Cette année marque le 20ᵉ anniversaire de sa disparition.
Raymond Devos, né le 9 novembre 1922 à Mouscron en Belgique et décédé le 15 juin 2006 à Saint-Rémy-lès-Chevreuse, était un humoriste de nationalité française, reconnu dans tout le monde francophone pour ses jeux de mots, ses monologues absurdes et ses talents de mime, de musicien et de jongleur.
Fils de Louis Devos, industriel textile ruiné reconverti en expert-comptable, et d'Agnès Martin, mère au foyer d'origine bretonne, Raymond Devos grandit en famille nombreuse, dans un foyer où la musique est omniprésente : son père joue de l'orgue et du piano, sa mère du violon et de la mandoline. Contraint de quitter l'Institution libre du Sacré-Coeur de Tourcoing à treize ans faute de moyens financiers, il se forme seul, enchaîne les petits métiers à Paris (coursier, libraire, crémier aux Halles), puis est requis durant la Seconde Guerre mondiale par le Service du travail obligatoire et envoyé travailler à Berlin, où il monte une troupe de music-hall. De retour en France, il suit pendant trois ans les cours de mime d'Étienne Decroux, où il rencontre Marcel Marceau, puis se forme au théâtre auprès de Tania Balachova et d'Henri Rollan au Théâtre du Vieux-Colombier. En 1948, il crée un numéro burlesque intitulé "Les trois cousins" avec André Gille et Georges Denis, puis forme le duo "Les pinsons" avec Robert Verbeke, avant de se lancer seul dans une carrière de one-man-show.
C'est au cours d'une tournée avec la compagnie Jacques Fabbri à Biarritz, dans les années 1950, qu'un échange absurde avec un serveur au sujet de "la mer démontée" révèle à Devos sa vocation de comique de l'absurde. Il teste ses premiers sketchs dans les cabarets parisiens, dont Le Cheval d'Or, L'Écluse et Les Trois-Baudets, avant d'être remarqué par Maurice Chevalier, qui le prend en première partie à l'Alhambra en 1957 : c'est le début de la consécration. Son sketch "Le plaisir des sens" le rend célèbre dans tout le pays. Accompagné au piano par Jean-Michel Thierry puis Hervé Guido, il s'impose à Bobino et à l'Olympia, enrichissant ses spectacles de mime, de jonglerie avec des boules de cinq kilogrammes, d'équilibrisme sur monocycle et de prestidigitation. Il participe en 1965 à Pierrot le Fou de Jean-Luc Godard, est régulièrement invité par Jacques Chancel dans Le Grand Échiquier aux côtés de Georges Brassens et de Lino Ventura, et coécrit en 1973 le film La raison du plus fou avec François Reichenbach. Sa dernière représentation a lieu à l'Olympia en 1999.
À partir d'octobre 2005, une femme se présentant sous le nom de Samantha Lemonnier (de son vrai nom Marie-Christine Roger) s'installe au domicile de Raymond Devos à Saint-Rémy-lès-Chevreuse à la suite d'une chute de l'humoriste dans sa salle de bains, prétend être sa compagne et prend le contrôle de son accès médical en écartant ses proches. Sa famille engage une procédure judiciaire. Des experts mandatés par la justice la qualifient de "théâtrale, mythomane voire affabulatrice". Elle est finalement condamnée en 2009 pour usurpation du titre de docteur en médecine.
