François-Marie Arouet, connu sous le nom de Voltaire, est un écrivain et philosophe français associé au mouvement des Lumières, dont l’œuvre abondante – des tragédies comme Œdipe aux contes philosophiques tels que Candide ou le Traité sur la tolérance – marque durablement l’histoire intellectuelle européenne.
Né le 21 novembre 1694 à Paris dans une famille bourgeoise, Voltaire étudie chez les jésuites au collège Louis-le-Grand, où il se tourne vers l’écriture et la satire. Après un premier emprisonnement à la Bastille en 1717, il connaît le succès au théâtre avec Œdipe et adopte le nom de plume Voltaire. Un conflit avec le chevalier de Rohan l’amène à l’exil en Angleterre entre 1726 et 1729, expérience décisive pour sa réflexion politique et religieuse. De retour en France, il réside au château de Cirey auprès d’Émilie du Châtelet, puis devient historiographe du roi et académicien. À partir de 1759, il s’établit à Ferney, d’où il mène une intense activité littéraire, historique et polémique jusqu’à son retour à Paris et sa mort le 30 mai 1778.
1694 : Naissance de François-Marie Arouet à Paris.
1717 : Emprisonnement à la Bastille pour des écrits satiriques.
1718 : Succès de la tragédie Œdipe et adoption du nom Voltaire.
1726–1729 : Exil en Angleterre après le conflit avec le chevalier de Rohan.
1732 : Création de Zaïre à la Comédie-Française.
1733–1734 : Relation et travaux communs avec Émilie du Châtelet ; publication des Lettres philosophiques.
1746 : Élection à l’Académie française.
1750–1753 : Séjour auprès de Frédéric II de Prusse à Potsdam.
1759 : Installation à Ferney et publication de Candide.
1763 : Parution du Traité sur la tolérance dans le contexte de l’affaire Calas.
1764 : Publication du Dictionnaire philosophique portatif.
1766 : Interventions publiques autour de l’affaire du chevalier de La Barre.
1777 : Transfert à Paris de son amie et fille adoptive Reine Philiberte de Varicourt, marquise de Villette.
1778 : Triomphe d’Irène à Paris et mort de Voltaire.
1791 : Transfert solennel de ses restes au Panthéon.
Issu d’un père notaire et d’une mère issue de la petite noblesse, Voltaire grandit dans un environnement parisien lettré. Il ne se marie pas et n’a pas d’enfant biologique reconnu, mais entretient plusieurs relations durables, notamment avec Émilie du Châtelet à partir de 1733, puis avec sa nièce Marie-Louise Mignot, dite Madame Denis, qui partage sa vie domestique et sociale pendant plus de trente ans. À Ferney, il accueille et adopte Marie-Françoise Corneille, apparentée à Pierre Corneille, et traite en fille adoptive Reine Philiberte de Varicourt, dite « Belle et Bonne ». Sur le plan public, il intervient dans plusieurs affaires judiciaires, comme celles de Jean Calas, des Sirven ou du chevalier de La Barre, et publie des textes en faveur de la tolérance religieuse, d’une réforme de la justice pénale et d’une limitation de l’arbitraire politique.
1 – Après le succès d’Œdipe en 1718, François-Marie Arouet adopte le nom de plume Voltaire, qu’il utilise ensuite pour signer l’essentiel de ses œuvres et de sa correspondance.
2 – Son exil en Angleterre entre 1726 et 1729 lui fait découvrir la vie parlementaire britannique, la pensée de Locke et la physique de Newton, qu’il diffuse ensuite en France dans les Lettres philosophiques.
3 – À Ferney, il transforme son domaine en centre d’imprimerie et de sociabilité intellectuelle, attirant des visiteurs de toute l’Europe et faisant du village un lieu associé aux débats des Lumières.
4 – Voltaire adopte et dote la jeune Marie-Françoise Corneille, qu’il croit d’abord proche descendante de Pierre Corneille, et la marie à Pierre-Jacques Dupuits, qu’il présente comme son « gendre ».
5 – Reine Philiberte de Varicourt, qu’il surnomme « Belle et Bonne », est installée et mariée par lui au marquis de Villette ; elle jouera un rôle actif dans le transfert de ses cendres au Panthéon en 1791.
6 – Son cœur, prélevé lors de l’embaumement en 1778, est aujourd’hui conservé dans le socle d’une statue à la Bibliothèque nationale de France, tandis que son corps repose au Panthéon à Paris.
Voltaire naît et meurt à Paris, mais ses principaux lieux de référence sont le château de Cirey, Les Délices près de Genève et surtout Ferney-Voltaire, où il réside de 1759 à 1778. Ses restes sont transférés au Panthéon en 1791, tandis que son cœur est conservé à la Bibliothèque nationale de France.
En février 1778, Voltaire revient à Paris pour la création de sa tragédie Irène. Affaibli par l’âge et la maladie, il s’installe à l’hôtel du marquis de Villette, quai des Théatins (futur quai Voltaire). Après le succès de la pièce, son état de santé se dégrade au printemps. Il meurt le 30 mai 1778 dans une chambre de cet hôtel, entouré de proches et de médecins. En raison de ses écrits critiques envers l’Église et de l’absence de rétractation publique, l’inhumation religieuse à Paris est refusée. Son corps est embaumé, son cœur prélevé, puis le cercueil est transporté discrètement à l’abbaye de Scellières en Champagne pour être enterré. En 1791, l’Assemblée nationale ordonne le transfert de ses restes au Panthéon, lors d’une cérémonie publique qui inscrit sa mémoire dans le patrimoine national.
• Métier(s) : écrivain, philosophe, dramaturge, historien, polémiste
• Résidence principale : Paris, France (avec longues périodes à Cirey, Les Délices et Ferney-Voltaire)
• Relations : Émilie du Châtelet (vers 1733–1749), Marie-Louise Mignot dite Madame Denis (vers 1744–1778)
• Enfants : aucun enfant biologique reconnu ; filles adoptives dont Marie-Françoise Corneille (née en 1742) et Reine Philiberte de Varicourt (née en 1757)
• Distinctions : membre de l’Académie française (élu en 1746)
1 037 voies portent son nom en France, ce qui en fait l'une des personnalités les plus présentes dans l'odonymie française.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
On meurt en détail.
Aimez qui vous aime.
Le temps adoucit tout.
Variété, c'est ma devise.
Il n'y a point de hasard.
Quiconque pense fait penser.
La sagesse écarte les orages.
Examine-t-on ce qu'on désire?
Sans variété, point de beauté.
Il faut cultiver notre jardin.
Les beaux esprits se rencontrent.
Un proverbe n'est pas une raison.
Le superflu, chose si nécessaire.
L'oreille est le chemin du coeur.
La vertu s'avilit à se justifier.
L'étonnement est suivi du silence.
La patrie est là où on vit heureux.
Femme sage est plus que femme belle.
Le paradis terrestre est où je suis.
Les préjugés sont la raison des sots.
On aime mieux son égal que son maître.
L'écriture est la peinture de la voix.
C'était un jeune homme saintement fou.
Le génie de notre langue est la clarté.
Je perds mes dents. Je meurs en détail.
Aime la vérité, mais pardonne l'erreur.
L'hypocrite sourit, l'énergumène aboie.
Tricher au jeu sans gagner est d'un sot.
Si l'homme était parfait, il serait Dieu.
La métaphysique est le roman de l'esprit.
Toujours du plaisir n'est pas du plaisir.
Le présent accouche, dit-on, de l'avenir.
On est gai le matin, on est pendu le soir.
La politique est l'art de mentir à propos.
Il faut être prudent, mais non pas timide.
Dieu fit du repentir la vertu des mortels.
Le plaisir donne ce que la sagesse promet.
C'est le sort d'un héros d'être persécuté.
La fable est la soeur aînée de l'histoire.
Souvent le désespoir a gagné des batailles.
On ne peut désirer ce qu'on ne connait pas.
Le secret d'ennuyer est celui de tout dire.
Les compliments sont le protocole des sots.
Rien ne se fait sans un peu d'enthousiasme.
L'enthousiasme est une maladie qui se gagne
Le moyen d'ennuyer est de vouloir tout dire.
La douleur est aussi nécessaire que la mort.
L'humilité est le contrepoison de l'orgueil.
Va, j'aime mieux mourir que craindre la mort.
Quiconque est soupçonneux invite à le trahir.
Et qui pardonne au crime en devient complice.
La bouche obéit mal lorsque le coeur murmure.
Les préjugés, ami, sont les rois du vulgaire.
Le monde avec lenteur marche vers la sagesse.
Un baiser est toujours le prix de la tendresse
L'homme est libre au moment qu'il veut l'être.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres.
On parle toujours mal quand on n'a rien à dire.
Le bonheur est un bien que nous vend la nature.
Pour savoir se venger, il faut savoir souffrir.
La patrie est aux lieux où l'âme est enchaînée.
C'est n'être bon à rien de n'être bon qu'à soi.
Un dictionnaire sans citations est un squelette.
Ce qui touche le coeur se grave dans la mémoire.
Il n'y a point de mal dont il ne naisse un bien.
La peine a ses plaisirs, le péril a ses charmes.
Les français parlent vite et agissent lentement.
On est plus criminel quelquefois qu'on ne pense.
Dissimuler, vertu de roi et de femme de chambre.
Tout pouvoir, en un mot, périt par l'indulgence.
La crainte suit le crime, et c'est son châtiment.
Je plains l'homme accablé du poids de son loisir.
La plaisanterie expliquée cesse d'être plaisante.
