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Autre personnalité née le 25/06/1903

Biographie

Pierre Brossolette, né le 25 juin 1903 à Paris et mort le 22 mars 1944 dans la même ville, est un journaliste, homme politique socialiste et résistant français, Compagnon de la Libération, dont les cendres ont été transférées au Panthéon le 27 mai 2015.


Parcours

Issu d'une famille d'enseignants républicains, Pierre Brossolette entre premier à l'École normale supérieure en 1922 et est reçu deuxième à l'agrégation d'histoire en 1925, derrière Georges Bidault. Il choisit la presse écrite plutôt que l'enseignement et collabore à Notre Temps, L'Europe Nouvelle, Marianne, Le Quotidien et Le Populaire, le quotidien dirigé par Léon Blum. Spécialiste de politique internationale, il intervient également sur les ondes de la Radio nationale entre 1936 et 1939. Membre de la Ligue des droits de l'homme, de la Ligue internationale contre l'antisémitisme et de la Grande Loge de France, il adhère à la SFIO en 1929. Hostile aux accords de Munich de septembre 1938, il dénonce publiquement la politique de conciliation menée face au régime nazi, ce qui lui vaut son exclusion de la Radio nationale en février 1939. Mobilisé comme lieutenant au 5e régiment d'infanterie, il se distingue en juin 1940 et reçoit la Croix de guerre.

Démobilisé en août 1940, interdit d'enseignement par Vichy, il rejoint dès l'hiver 1940-1941 le réseau du musée de l'Homme, contacté par Agnès Humbert et présenté à Jean Cassou. Il rédige le dernier numéro du journal Résistance avant le démantèlement du réseau, puis intègre la Confrérie Notre-Dame du colonel Rémy, qui le surnomme Pedro. Il participe à la structuration de Libération-Nord et de l'Organisation civile et militaire en zone occupée. Parti pour Londres en avril 1942, il rencontre Charles de Gaulle et devient le 1er octobre 1942 l'adjoint d'André Dewavrin, dit colonel Passy, à la tête du BCRA. Le 17 octobre 1942, le général de Gaulle lui décerne la Croix de la Libération. Il mène trois missions clandestines en France, dont la mission Arquebuse-Brumaire en janvier 1943 avec Passy et l'agent britannique Forest Yeo-Thomas, qui aboutit à la création du Comité de coordination de la zone nord.


Repères chronologiques

1903 : naissance le 25 juin à Paris, dans le 16e arrondissement
1922 : entrée première à l'École normale supérieure
1925 : agrégation d'histoire, reçu deuxième derrière Georges Bidault
1926 : mariage avec Gilberte Bruel le 20 juillet à Blaye
1929 : adhésion à la SFIO
1939 : exclusion de la Radio nationale en février, mobilisation en septembre
1940 : Croix de guerre en juin, entrée dans la Résistance à l'hiver
1942 : départ pour Londres en avril, prise de fonction au BCRA le 1er octobre, Croix de la Libération le 17 octobre
1943 : mission Arquebuse-Brumaire en zone nord à partir du 27 janvier, discours à l'Albert Hall le 18 juin
1944 : arrestation près d'Audierne le 3 février, mort à Paris le 22 mars
1945 : chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume le 19 avril
2015 : transfert des cendres au Panthéon le 27 mai


Vie personnelle et engagements

Pierre Brossolette est le fils de Léon Brossolette, inspecteur de l'enseignement primaire du département de la Seine, et de Jeanne Vial. Il a deux sœurs aînées, Marianne et Suzanne, toutes deux agrégées, fait rare pour l'époque. Son oncle Francisque Vial dirige l'enseignement secondaire. Élève au lycée Janson-de-Sailly puis au lycée Louis-le-Grand, il intègre l'École normale supérieure en 1922. Le 20 juillet 1926, il épouse à Blaye Gilberte Bruel, étudiante en histoire à la Sorbonne rencontrée par l'intermédiaire de Louis Joxe. Le couple a deux enfants, Anne née en 1927 et Claude né en 1928. Gilberte Brossolette participe activement à la Résistance à ses côtés et devient en 1946 la première femme vice-présidente du Sénat.

Membre initié à la Grande Loge de France à la loge Émile Zola en janvier 1927, Pierre Brossolette milite à la Ligue des droits de l'homme et à la Ligue internationale contre l'antisémitisme. Au Populaire, il travaille aux côtés de Léon Blum, dont il est l'un des éditorialistes. Hostile à Pierre Laval et aux munichois, il s'oppose en 1938 à Édouard Daladier. À la veille de son arrestation, il est exclu de la SFIO sur décision de Daniel Mayer et Gaston Defferre, décision qui restera lettre morte. Son fils Claude Pierre-Brossolette deviendra directeur du Trésor et secrétaire général de l'Élysée sous Valéry Giscard d'Estaing.


Contexte du décès

Le 3 février 1944, après le naufrage du bateau de pêche Le Jouet des flots en baie d'Audierne, Pierre Brossolette est arrêté avec Émile Bollaert lors d'un contrôle de routine et incarcéré à la prison de Rennes sous le nom de Boutet. Son identité est découverte plusieurs semaines plus tard à la suite d'un rapport semi-codé compromis. Transféré au siège parisien de la Gestapo, au 84 avenue Foch, il est interrogé et torturé pendant plusieurs jours. Le 22 mars 1944, il se jette par la fenêtre du bâtiment et succombe le soir même à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, sans avoir livré d'informations. Son entrée au Panthéon le 27 mai 2015, décidée par François Hollande, a été l'occasion d'hommages prononcés par Manuel Valls et Najat Vallaud-Belkacem.


