Mustafa Kemal Pacha (en turc ottoman : مصطفى كمال پاشا, en turc : Mustafa Kemal Paşa), appelé Atatürk à partir de 1934, est un militaire et homme d'État turc né à Thessalonique en 1881 (officiellement le 19 mai) et mort à Istanbul le 10 novembre 1938. Il est le fondateur et premier président de la république de Turquie de 1923 à sa mort.
Il s'illustre en 1911-1912 lors de la Guerre de Libye pendant laquelle il est blessé à l’œil gauche, puis lors de la Première Guerre mondiale, pendant laquelle il devient un héros national en contribuant à la victoire inattendue sur la Triple-Entente lors de la bataille des Dardanelles (1915). Durant l'occupation alliée de l’Empire ottoman, il refuse de voir l'empire démembré par le traité de Sèvres. Accompagné de partisans, il se révolte contre le gouvernement impérial du sultan et crée un deuxième pouvoir politique à Ankara. C'est de cette ville qu'il mène la résistance puis la guerre contre les occupants alliés lors de la guerre d'indépendance turque.
Sous son ordre, les forces turques de Kâzım Karabekir et de Ali Saip Ursavaş vainquent les armées arméniennes et françaises. Il défait ensuite sous son commandement les armées grecques qui occupent la ville et la région d’Izmir, la Thrace orientale et des îles de Gökçeada, Bozcaada, et Cunda en mer Égée. Après la bataille de la Sakarya d'août à septembre 1921, la Grande Assemblée nationale de Turquie lui donne le titre de « Gazi » (« Le Victorieux »). Il parvient à repousser définitivement les armées grecques hors de Turquie. À la suite de ces victoires, les forces alliées s’engagent à quitter le pays.
Inspiré par la Révolution française, il profite de ce qu’il considère comme une trahison du sultan Mehmed VI lors de l'armistice de Moudros de 1918 pour mettre un terme à son règne le 1er novembre 1922.
Un an après la guerre d'indépendance turque, en octobre 1923, il déplace la capitale à Ankara, puis ce même mois, la Grande Assemblée nationale de Turquie proclame la République et il devient ainsi le premier président de la république de Turquie. Il occidentalise le pays à travers plusieurs réformes radicales dans une volonté farouche de rupture avec le passé impérial ottoman et islamique. Ainsi, il inscrit la laïcité dans la nouvelle constitution (en) adoptée en 1924, supprime l'islam en tant que religion officielle, tout en continuant de l'encadrer par le pouvoir étatique, abolit les instances chariatiques, donne le droit de vote aux femmes, et remplace l’alphabet arabe par l’alphabet latin. Sous sa présidence autoritaire dotée d'un parti unique, la Turquie a mené une révolution sociale et culturelle sans précédent généralement appelée « révolution kémaliste ». Le 24 novembre 1934, l'Assemblée lui donne le nom d’« Atatürk », mot-à-mot le « Le père des Turc », au sens de « Turc comme l’étaient les anciens », « Ata » voulant dire Père.
Il meurt d’une cirrhose à l’âge de 57 ans. Au cours de funérailles nationales, il est enterré au musée ethnographique d’Ankara. Il repose aujourd’hui dans le mausolée dit de l’Anıtkabir à Ankara.