Qui ne sait compatir aux maux qu'il a soufferts !
Un jugement trop prompt est souvent sans justice.
Nul ne voudrait mourir, nul ne voudrait renaître.
Ce monde est un vaste naufrage : sauve qui peut !
Un lion mort ne vaut pas un moucheron qui respire.
Qui n'aime point les vers a l'esprit sec et lourd.
La beauté plaît aux yeux, la douceur charme l'âme.
Il vaut mieux tard que mal, et cela en tout genre.
On apprend tout aux hommes, la vertu, la religion.
Tous les genres sont bons, hors le genre ennuyeux.
Si le mari n'existait pas, il faudrait l'inventer.
Malheur aux détails, la postérité les néglige tous.
C'est encore peu de vaincre il faut savoir séduire.
Si mes amis sont heureux, Je serai moins misérable.
L'instant où nous naissons est un pas vers la mort.
Le bonheur n'était autrefois qu'une heure fortunée.
Les faiblesses des hommes font la force des femmes.
Tel brille au second rang qui s'éclipse au premier.
En tout temps, en tous lieux, le public est injuste.
Qui croit toujours le crime, en paraît trop capable.
Le théâtre est le premier et le dernier des métiers.
La vie n'est que de l'ennui ou de la crème fouettée.
Je m'arrêterais de mourir s'il me venait un bon mot.
Si l'on n'est pas sensible, on n'est jamais sublime.
L'amitié d'un grand homme est un bienfait des dieux.
Un point géométrique est une abstraction de l'esprit.
Une bonne année répare le dommage des deux mauvaises.
Un instant de bonheur vaut mille ans dans l'histoire.
C'est un poids bien pesant qu'un nom trop tôt fameux.
J'ai fait un peu de bien, c'est mon meilleur ouvrage.
Que chacun aille à Dieu par le chemin qui lui plaît !
En fait de goût, chacun doit être le maître chez soi.
Courtes lettres et longues amitiés, tel est ma devise.
Bien des erreurs sont nées d'une vérité dont on abuse.
Sachez que le secret des artsEst de corriger la nature.
Notre tempérament fait toutes les qualités de notre âme.
Puissent tous les hommes se souvenir qu'ils sont frères.
La lecture agrandit l'âme, et un ami éclairé la console.
L'éducation développe les facultés mais ne les crée pas.
Tes destins sont d'un homme, et tes voeux sont d'un Dieu.
Quel homme est sans erreur ? et quel roi sans faiblesse ?
Je joue avec la vie, madame ; elle n'est bonne qu'à cela.
Dieu n'a créé les femmes que pour apprivoiser les hommes.
Ne pas être occupé et ne pas exister c'est la même chose.
La politesse est à l'espritCe que la grâce est au visage.
Les lettres nourrissent l'âme, la rectifient, la consolent
La médisance est fille de l'amour-propre et de l'oisiveté.
Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami.
Le prudent se fait du bien, le vertueux en fait aux autres.
On aime la vie, mais le néant ne laisse pas d'avoir du bon.
Plus les hommes seront éclairés, et plus ils seront libres.
Qui n'a pas l'esprit de son âgeDe son âge a tout le malheur.
La beauté n'est qu'un piège tendu par la nature à la raison.
On peut juger du caractère des hommes par leurs entreprises.
Les Grecs, qui ont écrit tant de phrases et si peu de choses
Je ne connais de sérieux ici-bas que la culture de la vigne.
Les grandes choses sont souvent plus faciles qu'on ne pense.
L'espèce humaine est la seule qui sache qu'elle doit mourir.
Celui qui soutient sa folie par le meurtre, est un fanatique.
J'ai décidé d'être heureux parce que c'est bon pour la santé.
Le génie n'a qu'un siècle, après quoi, il faut qu'il dégénère.
La plupart des grands capitaines sont devenus tels par degrés.
Il est dangereux d'avoir raison lorsque le gouvernement a tort.
Dans ta jeunesse fais l'amour, et ton salut dans ta vieillesse.
Chaque profession a un vice et un danger qui lui sont attachés.
La politique est le premier des arts et le dernier des métiers.
Un livre n'est excusable qu'autant qu'il apprend quelque chose.
Si Dieu nous a faits à son image, nous le lui avons bien rendu.
C'est ne pas payer ses dettes que de refuser de justes louanges.
La loi naturelle est l'instinct qui nous fait sentir la justice.
Quand il s'agit d'argent, tout le monde est de la même religion.
J'ai fait en ce monde un peu de bien, c'est mon plus bel ouvrage.
Il est bon nombre de gens, en ce monde, qui ont un double visage.
Le premier devin fut le premier fripon qui rencontra un imbécile.
La moitié de la Suisse est l'enfer, et l'autre moitié le paradis.
La nature nous a fait frivoles pour nous consoler de nos misères.
Ce qu'il y a de pis, c'est que la guerre est un fléau inévitable.
La raison est la fille du temps, et elle attend tout de son père.
Un historien est un babillard qui fait des tracasseries aux morts.
Le fanatisme est un monstre qui ose se dire le fils de la religion.
Le bonheur est un mot abstrait composé de quelques idées de plaisir.
Plus on a médité, plus on est en état d'affirmer qu'on ne sait rien.
Dieu est un comédien jouant devant un public trop effrayé pour rire.
Ceux qui cherchent des causes métaphysiques au rire ne sont pas gais.
Pour la plupart des hommes, se corriger consiste à changer de défauts.
N'ayant jamais pu réussir dans le monde, il se vengeait par en médire.
Je m'arrêterais de mourir s'il me venait un bon mot ou une bonne idée.
Il n'y a peut-être rien de si fou que de croire avoir toujours raison.
En parlant de Descartes : Il était estimable même dans ses égarements.
La femme coquète est l'agrément des autres et le mal de qui la possède.
Si l'on n'imprimait que l'utile, il y aurait cent fois moins de livres.
Dieu nous a donné le vivre ; c'est à nous de nous donner le bien vivre.
Dire le secret d'autrui est une trahison, dire le sien est une sottise.
La poésie est une espèce de musique : il faut l'entendre pour en juger.
Les vérités sont des fruits qui ne doivent être cueillis que bien murs.
La grande affaire et la seule qu'on doive avoir, c'est de vivre heureux.
Les hommes, avec des lois sages, ont toujours eu des coutumes insensées.
Le doute est un état mental désagréable, mais la certitude est ridicule.
L'amour est une étoffe tissée par la nature et brodée par l'imagination.
La femme coquette est l'agrément des autres et le mal de qui la possède.
Le plaisir est plus rapide que le bonheur et le bonheur que la félicité.
Nous sommes tous également hommes, mais non membres égaux de la société.
Les faux brillants se trouvent plus aisément que les pierres précieuses.
Il n'y a aucun pays de la terre où l'amour n'ait rendu les amants poètes.
Les hommes se trompent, les grands hommes avouent qu'ils se sont trompés.
Les justes éloges ont un parfum que l'on réserve pour embaumer les morts.
Je ne sais pas qui votre coeur préfère Mais l'univers sera jaloux de lui.
Qui veut détruire les passions, au lieu de les régler, veut faire l'ange.
Ce n'est pas l'amour qu'il fallait peindre aveugle, c'est l'amour-propre.
Le pape est une idole à qui on lie les mains et à qui on baise les pieds.
Si c'est ici le meilleur des mondes possibles, que sont donc les autres ?
Le peuple reçoit la religion, les lois, comme la monnaie, sans l'examiner.
Les injures atroces n'ont jamais fait de tort qu'à ceux qui les ont dites.
Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent.
Il faut toujours que ce qui est grand soit attaqué par les petits esprits.
Quand on ne voyage qu'en passant, on prend les abus pour les lois du pays.
Ne cherchez jamais à employer l'autorité là où il ne s'agit que de raison.
Quatre beaux vers valent mieux dans une pièce qu'un régiment de cavalerie.
Nos idées ne dépendent pas plus de nous dans le sommeil que dans la veille.
Les grands plaisirs, dans tous les arts, ne sont que pour les connaisseurs.
Aristote, qu'on a expliqué de mille façons, parce qu'il était inintelligible
Le seul moyen d'obliger les hommes à dire du bien de nous, c'est d'en faire.
Usez, n'abusez pas ; ni l'abstinence ni l'excès ne rendent un homme heureux.
Que la santé immortelle descende du ciel pour avoir soin de tous vos jours !
Il n'y a rien de plus ridicule qu'un médecin qui ne meurt pas de vieillesse.
L'homme est né pour l'action, comme le feu tend en haut et la pierre en bas.
On ne connaît plus parmi nous l'amitié qui naît des droits de l'hospitalité.
Le plaisir est l'objet, le devoir est le but. De tous les êtres raisonnables.
Les grammairiens sont pour les auteurs ce qu'un luthier est pour un musicien.
La vérité est un fruit qui ne doit être cueilli que s'il est tout à fait mûr.
Le travail éloigne de nous trois grands maux : l'ennui, le vice et le besoin.
Je suis comme les ruisseaux : je suis clair parce que je ne suis pas profond.
Les bonnes nouvelles sont toujours retardées, et les mauvaises ont des ailes.
Le phénix, qui était plus sage que Formosante, parce qu'il était sans passion
Une passion naissante et combattue éclate ; un amour satisfait sait se cacher.
Les disputes ne servent qu'à faire rire les sots aux dépens des gens d'esprit.
L'histoire des plus grands princes est souvent le récit des fautes des hommes.