1922 : naissance le 9 novembre à Mouscron, en Belgique, de nationalité française
1924 : la famille s'installe à Tourcoing, en France
1931 : déménagement en banlieue parisienne à la suite de la faillite paternelle
1943 : départ au Service du travail obligatoire à Berlin ; monte une troupe de music-hall avec ses compagnons de réquisition
1945 : retour à Paris ; suit les cours d'Étienne Decroux et y rencontre Marcel Marceau
1948 : débuts professionnels avec le trio burlesque "Les trois cousins"
1957 : première partie de Maurice Chevalier à l'Alhambra ; premier disque 45 tours enregistré
1959 : mariage avec Simone Beguin (dite Simone Cendry) le 30 avril
1963 : premier one-man-show au Théâtre du Vaudeville à Bruxelles ; installation à Saint-Rémy-lès-Chevreuse
1965 : apparition dans Pierrot le Fou de Jean-Luc Godard ; Grand Prix de l'Académie Charles-Cros
1976 : publication de Sens dessus dessous (éditions Stock)
1986 : Grand Prix du théâtre de l'Académie française
1989 : Molière du meilleur one-man-show
1992 : publication de Matière à rire (éditions Olivier Orban), best-seller de la rentrée
1995 : nommé Commandeur de la Légion d'honneur
1999 : dernier spectacle à l'Olympia ; décès de son épouse Simone Beguin
2000 : Molière d'honneur pour l'ensemble de sa carrière ; Grand Prix de l'humour de la SACEM
2006 : décès le 15 juin à Saint-Rémy-lès-Chevreuse des suites d'un oedème aigu du poumon
Raymond Devos est le fils de Louis Devos, industriel textile originaire de Tourcoing, et d'Agnès Martin, mère au foyer d'origine bretonne, tous deux passionnés de musique. Il est l'un des six enfants du couple (un frère décède en bas âge) et grandit avec ses frères et sa soeur Cécile. Sa scolarité s'arrête à treize ans à l'Institution libre du Sacré-Coeur de Tourcoing, faute de ressources familiales, ce qu'il considère comme son principal regret. Le 30 avril 1959, il épouse Simone Beguin, comédienne qui renonce à sa propre carrière pour soutenir celle de son mari. Le couple, sans enfants, s'installe en 1963 à la villa Hiéra à Saint-Rémy-lès-Chevreuse, où Devos réside jusqu'à sa mort. Simone Beguin décède en 1999.
Au fil de sa carrière, Raymond Devos noue des amitiés durables avec Georges Brassens, avec lequel il partage notamment une tournée des Théâtres de la Région Parisienne en 1970, et avec le chanteur québécois Félix Leclerc. Il est membre de l'Académie Alphonse-Allais et siège au Conseil supérieur de la langue française aux côtés de Claude Hagège et Alain Decaux. Polyglotte par nécessité, il maîtrise des instruments aussi divers que la clarinette, la harpe, le piano, la guitare, la trompette et la scie musicale. L'humoriste François Morel compte parmi ses héritiers déclarés et interprète certains de ses sketchs dans son propre spectacle J'ai des doutes.
Victime d'un premier accident vasculaire cérébral en décembre 2005, Raymond Devos est de nouveau hospitalisé en février 2006 à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris pour la même raison. Il décède le 15 juin 2006 à son domicile de Saint-Rémy-lès-Chevreuse, dans la matinée, des suites d'une crise d'oedème aigu du poumon, entouré de sa soeur Cécile, de son neveu Jean-Louis et de son secrétaire Pierre Herran. Ses funérailles ont lieu le 19 juin en l'église de Saint-Rémy-lès-Chevreuse, en présence du ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres et de nombreuses personnalités, parmi lesquelles Line Renaud, Michel Boujenah et Jean Rochefort. Guy Bedos fait parvenir une gerbe. Henri Salvador est également présent. Une cérémonie retransmise sur grand écran permettait aux habitants de s'associer au deuil.
Raymond Devos est inhumé au cimetière de Saint-Rémy-lès-Chevreuse, aux côtés de son épouse Simone Beguin. À Mouscron, la salle principale du centre culturel Marius-Staquet porte son nom, de même qu'une école primaire du quartier du Mont-à-Leux où il est né. En Belgique, une statue est inaugurée à Rochefort en 1998 de son vivant. Le ministère de la Culture institue le Grand Prix Raymond-Devos de la langue française.
1 - Lors de son Service du travail obligatoire à Berlin, Devos emporte des instruments de fortune et monte une troupe de music-hall parmi ses compagnons de réquisition, y perfectionnant son art du mime à travers la nécessité de communiquer sans langue commune.
2 - L'idée fondatrice de toute sa carrière naît d'un échange banal dans un restaurant de Biarritz : interrogeant un serveur sur l'accès à la mer, il s'entend répondre qu'elle est "démontée", et tire de cette réplique son premier sketch, "La mer", puis "Le car pour Caen".
3 - Autodidacte contraint d'interrompre sa scolarité à treize ans, Devos apprend seul à jouer d'une dizaine d'instruments : clarinette, piano, harpe, guitare, trompette, concertina et scie musicale, tous intégrés à ses spectacles scéniques.
