Robert Schuman, homme d'État français né à Luxembourg en 1886, est l'auteur de la Déclaration du 9 mai 1950, acte fondateur de l'Union européenne. Ministre des Affaires étrangères puis premier président du Parlement européen, il est déclaré vénérable par l'Église catholique en 2021.
Né dans le faubourg luxembourgeois de Clausen le 29 juin 1886, Robert Schuman grandit dans un environnement trilingue : le luxembourgeois est sa langue maternelle, l'allemand sa deuxième langue, le français une langue apprise à l'Athénée de Luxembourg. Son père, Jean-Pierre Schuman, né français en Lorraine puis devenu citoyen allemand après l'annexion de 1871, décède en 1900 lorsque Robert n'a que 14 ans. Sa mère, Suzanne Eugénie Duren, Luxembourgeoise originaire de Bettembourg, meurt à son tour en 1910. Orphelin à 24 ans, il envisage brièvement le sacerdoce avant d'y renoncer. Il prépare son baccalauréat au lycée Fabert de Metz en 1904, puis étudie le droit à Bonn, Berlin, Munich et Strasbourg. Il ouvre un cabinet d'avocat à Metz en juin 1912. La Première Guerre mondiale le voit incorporé, malgré une réforme médicale de 1908, dans l'armée allemande, affecté à l'administration territoriale de Boulay. Après l'Armistice du 11 novembre 1918, il entre en politique à 32 ans comme membre de la commission municipale de Metz.
Devenu citoyen français par le traité de Versailles, Robert Schuman est élu député de la Moselle en novembre 1919 et siège sans interruption jusqu'en 1940. En mars 1940, il est nommé sous-secrétaire d'État aux réfugiés dans le gouvernement Paul Reynaud. Arrêté par la Gestapo en septembre 1940, il s'évade en août 1942 en passant par l'abbaye de Ligugé. Sous la IVe République, il occupe les postes de ministre des Finances (1946), de président du Conseil (1947-1948) et de ministre des Affaires étrangères (1948-1952). En collaboration avec Jean Monnet, il élabore la Déclaration du 9 mai 1950, prononcée au salon de l'Horloge du Quai d'Orsay, proposant la mise en commun de la production franco-allemande de charbon et d'acier. Ce texte aboutit au traité de Paris du 18 avril 1951 instituant la CECA. De 1958 à 1960, il préside le Parlement européen, qui lui décerne le titre de Père de l'Europe. Sa relation avec Konrad Adenauer scelle la réconciliation franco-allemande au coeur du projet européen.
1886 : naissance de Jean-Baptiste Nicolas Robert Schuman le 29 juin à Clausen, faubourg de Luxembourg
1900 : décès de son père Jean-Pierre Schuman ; il est orphelin de père à 14 ans
1904 : baccalauréat au lycée Fabert de Metz
1910 : décès de sa mère Suzanne Eugénie Duren ; il envisage brièvement le sacerdoce
1912 : ouverture d'un cabinet d'avocat à Metz en juin
1919 : élection comme député de la Moselle en novembre, après l'obtention de la nationalité française
1924 : achat de la maison de Scy-Chazelles, en Moselle, qui deviendra sa résidence permanente
1940 : nommé sous-secrétaire d'État en mars ; arrêté par la Gestapo en septembre
1942 : évasion en août et passage en zone libre via l'abbaye de Ligugé
1947 : nommé président du Conseil des ministres en novembre (Mouvement républicain populaire)
1950 : prononciation de la Déclaration Schuman le 9 mai au Quai d'Orsay, en partenariat avec Jean Monnet
1951 : signature du traité de Paris le 18 avril, instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA)
1958 : attribution du Prix international Charlemagne d'Aix-la-Chapelle le 15 mai ; élection à la présidence du Parlement européen
1960 : fin de son mandat au Parlement européen ; décernement du titre de Père de l'Europe
1963 : publication de Pour l'Europe ; décès le 4 septembre à Scy-Chazelles
2021 : déclaration de vénérabilité par le pape François, le 19 juin
Robert Schuman est resté célibataire toute sa vie. Fils de Jean-Pierre Schuman, fonctionnaire lorrain devenu citoyen allemand après l'annexion de 1871, et de Suzanne Eugénie Duren, Luxembourgeoise de Bettembourg, il est orphelin dès l'âge de 24 ans. Profondément catholique, il fréquente la Conférence Olivaint pendant ses études et préside en 1913 la partie francophone du Katholikentag de Metz. Sa triple appartenance culturelle nourrit sa conviction que la paix en Europe passe par le dépassement des frontières nationales. En 1924, il acquiert une propriété à Scy-Chazelles, en Moselle, où il s'installe définitivement en 1962.