Les bavards sont les plus discrets des hommes : ils parlent pour ne rien dire.
On peut, sans s'avilir, s'abaisser sous les dieux, les craindre et les servir.
Le coeur ne vieillit pas, mais il est pénible de loger un dieu dans des ruines.
Pour faire un bon livre, il faut un temps prodigieux et la patience d'un saint.
Les hommes n'ont jamais de remords des choses qu'ils sont dans l'usage de faire.
Le corps d'un athlète et l'âme d'un sage, voilà ce qu'il faut pour être heureux.
L'art de la citation est l'art de ceux qui ne savent pas réfléchir par eux-même.
Ce qu'on peut expliquer de plusieurs manières ne mérite d'être expliqué d'aucune.
L'esprit est tout le contraire de l'argent; moins on en a, plus on est satisfait.
Les femmes ressemblent aux girouettes : elles se fixent quand elles se rouillent.
C'est le propre de la censure violente d'accréditer les opinions qu'elle attaque.
Ce n'est pas notre condition, c'est la trempe de notre âme qui nous rend heureux.
Les calomniateurs sont comme le feu qui noircit le bois vert, ne pouvant le brûler.
Le fanatisme est un monstre mille fois plus dangereux que l'athéisme philosophique.
La vie est trop courte et le temps bien trop précieux pour le perdre avec des sots.
Rien n'est plus aisé à faire qu'un mauvais livre, si ce n'est une mauvaise critique.
L'art de la médecine consiste à distraire le malade pendant que la nature le guérit.
Guidés par le caprice ou par l'humeur, les hommes agissent sans but et sans dessein.
Vous devez passer votre vie à aimer et à penser ; c'est la véritable vie des esprits.
Tant que les gens croient aux absurdités, ils continueront à commettre des atrocités.
Comme le despotisme est l'abus de la royauté, l'anarchie est l'abus de la démocratie.
Mon ami signifie mon esclave. Mon cher ami veut dire vous m'êtes plus qu'indifférent.
Les rivières ne se précipitent pas plus vite dans la mer que les hommes dans l'erreur.
Toute plaisanterie doit être courte, et même le sérieux devrait bien être court aussi.
Qu'y a-t-il de plus repoussant que de se nourrir continuellement de chair de cadavre ?
C'est le sort des monarchies que leur prospérité dépende du caractère d'un seul homme.
Heureux qui jouit agréablement du monde ! Plus heureux qui s'en moque et qui le fuit !
Il y a une autre canaille à laquelle on sacrifie tout, et cette canaille est le peuple.
N'est-il pas honteux que les fanatiques aient du zèle et que les sages n'en aient pas ?
Les hommes sont des insectes se dévorant les uns les autres sur un petit atome de boue.
Il n'y a que les ouvriers qui sachent le prix du temps ; ils se le font toujours payer.
Il n'y a point de hasard ; tout est épreuve, ou punition, ou récompense, ou prévoyance.
Il faut que cet homme soit un grand ignorant, car il répond à tout ce qu'on lui demande.
L'extrême justice est une extrême injure : Il n'en faut pas toujours écouter la rigueur.
Gouverne qui peut ; et quand on est parvenu à être le maître, on gouverne comme on peut.
La politique a sa source dans la perversité plus que dans la grandeur de l'esprit humain.
L'intérêt que j'ai à croire une chose n'est pas une preuve de l'existence de cette chose.
L'alphabet fut l'origine de toutes les connaissances de l'homme et de toutes ses sottises.
Un jour, tout sera bien, voilà notre espéranceTout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion.
Les hommes sont comme les animaux : les gros mangent les petits et les petits les piquent.
Ceux qui cultivent sur une terre fertile ont un grand avantage sur ceux qui l'on défrichée.
Je suis comme les petits ruisseaux ; ils sont transparents parce qu'ils sont peu profonds.
Le temps, qui seul fait la réputation des hommes, rend à la fin leurs défauts respectables.
Dieu a mis dans tous les coeurs la conscience du bien avec quelque inclination pour le mal.
Ce que nous appelons le hasard n'est et ne peut être que la cause ignorée d'un effet connu.
Si nous ne trouvons pas des choses agréables, nous trouverons du moins des choses nouvelles.
Le courage n'est pas une vertu, mais une qualité commune aux scélérats et aux grands hommes.
Jamais la nature n'est si avilie, que quand l'ignorance superstitieuse est armée du pouvoir.
Toute secte, en quelque genre que ce puisse être, est le ralliement du doute et de l'erreur.
L'univers m'embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n'ait pas d'horloger.
C'est donc ainsi qu'on traite les hommes comme des singes ! On les bat et on les fait danser.
Ce monde, ce théâtre et d'orgueil et d'erreur, Est plein d'infortunés qui parlent de bonheur.
J'approche tout doucement du moment où les philosophes et les imbéciles ont la même destinée.
Il faut que le plaisir de gouverner soit bien grand, puisque tant de gens veulent s'en mêler.
Ne cache pas tes pleurs, cesse de t'en défendre, c'est de l'humanité la marque la plus tendre.
Quand on a tout perdu, quand on n'a plus d'espoir, la vie est un opprobre et la mort un devoir.
L'homme est né pour vivre dans les convulsions de l'inquiétude ou dans la léthargie de l'ennui.
Remarquez que les temps les plus superstitieux ont toujours été ceux des plus horribles crimes.
A la cour, mon fils, l'art le plus nécessaireN'est pas de bien parler, mais de savoir se taire.
Nos prêtres ne sont point ce qu'un vain peuple pense ; notre crédulité fait toute leur science.
Tout est physique dans toutes les espèces : ce n'est pas le boeuf qui combat, c'est le taureau.
Les soldats se mettent à genoux quand ils tirent : apparemment pour demander pardon du meurtre.
Nos cinq sens imparfaits, donnés par la nature, de nos biens, de nos maux sont la seuls mesure.
Les vices de l'esprit peuvent se corriger ;Quand le coeur est mauvais, rien ne peut le changer.
Tout mortel au plaisir a dû son existence ;Par lui le corps agit, le coeur sent, l'esprit pense.
La plaisanterie expliquée cesse d'être plaisanterie : tout commentateur de bons mots est un sot.
Et dans les factions, comme dans les combats, Du triomphe à la chute il n'est souvent qu'un pas.
Les vices de l'esprit peuvent se corriger ;
Quand le coeur est mauvais, rien ne peut le changer.
Les mortels sont égaux ; ce n'est point la naissanceC'est la seule vertu qui fait la différence.
Que conclure à la fin de tous mes longs propos ? C'est que les préjugés sont la raison des sots.
Le temps est assez long pour quiconque en profite ;Qui travaille et qui pense en étend la limite.
L'univers m'embarrasse, et je ne puis songer - Que cette horloge existe et n'ait point d'horloger
L'amour propre est un ballon gonflé de vent dont il sort des tempêtes quand on y fait une piqûre.
Notre Descartes, né pour découvrir les erreurs de l'antiquité, mais pour y substituer les siennes
Cette idée à eu le sort de beaucoup d'autres projets utiles, d'être approuvée et d'être négligée.
Le premier pas, mon fils, que l'on fait dans le mondeEst celui dont dépend le reste de nos jours.
L'amour-propre est un ballon gonflé de vent dont il sort des tempêtes quand on y fait une piqûre.
Les Anglais ont mis Dieu à toutes les sauces, et ils n'en ont qu'une à mettre dans leur assiette.
On confie aisément des malheurs qu'on surmonte ; Mais qu'il est accablant de parler de sa honte !
J'aime les fables des philosophes, je ris de celles des enfants, et je hais celles des imposteurs.
Toi, si pour me servir tu montres quelque ardeur, De Phorbas que j'attends cours hâter la lenteur.
Ceux qui ont avancé que tout est bien ont dit une sottise : il fallait dire que tout est au mieux.
Un courage indompté, dans le coeur des mortels, fait, ou les grands héros ou les grands criminels.
Les plus ardents défenseurs d'un système politique ne sont le plus souvent que de chauds égoïstes.
Quand on lit pour s'instruire, on voit tout ce qui a échappé, lorsqu'on ne lisait qu'avec les yeux.
Que toute loi soit claire, uniforme et précise : l'interpréter, c'est presque toujours la corrompre.
La résurrection est une idée toute naturelle ; il n'est pas plus étonnant de naître deux fois qu'une.
Un médecin, c'est quelqu'un qui verse des drogues qu'il connaît peu dans un corps qu'il connaît moins.
Les Incas avaient des palais incrustés d'or et couverts de paille : emblème de bien des gouvernements.
C'est assurément ne pas connaître le coeur humain que de penser qu'on peut le remuer par des fictions.
Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère.
C'est une des superstitions de l'esprit humain d'avoir imaginé que la virginité pouvait être une vertu.
Il faut savoir s'instruire dans la gaieté. Le savoir triste est un savoir mort. L'intelligence est joie.
Exterminez, grands dieux, de la terre où nous sommes, quiconque avec plaisir répand le sang des hommes !
Les sauvages ne s'avisent point de se tuer par dégoût de la vie ; c'est un raffinement de gens d'esprit.
Le premier des devoirs, sans doute, est d'être juste ;Et le premier des biens est la paix de nos coeurs.
L'habile homme est celui qui fait un grand usage de ce qu'il sait ; le capable peut, et l'habile exécute.
C'est la superstition qui a fait immoler des victimes humaines, c'est la nécessité qui les a fait manger.
Quand la gravité n'est que dans le maintien, comme il arrive très souvent, on dit gravement des inepties.