4 - Sur scène, il jongle avec des boules de cinq kilogrammes et pratique l'équilibrisme sur monocycle, prouesses physiques d'autant plus remarquées que sa silhouette ronde et ses bretelles constituaient un contraste visuel délibéré avec ces acrobaties.
5 - Il ironise sur sa propre ambiguïté de nationalité dans son livre Il n'y a pas de quoi rire : "Je suis né avec un pied en Belgique et un pied en France, c'est pour cela que je marche les pieds écartés."
6 - Raymond Devos est nommé membre du Conseil supérieur de la langue française, institution qui l'associe à des académiciens et linguistes, reconnaisssance peu commune pour un artiste de music-hall.
- Métier(s) : humoriste, auteur, comédien, mime, musicien
- Résidence principale : Saint-Rémy-lès-Chevreuse (Yvelines), de 1963 à 2006
- Relations de couple : marié à Simone Beguin (1959-1999, décès de celle-ci)
- Enfants : aucun
- Distinctions : Grand Prix de l'Académie Charles-Cros (1965, 1974), Grand Prix du théâtre de l'Académie française (1986), Molière du meilleur one-man-show (1989), Officier de la Légion d'honneur (1987), Commandeur de la Légion d'honneur (1995), Commandeur de l'Ordre national du Mérite, Commandeur des Arts et Lettres, Molière d'honneur (2000), Grand Prix de l'humour de la SACEM (2001), Reconnaissance du mérite artistique (Québec, 1996)
11 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
Voir le top des personnalités contemporaines pour les rues de France
Le rire est le propre de l'homme et s'il ne peut plus s'en servir, sa condition devient alarmante.
— Les chansons que je ne chante pas, Raymond Devos, 1999
Je suis né avec un pied en Belgique et un pied en France, c'est pour cela que je marche les pieds écartés.
— Il n'y a pas de quoi rire, Raymond Devos, cité dans Wikipédia FR
Quand on a la prétention d'entraîner les gens dans l'imaginaire, il faut pouvoir les ramener dans le réel, et sans dommage.
— Les quarantièmes délirants, Raymond Devos, éditions Le cherche-midi, 2002
Lorsque j'ai été déporté du travail en Allemagne, je côtoyais quotidiennement des hommes de nationalités différentes. Avec des rudiments de langue allemande, on tentait de se faire comprendre. Mais il y avait aussi les gestes, une attitude, un regard qui ajoutaient aux efforts relationnels.
— Déclaration rapportée dans la biographie de l'Association des Amis de Raymond Devos (ADARD) et citée par Wikipédia FR
Se coucher tard... nuit !
C'est un bon cru, je le crois.
Un croyant, c'est un antiseptique.
Un muet, c'est un antiparlementaire.
Le flux et le reflux me font marée.
J'adore être pris en flagrant délire.
Le flux et le reflux me font "marée".
Plus je me mirais, plus je m'admirais.
La télépathie, c'est le téléphone de demain.
J'ai toujours réussi à rater tous mes examens.
Le percepteur met ma faiblesse à contribution.
Quand les Verts voient rouge, ils votent blanc.
La raison du plus fou est toujours la meilleure.
Qui prête à rire, n'est pas sûr d'être remboursé.
Dès que le silence se fait, les gens le meublent.
Même avec Dieu, il ne faut pas tenter le Diable !
Qui prête à rire n'est jamais sûr d'être remboursé.
Comment peut-on identifier un doute avec certitude ?
La mer, elle est démontée. - Vous la remontez quand ?
Je regarde la carte des vins pour éviter les bouchons.
Ne rien faire, ça peut se dire. Ca ne peut pas se faire !
J'économise ma salive, je ne dis plus qu'un mot sur deux.
Moi, lorsque je n'ai rien à dire, je veux qu'on le sache !
Dans l'imaginaire, Dieu, on ne risque pas de le rencontrer.
Un jardinier qui sabote une pelouse est un assassin en herbe.
Du moment qu'on rit des choses, elles ne sont plus dangereuses.
Tous les écologistes sont daltoniens, ils voient vert partout !
Moi, je fais attendre les gens pour leur faire passer le temps.
Chaque fois que votre femme fait une fugue, vous en écrivez une.
Est-ce l'oeuf le père de la poule ou la poule la mère de l'oeuf ?
Etre raisonnable en toutes circonstances ? Il faudrait être fou...
