Résumé biographique

Figure marquante de la Révolution française, Olympe de Gouges s’imposa comme l’une des premières femmes de lettres engagées pour l’égalité des sexes et des droits civiques, autrice de la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » et pionnière du féminisme moderne.


Parcours

Née Marie Gouze le 7 mai 1748 à Montauban, Olympe de Gouges est la fille d’Anne-Olympe Mouisset et de Pierre Gouze, boucher de la ville. Selon certaines sources, elle serait la fille naturelle de Jean-Jacques Lefranc de Pompignan (information non confirmée selon les sources disponibles). Mariée à 17 ans à Louis-Yves Aubry, elle devient veuve à 18 ans et s’installe à Paris vers 1770. Sous le nom d’Olympe de Gouges, elle s’introduit dans les milieux littéraires et philosophiques, écrivant pour le théâtre et les salons. Autodidacte, elle se forge une pensée indépendante, nourrie de Rousseau et des Lumières, et milite très tôt pour l’éducation des femmes et l’abolition de l’esclavage.

En 1784, elle fait représenter « Zamore et Mirza ou l’esclavage des Noirs », pièce dénonçant la traite négrière. Pendant la Révolution, elle prend la plume pour défendre la justice sociale et les droits civiques, rédigeant de nombreux textes politiques, dont sa célèbre « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » (1791). Ce manifeste, adressé à l’Assemblée nationale, réclame l’égalité juridique, politique et économique entre les sexes. Elle s’oppose ensuite à la Terreur et plaide pour un gouvernement démocratique modéré, fondé sur la raison et la tolérance. Ses positions la placent dans la ligne de mire des montagnards. Arrêtée en 1793, elle est condamnée à mort pour ses écrits politiques.


Controverse

Olympe de Gouges a suscité de vifs débats dès son époque. Admirée par les partisans de la liberté d’expression, elle est décriée par les révolutionnaires radicaux pour son opposition à la Convention montagnarde et sa défense de Louis XVI. Son pamphlet « Les Trois Urnes » (1793), proposant un référendum sur la forme du gouvernement, est considéré comme un acte contre-révolutionnaire. Emprisonnée en juillet 1793, elle est jugée sommairement et exécutée le 3 novembre 1793. Après sa mort, son œuvre est longtemps marginalisée avant d’être redécouverte et reconnue au XXe siècle comme fondatrice de la pensée féministe moderne.


Repères de carrière

1770 : Installation à Paris après son veuvage ; adoption du nom d’Olympe de Gouges.
1784 : Création de « Zamore et Mirza ou l’esclavage des Noirs » au Théâtre-Français.
1788 : Publication de plusieurs brochures abolitionnistes et sociales, dont « Réflexions sur les hommes nègres ».
1791 : Rédaction et publication de la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ».
1792 : Plaidoyer pour le droit au divorce et la reconnaissance des enfants naturels.
1793 : Publication de « Les Trois Urnes ou le Salut de la Patrie » ; arrestation et exécution à Paris.


Vie personnelle et engagements

Olympe de Gouges naît dans un milieu provincial modeste. Mariée jeune et rapidement veuve, elle choisit de vivre librement et d’élever seule son fils, Pierre Aubry. Elle se forme elle-même à la lecture et à la philosophie, puis s’engage dans les débats publics de la fin de l’Ancien Régime. Dans ses écrits et ses discours, elle réclame la reconnaissance politique des femmes, l’égalité devant la loi et la fin de la dépendance économique féminine. Son engagement s’étend à la lutte contre l’esclavage et les injustices sociales, préfigurant les grands combats humanistes du XIXe siècle.

Elle fréquente les salons intellectuels parisiens où se côtoient écrivains et philosophes, soutient les réformes modérées de 1789 et s’oppose aux violences révolutionnaires. Elle revendique la liberté d’opinion pour les femmes et dénonce l’exclusion de celles-ci de la citoyenneté active. Fidèle à ses idéaux, elle continue de publier jusqu’à son arrestation en 1793, refusant d’abjurer ses écrits. Sa mort prématurée symbolise les dangers encourus par les femmes engagées dans la sphère politique à la fin du XVIIIe siècle.


Lieu de mémoire

Exécutée le 3 novembre 1793 à Paris, Olympe de Gouges est guillotinée place de la Révolution, actuelle place de la Concorde. Aucun lieu d’inhumation certain n’est identifié. Son nom n’est pas inscrit au Panthéon, bien que plusieurs campagnes publiques aient plaidé pour sa panthéonisation depuis la fin du XXe siècle. En 2016, un buste d’Olympe de Gouges a été inauguré à l’Assemblée nationale, première représentation féminine permanente dans l’hémicycle.


Contexte du décès

Olympe de Gouges est arrêtée en juillet 1793 pour ses écrits jugés hostiles au Comité de salut public. Incarcérée à la Conciergerie, elle rédige jusqu’à la veille de son exécution des lettres défendant sa loyauté à la République. Le Tribunal révolutionnaire la condamne à mort le 2 novembre 1793. Elle est guillotinée le lendemain, à l’âge de 45 ans, sans défense légale, marquant l’un des épisodes les plus tragiques de la Terreur.


Anecdotes

1 - Sa « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » (1791) est adressée à Marie-Antoinette, dans l’espoir d’en faire une protectrice des droits féminins, sans obtenir de réponse.
2 - En 1784, sa pièce « Zamore et Mirza », censurée par la Comédie-Française, est l’une des premières œuvres théâtrales à dénoncer la traite négrière et à prôner l’égalité entre les peuples.
3 - Elle proposa la création d’une maternité nationale et d’un système d’aide aux mères célibataires, préfigurant les politiques sociales modernes en faveur des femmes.
4 - Lors de son procès, elle déclara : « Si la femme a le droit de monter sur l’échafaud, elle doit avoir celui de monter à la tribune », phrase devenue symbole du féminisme politique.


Points clés

- Métier(s) : écrivaine, dramaturge, essayiste, militante politique
- Résidence principale : Paris
- Relations : Louis-Yves Aubry (époux, décédé en 1766)
- Enfants : Pierre Aubry (né en 1766)
- Distinctions : buste installé à l’Assemblée nationale (2016) ; symbole historique du féminisme républicain