Croyez-moi, les humains que j'ai trop su connaître, Méritent peu, mon fils, qu'on veuille être leur maître.
Je meurs en adorant dieu, en aimant mes amis, en ne détestant pas mes ennemis, en haissant la superstition.
Mais les théologiens commencent trop souvent par dire que Dieu est outragé quand on n'est pas de leur avis.
Par tout pays, la religion dominante, quand elle ne persécute point, engloutit à la longue toutes les autres.
Si les imbéciles veulent encore du gland, laisse-les en manger ; mais trouve bon qu'on leur présente du pain.
Le pays où le commerce est le plus libre sera toujours le plus riche et le plus florissant, proportion gardée.
Les hommes, en général, ressemblent aux chiens qui hurlent quand ils entendent de loin, d'autres chiens hurler.
La religion juive, mère du christianisme, grand-mère du mahométisme, battue par son fils et par son petit-fils.
Telle est donc la condition humaine que souhaiter la grandeur de son pays, c'est souhaiter du mal à ses voisins.
Le bonheur est souvent la seule chose qu'on puisse donner sans l'avoir, et c'est en le donnant qu'on l'acquiert.
La religion forcée n'est plus religion: il faut persuader, et non contraindre. La religion ne se commande point.
Tout dogme est ridicule, funeste ; toute contrainte sur le dogme est abominable. Ordonner de croire est absurde.
Je compterais plus sur le zèle d'un homme espérant une grande récompense que sur celui d'un homme l'ayant reçue.
La Grèce, berceau des arts et des erreurs, et où l'on poussa si loin la grandeur et la sottise de l'esprit humain
On rougirait bientôt de ses décisions, si l'on voulait réfléchir sur les raisons pour lesquelles on se détermine.
Je compterais plus sur le rôle d'un homme espérant une grande récompense que sur celui d'un homme l'ayant reçue.
Puissent tous les hommes se souvenir qu'ils sont frères, qu'ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes.
La superstition est à la religion ce que l'astrologie est à l'astronomie, la fille très folle d'une mère très sage.
On voit évidemment que toutes les religions ont emprunté tous leurs dogmes et tous leurs rites les unes des autres.
La chasse est le moyen le plus sûr pour supprimer les sentiments des hommes envers les créatures qui les entourent.
N'employez jamais un mot nouveau, à moins qu'il n'ait ces trois qualités : être nécessaire, intelligible et sonore.
On ne peut vivre dans le monde qu'avec des illusions ; et dès qu'on a un peu vécu, toutes les illusions s'envolent.
La guerre, c'est la routine. L'humanité, pour l'instant, n'a jamais connu la paix ; seulement des entre-deux-guerres.
Il est à propos que le peuple soit guidé et non pas instruit. Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu.
Les inventions les plus étonnantes et les plus utiles ne sont pas celles qui font le plus d'honneur à l'esprit humain.
Il faut avoir une religion et ne pas croire aux prêtres ; comme il faut avoir du régime et ne pas croire aux médecins.
Un seul mauvais exemple, une fois donné, est capable de corrompre toute une nation, et l'habitude devient une tyrannie.
Les hommes abreuvés de liqueurs fortes ont tous un sang aigri et adulte qui les rend fous en cent manières différentes.
Un pays bien organisé est celui où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne.
Chaque science, chaque étude, a son jargon inintelligible, qui semble n'être inventé que pour en défendre les approches.
Les malheurs particuliers font le bien général ; de sorte que plus il y a de malheurs particuliers et plus tout est bien.
En philosophie, il faut se défier de ce qu'on croit entendre trop aisément, aussi bien que des choses qu'on n'entend pas.
L'art de gouverner consiste à prendre le plus d'argent possible à une catégorie de citoyens afin de le donner à une autre.
On a trouvé, en bonne politique, le secret de faire mourir de faim ceux qui, en cultivant la terre, font vivre les autres.
Les superstitieux sont dans la société ce que les poltrons sont dans une armée : ils ont, et donnent des terreurs paniques.
Les paroles sont aux pensées ce que l'or est aux diamants ; il est nécessaire pour les mettre en oeuvre, mais il en faut peu.
Une preuve infaillible de la supériorité d'une nation dans les arts de l'esprit, c'est la culture perfectionnée de la poésie.
Ce n'est pas que le suicide soit toujours de la folie. Mais en général, ce n'est pas dans un accès de raison que l'on se tue.
En parlant de Locke : Personne n'a mieux prouvé que lui qu'on pouvait avoir l'esprit géomètre sans le secours de la géométrie.
Quand une fois la calomnie est entrée dans l'esprit d'un roi, elle est comme la goutte chez un prélat : elle n'en déloge plus.
Ce qui fait et fera toujours de ce monde une vallée de larmes, c'est l'insatiable cupidité et l'indomptable orgueil des hommes.
Une république n'est point fondée sur la vertu ; elle l'est sur l'ambition de chaque citoyen, qui contient l'ambition des autres.
Si vous voyez un banquier se jeter par la fenêtre, sautez derrière lui : vous pouvez être sûr qu'il y a quelque profit à prendre.
C'est l'amour de nous-mêmes qui assiste l'amour des autres ; c'est par nos besoins mutuels que nous sommes utiles au genre humain.
Toutes les sectes sont différentes parce qu'elles viennent des hommes ; la morale est partout la même parce qu'elle vient de Dieu.
Quiconque fait une grande perte a de grands regrets ; s'il les étouffe, c'est qu'il porte la vanité jusque dans les bras de la mort.
Il est dans la beauté et dans la vertu un charme invincible qui fait tomber les portes de fer, et qui amollit les coeurs de bronze !
Il faut, en mourant, laisser des marques d'amitié à ses amis, le repentir à ses ennemis, et sa réputation entres les mains du public.
Le bonheur est un état de l'âme, par conséquent il ne peut être durable : c'est un nom abstrait composé de quelques idées de plaisir.
On la nomme (l'opinion) la reine du monde ; elle l'est si bien, que quand la raison veut la combattre, la raison est condamnée à mort.
Les passions sont les vents qui enflent les voiles du navire ; elles le submergent quelquefois, mais sans elles il ne pourrait voguer.
C'est à un instinct mécanique, qui est chez la plupart des hommes, que nous devons tous les arts, et nullement à la saine philosophie.
Quand la vérité est évidente, il est impossible qu'il s'élève des partis et des factions. Jamais on n'a disputé s'il fait jour à midi.
Redisons tous les jours à tous les hommes : la morale est une, elle vient de Dieu ; les dogmes sont différents, ils viennent de nous.
Il prit pour sa devise : malheur est bon à quelque chose. Combien d'honnêtes gens dans le monde ont pu dire : malheur n'est bon à rien!
Point d'injure ; beaucoup d'ironie et de gaieté. Les injures révoltent ; l'ironie fait rentrer les gens en eux-mêmes, la gaieté désarme.
Un auteur est peu propre à corriger les feuilles de ses propres ouvrages : il lit toujours comme il a écrit et non comme il est imprimé.
Nous naissons, nous vivons, bergère, nous mourons sans savoir comment ; chacun est parti du néant : où va-t-il ? Dieu le sait, ma chère.
La raison humaine est si peu capable de démontrer par elle-même l'immortalité de l'âme que la religion a été obligée de nous la révéler.
Nous cherchons tous le bonheur, mais sans savoir où, comme les ivrognes qui cherchent leur maison, sachant confusément qu'ils en ont une.
Quand un homme parle à un autre homme, qui ne comprend pas, et que celui qui parle ne comprend pas non plus, ils font de la métaphysique.
Point d'injures, beaucoup d'ironie et de gaieté : les injures révoltent, l'ironie faire rentrer les gens en eux-mêmes, la gaieté désarme.
Non, si vous voulez rendre la religion chrétienne aimable, ne parlez jamais de martyrs ; nous en avons fait cent fois plus que les païens.
On meurt deux fois en ce bas monde la première en perdant les faveurs de Vénus. Peu m'importe la seconde. C'est un bien quand on n'aime plus.
Il y a très peu d'hommes vraiment originaux ; presque tous se gouvernent, pensent et sentent par l'influence de la coutume et de l'éducation.
Pour avoir quelque autorité sur les hommes, il faut être distingué d'eux. Voilà pourquoi les magistrats et les prêtres ont des bonnets carrés.
Automates pensants, mus par des mains divines, nous serions à jamais de mensonges occupés, vils instruments d'un Dieu qui nous aurait trompés.
Il y a deux monstres qui désolent la terre en pleine paix : l'un est la calomnie, et l'autre l'intolérance ; je les combattrai jusqu'à ma mort.
Les hommes alimentés de carnage et abreuvés de liqueurs fortes ont tous un sang aigri et aduste qui les rend fous en cent manières différentes.
Si vous voyez un banquier sauter par la fenêtre, n'hésitez pas. Sautez derrière lui ; vous pouvez être sûr qu'il y a quelques profits à prendre.
Ce qui m'a dégoûté de la profession d'avocat, c'est la profusion de choses inutiles dont on voulut charger ma cervelle. Au fait ! est ma devise.
Les titres ne servent de rien pour la postérité : le nom d'un homme qui a fait de grandes choses impose plus de respect que toutes les épithètes.
Jamais les philosophes ne feront une secte de religion. Pourquoi ? C'est qu'ils n'écrivent point pour le peuple, et qu'ils sont sans enthousiasme.
C'est à celui qui domine sur les esprits par la force de la vérité, non à ceux qui font des esclaves par la violence, que nous devons nos respects.