- Le fou n'aime pas la marche...- Pourquoi ?- Parce qu'il la rate !
Si Dieu n'est pas marié, pourquoi parle-t-on de sa grande Clémence ?
Je suis adroit de la main gauche et je suis gauche de la main droite.
- Le fou n'aime pas la marche...
- Pourquoi ?
- Parce qu'il la rate !
Le rire est une chose sérieuse avec laquelle il ne faut pas plaisanter.
On se prend souvent pour quelqu'un, alors qu'au fond, on est plusieurs.
Non seulement c'était une fausse porte, mais en plus elle était fermée.
Il m'est arrivé de prêter l'oreille à un sourd. Il n'entendait pas mieux.
Lorsqu'un chêne sent le sapin, il sait que sa dernière heure est arrivée.
Chaque fois que mon percepteur revenait, je payais un impôt sur le revenu.
Je sens que ma dernière heure est arrivée, je voudrais la passer avec vous.
Si l'on peut trouver moins que rien, c'est que rien vaut déjà quelque chose.
Pour Dieu, l'imaginaire c'est une vue de l'esprit. La fiction ça le dépasse !
Je me suis remis à la clarinette. C'est ce qui rapproche le plus de l'anglais.
Un ministre, ça ne se vend pas ! Ca s'achète parfois ! Mais ça ne se vend pas !
Si vous cassez un bout de bois en deux, il y a encore deux bouts à chaque bout.
La grippe, ça dure huit jours si on la soigne et une semaine si on ne fait rien.
Si ma femme doit être veuve un jour, j'aimerais mieux que ce soit de mon vivant.
Je crois à l'immortalité et pourtant je crains bien de mourir avant de la connaître.
Quand un homme ne dit rien alors que tout le monde parle, on n'entend plus que lui !
J'ai l'impression que mon chêne sent sa dernière heure arriver: il sent déjà le sapin.
Quand j'ai tort, j'ai mes raisons, que je ne donne pas. Ce serait reconnaître mes torts !
L'autre jour, au café, je commande un demi, j'en bois la moitié, il ne m'en restait plus.
Parce qu'il y a des magiciens qui vous promettent la lune... Moi, je vous promets le soleil !
Avez-vous remarqué qu'à table les mets que l'on vous sert vous mettent les mots à la bouche ?
Pour un raté... rater, c'est estimer avoir réussi là où les autres considèrent qu'ils ont raté !
C'est pour satisfaire les sens qu'on fait l'amour ; et c'est pour l'essence qu'on fait la guerre.
Toute la nuit, j'ai cru entendre le chromosome en plus qui tournait en rond dans ma case en moins.
Il buvait toutes mes paroles, et comme je parlais beaucoup, à un moment, je le vois qui titubait...
Si tu étais plus belle, je me serais déjà lassé. Tandis que là, je ne m'y suis pas encore habitué !
J'ai été hier au cinéma. Voir un film en noir et blanc. Pas un film en couleurs : je suis en deuil.
Il déteste à tel point les étrangers que, lorsqu'il va dans leur pays, il ne peut plus se supporter.
Au lieu de répondre très bien, je réponds très, et le bien qui me reste, je vais le porter à ma banque.
La plupart des gens préfèrent glisser leur peau sous les draps plutôt que de la risquer sous les drapeaux.
Une rengaine, c'est un air qui commence par vous entrer par une oreille et qui finit par vous sortir par les yeux.
J'ai un copain, il est pilote d'essai... enfin, il ne l'est pas encore ; pour l'instant, il essaie d'être pilote !
En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées ! Alors, j'ai troqué ma deux chevaux contre une deux boeufs !
On dit que le ridicule tue. Est-ce vrai ? Pas du tout! Regardez autour de vous, il n'y a que des gens bien portants.
Rien, ce n'est pas rien ! La preuve, c'est que l'on peut le soustraire. Exemple : rien moins rien = moins que rien !
Je connais un critique qui est en même temps auteur... ce qui le met en tant qu'auteur dans une situation critique !
Paradoxalement, sur une auto, vous avez des freins à tambour, alors que sur un tambour, vous n'avez pas d'auto-frein !
Les gens disent tous la même chose ! Ils disent tous, lorsqu'ils leur arrivent quelque chose : "Ça n'arrive qu'à moi !"
On ne sait plus ce que c'est que l'obscurité. A force de vouloir faire la lumière sur tout, on ne distingue plus rien !
