Pierre de Coubertin, historien et pédagogue français né en 1863 à Paris et mort en 1937 à Genève, est le rénovateur des Jeux olympiques modernes. Fondateur du Comité international olympique en 1894, il le préside jusqu'en 1925 et dessine en 1913 les cinq anneaux olympiques.
Né dans une famille aristocratique catholique et royaliste, Charles Pierre Fredy de Coubertin écarte la carrière militaire au sortir du lycée jésuite Saint-Ignace de Paris et s'inscrit en 1882 à l'École libre des sciences politiques. Il y obtient un bachelier en droit en 1885 et complète sa formation à l'Institut catholique de Paris. Marqué par la défaite française de 1871, il oriente sa réflexion vers la réforme de l'éducation. Ses séjours en Angleterre à partir de 1883 lui révèlent le rôle du sport dans les public schools britanniques, en particulier l'œuvre de Thomas Arnold à Rugby. Coubertin co-organise le Congrès international de l'éducation physique de 1889 à Paris et participe à la fondation, en 1890, de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA). Le 25 novembre 1892, lors d'une conférence à la Sorbonne, il évoque pour la première fois publiquement l'idée d'un rétablissement des Jeux olympiques.
Le 23 juin 1894, le Congrès international athlétique de la Sorbonne adopte sa proposition et fonde le Comité international olympique, présidé d'abord par le Grec Demetrius Vikelas. Les premiers Jeux modernes ont lieu à Athènes en 1896, année où Coubertin succède à Vikelas à la présidence du CIO. Il pilote ensuite les éditions de Paris 1900, Saint-Louis 1904, Londres 1908 et Stockholm 1912, où il obtient l'introduction des concours d'art. En 1913, il dessine les cinq anneaux entrelacés, présentés officiellement au Congrès olympique de Paris en juin 1914. Il installe le siège du CIO à Lausanne en 1915, où il fonde un musée et une bibliothèque olympiques. Il rédige le serment olympique prononcé pour la première fois aux Jeux d'Anvers en 1920, et quitte la présidence du CIO en 1925, après vingt-neuf années de mandat.
Les positions de Pierre de Coubertin sur la participation des femmes aux Jeux ont été largement documentées et débattues. Dans la Revue olympique de juillet 1912, dans un texte intitulé « Les femmes aux Jeux olympiques », il qualifie l'olympiade féminine d'« impratique, inintéressante, inesthétique, et incorrecte », et réaffirme en 1928 son hostilité à leur participation. Ses écrits comportent également des prises de position colonialistes et racistes, notamment dans ses Mémoires olympiques de 1931 et dans son texte « Projet de colonisation sportive » de 1930. Coubertin a par ailleurs publiquement soutenu l'organisation des Jeux de Berlin en 1936 par le régime national-socialiste. Ces écrits sont étudiés par les historiens du sport, notamment Patrick Clastres et Louis Violette, qui replacent ces positions dans le contexte intellectuel et politique de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.
1863 : naissance le 1er janvier au 20 rue Oudinot à Paris
1874 : entrée chez les jésuites de l'école Saint-Ignace, rue de Madrid
1883 : premier séjour en Angleterre, découverte des public schools
1888 : fondation du Comité pour la propagande des exercices physiques, présidé par Jules Simon
1890 : co-fondation de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques
1892 : première proposition publique de rétablissement des Jeux à la Sorbonne
1894 : Congrès de la Sorbonne le 23 juin, fondation du CIO
1895 : mariage le 12 mars avec Marie Rothan à Paris
1896 : premiers Jeux olympiques modernes à Athènes, élection à la présidence du CIO
1912 : médaille d'or de littérature aux Jeux de Stockholm pour Ode au sport, sous pseudonymes
1913 : conception des cinq anneaux olympiques
1915 : installation du siège du CIO à Lausanne
1925 : retrait de la présidence du CIO
1931 : publication des Mémoires olympiques
1937 : mort le 2 septembre à Genève
Pierre de Coubertin est le quatrième enfant de Charles Louis de Frédy, baron de Coubertin, peintre académique, et d'Agathe Marie Marcelle Gigault de Crisenoy. La famille partage son temps entre l'hôtel parisien de la rue Oudinot et le château de Mirville, en Normandie, restauré en 2021 avant les Jeux de Paris 2024. Pierre fait toute sa scolarité chez les jésuites de l'école Saint-Ignace de Paris, puis étudie à l'École libre des sciences politiques et à l'Institut catholique. Le 12 mars 1895, il épouse Marie Rothan, issue d'une famille protestante alsacienne propriétaire du château de Luttenbach. Le couple a deux enfants : Jacques, né en 1896, atteint d'un lourd handicap, et Renée, née en 1902.