La condition d'un homme de lettres ressemble à celle de l'âne du public, chacun le charge à sa volonté, et il faut que le pauvre animal porte tout.
Que ceux qui se plaignent de l'infidélité des autres, s'examinent bien avant ; ils reconnaîtront souvent qu'ils ont manqué les premiers de fidélité.
Il a fallu des siècles pour rendre justice à l'humanité, pour sentir qu'il est horrible que le grand nombre semât et que le petit nombre recueillît.
Quoiqu'il y ait beaucoup de livres, croyez-moi, peu de gens lisent ; et parmi ceux qui lisent, il y en a beaucoup qui ne se servent que de leurs yeux.
Que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ?
En ouvrages de goût, en musique, en poésie, en peinture, c'est le goût qui tient lieu de montre ; et celui qui n'en juge que par des règles en juge mal.
Les médecins administrent des médicaments dont ils savent très peu, à des malades dont ils savent moins, pour guérir des maladies dont ils ne savent rien.
Seigneur, il est bien dur, pour un coeur magnanime, D'attendre des secours de ceux qu'on mésestime : Leurs refus sont affreux, leurs bienfaits font rougir.
On ne sait pas précisément où les anges se tiennent, si c'est dans l'air, dans le vide, dans les planètes : Dieu n'a pas voulu que nous fussions instruits.
Consolons-nous de ne pas savoir les rapports qui peuvent être entre une araignée et l'anneau de Saturne, et continuons à examiner ce qui est à notre portée.
Il n'est point de grand conquérant qui ne soit grand politique. Un conquérant est un homme dont la tête se sert, avec une habileté heureuse, du bras d'autrui.
C'est l'amour de nous-même qui assiste l'amour des autres ; c'est par nos besoins mutuels que nous sommes utiles au genre humain ; c'est l'éternel lien des hommes.
Lorsqu'une question soulève des opinions violemment contradictoires, on peut assurer qu'elle appartient au domaine de la croyance et non à celui de la connaissance.
Au lieu donc de nous étonner et de nous plaindre du malheur et de la brièveté de la vie, nous devons nous étonner et nous féliciter de notre bonheur et de sa durée.
Je crois, toutes réflexions faites, qu'il ne faut jamais penser à la mort ; cette pensée n'est bonne qu'à empoisonner la vie ; la grande affaire est de ne point souffrir.
Toutes les passions s'éteignent avec l'âge ; - L'amour-propre ne meurt jamais. - Ce flatteur est tyran, redoutez ses attraits, - Et vivez avec lui sans être en esclavage.
Malheur aux faiseurs de traductions littérales, qui en traduisant chaque parole énervent le sens ! C'est bien là qu'on peut dire que la lettre tue, et que l'esprit vivifie.
Quoi point d'argent ? Et de l'ambition ! Pauvre imprudent ! Apprends qu'en ce royaume tous les honneurs sont fondés sur le bien, que rien n'est rien, que de rien ne vaut rien.
S'il fallait choisir, je détesterais moins la tyrannie d'un seul que celle de plusieurs. Un despote a toujours quelques bons moments ; une assemblée de despotes n'en a jamais.
On meurt en détail.
Aimez qui vous aime.
Le temps adoucit tout.
Variété, c'est ma devise.
Il n'y a point de hasard.
Quiconque pense fait penser.
La sagesse écarte les orages.
Examine-t-on ce qu'on désire?
Sans variété, point de beauté.
Il faut cultiver notre jardin.
Les beaux esprits se rencontrent.
Un proverbe n'est pas une raison.
Le superflu, chose si nécessaire.
L'oreille est le chemin du coeur.
La vertu s'avilit à se justifier.
L'étonnement est suivi du silence.
La patrie est là où on vit heureux.
Femme sage est plus que femme belle.
Le paradis terrestre est où je suis.
Les préjugés sont la raison des sots.
On aime mieux son égal que son maître.
L'écriture est la peinture de la voix.
C'était un jeune homme saintement fou.
Le génie de notre langue est la clarté.
Je perds mes dents. Je meurs en détail.
Aime la vérité, mais pardonne l'erreur.
L'hypocrite sourit, l'énergumène aboie.
Tricher au jeu sans gagner est d'un sot.
Si l'homme était parfait, il serait Dieu.
La métaphysique est le roman de l'esprit.
Toujours du plaisir n'est pas du plaisir.
Le présent accouche, dit-on, de l'avenir.
On est gai le matin, on est pendu le soir.
La politique est l'art de mentir à propos.
Il faut être prudent, mais non pas timide.
Dieu fit du repentir la vertu des mortels.
Le plaisir donne ce que la sagesse promet.
C'est le sort d'un héros d'être persécuté.
La fable est la soeur aînée de l'histoire.
Souvent le désespoir a gagné des batailles.
On ne peut désirer ce qu'on ne connait pas.
Le secret d'ennuyer est celui de tout dire.
Les compliments sont le protocole des sots.
Rien ne se fait sans un peu d'enthousiasme.
L'enthousiasme est une maladie qui se gagne
Le moyen d'ennuyer est de vouloir tout dire.
La douleur est aussi nécessaire que la mort.
L'humilité est le contrepoison de l'orgueil.
Va, j'aime mieux mourir que craindre la mort.
Quiconque est soupçonneux invite à le trahir.
Et qui pardonne au crime en devient complice.
La bouche obéit mal lorsque le coeur murmure.
Les préjugés, ami, sont les rois du vulgaire.
Le monde avec lenteur marche vers la sagesse.
Un baiser est toujours le prix de la tendresse
L'homme est libre au moment qu'il veut l'être.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres.
On parle toujours mal quand on n'a rien à dire.
Le bonheur est un bien que nous vend la nature.
Pour savoir se venger, il faut savoir souffrir.
La patrie est aux lieux où l'âme est enchaînée.
C'est n'être bon à rien de n'être bon qu'à soi.
Un dictionnaire sans citations est un squelette.
Ce qui touche le coeur se grave dans la mémoire.
Il n'y a point de mal dont il ne naisse un bien.
La peine a ses plaisirs, le péril a ses charmes.
Les français parlent vite et agissent lentement.
On est plus criminel quelquefois qu'on ne pense.
Dissimuler, vertu de roi et de femme de chambre.
Tout pouvoir, en un mot, périt par l'indulgence.
La crainte suit le crime, et c'est son châtiment.
Je plains l'homme accablé du poids de son loisir.
La plaisanterie expliquée cesse d'être plaisante.
Qui ne sait compatir aux maux qu'il a soufferts !
Un jugement trop prompt est souvent sans justice.
Nul ne voudrait mourir, nul ne voudrait renaître.
Ce monde est un vaste naufrage : sauve qui peut !
Un lion mort ne vaut pas un moucheron qui respire.
Qui n'aime point les vers a l'esprit sec et lourd.
La beauté plaît aux yeux, la douceur charme l'âme.
Il vaut mieux tard que mal, et cela en tout genre.
On apprend tout aux hommes, la vertu, la religion.
Tous les genres sont bons, hors le genre ennuyeux.
Si le mari n'existait pas, il faudrait l'inventer.
Malheur aux détails, la postérité les néglige tous.
C'est encore peu de vaincre il faut savoir séduire.
Si mes amis sont heureux, Je serai moins misérable.
L'instant où nous naissons est un pas vers la mort.
Le bonheur n'était autrefois qu'une heure fortunée.
Les faiblesses des hommes font la force des femmes.
Tel brille au second rang qui s'éclipse au premier.
En tout temps, en tous lieux, le public est injuste.
Qui croit toujours le crime, en paraît trop capable.
Le théâtre est le premier et le dernier des métiers.
La vie n'est que de l'ennui ou de la crème fouettée.
Je m'arrêterais de mourir s'il me venait un bon mot.
Si l'on n'est pas sensible, on n'est jamais sublime.
L'amitié d'un grand homme est un bienfait des dieux.
Un point géométrique est une abstraction de l'esprit.
Une bonne année répare le dommage des deux mauvaises.
Un instant de bonheur vaut mille ans dans l'histoire.
C'est un poids bien pesant qu'un nom trop tôt fameux.
J'ai fait un peu de bien, c'est mon meilleur ouvrage.
Que chacun aille à Dieu par le chemin qui lui plaît !
En fait de goût, chacun doit être le maître chez soi.
Courtes lettres et longues amitiés, tel est ma devise.
Bien des erreurs sont nées d'une vérité dont on abuse.
Sachez que le secret des artsEst de corriger la nature.
Notre tempérament fait toutes les qualités de notre âme.
Puissent tous les hommes se souvenir qu'ils sont frères.
La lecture agrandit l'âme, et un ami éclairé la console.
L'éducation développe les facultés mais ne les crée pas.
Tes destins sont d'un homme, et tes voeux sont d'un Dieu.
Quel homme est sans erreur ? et quel roi sans faiblesse ?
Je joue avec la vie, madame ; elle n'est bonne qu'à cela.
Dieu n'a créé les femmes que pour apprivoiser les hommes.
Ne pas être occupé et ne pas exister c'est la même chose.
La politesse est à l'espritCe que la grâce est au visage.
Les lettres nourrissent l'âme, la rectifient, la consolent
La médisance est fille de l'amour-propre et de l'oisiveté.
Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami.
Le prudent se fait du bien, le vertueux en fait aux autres.
On aime la vie, mais le néant ne laisse pas d'avoir du bon.
Plus les hommes seront éclairés, et plus ils seront libres.
