Thérèse d'Avila

1515–1582 · † à 67 ans
Naissance
28 mars 1515
Gotarrendura, Espagne
Décès
4 oct. 1582
cancer de l'utérus
Nationalité
Astrologie

Biographie

Thérèse d'Avila, née Teresa Sánchez de Cepeda Dávila y Ahumada le 28 mars 1515 à Gotarrendura (Castille), est une religieuse carmélite espagnole, réformatrice de l'ordre du Carmel et écrivaine mystique. Première femme à recevoir le titre de docteur de l'Église en 1970, elle est canonisée en 1622.


Parcours

Thérèse d'Avila naît dans une famille de petite noblesse castillane imprégnée de piété, troisième enfant d'Alonso Sánchez de Cepeda, chevalier marchand, et de Beatriz Dávila y Ahumada. Après la mort de sa mère en 1527, son père l'envoie au couvent augustinien de Santa María de Gracia à Ávila en 1531. Contrainte de rentrer pour raisons de santé, elle fugue de la maison familiale en novembre 1533 pour rejoindre le couvent carmélite de l'Incarnation d'Ávila, où elle passe vingt-sept ans. Une grave maladie, peut-être la fièvre de Malte, la cloue au lit à partir de 1538 ; elle attribue sa guérison, vers 1539, à l'intercession de saint Joseph. Pendant plusieurs années elle vit une religiosité tiède, jusqu'à ce qu'une contemplation d'une statue du Christ flagellé, vers 1542, déclenche une conversion intérieure profonde. Un franciscain du nom de François de Osuna, par son traité spirituel l'Abécédaire spirituel que lui remet son oncle Pedro de Cepeda, lui ouvre l'accès à l'oraison de recueillement. Elle commence à connaître des visions et des expériences mystiques qui surprennent ses contemporains et attirent l'attention de l'Inquisition espagnole.

Convaincue de la nécessité d'un retour à la règle primitive du Carmel, fondée sur la pauvreté, le silence et la clôture, Thérèse d'Avila fonde à Ávila, le 24 août 1562, le premier couvent réformé de carmélites déchaussées : Saint-Joseph. Ce petit couvent cloîtré, voulu sobre et strict, sert de modèle à l'ensemble de la réforme. En 1567, elle rencontre à Salamanque Juan de Yepes y Álvarez, qui deviendra Jean de la Croix ; ensemble, ils fondent à Duruelo en 1568 le premier couvent masculin de carmes déchaussés. Pendant vingt ans, Thérèse sillonne l'Espagne malgré une santé défaillante pour fonder seize couvents supplémentaires, de Médina del Campo à Burgos, passant par Tolède, Salamanque, Séville et Soria. Parallèlement à cette activité, elle rédige, sur ordre de ses directeurs de conscience, ses principales oeuvres : le Livre de la vie (achevé en 1565), le Chemin de perfection (1566), le Château intérieur (1577) et le Livre des fondations (1573-1582). Elle meurt à Alba de Tormes dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582, au retour de la fondation du couvent de Burgos.


Repères chronologiques

1515 : Naissance le 28 mars à Gotarrendura (Castille, Espagne).
1523 : Fugue avec son frère Rodrigo en direction des territoires maures pour vivre le martyre ; les deux enfants sont rattrapés par leur oncle.
1527 : Mort de sa mère Beatriz Dávila y Ahumada.
1531 : Envoyée par son père au couvent augustinien de Santa María de Gracia à Ávila pour y être éduquée.
1533 : Entrée clandestine au couvent carmélite de l'Incarnation d'Ávila (novembre).
1538 : Grave maladie paralysante ; séjour chez son oncle Pedro de Cepeda à Hortigosa, où elle reçoit l'Abécédaire spirituel de François de Osuna.
1542 : Conversion intérieure profonde à la contemplation d'une statue du Christ flagellé.
1562 : Fondation du premier couvent réformé de Saint-Joseph à Ávila (24 août).
1565 : Achèvement du Livre de la vie, autobiographie spirituelle soumise à Jean d'Ávila.
1566 : Rédaction du Chemin de perfection à l'intention des novices de Saint-Joseph.
1567 : Rencontre à Salamanque de Juan de Yepes y Álvarez, futur Jean de la Croix.
1568 : Fondation avec Jean de la Croix du premier couvent masculin de carmes déchaussés à Duruelo.
1577 : Rédaction du Château intérieur, son traité mystique majeur.
1582 : Fondation du couvent de Burgos (avril) ; décès à Alba de Tormes dans la nuit du 4 au 15 octobre.
1614 : Béatification par le pape Paul V.
1622 : Canonisation par le pape Grégoire XV, simultanément avec Ignace de Loyola et François Xavier.
1970 : Proclamation comme docteur de l'Église par le pape Paul VI, première femme à recevoir ce titre.


