Naissance
Sully (71), France
Décès
Nationalité
Astrologie

Biographie

Maréchal de France et homme d'État français, Patrice de Mac Mahon dirige la Troisième République de 1873 à 1879. Vainqueur de la bataille de Magenta, il demeure jusqu'en 2024 le seul président à avoir dissous l'Assemblée nationale, un geste depuis renouvelé par Emmanuel Macron.


Parcours

Né le 13 juin 1808 au château de Sully, près d'Autun, en Saône-et-Loire, Marie Edme Patrice Maurice de Mac Mahon est issu d'une famille d'ancienne noblesse d'origine irlandaise installée en France depuis la fin du XVIIe siècle. Seizième enfant du baron Maurice-François de Mac Mahon et de Pélagie de Riquet de Caraman, descendante de Pierre-Paul Riquet, il envisage d'abord une carrière religieuse et étudie au petit séminaire des Marbres, à Autun, avant d'intégrer l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1825. Il participe dès 1830 à l'expédition d'Alger, puis sert près de vingt ans en Algérie, où il est blessé lors du siège de Constantine en 1837. Officier d'ordonnance du duc de Nemours, fils de Louis-Philippe, il gravit les échelons jusqu'au grade de général de division. Pendant la guerre de Crimée, il s'illustre le 8 septembre 1855 en enlevant le bastion de Malakoff, ouvrant la voie à la prise de Sébastopol, un épisode auquel la légende attachera plus tard la formule « J'y suis, j'y reste ».

Après sa victoire du 4 juin 1859 à Magenta, qui lui vaut d'être fait maréchal de France et duc de Magenta sur le champ de bataille par Napoléon III, Mac Mahon devient sénateur de l'Empire puis gouverneur général de l'Algérie à partir de 1864. Blessé lors de la défaite de Sedan en septembre 1870, il est fait prisonnier avec l'empereur. Après l'armistice, il prend la tête de l'armée versaillaise qui réprime, en mai 1871, l'insurrection de la Commune de Paris. Désigné président de la République le 24 mai 1873 pour succéder à Adolphe Thiers, il gouverne avec des chefs royalistes comme Albert de Broglie, dans l'attente d'une restauration monarchique qui ne vient jamais. Le 16 mai 1877, son renvoi du républicain Jules Simon déclenche une crise institutionnelle que Léon Gambetta résume par la formule « se soumettre ou se démettre ». Désavoué par les élections, Mac Mahon démissionne le 30 janvier 1879 et cède la place à Jules Grévy.


Controverse

En avril et mai 1871, Mac Mahon commande l'armée versaillaise, forte d'environ 130 000 hommes, chargée de reprendre Paris aux insurgés de la Commune. L'offensive aboutit à la Semaine sanglante, du 21 au 28 mai 1871 : les combats de rue, les incendies de l'Hôtel de Ville et de la colonne Vendôme, puis les exécutions sommaires de fédérés capturés font, selon les estimations des historiens, entre 10 000 et 20 000 morts, suivis de milliers d'arrestations et de déportations vers la Nouvelle-Calédonie. En tant que président de la République, Mac Mahon est également à l'origine de la crise constitutionnelle du Seize Mai 1877 : il renvoie le président du Conseil républicain Jules Simon et rappelle le monarchiste Albert de Broglie, avant de dissoudre la Chambre des députés. Le scrutin suivant confirme la majorité républicaine ; Léon Gambetta somme Mac Mahon de « se soumettre ou se démettre ». Le président s'incline, puis démissionne le 30 janvier 1879, seize mois avant le terme de son septennat.