Qui n'a pas l'esprit de son âgeDe son âge a tout le malheur.
La beauté n'est qu'un piège tendu par la nature à la raison.
On peut juger du caractère des hommes par leurs entreprises.
Les Grecs, qui ont écrit tant de phrases et si peu de choses
Je ne connais de sérieux ici-bas que la culture de la vigne.
Les grandes choses sont souvent plus faciles qu'on ne pense.
L'espèce humaine est la seule qui sache qu'elle doit mourir.
Celui qui soutient sa folie par le meurtre, est un fanatique.
J'ai décidé d'être heureux parce que c'est bon pour la santé.
Le génie n'a qu'un siècle, après quoi, il faut qu'il dégénère.
La plupart des grands capitaines sont devenus tels par degrés.
Il est dangereux d'avoir raison lorsque le gouvernement a tort.
Dans ta jeunesse fais l'amour, et ton salut dans ta vieillesse.
Chaque profession a un vice et un danger qui lui sont attachés.
La politique est le premier des arts et le dernier des métiers.
Un livre n'est excusable qu'autant qu'il apprend quelque chose.
Si Dieu nous a faits à son image, nous le lui avons bien rendu.
C'est ne pas payer ses dettes que de refuser de justes louanges.
La loi naturelle est l'instinct qui nous fait sentir la justice.
Quand il s'agit d'argent, tout le monde est de la même religion.
J'ai fait en ce monde un peu de bien, c'est mon plus bel ouvrage.
Il est bon nombre de gens, en ce monde, qui ont un double visage.
Le premier devin fut le premier fripon qui rencontra un imbécile.
La moitié de la Suisse est l'enfer, et l'autre moitié le paradis.
La nature nous a fait frivoles pour nous consoler de nos misères.
Ce qu'il y a de pis, c'est que la guerre est un fléau inévitable.
La raison est la fille du temps, et elle attend tout de son père.
Un historien est un babillard qui fait des tracasseries aux morts.
Le fanatisme est un monstre qui ose se dire le fils de la religion.
Le bonheur est un mot abstrait composé de quelques idées de plaisir.
Plus on a médité, plus on est en état d'affirmer qu'on ne sait rien.
Dieu est un comédien jouant devant un public trop effrayé pour rire.
Ceux qui cherchent des causes métaphysiques au rire ne sont pas gais.
Pour la plupart des hommes, se corriger consiste à changer de défauts.
N'ayant jamais pu réussir dans le monde, il se vengeait par en médire.
Je m'arrêterais de mourir s'il me venait un bon mot ou une bonne idée.
Il n'y a peut-être rien de si fou que de croire avoir toujours raison.
En parlant de Descartes : Il était estimable même dans ses égarements.
La femme coquète est l'agrément des autres et le mal de qui la possède.
Si l'on n'imprimait que l'utile, il y aurait cent fois moins de livres.
Dieu nous a donné le vivre ; c'est à nous de nous donner le bien vivre.
Dire le secret d'autrui est une trahison, dire le sien est une sottise.
La poésie est une espèce de musique : il faut l'entendre pour en juger.
Les vérités sont des fruits qui ne doivent être cueillis que bien murs.
La grande affaire et la seule qu'on doive avoir, c'est de vivre heureux.
Les hommes, avec des lois sages, ont toujours eu des coutumes insensées.
Le doute est un état mental désagréable, mais la certitude est ridicule.
L'amour est une étoffe tissée par la nature et brodée par l'imagination.
La femme coquette est l'agrément des autres et le mal de qui la possède.
Le plaisir est plus rapide que le bonheur et le bonheur que la félicité.
Nous sommes tous également hommes, mais non membres égaux de la société.
Les faux brillants se trouvent plus aisément que les pierres précieuses.
Il n'y a aucun pays de la terre où l'amour n'ait rendu les amants poètes.
Les hommes se trompent, les grands hommes avouent qu'ils se sont trompés.
Les justes éloges ont un parfum que l'on réserve pour embaumer les morts.
Je ne sais pas qui votre coeur préfère Mais l'univers sera jaloux de lui.
Qui veut détruire les passions, au lieu de les régler, veut faire l'ange.
Ce n'est pas l'amour qu'il fallait peindre aveugle, c'est l'amour-propre.
Le pape est une idole à qui on lie les mains et à qui on baise les pieds.
Si c'est ici le meilleur des mondes possibles, que sont donc les autres ?
Le peuple reçoit la religion, les lois, comme la monnaie, sans l'examiner.
Les injures atroces n'ont jamais fait de tort qu'à ceux qui les ont dites.
Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent.
Il faut toujours que ce qui est grand soit attaqué par les petits esprits.
Quand on ne voyage qu'en passant, on prend les abus pour les lois du pays.
Ne cherchez jamais à employer l'autorité là où il ne s'agit que de raison.
Quatre beaux vers valent mieux dans une pièce qu'un régiment de cavalerie.
Nos idées ne dépendent pas plus de nous dans le sommeil que dans la veille.
Les grands plaisirs, dans tous les arts, ne sont que pour les connaisseurs.
Aristote, qu'on a expliqué de mille façons, parce qu'il était inintelligible
Le seul moyen d'obliger les hommes à dire du bien de nous, c'est d'en faire.
Usez, n'abusez pas ; ni l'abstinence ni l'excès ne rendent un homme heureux.
Que la santé immortelle descende du ciel pour avoir soin de tous vos jours !
Il n'y a rien de plus ridicule qu'un médecin qui ne meurt pas de vieillesse.
L'homme est né pour l'action, comme le feu tend en haut et la pierre en bas.
On ne connaît plus parmi nous l'amitié qui naît des droits de l'hospitalité.
Le plaisir est l'objet, le devoir est le but. De tous les êtres raisonnables.
Les grammairiens sont pour les auteurs ce qu'un luthier est pour un musicien.
La vérité est un fruit qui ne doit être cueilli que s'il est tout à fait mûr.
Le travail éloigne de nous trois grands maux : l'ennui, le vice et le besoin.
Je suis comme les ruisseaux : je suis clair parce que je ne suis pas profond.
Les bonnes nouvelles sont toujours retardées, et les mauvaises ont des ailes.
Le phénix, qui était plus sage que Formosante, parce qu'il était sans passion
Une passion naissante et combattue éclate ; un amour satisfait sait se cacher.
Les disputes ne servent qu'à faire rire les sots aux dépens des gens d'esprit.
L'histoire des plus grands princes est souvent le récit des fautes des hommes.
Les bavards sont les plus discrets des hommes : ils parlent pour ne rien dire.
On peut, sans s'avilir, s'abaisser sous les dieux, les craindre et les servir.
Le coeur ne vieillit pas, mais il est pénible de loger un dieu dans des ruines.
Pour faire un bon livre, il faut un temps prodigieux et la patience d'un saint.
Les hommes n'ont jamais de remords des choses qu'ils sont dans l'usage de faire.
Le corps d'un athlète et l'âme d'un sage, voilà ce qu'il faut pour être heureux.
L'art de la citation est l'art de ceux qui ne savent pas réfléchir par eux-même.
Ce qu'on peut expliquer de plusieurs manières ne mérite d'être expliqué d'aucune.
L'esprit est tout le contraire de l'argent; moins on en a, plus on est satisfait.
Les femmes ressemblent aux girouettes : elles se fixent quand elles se rouillent.
C'est le propre de la censure violente d'accréditer les opinions qu'elle attaque.
Ce n'est pas notre condition, c'est la trempe de notre âme qui nous rend heureux.
Les calomniateurs sont comme le feu qui noircit le bois vert, ne pouvant le brûler.
Le fanatisme est un monstre mille fois plus dangereux que l'athéisme philosophique.
La vie est trop courte et le temps bien trop précieux pour le perdre avec des sots.
Rien n'est plus aisé à faire qu'un mauvais livre, si ce n'est une mauvaise critique.
L'art de la médecine consiste à distraire le malade pendant que la nature le guérit.
Guidés par le caprice ou par l'humeur, les hommes agissent sans but et sans dessein.
Vous devez passer votre vie à aimer et à penser ; c'est la véritable vie des esprits.
Tant que les gens croient aux absurdités, ils continueront à commettre des atrocités.
Comme le despotisme est l'abus de la royauté, l'anarchie est l'abus de la démocratie.
Mon ami signifie mon esclave. Mon cher ami veut dire vous m'êtes plus qu'indifférent.
Les rivières ne se précipitent pas plus vite dans la mer que les hommes dans l'erreur.
Toute plaisanterie doit être courte, et même le sérieux devrait bien être court aussi.
Qu'y a-t-il de plus repoussant que de se nourrir continuellement de chair de cadavre ?
C'est le sort des monarchies que leur prospérité dépende du caractère d'un seul homme.
Heureux qui jouit agréablement du monde ! Plus heureux qui s'en moque et qui le fuit !
Il y a une autre canaille à laquelle on sacrifie tout, et cette canaille est le peuple.
N'est-il pas honteux que les fanatiques aient du zèle et que les sages n'en aient pas ?
Les hommes sont des insectes se dévorant les uns les autres sur un petit atome de boue.
Il n'y a que les ouvriers qui sachent le prix du temps ; ils se le font toujours payer.
Il n'y a point de hasard ; tout est épreuve, ou punition, ou récompense, ou prévoyance.
Il faut que cet homme soit un grand ignorant, car il répond à tout ce qu'on lui demande.
L'extrême justice est une extrême injure : Il n'en faut pas toujours écouter la rigueur.
Gouverne qui peut ; et quand on est parvenu à être le maître, on gouverne comme on peut.