Robert Schuman entretient des relations étroites avec plusieurs personnalités qui partagent sa vision européenne : Alcide De Gasperi, président du Conseil italien, Paul-Henri Spaak, homme d'État belge, et Joseph Bech, Premier ministre luxembourgeois, avec lesquels il pose les fondations institutionnelles de l'Europe. Bibliophile passionné, il collectionne tout au long de sa vie des autographes et ouvrages liés à la Lorraine et à la Lotharingie : sa collection dépasse 6 000 objets, dispersés aux enchères en 1965, à l'exception d'un legs de 23 documents à l'Institut catholique de Paris. Il est l'auteur d'un seul ouvrage, Pour l'Europe, rédigé peu avant sa mort en 1963.
Robert Schuman se retire de la vie politique en 1962 et regagne sa maison de Scy-Chazelles, en Moselle. La cause précise de son décès n'a pas été rendue publique par les sources officielles. Il meurt à son domicile de Scy-Chazelles le 4 septembre 1963, à l'âge de 77 ans. Ses obsèques sont célébrées le 7 septembre 1963 en la cathédrale Saint-Étienne de Metz. Walter Hallstein, président de la Commission européenne, et plusieurs responsables européens saluent publiquement sa mémoire. Le Parlement européen et les gouvernements des six États membres de la CECA rendent hommage à celui qui fut reconnu comme Père de l'Europe.
Inhumé d'abord au cimetière communal de Scy-Chazelles, sa dépouille est transférée en 1966 dans la petite église fortifiée Saint-Quentin de Scy-Chazelles, en face de sa maison devenue la Maison de Robert Schuman, propriété du conseil départemental de la Moselle. Un monument aux pères fondateurs de l'Europe, oeuvre du sculpteur Zourab Tsereteli, a été inauguré devant cette maison le 20 octobre 2012.
1 - Lors de son assignation à résidence surveillée par les autorités nazies à Neustadt, en Rhénanie-Palatinat, Robert Schuman s'entretenait avec ses visiteurs exclusivement en luxembourgeois, afin que les gardiens ne puissent pas suivre ses conversations.
2 - Réformé de l'armée en 1908 pour raisons médicales, il fut néanmoins incorporé comme simple soldat dans l'armée allemande en 1914 : conséquence directe de sa situation juridique paradoxale d'homme né français mais devenu citoyen allemand sans l'avoir choisi.
3 - Le projet de Jean Monnet qui allait devenir la Déclaration Schuman fut remis à Robert Schuman par son directeur de cabinet Bernard Clappier sur le quai de la gare de l'Est, quelques minutes avant qu'il ne prenne un train pour Metz. C'est dans ce train qu'il en prit connaissance.
4 - Bibliophile discret, Robert Schuman constitua une collection de plus de 6 000 autographes et ouvrages lorrains tout au long de sa vie politique, sans que ce goût ne soit jamais médiatisé de son vivant. La collection fut dispersée aux enchères en 1965, deux ans après sa mort.
5 - La Déclaration du 9 mai 1950 fut prononcée en moins d'une minute trente. L'enregistrement original n'existe pas : aucune radio ni caméra ne filmèrent la cérémonie, et Schuman dut relire le texte après coup pour permettre sa diffusion.
6 - Son seul ouvrage publié, Pour l'Europe, fut rédigé au cours de l'été 1963, quelques semaines avant sa mort le 4 septembre. Il constitue le seul texte de pensée politique qu'il signa de son nom.
- Métier(s) : avocat, homme d'État, député, ministre, président du Parlement européen
- Résidence principale : Scy-Chazelles (Moselle)
- Relations de couple : célibataire
- Enfants : aucun
- Distinctions : Prix international Charlemagne d'Aix-la-Chapelle (1958) ; titre de Père de l'Europe décerné par le Parlement européen (1960) ; déclaré vénérable par le pape François (19 juin 2021)
345 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
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« Charlemagne a été le symbole de l'unité de l'Europe. Résoudre les problèmes en commun. »
— Discours de réception du Prix Charlemagne, Aix-la-Chapelle, 15 mai 1958 (archives INA)
« L'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes, créant d'abord une solidarité de fait. »
— Déclaration du 9 mai 1950, Salon de l'Horloge, Quai d'Orsay, Paris
« Après deux guerres mondiales, nous avons fini par reconnaître que la meilleure garantie pour la nation ne réside plus dans son splendide isolement, ni dans sa force propre. »
— Pour l'Europe, cinquième édition, Fondation Robert Schuman (traduit et cité dans Touteleurope.eu)