Résumé biographique

François-Marie Arouet, connu sous le nom de Voltaire, est un écrivain et philosophe français associé au mouvement des Lumières, dont l’œuvre abondante – des tragédies comme Œdipe aux contes philosophiques tels que Candide ou le Traité sur la tolérance – marque durablement l’histoire intellectuelle européenne.


Parcours

Né le 21 novembre 1694 à Paris dans une famille bourgeoise, Voltaire étudie chez les jésuites au collège Louis-le-Grand, où il se tourne vers l’écriture et la satire. Après un premier emprisonnement à la Bastille en 1717, il connaît le succès au théâtre avec Œdipe et adopte le nom de plume Voltaire. Un conflit avec le chevalier de Rohan l’amène à l’exil en Angleterre entre 1726 et 1729, expérience décisive pour sa réflexion politique et religieuse. De retour en France, il réside au château de Cirey auprès d’Émilie du Châtelet, puis devient historiographe du roi et académicien. À partir de 1759, il s’établit à Ferney, d’où il mène une intense activité littéraire, historique et polémique jusqu’à son retour à Paris et sa mort le 30 mai 1778.


Repères de carrière

1694 : Naissance de François-Marie Arouet à Paris.
1717 : Emprisonnement à la Bastille pour des écrits satiriques.
1718 : Succès de la tragédie Œdipe et adoption du nom Voltaire.
1726–1729 : Exil en Angleterre après le conflit avec le chevalier de Rohan.
1732 : Création de Zaïre à la Comédie-Française.
1733–1734 : Relation et travaux communs avec Émilie du Châtelet ; publication des Lettres philosophiques.
1746 : Élection à l’Académie française.
1750–1753 : Séjour auprès de Frédéric II de Prusse à Potsdam.
1759 : Installation à Ferney et publication de Candide.
1763 : Parution du Traité sur la tolérance dans le contexte de l’affaire Calas.
1764 : Publication du Dictionnaire philosophique portatif.
1766 : Interventions publiques autour de l’affaire du chevalier de La Barre.
1777 : Transfert à Paris de son amie et fille adoptive Reine Philiberte de Varicourt, marquise de Villette.
1778 : Triomphe d’Irène à Paris et mort de Voltaire.
1791 : Transfert solennel de ses restes au Panthéon.


Vie personnelle et engagements

Issu d’un père notaire et d’une mère issue de la petite noblesse, Voltaire grandit dans un environnement parisien lettré. Il ne se marie pas et n’a pas d’enfant biologique reconnu, mais entretient plusieurs relations durables, notamment avec Émilie du Châtelet à partir de 1733, puis avec sa nièce Marie-Louise Mignot, dite Madame Denis, qui partage sa vie domestique et sociale pendant plus de trente ans. À Ferney, il accueille et adopte Marie-Françoise Corneille, apparentée à Pierre Corneille, et traite en fille adoptive Reine Philiberte de Varicourt, dite « Belle et Bonne ». Sur le plan public, il intervient dans plusieurs affaires judiciaires, comme celles de Jean Calas, des Sirven ou du chevalier de La Barre, et publie des textes en faveur de la tolérance religieuse, d’une réforme de la justice pénale et d’une limitation de l’arbitraire politique.


Anecdotes

1 – Après le succès d’Œdipe en 1718, François-Marie Arouet adopte le nom de plume Voltaire, qu’il utilise ensuite pour signer l’essentiel de ses œuvres et de sa correspondance.
2 – Son exil en Angleterre entre 1726 et 1729 lui fait découvrir la vie parlementaire britannique, la pensée de Locke et la physique de Newton, qu’il diffuse ensuite en France dans les Lettres philosophiques.
3 – À Ferney, il transforme son domaine en centre d’imprimerie et de sociabilité intellectuelle, attirant des visiteurs de toute l’Europe et faisant du village un lieu associé aux débats des Lumières.
4 – Voltaire adopte et dote la jeune Marie-Françoise Corneille, qu’il croit d’abord proche descendante de Pierre Corneille, et la marie à Pierre-Jacques Dupuits, qu’il présente comme son « gendre ».
5 – Reine Philiberte de Varicourt, qu’il surnomme « Belle et Bonne », est installée et mariée par lui au marquis de Villette ; elle jouera un rôle actif dans le transfert de ses cendres au Panthéon en 1791.
6 – Son cœur, prélevé lors de l’embaumement en 1778, est aujourd’hui conservé dans le socle d’une statue à la Bibliothèque nationale de France, tandis que son corps repose au Panthéon à Paris.


Lieux de mémoire

Voltaire naît et meurt à Paris, mais ses principaux lieux de référence sont le château de Cirey, Les Délices près de Genève et surtout Ferney-Voltaire, où il réside de 1759 à 1778. Ses restes sont transférés au Panthéon en 1791, tandis que son cœur est conservé à la Bibliothèque nationale de France.


Contexte du décès

En février 1778, Voltaire revient à Paris pour la création de sa tragédie Irène. Affaibli par l’âge et la maladie, il s’installe à l’hôtel du marquis de Villette, quai des Théatins (futur quai Voltaire). Après le succès de la pièce, son état de santé se dégrade au printemps. Il meurt le 30 mai 1778 dans une chambre de cet hôtel, entouré de proches et de médecins. En raison de ses écrits critiques envers l’Église et de l’absence de rétractation publique, l’inhumation religieuse à Paris est refusée. Son corps est embaumé, son cœur prélevé, puis le cercueil est transporté discrètement à l’abbaye de Scellières en Champagne pour être enterré. En 1791, l’Assemblée nationale ordonne le transfert de ses restes au Panthéon, lors d’une cérémonie publique qui inscrit sa mémoire dans le patrimoine national.


Points clés

• Métier(s) : écrivain, philosophe, dramaturge, historien, polémiste
• Résidence principale : Paris, France (avec longues périodes à Cirey, Les Délices et Ferney-Voltaire)
• Relations : Émilie du Châtelet (vers 1733–1749), Marie-Louise Mignot dite Madame Denis (vers 1744–1778)
• Enfants : aucun enfant biologique reconnu ; filles adoptives dont Marie-Françoise Corneille (née en 1742) et Reine Philiberte de Varicourt (née en 1757)
• Distinctions : membre de l’Académie française (élu en 1746)