La politique a sa source dans la perversité plus que dans la grandeur de l'esprit humain.
L'intérêt que j'ai à croire une chose n'est pas une preuve de l'existence de cette chose.
L'alphabet fut l'origine de toutes les connaissances de l'homme et de toutes ses sottises.
Un jour, tout sera bien, voilà notre espéranceTout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion.
Les hommes sont comme les animaux : les gros mangent les petits et les petits les piquent.
Ceux qui cultivent sur une terre fertile ont un grand avantage sur ceux qui l'on défrichée.
Je suis comme les petits ruisseaux ; ils sont transparents parce qu'ils sont peu profonds.
Le temps, qui seul fait la réputation des hommes, rend à la fin leurs défauts respectables.
Dieu a mis dans tous les coeurs la conscience du bien avec quelque inclination pour le mal.
Ce que nous appelons le hasard n'est et ne peut être que la cause ignorée d'un effet connu.
Si nous ne trouvons pas des choses agréables, nous trouverons du moins des choses nouvelles.
Le courage n'est pas une vertu, mais une qualité commune aux scélérats et aux grands hommes.
Jamais la nature n'est si avilie, que quand l'ignorance superstitieuse est armée du pouvoir.
Toute secte, en quelque genre que ce puisse être, est le ralliement du doute et de l'erreur.
L'univers m'embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n'ait pas d'horloger.
C'est donc ainsi qu'on traite les hommes comme des singes ! On les bat et on les fait danser.
Ce monde, ce théâtre et d'orgueil et d'erreur, Est plein d'infortunés qui parlent de bonheur.
J'approche tout doucement du moment où les philosophes et les imbéciles ont la même destinée.
Il faut que le plaisir de gouverner soit bien grand, puisque tant de gens veulent s'en mêler.
Ne cache pas tes pleurs, cesse de t'en défendre, c'est de l'humanité la marque la plus tendre.
Quand on a tout perdu, quand on n'a plus d'espoir, la vie est un opprobre et la mort un devoir.
L'homme est né pour vivre dans les convulsions de l'inquiétude ou dans la léthargie de l'ennui.
Remarquez que les temps les plus superstitieux ont toujours été ceux des plus horribles crimes.
A la cour, mon fils, l'art le plus nécessaireN'est pas de bien parler, mais de savoir se taire.
Nos prêtres ne sont point ce qu'un vain peuple pense ; notre crédulité fait toute leur science.
Tout est physique dans toutes les espèces : ce n'est pas le boeuf qui combat, c'est le taureau.
Les soldats se mettent à genoux quand ils tirent : apparemment pour demander pardon du meurtre.
Nos cinq sens imparfaits, donnés par la nature, de nos biens, de nos maux sont la seuls mesure.
Les vices de l'esprit peuvent se corriger ;Quand le coeur est mauvais, rien ne peut le changer.
Tout mortel au plaisir a dû son existence ;Par lui le corps agit, le coeur sent, l'esprit pense.
La plaisanterie expliquée cesse d'être plaisanterie : tout commentateur de bons mots est un sot.
Et dans les factions, comme dans les combats, Du triomphe à la chute il n'est souvent qu'un pas.
Les vices de l'esprit peuvent se corriger ;
Quand le coeur est mauvais, rien ne peut le changer.
Les mortels sont égaux ; ce n'est point la naissanceC'est la seule vertu qui fait la différence.
Que conclure à la fin de tous mes longs propos ? C'est que les préjugés sont la raison des sots.
Le temps est assez long pour quiconque en profite ;Qui travaille et qui pense en étend la limite.
L'univers m'embarrasse, et je ne puis songer - Que cette horloge existe et n'ait point d'horloger
L'amour propre est un ballon gonflé de vent dont il sort des tempêtes quand on y fait une piqûre.
Notre Descartes, né pour découvrir les erreurs de l'antiquité, mais pour y substituer les siennes
Cette idée à eu le sort de beaucoup d'autres projets utiles, d'être approuvée et d'être négligée.
Le premier pas, mon fils, que l'on fait dans le mondeEst celui dont dépend le reste de nos jours.
L'amour-propre est un ballon gonflé de vent dont il sort des tempêtes quand on y fait une piqûre.
Les Anglais ont mis Dieu à toutes les sauces, et ils n'en ont qu'une à mettre dans leur assiette.
On confie aisément des malheurs qu'on surmonte ; Mais qu'il est accablant de parler de sa honte !
J'aime les fables des philosophes, je ris de celles des enfants, et je hais celles des imposteurs.
Toi, si pour me servir tu montres quelque ardeur, De Phorbas que j'attends cours hâter la lenteur.
Ceux qui ont avancé que tout est bien ont dit une sottise : il fallait dire que tout est au mieux.
Un courage indompté, dans le coeur des mortels, fait, ou les grands héros ou les grands criminels.
Les plus ardents défenseurs d'un système politique ne sont le plus souvent que de chauds égoïstes.
Quand on lit pour s'instruire, on voit tout ce qui a échappé, lorsqu'on ne lisait qu'avec les yeux.
Que toute loi soit claire, uniforme et précise : l'interpréter, c'est presque toujours la corrompre.
La résurrection est une idée toute naturelle ; il n'est pas plus étonnant de naître deux fois qu'une.
Un médecin, c'est quelqu'un qui verse des drogues qu'il connaît peu dans un corps qu'il connaît moins.
Les Incas avaient des palais incrustés d'or et couverts de paille : emblème de bien des gouvernements.
C'est assurément ne pas connaître le coeur humain que de penser qu'on peut le remuer par des fictions.
Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère.
C'est une des superstitions de l'esprit humain d'avoir imaginé que la virginité pouvait être une vertu.
Il faut savoir s'instruire dans la gaieté. Le savoir triste est un savoir mort. L'intelligence est joie.
Exterminez, grands dieux, de la terre où nous sommes, quiconque avec plaisir répand le sang des hommes !
Les sauvages ne s'avisent point de se tuer par dégoût de la vie ; c'est un raffinement de gens d'esprit.
Le premier des devoirs, sans doute, est d'être juste ;Et le premier des biens est la paix de nos coeurs.
L'habile homme est celui qui fait un grand usage de ce qu'il sait ; le capable peut, et l'habile exécute.
C'est la superstition qui a fait immoler des victimes humaines, c'est la nécessité qui les a fait manger.
Quand la gravité n'est que dans le maintien, comme il arrive très souvent, on dit gravement des inepties.
Croyez-moi, les humains que j'ai trop su connaître, Méritent peu, mon fils, qu'on veuille être leur maître.
Je meurs en adorant dieu, en aimant mes amis, en ne détestant pas mes ennemis, en haissant la superstition.
Mais les théologiens commencent trop souvent par dire que Dieu est outragé quand on n'est pas de leur avis.
Par tout pays, la religion dominante, quand elle ne persécute point, engloutit à la longue toutes les autres.
Si les imbéciles veulent encore du gland, laisse-les en manger ; mais trouve bon qu'on leur présente du pain.
Le pays où le commerce est le plus libre sera toujours le plus riche et le plus florissant, proportion gardée.
Les hommes, en général, ressemblent aux chiens qui hurlent quand ils entendent de loin, d'autres chiens hurler.
La religion juive, mère du christianisme, grand-mère du mahométisme, battue par son fils et par son petit-fils.
Telle est donc la condition humaine que souhaiter la grandeur de son pays, c'est souhaiter du mal à ses voisins.
Le bonheur est souvent la seule chose qu'on puisse donner sans l'avoir, et c'est en le donnant qu'on l'acquiert.
La religion forcée n'est plus religion: il faut persuader, et non contraindre. La religion ne se commande point.
Tout dogme est ridicule, funeste ; toute contrainte sur le dogme est abominable. Ordonner de croire est absurde.
Je compterais plus sur le zèle d'un homme espérant une grande récompense que sur celui d'un homme l'ayant reçue.
La Grèce, berceau des arts et des erreurs, et où l'on poussa si loin la grandeur et la sottise de l'esprit humain
On rougirait bientôt de ses décisions, si l'on voulait réfléchir sur les raisons pour lesquelles on se détermine.
Je compterais plus sur le rôle d'un homme espérant une grande récompense que sur celui d'un homme l'ayant reçue.
Puissent tous les hommes se souvenir qu'ils sont frères, qu'ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes.
La superstition est à la religion ce que l'astrologie est à l'astronomie, la fille très folle d'une mère très sage.
On voit évidemment que toutes les religions ont emprunté tous leurs dogmes et tous leurs rites les unes des autres.
La chasse est le moyen le plus sûr pour supprimer les sentiments des hommes envers les créatures qui les entourent.
N'employez jamais un mot nouveau, à moins qu'il n'ait ces trois qualités : être nécessaire, intelligible et sonore.
On ne peut vivre dans le monde qu'avec des illusions ; et dès qu'on a un peu vécu, toutes les illusions s'envolent.
La guerre, c'est la routine. L'humanité, pour l'instant, n'a jamais connu la paix ; seulement des entre-deux-guerres.
Il est à propos que le peuple soit guidé et non pas instruit. Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu.
Les inventions les plus étonnantes et les plus utiles ne sont pas celles qui font le plus d'honneur à l'esprit humain.
Il faut avoir une religion et ne pas croire aux prêtres ; comme il faut avoir du régime et ne pas croire aux médecins.
Un seul mauvais exemple, une fois donné, est capable de corrompre toute une nation, et l'habitude devient une tyrannie.