Repères chronologiques

1808 : naissance le 13 juin au château de Sully, près d'Autun (Saône-et-Loire)
1825 : entrée à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr
1830 : participation à l'expédition d'Alger
1837 : blessé le 13 octobre lors du siège de Constantine
1848 : nommé général de brigade le 12 juin
1854 : épouse Élisabeth de La Croix de Castries le 14 mars
1855 : prend le bastion de Malakoff le 8 septembre, pendant la guerre de Crimée
1859 : victoire de Magenta le 4 juin ; fait maréchal de France et duc de Magenta
1864 : nommé gouverneur général de l'Algérie
1870 : blessé le 1er septembre à la bataille de Sedan et fait prisonnier
1871 : dirige la répression de la Commune de Paris en mai
1873 : élu président de la République le 24 mai
1877 : renvoie Jules Simon et dissout la Chambre des députés le 16 mai
1879 : démissionne de la présidence le 30 janvier
1893 : meurt le 17 octobre au château de la Forêt, à Montcresson


Vie personnelle et engagements

Mac Mahon naît dans une famille de la noblesse d'origine irlandaise installée à Sully depuis plusieurs générations ; son père, le baron Maurice-François de Mac Mahon, est propriétaire terrien, et sa mère, Pélagie de Riquet de Caraman, descend de l'ingénieur Pierre-Paul Riquet. Après des études au petit séminaire des Marbres, à Autun, il épouse le 14 mars 1854, à Paris, Élisabeth de La Croix de Castries. De cette union naissent quatre enfants, dont l'aîné, Marie Armand Patrice de Mac Mahon, lui succède comme deuxième duc de Magenta, et une fille, Marie de Mac Mahon, qui épouse le comte d'Halwin de Piennes.

Aide de camp du duc de Nemours, second fils du roi Louis-Philippe, dans les années 1830, Mac Mahon tisse très tôt des liens avec la maison d'Orléans qui pèseront sur ses sympathies légitimistes. Après sa retraite politique, il se consacre, de 1887 à sa mort en 1893, à la direction de la Société de secours aux blessés militaires, ancêtre de la Croix-Rouge française. Retiré dans son château de la Forêt, à Montcresson, dans le Loiret, il y rédige ses mémoires. Son épouse, Élisabeth de Mac Mahon, s'implique quant à elle dans des œuvres charitables, notamment la confection de layettes pour les familles démunies.


Contexte du décès

Patrice de Mac Mahon meurt le 17 octobre 1893, à l'âge de 85 ans, en son château de la Forêt, à Montcresson (Loiret), où il s'était retiré pour rédiger ses mémoires. La cause médicale précise de son décès n'a pas été établie par les sources consultées. Sa dépouille est transportée à Paris et exposée sous un catafalque à l'église de la Madeleine, avant des obsèques nationales célébrées le 22 octobre 1893, décrétées par le gouvernement du président Sadi Carnot. Il est inhumé le même jour dans la crypte de l'église Saint-Louis-des-Invalides. Son gendre, le comte d'Halwin de Piennes, figure parmi les proches qui accompagnent le cortège funèbre, aux côtés de délégations militaires françaises et étrangères.


Lieux de mémoire

Patrice de Mac Mahon repose dans la crypte de l'église Saint-Louis-des-Invalides, à Paris, aux côtés d'autres grands soldats de l'histoire militaire française. Son nom demeure attaché à l'avenue Mac-Mahon, qui relie la place Charles-de-Gaulle à l'avenue des Ternes, dans le 17e arrondissement de Paris, ainsi qu'au château de la Forêt, à Montcresson, où il est mort.