Coubertin entretient des liens étroits avec Jules Simon, ancien président du Conseil et membre de l'Académie française, qui préside son premier comité pédagogique en 1888. Sa devise olympique Citius, Altius, Fortius lui est suggérée par le père dominicain Henri Didon. Il collabore avec Demetrius Vikelas pour l'organisation d'Athènes 1896, puis avec le comte Justinien de Clary à la présidence du Comité olympique français. En 1914, à 51 ans, il s'engage dans l'armée française et travaille avec Philippe Berthelot à la Maison de la presse. Coubertin produit au cours de sa vie plus de 16 000 pages d'écrits pédagogiques, historiques et sportifs.
Pierre de Coubertin meurt le 2 septembre 1937 à Genève d'une crise cardiaque, alors qu'il se promène dans une allée du parc de La Grange, sur la rive gauche du lac Léman. Il vient d'être fait citoyen d'honneur de la ville de Lausanne et vit alors à Genève depuis 1934, après avoir résidé à Lausanne à partir de 1922. Sa situation matérielle est précaire au moment de sa mort, le patrimoine familial ayant été en grande partie consacré à l'olympisme. Le Comité international olympique, dont il avait été président pendant vingt-neuf ans, lui rend un hommage officiel. Son fils Jacques, lourdement handicapé, lui survit.
Le corps de Pierre de Coubertin est inhumé au cimetière du Bois-de-Vaux à Lausanne. Conformément aux dispositions de son testament, son cœur est transporté en Grèce et placé dans une stèle de marbre près du sanctuaire d'Olympie, à l'intérieur du monument commémoratif de la rénovation des Jeux olympiques, inauguré en sa présence en 1927.
1 - Aux Jeux de Stockholm en 1912, Pierre de Coubertin remporte la médaille d'or du concours olympique de littérature pour son Ode au sport, présentée sous les pseudonymes croisés de Georg Hohrod et Martin Eschbach.
2 - La célèbre formule « L'important n'est pas de gagner mais de participer » n'est pas de Coubertin : il la reprend d'un sermon prononcé en 1908 par l'évêque de Pennsylvanie lors des Jeux de Londres.
3 - Sa devise olympique Citius, Altius, Fortius lui a été soufflée par le père dominicain Henri Didon, qui l'avait empruntée à celle du collège Albert-le-Grand d'Arcueil.
4 - Le prototype du drapeau olympique aux cinq anneaux a été fabriqué selon ses indications par le grand magasin parisien Le Bon Marché en 1914.
5 - Pratiquant de la boxe, de l'aviron, de l'escrime et de l'équitation dès ses séjours anglais de 1883, Coubertin n'a jamais été lui-même un athlète de compétition de haut niveau.
6 - En 2023, le site Airbnb a proposé des séjours dans le château de Mirville, maison d'enfance de Coubertin en Normandie, à un an de l'ouverture des Jeux de Paris 2024.
- Métier(s) : historien, pédagogue, dirigeant sportif
- Résidence principale : Paris, puis Lausanne, puis Genève
- Relations de couple : marié à Marie Rothan le 12 mars 1895
- Enfants : Jacques (1896) et Renée (1902)
- Distinctions : médaille d'or de littérature aux Jeux de Stockholm 1912, citoyen d'honneur de Lausanne (1937)
520 voies portent son nom en France, ce qui en fait l'une des personnalités les plus présentes dans l'odonymie française.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
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Plus fort, plus haut, plus vite.
L'important, c'est de participer.
Voir loin, parler franc, agir ferme.
L'émulation est l'essence du football.
Le succès n'est pas un but mais un moyen de viser plus haut.
Il y a dans les moeurs, comme dans l'histoire, des conquêtes imprévues.
Chaque difficulté rencontrée doit être l'occasion d'un nouveau progrès.
Un homme inintelligent ou simplement lent dans sa compréhension ne deviendra jamais un bon footballeur.
Le sport va chercher la peur pour la dominer, la fatigue pour en triompher, la difficulté pour la vaincre.
L'important dans la vie, ce n'est point le triomphe, mais le combat. L'essentiel n'est pas d'avoir vaincu, mais de s'être bien battu.
La partie la plus cérébrale du jeu - de beaucoup la plus importante - demeure invisible ; c'est donc que le muscle y sert d'écran à l'intelligence.
Plus fort, plus haut, plus vite.
L'important, c'est de participer.
Voir loin, parler franc, agir ferme.
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Le succès n'est pas un but mais un moyen de viser plus haut.
Il y a dans les moeurs, comme dans l'histoire, des conquêtes imprévues.
Chaque difficulté rencontrée doit être l'occasion d'un nouveau progrès.
Un homme inintelligent ou simplement lent dans sa compréhension ne deviendra jamais un bon footballeur.
Le sport va chercher la peur pour la dominer, la fatigue pour en triompher, la difficulté pour la vaincre.
L'important dans la vie, ce n'est point le triomphe, mais le combat. L'essentiel n'est pas d'avoir vaincu, mais de s'être bien battu.
La partie la plus cérébrale du jeu - de beaucoup la plus importante - demeure invisible ; c'est donc que le muscle y sert d'écran à l'intelligence.