Cette année marque le 85ᵉ anniversaire de sa disparition.
Robert Delaunay, peintre français né le 12 avril 1885 à Paris (16e arrondissement) et mort le 25 octobre 1941 à Montpellier des suites d'un cancer, co-fonde avec Sonia Delaunay le mouvement orphiste. Ses séries des Fenêtres, des Disques et des Rythmes font de lui l'un des précurseurs de la peinture abstraite en Europe.
À dix-sept ans, Robert Delaunay quitte le lycée et suit de 1902 à 1904 un apprentissage de deux ans dans les ateliers du décorateur de théâtre Eugène Ronsin, expérience qui développe son goût pour les grandes surfaces colorées et les effets de lumière scénique. Ses premières peintures, réalisées à partir de 1904, s'inscrivent dans un registre néo-impressionniste. En 1906, il participe au Salon des Indépendants et lie amitié avec Jean Metzinger, qui l'oriente vers les écrits de Michel-Eugène Chevreul sur la loi du contraste simultané des couleurs. Son service militaire à Laon en 1907 le confronte à l'architecture gothique de la cathédrale ; réformé pour troubles cardiaques, il retourne à Paris. À partir de 1909, il développe une série sur l'église Saint-Séverin, puis ses premières peintures de la tour Eiffel, monument découvert à l'âge de quatre ans lors de l'Exposition universelle de 1889. Cette même année, sa rencontre avec Sonia Terk annonce une collaboration artistique qui durera jusqu'à sa mort.
En 1911, Vassily Kandinsky l'invite à rejoindre Der Blaue Reiter pour sa première exposition à Munich, où il vend quatre tableaux. L'année 1912 marque un tournant : Guillaume Apollinaire forge le terme «orphisme» pour désigner son art de la couleur pure, et sa série Les Fenêtres est présentée dans plusieurs capitales européennes. En 1913, Paul Klee traduit son texte théorique La Lumière pour la revue berlinoise Der Sturm, diffusant le simultanisme dans les cercles d'avant-garde germanophones. La même année, L'Équipe de Cardiff introduit la modernité urbaine dans son vocabulaire formel ; Hommage à Blériot (1914) constitue le manifeste de la méthode simultanéiste. Pendant la Première Guerre mondiale, les Delaunay séjournent en Espagne et au Portugal ; Robert collabore en 1917 avec Sergei Diaghilev pour les décors de Cléopâtre à Madrid. À son retour à Paris en 1921, il fréquente André Breton, Tristan Tzara, Philippe Soupault et Jean Cocteau. À partir de 1934, les séries Rythmes et Rythmes sans fin aboutissent en 1937 à des fresques monumentales pour le palais de l'air et le palais des chemins de fer de l'Exposition internationale de Paris.
Lors de la mobilisation d'août 1914, Robert Delaunay se trouve à Fontarabie (Espagne) avec Sonia Delaunay. Ne rentrant pas en France, il est officiellement déclaré déserteur. Il obtient finalement sa réforme militaire auprès du consulat de France à Vigo pendant son séjour ibérique. À son retour à Paris dans les années 1920, de nombreux peintres refusent de l'intégrer dans leurs cercles, dans le contexte nationaliste de l'après-guerre. Fernand Léger prend publiquement sa défense, lui permettant de réintégrer progressivement les milieux artistiques parisiens.
1885 : Naissance le 12 avril à Paris (16e arrondissement), fils de George Delaunay et de la comtesse Berthe Félicie de Rose.
1894 : Divorce des parents ; confié à sa tante Marie Damour et son mari Charles Damour à Saint-Éloy-de-Gy.
1902 : Apprentissage de la décoration scénique dans les ateliers d'Eugène Ronsin à Paris (jusqu'en 1904).
1906 : Participation au Salon des Indépendants ; rencontre Jean Metzinger.
1909 : Série Saint-Séverin ; premières peintures de la tour Eiffel.
1910 : Mariage avec Sonia Terk, précédemment mariée à Wilhelm Uhde.
1911 : Naissance du fils Charles (18 janvier, à Vineuil-Saint-Firmin) ; invitation à rejoindre Der Blaue Reiter par Vassily Kandinsky à Munich.
1912 : Série Les Fenêtres ; Guillaume Apollinaire forge le terme «orphisme».
1913 : L'Équipe de Cardiff ; Disque simultané ; La Lumière traduit par Paul Klee pour la revue Der Sturm (Berlin).
1914 : Hommage à Blériot ; début de l'exil ibérique pendant la Première Guerre mondiale.
1921 : Retour à Paris (rue Malesherbes) ; portraits de Tristan Tzara, André Breton, Philippe Soupault.
1937 : Fresques monumentales pour le palais de l'air et le palais des chemins de fer de l'Exposition internationale de Paris.
1941 : Décès le 25 octobre à Montpellier des suites d'un cancer, à cinquante-six ans.