Anecdotes

1 - La formule « J'y suis, j'y reste ! », attribuée à Mac Mahon après la prise de Malakoff en 1855, serait en réalité une invention : elle n'apparaît qu'en 1873, prêtée au maréchal par un député lors d'un débat parlementaire, seize ans après les faits.
2 - Lors d'une visite des zones inondées par la Garonne, près de Toulouse, en 1875, le président Mac Mahon se serait borné à s'exclamer « Que d'eau, que d'eau ! », mot resté célèbre comme symbole de sa naïveté politique supposée.
3 - Avant d'embrasser la carrière militaire, le futur maréchal envisage la prêtrise et suit, dès 1820, les cours du petit séminaire des Marbres à Autun, un épisode de jeunesse largement passé sous silence dans les biographies généralistes.
4 - Sa prise du bastion de Malakoff inspire au peintre Horace Vernet une toile, commandée par la commune d'Autun pour l'honorer, aujourd'hui conservée au château de Versailles dans un portrait en tenue de maréchal daté de 1860.
5 - Son grand-père, Jean-Baptiste de Mac Mahon, né à Limerick en Irlande en 1715, avait quitté son pays natal pour la France où il s'était reconverti dans la médecine avant que la famille ne s'élève dans la noblesse provinciale.
6 - Gouverneur général de l'Algérie, il entre en conflit en 1868 avec l'archevêque d'Alger Charles Lavigerie, fondateur d'orphelinats pour enfants arabes, un différend finalement clos par une lettre du ministre de la Guerre, le maréchal Niel.


Points clés

- Métier(s) : maréchal de France, homme d'État, 2e président de la Troisième République
- Résidence principale : château de la Forêt, à Montcresson (Loiret)
- Relations de couple : marié à Élisabeth de La Croix de Castries (1854-1893)
- Enfants : quatre enfants, dont Marie Armand Patrice de Mac Mahon et Marie de Mac Mahon
- Distinctions : maréchal de France et duc de Magenta (1859), Grand-croix et Grand-maître de la Légion d'honneur, chevalier de l'ordre de la Toison d'or, Grand cordon de l'ordre de Léopold


Autres présidents de la république française

Citations

J'y suis, j'y reste !

— Parole attribuée après la prise de Malakoff, rapportée dès 1873 par un parlementaire (Hérodote.net, rubrique Citations et Mots d'Histoire)

Que d'eau, que d'eau !

— Exclamation prêtée au président lors des inondations de la Garonne, vers 1875 (Hérodote.net, rubrique Citations et Mots d'Histoire)

J'y suis, j'y reste.

Questions autour de Patrice de Mac Mahon

Patrice de Mac Mahon est-il réellement l'auteur de la phrase « J'y suis, j'y reste » ?
La citation lui est traditionnellement attribuée après la prise de Malakoff en 1855, mais elle ne serait apparue qu'en 1873, prêtée au maréchal par un parlementaire lors d'un débat à l'Assemblée nationale.
Pourquoi Patrice de Mac Mahon a-t-il démissionné de la présidence de la République ?
Affaibli par la crise constitutionnelle du Seize Mai 1877 et désavoué par les élections législatives puis sénatoriales, il a démissionné le 30 janvier 1879, seize mois avant la fin de son septennat.
Patrice de Mac Mahon a-t-il eu des enfants ?
Il a eu quatre enfants avec Élisabeth de La Croix de Castries, dont son fils aîné Marie Armand Patrice de Mac Mahon, qui lui a succédé comme deuxième duc de Magenta.
Où Patrice de Mac Mahon est-il enterré ?
Il repose dans la crypte de l'église Saint-Louis-des-Invalides, à Paris, après des obsèques nationales célébrées le 22 octobre 1893.
Patrice de Mac Mahon a-t-il envisagé de devenir prêtre ?
Oui, avant d'intégrer Saint-Cyr, il a suivi les cours du petit séminaire des Marbres à Autun à partir de 1820, envisageant un temps la carrière religieuse.
Qui est né le même jour que Patrice de Mac Mahon ?
Barbara Pompili, Kat Dennings, Éric Berger, John Forbes Nash et Christo sont nés le 13 juin comme Patrice de Mac Mahon.
À quel âge est mort Patrice de Mac Mahon ?
Patrice de Mac Mahon est mort à 85 ans, le 17 octobre 1893.
Qui est mort le même jour que Patrice de Mac Mahon ?
Danielle Darrieux, Puyi, Jean-Jacques Dessalines, Sylvia Kristel et Gustav Kirchhoff sont morts le 17 octobre comme Patrice de Mac Mahon.
Quels responsables politiques français sont du signe Gémeaux comme Patrice de Mac Mahon ?
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