Lieux de mémoire

Pierre Brossolette est incinéré le 24 mars 1944 au cimetière du Père-Lachaise. Ses cendres reposent depuis le 27 mai 2015 au Panthéon de Paris. La pelouse Pierre-Brossolette, située devant le 84-86 avenue Foch, lieu de sa mort, a été inaugurée par Bertrand Delanoë le 27 janvier 2014. Près de cinq cents rues et de nombreux établissements scolaires portent son nom en France.


Anecdotes

1 - Cacique de l'École normale supérieure en 1922, il est paradoxalement battu à l'agrégation d'histoire en 1925 par Georges Bidault, futur président du Conseil national de la Résistance après l'arrestation de Jean Moulin.
2 - Sa librairie russe du 89 rue de la Pompe, achetée après l'interdiction d'enseigner imposée par Vichy, sert de boîte aux lettres pour la Résistance, et abrite dans son sous-sol l'échange des plans des usines Renault.
3 - Entre le 29 mai et le 27 juillet 1943, il remplace à 38 reprises Maurice Schumann au micro de la BBC, lisant chroniques de combat et messages adressés à la France occupée.
4 - Son pseudonyme Pedro lui a été donné par le colonel Rémy, qui jugeait son regard avait quelque chose d'espagnol.
5 - Dans son discours du 22 septembre 1942 à la BBC, il forge l'expression soutiers de la gloire pour désigner les résistants anonymes, formule restée associée à la mémoire de la Résistance.
6 - La promotion 2020 des agents de la DGSE a été baptisée Pierre Brossolette, en référence à son rôle fondateur au sein du BCRA.


Points clés

- Métier(s) : journaliste, homme politique, résistant, agrégé d'histoire
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : marié à Gilberte Bruel en 1926
- Enfants : Anne Brossolette (1927) et Claude Pierre-Brossolette (1928)
- Distinctions : Compagnon de la Libération (17 octobre 1942), Croix de guerre 1939-1945, Légion d'honneur à titre posthume (19 avril 1945), Panthéon (27 mai 2015)

Postérité

518 voies portent son nom en France, ce qui en fait l'une des personnalités les plus présentes dans l'odonymie française.

Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.

Voir le top des personnalités avec le plus de voies à leur nom en France

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Autres résistants

Citations

« Je te l'ai déjà dit : je ne veux pas devenir un rond-de-cuir de la Résistance. »

— Propos rapportés par Gilberte Brossolette dans « Il s'appelait Pierre Brossolette », Albin Michel, 1976

« Ce qu'ils attendent de nous, ce n'est pas un regret, mais un serment. Ce n'est pas un sanglot, mais un élan. »

— Discours à l'Albert Hall de Londres, 18 juin 1943

« Qu'importe ! On fait la guerre ou on ne la fait pas ! Moi qui ai jadis tant travaillé au maintien de la paix, j'ai fait la guerre en 1939-1940 et j'entends la continuer jusqu'à la victoire. »

— Écrits de Pierre Brossolette, Résistance (1927-1943), Odile Jacob, 1998

« Je te l'ai déjà dit : je ne veux pas devenir un rond-de-cuir de la Résistance. »

— Propos rapportés par Gilberte Brossolette dans « Il s'appelait Pierre Brossolette », Albin Michel, 1976

« Ce qu'ils attendent de nous, ce n'est pas un regret, mais un serment. Ce n'est pas un sanglot, mais un élan. »

— Discours à l'Albert Hall de Londres, 18 juin 1943

« Qu'importe ! On fait la guerre ou on ne la fait pas ! Moi qui ai jadis tant travaillé au maintien de la paix, j'ai fait la guerre en 1939-1940 et j'entends la continuer jusqu'à la victoire. »

— Écrits de Pierre Brossolette, Résistance (1927-1943), Odile Jacob, 1998

Questions autour de Pierre Brossolette

Quel est le rôle de Pierre Brossolette dans la Résistance ?
Pierre Brossolette a été l'adjoint du colonel Passy au BCRA à Londres et l'un des principaux artisans de l'unification de la Résistance en zone nord. Il a mené trois missions clandestines en France entre 1943 et 1944.
Pourquoi Pierre Brossolette s'est-il suicidé ?
Arrêté le 3 février 1944 et transféré au siège de la Gestapo avenue Foch à Paris, Pierre Brossolette s'est jeté par une fenêtre le 22 mars 1944 après plusieurs jours d'interrogatoire et de torture, pour éviter de livrer des informations sur la Résistance.
Quand Pierre Brossolette est-il entré au Panthéon ?
Les cendres de Pierre Brossolette ont été transférées au Panthéon le 27 mai 2015, en même temps que celles de Jean Zay, Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz, sur décision du président François Hollande.
Qui était l'épouse de Pierre Brossolette ?
Pierre Brossolette a épousé Gilberte Bruel le 20 juillet 1926 à Blaye. Également résistante, elle est devenue en 1946 la première femme vice-présidente du Sénat français.
Quelle expression célèbre Pierre Brossolette a-t-il forgée ?
Dans son discours du 22 septembre 1942 sur les ondes de la BBC, Pierre Brossolette a employé l'expression « soutiers de la gloire » pour rendre hommage aux résistants anonymes. La formule est restée attachée à la mémoire de la Résistance.
Qui est né le même jour que Pierre Brossolette ?
Benson Boone, Bruno Guillon, François Rebsamen, Erica Gimpel et Charlotte Kady sont nés le 25 juin comme Pierre Brossolette.
À quel âge est mort Pierre Brossolette ?
Pierre Brossolette est mort à 40 ans, le 22 mars 1944.
Qui est mort le même jour que Pierre Brossolette ?
Elgin Baylor, Johann Wolfgang von Goethe, Pierre Papadiamandis, Lionel Jospin et Walter Lantz sont morts le 22 mars comme Pierre Brossolette.
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