Résumé biographique
Figure centrale du jazz européen du XXe siècle, le violoniste et pianiste français Stéphane Grappelli s’impose comme l’un des artisans majeurs du swing et du jazz dit « manouche », notamment à travers le Quintette du Hot Club de France fondé avec Django Reinhardt, une discographie très abondante et des collaborations internationales avec des solistes issus du jazz, du classique et des musiques populaires.
Parcours
Né le 26 janvier 1908 à l’hôpital Lariboisière à Paris, Stéphane Grappelli grandit dans un contexte familial précaire et découvre très tôt le violon. Il débute professionnellement dès 1923 en accompagnant au violon et au piano les films muets dans les cinémas parisiens, ce qui lui donne une solide expérience d’improvisation. Au début des années 1930, il joue au club La Croix du Sud dans l’orchestre d’André Ekyan, aux côtés de Django Reinhardt. En 1934, il cofonde avec ce dernier le Quintette du Hot Club de France, formation de référence du jazz à cordes. Bloqué à Londres pendant la Seconde Guerre mondiale, il y développe sa carrière et collabore notamment avec le pianiste George Shearing. À partir des années 1950, il enregistre et tourne dans le monde entier, multiplie les projets en studio et sur scène, et poursuit son activité jusqu’aux années 1990.
Repères chronologiques
26 janvier 1908 : Naissance à Paris (France).
1923 : Débuts professionnels comme accompagnateur de films muets au violon et au piano à Paris.
1931 : Engagement au club La Croix du Sud, dans l’orchestre d’André Ekyan avec Django Reinhardt.
1934 : Création du Quintette du Hot Club de France avec Django Reinhardt.
1939 : Resté à Londres au déclenchement de la guerre, il poursuit sa carrière au Royaume-Uni pendant le conflit.
1946 : Retrouvailles avec Django Reinhardt à Londres et enregistrements communs, dont une version de la Marseillaise retitrée Echoes of France.
1956 : Enregistre l’album Improvisations à Paris, marquant son activité discographique d’après-guerre.
1969 : Enregistre l’album Paris Encounter avec le vibraphoniste Gary Burton.
1972 : Premières sessions d’enregistrement avec Yehudi Menuhin aux studios Abbey Road à Londres.
1974 : Compose la musique du film Les Valseuses de Bertrand Blier.
1979 : Participe à l’album live Skol avec Oscar Peterson, Joe Pass et Niels-Henning Ørsted Pedersen.
1981 : Sortie de l’album live Stephane Grappelli/David Grisman Live enregistré aux États-Unis.
1989 : Sortie de l’album Anything Goes: Stephane Grappelli & Yo-Yo Ma Play (Mostly) Cole Porter.
1992 : Enregistre l’album live Live 1992 à Colombes, en France.
1 décembre 1997 : Décès à Paris à l’âge de 89 ans.
Vie personnelle et engagements
Stéphane Grappelli naît à Paris d’un père italien, Ernesto, et d’une mère française, Anna-Émilie Hanocque. Après la mort prématurée de sa mère et la mobilisation de son père pendant la Première Guerre mondiale, il connaît une enfance marquée par le passage en institution et la nécessité de jouer dans la rue pour contribuer aux revenus familiaux. En mai 1935, une relation avec Sylvia Caro donne naissance à une fille, Evelyne, qu’il retrouve après la guerre. Il ne se marie pas et, selon les sources biographiques, vit une longue relation de proximité avec Jean Barclay entre 1952 et 1980, puis partage sa vie avec Joseph Oldenhove à partir de 1981 jusqu’à sa mort. Son engagement principal reste artistique : participation à de nombreux festivals, collaborations avec des musiciens de cultures diverses et contribution à la diffusion internationale du jazz à cordes.
Anecdotes
1 – Enfant, il passe un temps en orphelinat pendant la Première Guerre mondiale et raconte avoir dû jouer du violon dans les rues de Paris dès l’adolescence pour gagner de quoi se nourrir.
2 – C’est dans l’orchestre de Louis Vola, à l’Hôtel Claridge sur les Champs-Élysées, que les membres du Hot Club de France repèrent le duo Django Reinhardt / Stéphane Grappelli lors de jam-sessions entre deux sets.
3 – En septembre 1939, lorsque les sirènes annoncent la guerre à Londres, Django Reinhardt repart précipitamment en France tandis que Grappelli, malade, reste en Angleterre, ce qui met fin à la première période du Quintette du Hot Club de France.
4 – En 1946, il enregistre avec Django une version de la Marseillaise rebaptisée Echoes of France pour le marché anglophone, dont la matrice d’enregistrement est ensuite détruite.
5 – Ses enregistrements avec Yehudi Menuhin aux studios Abbey Road, dans les années 1970, associent standards américains et compositions originales et contribuent à rapprocher publics du classique et du jazz.
6 – Il apparaît brièvement à l’écran, notamment dans le film King of the Gypsies et dans un épisode de la série La Petite Maison dans la prairie, où il joue son propre rôle de violoniste invité.
Lieux de mémoire
Né à l’hôpital Lariboisière dans le 10e arrondissement de Paris, Stéphane Grappelli a longtemps vécu et travaillé entre Paris et Londres, où il réside pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Il se produit dans de nombreuses salles parisiennes liées au Hot Club de France. Décédé à Paris le 1 décembre 1997, il repose au columbarium du cimetière du Père-Lachaise, dans la division 87.
Contexte du décès
Stéphane Grappelli meurt le 1 décembre 1997 à Paris, à la suite d’une insuffisance cardiaque consécutive à plusieurs attaques cérébrales. Son état de santé l’avait déjà conduit à limiter ses déplacements après ses dernières tournées en 1997, au Royaume-Uni puis en Australie et en Nouvelle-Zélande. Ses funérailles ont lieu le 5 décembre 1997 à l’église Saint-Vincent-de-Paul, à proximité de l’hôpital Lariboisière où il était né. Il est ensuite inhumé au columbarium du cimetière du Père-Lachaise, où sa niche funéraire est devenue un lieu de recueillement pour les amateurs de jazz.
Points clés
• Métier(s) : violoniste, pianiste, compositeur, jazzman
• Résidence principale : Londres, Royaume-Uni (avec liens durables à Paris, France)
• Relations : Sylvia Caro (relation brève, 1935) ; Jean Barclay (proche compagne, 1952-1980) ; Joseph Oldenhove (compagnon, 1981-1997)
• Enfants : Evelyne
• Distinctions : Prix In Honorem de l’Académie Charles-Cros (1969) ; Victoire de la musique du musicien de jazz de l’année (1987) ; Grand prix de la SACEM (1995) ; Grammy Lifetime Achievement Award (1997) ; intronisation au Down Beat Jazz Hall of Fame