Vie personnelle et engagements

Thérèse est la troisième d'une famille qui compte au total douze enfants. Son père, Alonso Sánchez de Cepeda, chevalier et marchand aisé d'Ávila, est issu d'une lignée de juifs convertis de Tolède, les ancêtres maternels de Thérèse appartenant à la petite noblesse locale. Sa mère, Beatriz Dávila y Ahumada, meurt en couches en 1527, laissant Thérèse âgée de douze ans. Parmi ses frères, Rodrigo de Cepeda l'accompagne dans son projet enfantin de martyre en 1523 ; plusieurs de ses frères et demi-frères partent pour les Amériques. Son oncle Pedro de Cepeda, chez qui elle séjourne pendant sa convalescence, contribue décisivement à son éveil spirituel en lui remettant le traité de François de Osuna. Thérèse n'est pas mariée, ayant rejoint la vie religieuse à dix-huit ans.

Thérèse d'Avila entretient des relations intellectuelles et spirituelles avec plusieurs théologiens et directeurs de conscience. Le jésuite Francisco de Borja et le dominicain Pedro de Alcántara confortent l'authenticité de ses expériences mystiques face aux doutes de son entourage. Jean d'Ávila, surnommé le "Maître des spirituels", valide son autobiographie. Tout au long de sa vie réformatrice, elle correspond abondamment avec les autorités civiles et ecclésiastiques, défendant ses fondations face à l'opposition de la hiérarchie carmélite non réformée et aux suspicions de l'Inquisition, liées en partie à son ascendance converso. Ses lettres, plusieurs centaines, constituent un témoignage de premier plan sur la vie religieuse espagnole du XVIe siècle.


Contexte du décès

Thérèse d'Avila décède le 4 octobre 1582 au carmel d'Alba de Tormes, où elle s'était rendue à la demande du vicaire provincial Antonio de Jesús Heredia et de la duchesse d'Albe. Les médecins qui ont étudié les descriptions de sa dernière maladie s'accordent sur un cancer de l'utérus. Elle est décédée dans les bras de sa compagne et infirmière Anne de Saint-Barthélemy, en présence de sa soeur Juana de Ahumada et du père Tomás de la Asención. Sa mort survient la nuit même du passage du calendrier julien au calendrier grégorien, si bien que le lendemain est daté du 15 octobre - jour qui deviendra sa fête liturgique dans l'Église catholique. Le pape Jean-Paul II se rend en pèlerinage à Alba de Tormes en 1982 pour le quatrième centenaire de sa mort.


Lieux de mémoire

Le corps de Thérèse d'Avila, conservé incorrompu, repose dans un cercueil en argent placé sous le choeur de l'église du couvent des Carmes déchaussés d'Alba de Tormes, dans un tombeau de marbre datant de 1760. En août 2024, ce cercueil a été ouvert pour la première fois depuis 1914 afin de procéder à une étude scientifique des reliques, avec l'approbation du Vatican. L'accès au tombeau est protégé par dix clés, réparties entre le couvent d'Alba de Tormes, le duc d'Albe, le père général de l'ordre à Rome et le roi d'Espagne.