- Qu'est-ce que vous regardez ? C'est la carte routière ?- Non ! C'est la carte des vins. C'est pour éviter les bouchons !
Est-ce que c'est en remettant toujours au lendemain la catastrophe que nous pourrions faire le jour même que nos l'éviterons ?
Vous savez, les idées elles sont dans l'air. Il suffit que quelqu'un vous en parle de trop près, pour que vous les attrapiez !
On a toujours tort d'essayer d'avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu'ils n'ont pas tort !
Je connais un monsieur, c'est un auto-stoppeur professionnel. Il lui est arrivé un accident de travail... il a perdu le pouce !
Quand on demande aux gens d'observer le silence... au lieu de l'observer, comme on observe une éclipse de lune, ils l'écoutent !
Il ne faudrait pas croire que les responsables d'hier étaient plus ignorants de la situation que ne le sont ceux d'aujourd'hui !
Mon pied droit est jaloux de mon pied gauche. Quand l'un avance, l'autre veut le dépasser. Et moi, comme un imbécile, je marche !
Monsieur, ce que j'admire en vous, c'est que vous avez le courage d'être vous-même ; avec tout ce que cela comporte de ridicule !
J'ai un ami qui est xénophobe. Il déteste à tel point les étrangers que lorsqu'il va dans leur pays, il ne peut pas se supporter !
Je n'aime pas être chez moi. A tel point que lorsque je vais chez quelqu'un et qu'il me dit : "Vous êtes ici chez vous", je rentre chez moi !
- Mais pourquoi courent-ils si vite ?- Pour gagner du temps ! Comme le temps, c'est de l'argent... plus ils courent vite, plus ils en gagnent !
- Mais pourquoi courent-ils si vite ?
- Pour gagner du temps ! Comme le temps, c'est de l'argent... plus ils courent vite, plus ils en gagnent !
- Est-ce que les histoires que vous racontez ne vous empêchent pas de dormir ?- Si, mais comme ce sont des histoires à dormir debout, je récupère !
L'intellectuel dont la richesse est toute intérieure n'a rien à craindre du percepteur qui voudrait le taxer sur ses signes extérieurs de richesse.
Lorsqu'on a la prétention, comme moi, d'entraîner les gens dans l'imaginaire, il faut pouvoir les ramener dans le réel, ensuite... et sans dommage !
Quand on s'est connus, ma femme et moi, on était tellement timides tous les deux qu'on n'osait pas se regarder. Maintenant, on ne peut plus se voir !
Une fois rien, c'est rien ; deux fois rien, ce n'est pas beaucoup, mais pour trois fois rien, on peut déjà s'acheter quelque chose, et pour pas cher.
Par exemple, j'ai ouï dire qu'il y a des choses qui entrent par une oreille et qui sortent par l'autre. Je n'ai jamais rien vu entrer par une oreille et encore moins en sortir !
Le rire est le propre de l'homme et s'il ne peut plus s'en servir, sa condition devient alarmante.
— Les chansons que je ne chante pas, Raymond Devos, 1999
Je suis né avec un pied en Belgique et un pied en France, c'est pour cela que je marche les pieds écartés.
— Il n'y a pas de quoi rire, Raymond Devos, cité dans Wikipédia FR
Quand on a la prétention d'entraîner les gens dans l'imaginaire, il faut pouvoir les ramener dans le réel, et sans dommage.
— Les quarantièmes délirants, Raymond Devos, éditions Le cherche-midi, 2002
Lorsque j'ai été déporté du travail en Allemagne, je côtoyais quotidiennement des hommes de nationalités différentes. Avec des rudiments de langue allemande, on tentait de se faire comprendre. Mais il y avait aussi les gestes, une attitude, un regard qui ajoutaient aux efforts relationnels.
— Déclaration rapportée dans la biographie de l'Association des Amis de Raymond Devos (ADARD) et citée par Wikipédia FR
Se coucher tard... nuit !
C'est un bon cru, je le crois.
Un croyant, c'est un antiseptique.
Un muet, c'est un antiparlementaire.
Le flux et le reflux me font marée.
J'adore être pris en flagrant délire.
Le flux et le reflux me font "marée".
Plus je me mirais, plus je m'admirais.
La télépathie, c'est le téléphone de demain.
J'ai toujours réussi à rater tous mes examens.