Les hommes abreuvés de liqueurs fortes ont tous un sang aigri et adulte qui les rend fous en cent manières différentes.
Un pays bien organisé est celui où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne.
Chaque science, chaque étude, a son jargon inintelligible, qui semble n'être inventé que pour en défendre les approches.
Les malheurs particuliers font le bien général ; de sorte que plus il y a de malheurs particuliers et plus tout est bien.
En philosophie, il faut se défier de ce qu'on croit entendre trop aisément, aussi bien que des choses qu'on n'entend pas.
L'art de gouverner consiste à prendre le plus d'argent possible à une catégorie de citoyens afin de le donner à une autre.
On a trouvé, en bonne politique, le secret de faire mourir de faim ceux qui, en cultivant la terre, font vivre les autres.
Les superstitieux sont dans la société ce que les poltrons sont dans une armée : ils ont, et donnent des terreurs paniques.
Les paroles sont aux pensées ce que l'or est aux diamants ; il est nécessaire pour les mettre en oeuvre, mais il en faut peu.
Une preuve infaillible de la supériorité d'une nation dans les arts de l'esprit, c'est la culture perfectionnée de la poésie.
Ce n'est pas que le suicide soit toujours de la folie. Mais en général, ce n'est pas dans un accès de raison que l'on se tue.
En parlant de Locke : Personne n'a mieux prouvé que lui qu'on pouvait avoir l'esprit géomètre sans le secours de la géométrie.
Quand une fois la calomnie est entrée dans l'esprit d'un roi, elle est comme la goutte chez un prélat : elle n'en déloge plus.
Ce qui fait et fera toujours de ce monde une vallée de larmes, c'est l'insatiable cupidité et l'indomptable orgueil des hommes.
Une république n'est point fondée sur la vertu ; elle l'est sur l'ambition de chaque citoyen, qui contient l'ambition des autres.
Si vous voyez un banquier se jeter par la fenêtre, sautez derrière lui : vous pouvez être sûr qu'il y a quelque profit à prendre.
C'est l'amour de nous-mêmes qui assiste l'amour des autres ; c'est par nos besoins mutuels que nous sommes utiles au genre humain.
Toutes les sectes sont différentes parce qu'elles viennent des hommes ; la morale est partout la même parce qu'elle vient de Dieu.
Quiconque fait une grande perte a de grands regrets ; s'il les étouffe, c'est qu'il porte la vanité jusque dans les bras de la mort.
Il est dans la beauté et dans la vertu un charme invincible qui fait tomber les portes de fer, et qui amollit les coeurs de bronze !
Il faut, en mourant, laisser des marques d'amitié à ses amis, le repentir à ses ennemis, et sa réputation entres les mains du public.
Le bonheur est un état de l'âme, par conséquent il ne peut être durable : c'est un nom abstrait composé de quelques idées de plaisir.
On la nomme (l'opinion) la reine du monde ; elle l'est si bien, que quand la raison veut la combattre, la raison est condamnée à mort.
Les passions sont les vents qui enflent les voiles du navire ; elles le submergent quelquefois, mais sans elles il ne pourrait voguer.
C'est à un instinct mécanique, qui est chez la plupart des hommes, que nous devons tous les arts, et nullement à la saine philosophie.
Quand la vérité est évidente, il est impossible qu'il s'élève des partis et des factions. Jamais on n'a disputé s'il fait jour à midi.
Redisons tous les jours à tous les hommes : la morale est une, elle vient de Dieu ; les dogmes sont différents, ils viennent de nous.
Il prit pour sa devise : malheur est bon à quelque chose. Combien d'honnêtes gens dans le monde ont pu dire : malheur n'est bon à rien!
Point d'injure ; beaucoup d'ironie et de gaieté. Les injures révoltent ; l'ironie fait rentrer les gens en eux-mêmes, la gaieté désarme.
Un auteur est peu propre à corriger les feuilles de ses propres ouvrages : il lit toujours comme il a écrit et non comme il est imprimé.
Nous naissons, nous vivons, bergère, nous mourons sans savoir comment ; chacun est parti du néant : où va-t-il ? Dieu le sait, ma chère.
La raison humaine est si peu capable de démontrer par elle-même l'immortalité de l'âme que la religion a été obligée de nous la révéler.
Nous cherchons tous le bonheur, mais sans savoir où, comme les ivrognes qui cherchent leur maison, sachant confusément qu'ils en ont une.
Quand un homme parle à un autre homme, qui ne comprend pas, et que celui qui parle ne comprend pas non plus, ils font de la métaphysique.
Point d'injures, beaucoup d'ironie et de gaieté : les injures révoltent, l'ironie faire rentrer les gens en eux-mêmes, la gaieté désarme.
Non, si vous voulez rendre la religion chrétienne aimable, ne parlez jamais de martyrs ; nous en avons fait cent fois plus que les païens.
On meurt deux fois en ce bas monde la première en perdant les faveurs de Vénus. Peu m'importe la seconde. C'est un bien quand on n'aime plus.
Il y a très peu d'hommes vraiment originaux ; presque tous se gouvernent, pensent et sentent par l'influence de la coutume et de l'éducation.
Pour avoir quelque autorité sur les hommes, il faut être distingué d'eux. Voilà pourquoi les magistrats et les prêtres ont des bonnets carrés.
Automates pensants, mus par des mains divines, nous serions à jamais de mensonges occupés, vils instruments d'un Dieu qui nous aurait trompés.
Il y a deux monstres qui désolent la terre en pleine paix : l'un est la calomnie, et l'autre l'intolérance ; je les combattrai jusqu'à ma mort.
Les hommes alimentés de carnage et abreuvés de liqueurs fortes ont tous un sang aigri et aduste qui les rend fous en cent manières différentes.
Si vous voyez un banquier sauter par la fenêtre, n'hésitez pas. Sautez derrière lui ; vous pouvez être sûr qu'il y a quelques profits à prendre.
Ce qui m'a dégoûté de la profession d'avocat, c'est la profusion de choses inutiles dont on voulut charger ma cervelle. Au fait ! est ma devise.
Les titres ne servent de rien pour la postérité : le nom d'un homme qui a fait de grandes choses impose plus de respect que toutes les épithètes.
Jamais les philosophes ne feront une secte de religion. Pourquoi ? C'est qu'ils n'écrivent point pour le peuple, et qu'ils sont sans enthousiasme.
C'est à celui qui domine sur les esprits par la force de la vérité, non à ceux qui font des esclaves par la violence, que nous devons nos respects.
La condition d'un homme de lettres ressemble à celle de l'âne du public, chacun le charge à sa volonté, et il faut que le pauvre animal porte tout.
Que ceux qui se plaignent de l'infidélité des autres, s'examinent bien avant ; ils reconnaîtront souvent qu'ils ont manqué les premiers de fidélité.
Il a fallu des siècles pour rendre justice à l'humanité, pour sentir qu'il est horrible que le grand nombre semât et que le petit nombre recueillît.
Quoiqu'il y ait beaucoup de livres, croyez-moi, peu de gens lisent ; et parmi ceux qui lisent, il y en a beaucoup qui ne se servent que de leurs yeux.
Que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ?
En ouvrages de goût, en musique, en poésie, en peinture, c'est le goût qui tient lieu de montre ; et celui qui n'en juge que par des règles en juge mal.
Les médecins administrent des médicaments dont ils savent très peu, à des malades dont ils savent moins, pour guérir des maladies dont ils ne savent rien.
Seigneur, il est bien dur, pour un coeur magnanime, D'attendre des secours de ceux qu'on mésestime : Leurs refus sont affreux, leurs bienfaits font rougir.
On ne sait pas précisément où les anges se tiennent, si c'est dans l'air, dans le vide, dans les planètes : Dieu n'a pas voulu que nous fussions instruits.
Consolons-nous de ne pas savoir les rapports qui peuvent être entre une araignée et l'anneau de Saturne, et continuons à examiner ce qui est à notre portée.
Il n'est point de grand conquérant qui ne soit grand politique. Un conquérant est un homme dont la tête se sert, avec une habileté heureuse, du bras d'autrui.
C'est l'amour de nous-même qui assiste l'amour des autres ; c'est par nos besoins mutuels que nous sommes utiles au genre humain ; c'est l'éternel lien des hommes.
Lorsqu'une question soulève des opinions violemment contradictoires, on peut assurer qu'elle appartient au domaine de la croyance et non à celui de la connaissance.
Au lieu donc de nous étonner et de nous plaindre du malheur et de la brièveté de la vie, nous devons nous étonner et nous féliciter de notre bonheur et de sa durée.
Je crois, toutes réflexions faites, qu'il ne faut jamais penser à la mort ; cette pensée n'est bonne qu'à empoisonner la vie ; la grande affaire est de ne point souffrir.
Toutes les passions s'éteignent avec l'âge ; - L'amour-propre ne meurt jamais. - Ce flatteur est tyran, redoutez ses attraits, - Et vivez avec lui sans être en esclavage.
Malheur aux faiseurs de traductions littérales, qui en traduisant chaque parole énervent le sens ! C'est bien là qu'on peut dire que la lettre tue, et que l'esprit vivifie.
Quoi point d'argent ? Et de l'ambition ! Pauvre imprudent ! Apprends qu'en ce royaume tous les honneurs sont fondés sur le bien, que rien n'est rien, que de rien ne vaut rien.
S'il fallait choisir, je détesterais moins la tyrannie d'un seul que celle de plusieurs. Un despote a toujours quelques bons moments ; une assemblée de despotes n'en a jamais.