Anecdotes

1 - Agée de huit ans environ, Thérèse entraîne son frère Rodrigo de Cepeda en dehors d'Ávila pour atteindre les terres maures et y chercher le martyre. L'escapade est interrompue par leur oncle qui les retrouve aux portes de la ville.
2 - Le grand-père paternel de Thérèse, Juan Sánchez de Toledo, avait été convoqué et "réconcilié" par l'Inquisition en 1483 en tant que juif converti. Pour effacer cette tache, il avait acheté un titre de noblesse et transféré son négoce à Ávila, permettant à ses enfants de s'allier à des familles de l'aristocratie castillane.
3 - Le Château intérieur, chef-d'oeuvre de la mystique chrétienne, est rédigé en 1577 alors que Jean de la Croix vient d'être enlevé et emprisonné à Tolède par les carmes non réformés. Thérèse écrit seule, sans pouvoir consulter son principal collaborateur.
4 - En août 2024, soit plus de quatre siècles après sa mort, le cercueil en argent de Thérèse d'Avila a été ouvert à Alba de Tormes pour une étude scientifique : les experts ont confirmé que le corps était dans le même état qu'à la dernière ouverture, en 1914. L'accès est protocolaire et requiert dix clés distinctes, dont une détenue par le roi d'Espagne et trois par le père général de l'ordre à Rome.
5 - Parmi ses 450 lettres conservées, certaines adressées au roi Philippe II d'Espagne témoignent de sa capacité à défendre directement ses fondations auprès des plus hautes autorités civiles, contournant les résistances de la hiérarchie religieuse locale.


Points clés

- Métier(s) : Religieuse carmélite, réformatrice d'ordre, écrivaine mystique
- Résidence principale : Ávila (Castille, Espagne)
- Relations de couple : Aucune (vie consacrée)
- Enfants : Aucun
- Distinctions : Béatifiée en 1614 ; canonisée en 1622 ; docteur de l'Église en 1970 (première femme) ; patronne de l'Espagne


Autres saints catholiques

Citations

« Quelques fautes que commettent ceux qui commencent à faire oraison, ils ne doivent pas l'abandonner. »

— Livre de la vie, 1562, traduction de Marcel Bouix

« Il m'était absolument impossible de douter qu'il ne fût au dedans de moi, ou que je ne fusse toute abîmée en lui. »

— Livre de la vie, chapitre 10, § 1 (traduit de l'espagnol)

« Ce n'est pas autre chose qu'une amitié intime, un entretien fréquent, seul à seul, avec celui dont nous nous savons aimés. »

— Livre de la vie, chapitre 8, § 5 (traduit de l'espagnol)

« Que rien ne te trouble, que rien ne t'effraie ; tout passe. Dieu ne change pas : la patience obtient tout ; celui qui possède Dieu ne manque de rien - Dieu seul suffit. »

— Poème retrouvé dans le bréviaire de Thérèse d'Avila au jour de sa mort, 1582 (traduit de l'espagnol)

Questions autour de Thérèse d'Avila

Quel est le vrai nom de Thérèse d'Avila ?
Thérèse d'Avila est née sous le nom de Teresa Sánchez de Cepeda Dávila y Ahumada. En religion, elle prend le nom de Thérèse de Jésus (Teresa de Jesús en espagnol).
Thérèse d'Avila était-elle la première femme docteur de l'Église ?
Oui. Le pape Paul VI proclame Thérèse d'Avila docteur de l'Église le 27 septembre 1970, faisant d'elle la première femme à recevoir ce titre dans l'histoire de l'Église catholique.
Combien de couvents Thérèse d'Avila a-t-elle fondés ?
Thérèse d'Avila fonde au total dix-sept couvents de carmélites déchaussées en Espagne entre 1562 et 1582, du premier à Ávila jusqu'au dernier à Burgos, quelques mois avant sa mort.
Quelle est l'oeuvre principale de Thérèse d'Avila ?
Le Château intérieur (Las Moradas), rédigé en 1577, est considéré comme son oeuvre mystique majeure. Elle y décrit le cheminement de l'âme vers l'union avec Dieu à travers sept demeures symboliques.
Thérèse d'Avila est-elle vraiment morte le 4 ou le 15 octobre 1582 ?
Thérèse d'Avila décède dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582. Cette divergence correspond au passage du calendrier julien au calendrier grégorien qui intervient exactement à cette date en Espagne. Sa fête liturgique est célébrée le 15 octobre.
Qui est né le même jour que Thérèse d'Avila ?
Bernard Darniche, Maxime Gorki, Benjamin Pavard, Lady Gaga et Mario Vargas Llosa sont nés le 28 mars comme Thérèse d'Avila.
À quel âge est morte Thérèse d'Avila ?
Thérèse d'Avila est morte à 67 ans, le 4 octobre 1582.
Qui est mort le même jour que Thérèse d'Avila ?
Glenn Gould, Kenzō Takada, Bernard Buffet, Prince Waly et Yves Barsacq sont morts le 4 octobre comme Thérèse d'Avila.
Quels religieux sont du signe Bélier comme Thérèse d'Avila ?
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