Le percepteur met ma faiblesse à contribution.
Quand les Verts voient rouge, ils votent blanc.
La raison du plus fou est toujours la meilleure.
Qui prête à rire, n'est pas sûr d'être remboursé.
Dès que le silence se fait, les gens le meublent.
Même avec Dieu, il ne faut pas tenter le Diable !
Qui prête à rire n'est jamais sûr d'être remboursé.
Comment peut-on identifier un doute avec certitude ?
La mer, elle est démontée. - Vous la remontez quand ?
Je regarde la carte des vins pour éviter les bouchons.
Ne rien faire, ça peut se dire. Ca ne peut pas se faire !
J'économise ma salive, je ne dis plus qu'un mot sur deux.
Moi, lorsque je n'ai rien à dire, je veux qu'on le sache !
Dans l'imaginaire, Dieu, on ne risque pas de le rencontrer.
Un jardinier qui sabote une pelouse est un assassin en herbe.
Du moment qu'on rit des choses, elles ne sont plus dangereuses.
Tous les écologistes sont daltoniens, ils voient vert partout !
Moi, je fais attendre les gens pour leur faire passer le temps.
Chaque fois que votre femme fait une fugue, vous en écrivez une.
Est-ce l'oeuf le père de la poule ou la poule la mère de l'oeuf ?
Etre raisonnable en toutes circonstances ? Il faudrait être fou...
- Le fou n'aime pas la marche...- Pourquoi ?- Parce qu'il la rate !
Si Dieu n'est pas marié, pourquoi parle-t-on de sa grande Clémence ?
Je suis adroit de la main gauche et je suis gauche de la main droite.
- Le fou n'aime pas la marche...
- Pourquoi ?
- Parce qu'il la rate !
Le rire est une chose sérieuse avec laquelle il ne faut pas plaisanter.
On se prend souvent pour quelqu'un, alors qu'au fond, on est plusieurs.
Non seulement c'était une fausse porte, mais en plus elle était fermée.
Il m'est arrivé de prêter l'oreille à un sourd. Il n'entendait pas mieux.
Lorsqu'un chêne sent le sapin, il sait que sa dernière heure est arrivée.
Chaque fois que mon percepteur revenait, je payais un impôt sur le revenu.
Je sens que ma dernière heure est arrivée, je voudrais la passer avec vous.
Si l'on peut trouver moins que rien, c'est que rien vaut déjà quelque chose.
Pour Dieu, l'imaginaire c'est une vue de l'esprit. La fiction ça le dépasse !
Je me suis remis à la clarinette. C'est ce qui rapproche le plus de l'anglais.
Un ministre, ça ne se vend pas ! Ca s'achète parfois ! Mais ça ne se vend pas !
Si vous cassez un bout de bois en deux, il y a encore deux bouts à chaque bout.
La grippe, ça dure huit jours si on la soigne et une semaine si on ne fait rien.
Si ma femme doit être veuve un jour, j'aimerais mieux que ce soit de mon vivant.
Je crois à l'immortalité et pourtant je crains bien de mourir avant de la connaître.
Quand un homme ne dit rien alors que tout le monde parle, on n'entend plus que lui !
J'ai l'impression que mon chêne sent sa dernière heure arriver: il sent déjà le sapin.
Quand j'ai tort, j'ai mes raisons, que je ne donne pas. Ce serait reconnaître mes torts !
L'autre jour, au café, je commande un demi, j'en bois la moitié, il ne m'en restait plus.
Parce qu'il y a des magiciens qui vous promettent la lune... Moi, je vous promets le soleil !
Avez-vous remarqué qu'à table les mets que l'on vous sert vous mettent les mots à la bouche ?
Pour un raté... rater, c'est estimer avoir réussi là où les autres considèrent qu'ils ont raté !
C'est pour satisfaire les sens qu'on fait l'amour ; et c'est pour l'essence qu'on fait la guerre.
Toute la nuit, j'ai cru entendre le chromosome en plus qui tournait en rond dans ma case en moins.
Il buvait toutes mes paroles, et comme je parlais beaucoup, à un moment, je le vois qui titubait...
Si tu étais plus belle, je me serais déjà lassé. Tandis que là, je ne m'y suis pas encore habitué !
J'ai été hier au cinéma. Voir un film en noir et blanc. Pas un film en couleurs : je suis en deuil.
