avait été affecté par le décès de son frère Marc en octobre 2014 et par celui de son épouse Claude Etevenon en 2015. Les obsèques sont célébrées le 12 janvier 2016 en l'église Saint-Roch à Paris, en présence de la ministre de la Culture Fleur Pellerin, du cinéaste Bertrand Tavernier, de Line Renaud et de Jean-Pierre Marielle, parmi de nombreuses personnalités du monde du spectacle. Après incinération dans l'intimité, ses cendres sont inhumées au cimetière de Montmartre. Arte déprogramme sa grille pour diffuser Le Juge et l'Assassin en hommage, et le prix d'interprétation du Festival du film de comédie de l'Alpe d'Huez reçoit son nom en 2016.
Les cendres de Michel Galabru sont inhumées au cimetière de Montmartre à Paris, dans la 32e division, aux côtés de son épouse Claude Etevenon. Leur amie Jacqueline Jehanneuf les rejoint dans le même caveau à sa mort en 2018. À l'occasion du centième anniversaire de sa naissance, en 2022, le musée de la Gendarmerie et du Cinéma de Saint-Tropez lui consacre une exposition retraçant sa carrière.
1 - Renvoyé de sept établissements scolaires, Galabru s'en amusait en citant Sacha Guitry, viré de douze : « Ça prouve bien qu'il avait plus de talent que moi. » C'est d'ailleurs la carrière de Guitry, cancre comme lui, qui lui donne envie de devenir comédien.
2 - Lors d'une représentation du Voyage de Monsieur Perrichon au festival de Ramatuelle en 2009, une délégation de quatre gendarmes de la brigade de Saint-Tropez monte sur scène après le spectacle pour lui remettre officiellement un képi d'adjudant et le titre honorifique d'adjudant d'honneur de la gendarmerie nationale.
3 - De Louis de Funès, Galabru révèle que le producteur de la saga du Gendarme disait au réalisateur : « Tu me prends de Funès, et je ne veux que des ringards autour. » C'est pourtant de Funès lui-même qui obtient que le nom de Galabru apparaisse au-dessus du titre, pratique selon lui rarissime pour un second rôle.
4 - En 1990, Galabru confie au Monde avoir tourné environ cent cinquante à cent soixante films alimentaires, dont certains d'une seule demi-journée, précisant avoir en outre joué huit films gratuitement, allant parfois jusqu'à payer son propre costume.
5 - Pendant la Seconde Guerre mondiale, envoyé en Yougoslavie comme forgeron par le STO alors qu'il n'avait pas les qualifications déclarées, il est accusé de sabotage et emprisonné dans un camp disciplinaire, dont il est libéré par les partisans de Tito.
- Métier(s) : acteur, metteur en scène, directeur de théâtre
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Anne Jacquot (épouse, 1951), Claude Etevenon (seconde compagne, décédée en 2015)
- Enfants : Jean Galabru (né en 1960), Philippe (né en 1970), Emmanuelle Galabru (née en 1976)
- Distinctions : César du meilleur acteur (1977), Molière du meilleur comédien (2008), Prix du Brigadier (2011), Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres (2011), Chevalier de la Légion d'honneur (2000), Grand officier de l'ordre national du Mérite (2013)
« Premier prix, seconds rôles, troisième couteau. Ma vie est un podium. »
— Perles de Michel Galabru, éditions Leduc
« À 87 ans, je suis au bord du trou, et je me dis c'est dommage, je commence à comprendre mieux mon métier. »
— Interview citée par dicocitations.com / citation-celebre.com (source primaire précise non identifiée)
« Le cinéma, c'est fait pour gagner de l'argent. Le théâtre, c'est l'art du comédien ; le cinéma celui du metteur en scène. »
— Figaro magazine, 10 avril 2009
« Ces films auxquels vous pensez, je les appelle des ménages. Dans notre jargon, faire un ménage signifie qu'on n'est pas vraiment impliqué, on passe chercher le chèque. »
— Le Monde, décembre 1990
« Je n'ai pas trouvé ma place au cinéma. Je suis connu parce que j'étais à côté de Louis de Funès, mais sinon, personnellement, je n'ai pas fait une très bonne carrière cinématographique. »
— Interview La Nouvelle République (source citée par Wikipédia)
Se faire incinérer, c'est choisir un coin fumeur.
Premiers prix, second rôles, troisième couteau. Ma vie est un podium.
Le cachet de la poste fait toujours foi. Celui du comédien fait souvent pitié.
Il faut faire très attention aux femmes. C'est encore plus traître que l'alcool.
Je crois que l'homme est souvent pardonnable de sa muflerie ! Elles font tout pour...
Une vie, c'est 70, 80 sapins de Noël. Remarquez, quelquefois il suffit d'un platane...
On a coutume de dire: tout est politique. Non. Tout est théâtre, surtout la politique.
La sénilité ne m'inquiète pas: le jour où j'en souffrirai, je ne m'en rendrai pas compte!
Je suis bien placé pour le savoir: au cinéma, le critique, c'est le juge et l'assassin...
Avant de traiter quelqu'un de con, il vaut mieux réfléchir: on l'est, peut-être, plus que lui.
Adam aurait été homo, la face du monde en eût été changée. Et Eve se serait foutue de sa pomme.
Il ne buvait pas, il ne fumait pas, il ne mangeait pas et il est mort très jeune, ça lui apprendra.
Il faut toujours voter pour le candidat qui fait le moins de promesses: à l'arrivée, on est moins déçu!
J'ai un truc pour se souvenir à vie de la date d'anniversaire de sa femme: il suffit de l'oublier une fois !
Un acteur monte une pièce, un critique descend un film. Et quand il se croisent, il n'y a jamais de renvoi d'ascenseur.
On ne voit pas l'utilité de faire tomber les feuilles des arbres pour faire repousser les mêmes quelques mois plus tard.
L'amour, c'est une question d'éclairage. on voit d'abord le côté lumineux et puis, avec le temps, les ombres apparaissent.
Si les adultes demandent toujours aux enfants ce qu'ils veulent faire quand ils seront grands, c'est qu'ils cherchent des idées.
J'ai toujours séparé les choses bestiales des sentiments. Je suis comme Cyrano de Bergerac: j'aime en silence. J'ai peur de l'échec.
Le médecin m'a conseillé le jogging. Il m'a dit que je gagnerai des années de vie. Il avait raison. Je me sens plus vieux de dix ans.
Sur scène, j'aime ouvrir grand la bouche pour avaler d'un coup tous les rires du public. C'est mon repas préféré. Jamais d'indigestion.
Avoir eu l'idée géniale et saugrenue de faire pénétrer un organe ridicule dans une fente douteuse est une preuve formelle de l'existence de Dieu.
Ce que la vie m'a appris? Que ce soit à la banque, à la poste, au supermarché ou au péage, c'est toujours la file la plus courte qui avance le moins vite.
L'autre fois, je me suis vu mourir à la télévision et je me suis trouvé très bien. J'avais les larmes aux yeux; non pas de mourir, mais d'avoir été si bon.
En plus je n'étais pas beau. Je ne pouvais pas arriver par les femmes. Je n'étais pas comestible! C'est un gros handicap de ne pas être regardé par les femmes.