Robert Delaunay naît de George Delaunay, homme d'affaires, et de la comtesse Berthe Félicie de Rose. Après le divorce de ses parents (vers 1894), il est élevé par sa tante maternelle Marie Damour et son mari Charles Damour, peintre traditionnel, dans le château de La Rongère à Saint-Éloy-de-Gy. En 1910, il épouse Sonia Terk, artiste d'origine ukrainienne précédemment mariée à Wilhelm Uhde par mariage de convenance. Leur fils Charles Delaunay naît le 18 janvier 1911 à Vineuil-Saint-Firmin (Oise). Le couple s'installe au 19, rue Malesherbes à Paris dès 1921, puis au 16, rue Saint-Simon à partir de 1935.
Robert Delaunay entretient des liens étroits avec les milieux intellectuels et artistiques parisiens des années 1920 et 1930. Il fréquente Tristan Tzara, André Breton, Philippe Soupault, Louis Aragon et Jean Cocteau, et reçoit le poète Vladimir Maïakovski dans son atelier. Son fils Charles Delaunay se consacre au jazz et cofonde le Hot Club de France avec Hugues Panassié, initiant le Quintette du Hot Club de France avec Django Reinhardt et Stéphane Grappelli. En 1940, fuyant l'occupation allemande, Robert Delaunay gagne la zone libre avec Sonia, séjournant à Mougins puis à Montpellier, auprès du poète Joseph Delteil.
Atteint d'un cancer dont la progression s'accélère à partir de 1938, Robert Delaunay quitte Paris en 1940 avec Sonia Delaunay, gagnant d'abord l'Auvergne, puis Mougins (Alpes-Maritimes), où le peintre Albert Aublet lui rend régulièrement visite, avant de rejoindre Montpellier, en zone libre, auprès du poète Joseph Delteil. Le type précis du cancer n'a pas été rendu public. Il décède le 25 octobre 1941 à Montpellier, à cinquante-six ans. Aucune cérémonie publique nationale n'est documentée à l'époque. En décembre 1946-janvier 1947, Sonia Delaunay organise une exposition rétrospective à la galerie Louis Carré à Paris, qui remet l'oeuvre de Delaunay en lumière, notamment par sa série des Tours Eiffel.
Les cendres de Robert Delaunay sont réinhumées en 1952 dans le cimetière de Gambais (Yvelines, Île-de-France), commune où le couple possédait une propriété agricole. En 1979, Sonia Delaunay est inhumée à ses côtés. La première pierre tombale, aujourd'hui détruite, était modelée sur son oeuvre Relief gris (1935), conservée au musée national d'Art moderne (Centre Pompidou, Paris).
1 - À quatre ans, Robert Delaunay est conduit à l'Exposition universelle de 1889, lors de laquelle est inaugurée la tour Eiffel. Ce monument devient le motif central de sa carrière, représenté en quelque quarante versions successives aux styles néo-impressionniste, cubiste puis simultanéiste.
2 - Lors de son service militaire à Laon (1907), son compagnon de chambrée Robert Lotiron rapporte que Delaunay, affecté à la bibliothèque des officiers, lisait en cachette Spinoza, Rimbaud, Baudelaire et Jules Laforgue. Il est réformé quelques mois plus tard pour endocardite et troubles cardiaques.
3 - En 1913, Delaunay conçoit avec le cinéaste Abel Gance un projet d'«Orgues lumineuses» : un vaste écran d'ampoules devant s'allumer au rythme d'une musique. Delaunay y propose l'apparition d'un visage féminin composé de signaux lumineux rouges, blancs et bleus.
4 - Lors de leurs fiançailles, Robert Delaunay offre à Sonia Terk une petite peinture de la tour Eiffel, selon les mémoires de Sonia Delaunay. Ce geste témoigne de la centralité du motif dans les échanges artistiques et personnels du couple.
5 - Paul Klee, après une visite parisienne à l'été 1912, traduit en allemand le texte La Lumière de Delaunay, transmis à Berlin par Franz Marc. Sa publication dans Der Sturm en janvier 1913 diffuse les théories du simultanisme dans les avant-gardes germanophones.
- Métier(s) : Peintre
- Résidence principale : Paris (19, rue Malesherbes 1921-1935, puis 16, rue Saint-Simon jusqu'en 1940)
- Relations de couple : Sonia Delaunay (née Sonia Terk), épousée en 1910
- Enfants : Charles Delaunay (18 janvier 1911 - 16 février 1988), auteur et expert en jazz, cofondateur du Hot Club de France
- Distinctions : Aucune distinction officielle documentée
Le mouvement synchrone de la lumière est la seule réalité.
— La Lumière, texte de Robert Delaunay traduit en allemand par Paul Klee, Der Sturm, Berlin, janvier 1913
Moi artiste, moi manuel, je fais la révolution dans les murs.
— Commune, n° 22, juin 1935
Je suis sur le mur, le complément, la finition de l'architecture.
— Lettre à Albert Gleizes, 1935 (citée dans La Libre Belgique, 5 novembre 2014)
Une chose indispensable pour moi, c'est l'observation directe, dans la nature, de l'essence lumineuse.
— Lettre à August Macke, 1913 (in Du cubisme à l'art abstrait, SEVPEN, Paris, 1957, p. 185)