Il déteste à tel point les étrangers que, lorsqu'il va dans leur pays, il ne peut plus se supporter.
Au lieu de répondre très bien, je réponds très, et le bien qui me reste, je vais le porter à ma banque.
La plupart des gens préfèrent glisser leur peau sous les draps plutôt que de la risquer sous les drapeaux.
Une rengaine, c'est un air qui commence par vous entrer par une oreille et qui finit par vous sortir par les yeux.
J'ai un copain, il est pilote d'essai... enfin, il ne l'est pas encore ; pour l'instant, il essaie d'être pilote !
En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées ! Alors, j'ai troqué ma deux chevaux contre une deux boeufs !
On dit que le ridicule tue. Est-ce vrai ? Pas du tout! Regardez autour de vous, il n'y a que des gens bien portants.
Rien, ce n'est pas rien ! La preuve, c'est que l'on peut le soustraire. Exemple : rien moins rien = moins que rien !
Je connais un critique qui est en même temps auteur... ce qui le met en tant qu'auteur dans une situation critique !
Paradoxalement, sur une auto, vous avez des freins à tambour, alors que sur un tambour, vous n'avez pas d'auto-frein !
Les gens disent tous la même chose ! Ils disent tous, lorsqu'ils leur arrivent quelque chose : "Ça n'arrive qu'à moi !"
On ne sait plus ce que c'est que l'obscurité. A force de vouloir faire la lumière sur tout, on ne distingue plus rien !
- Qu'est-ce que vous regardez ? C'est la carte routière ?- Non ! C'est la carte des vins. C'est pour éviter les bouchons !
Est-ce que c'est en remettant toujours au lendemain la catastrophe que nous pourrions faire le jour même que nos l'éviterons ?
Vous savez, les idées elles sont dans l'air. Il suffit que quelqu'un vous en parle de trop près, pour que vous les attrapiez !
On a toujours tort d'essayer d'avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu'ils n'ont pas tort !
Je connais un monsieur, c'est un auto-stoppeur professionnel. Il lui est arrivé un accident de travail... il a perdu le pouce !
Quand on demande aux gens d'observer le silence... au lieu de l'observer, comme on observe une éclipse de lune, ils l'écoutent !
Il ne faudrait pas croire que les responsables d'hier étaient plus ignorants de la situation que ne le sont ceux d'aujourd'hui !
Mon pied droit est jaloux de mon pied gauche. Quand l'un avance, l'autre veut le dépasser. Et moi, comme un imbécile, je marche !
Monsieur, ce que j'admire en vous, c'est que vous avez le courage d'être vous-même ; avec tout ce que cela comporte de ridicule !
J'ai un ami qui est xénophobe. Il déteste à tel point les étrangers que lorsqu'il va dans leur pays, il ne peut pas se supporter !
Je n'aime pas être chez moi. A tel point que lorsque je vais chez quelqu'un et qu'il me dit : "Vous êtes ici chez vous", je rentre chez moi !
- Mais pourquoi courent-ils si vite ?- Pour gagner du temps ! Comme le temps, c'est de l'argent... plus ils courent vite, plus ils en gagnent !
- Mais pourquoi courent-ils si vite ?
- Pour gagner du temps ! Comme le temps, c'est de l'argent... plus ils courent vite, plus ils en gagnent !
- Est-ce que les histoires que vous racontez ne vous empêchent pas de dormir ?- Si, mais comme ce sont des histoires à dormir debout, je récupère !
L'intellectuel dont la richesse est toute intérieure n'a rien à craindre du percepteur qui voudrait le taxer sur ses signes extérieurs de richesse.
Lorsqu'on a la prétention, comme moi, d'entraîner les gens dans l'imaginaire, il faut pouvoir les ramener dans le réel, ensuite... et sans dommage !
Quand on s'est connus, ma femme et moi, on était tellement timides tous les deux qu'on n'osait pas se regarder. Maintenant, on ne peut plus se voir !
Une fois rien, c'est rien ; deux fois rien, ce n'est pas beaucoup, mais pour trois fois rien, on peut déjà s'acheter quelque chose, et pour pas cher.
Par exemple, j'ai ouï dire qu'il y a des choses qui entrent par une oreille et qui sortent par l'autre. Je n'ai jamais rien vu entrer par une oreille et encore moins en sortir !