Al Gore est un homme politique américain né le 31 mars 1948 à Washington D.C., 45e vice-président des États-Unis de 1993 à 2001 sous la présidence de Bill Clinton. Sa trajectoire singulière associe une carrière au sommet de l'exécutif américain, une élection présidentielle perdue dans les circonstances les plus controversées de l'histoire démocratique américaine, et une reconversion en défenseur climatique mondial récompensée par le prix Nobel de la paix en 2007.
Albert Arnold Gore Junior naît à Washington D.C. alors que son père, Albert Gore Senior, siège au Congrès. Il effectue ses études secondaires à la St. Albans School, établissement épiscopalien privé de la capitale fédérale. Entré à Harvard en 1965, il y rencontre l'acteur Tommy Lee Jones, avec qui il partage d'abord le couloir en première année au Mower Hall avant de cohabiter à Dunster House. Gore y obtient en 1969 un diplôme de sciences politiques avec mention. Il s'engage dans l'armée en août 1969, malgré son opposition personnelle à la guerre du Vietnam, et suit une formation de journaliste militaire avant d'être déployé dans le pays en 1971. De retour aux États-Unis, il devient reporter d'investigation au Tennessean de Nashville, travail qui conduit à l'arrestation de deux conseillers municipaux corrompus. Parallèlement, il suit des cours de théologie à Vanderbilt pour trouver des réponses aux injustices sociales, puis intègre en 1974 la faculté de droit de la même université. Il abandonne ses études en 1976 pour se présenter à la Chambre des représentants dans la quatrième circonscription du Tennessee, remportant les primaires puis l'élection avec 94 % des voix face à un seul adversaire indépendant.
Réélu en 1978, 1980 et 1982, Gore se forge à la Chambre une réputation de spécialiste des nouvelles technologies, de la défense et de l'environnement. En 1984, il conquiert le siège sénatorial laissé vacant par le républicain Howard Baker, battant largement son adversaire Victor Ashe. Ses positions restent alors relativement centristes sur les questions de société. En 1988, il tente les primaires démocrates pour la présidence, remportant plusieurs États du Sud avant d'être devancé par Michael Dukakis. L'accident de voiture qui blesse gravement son fils de six ans Albert en avril 1989 à Baltimore le conduit à renoncer à la campagne de 1992. Choisi comme colistier par Bill Clinton cette même année, il est élu vice-président le 3 novembre 1992.
Durant ses deux mandats de 1993 à 2001, Al Gore s'impose comme l'un des vice-présidents les plus influents de l'histoire américaine. Il pilote la réforme administrative dite National Performance Review, qui simplifie les codes réglementaires fédéraux et réduit les effectifs de la fonction publique. Promoteur de l'expression "autoroutes de l'information", il oeuvre à l'ouverture d'Internet au grand public. Il contribue à la ratification de l'Accord de libre-échange nord-américain en 1993, convainquant l'opinion lors d'un débat télévisé contre Ross Perot qui aboutit à l'approbation du traité à la Chambre par 234 voix contre 200. En 1997, il pousse à la signature du protocole de Kyoto, dont la ratification sera cependant bloquée par le Sénat.
L'élection présidentielle de 2000 constitue l'épisode le plus controversé de sa carrière. Face au républicain George W. Bush, il remporte le vote populaire national avec environ 540 000 voix d'avance mais perd au collège électoral, l'issue dépendant du résultat en Floride. Pendant trente-six jours, l'Amérique vit au rythme du recomptage des voix en Floride. À la mi-novembre, Bush détient 537 voix d'avance sur un total de six millions de bulletins floridiens, soit un écart de 0,009 %. Le 12 décembre 2000, la Cour suprême ordonne l'arrêt des recomptages manuels, décidant de fait de l'élection de Bush. Gore concède le lendemain. Deux recomptages ultérieurs conduits par des consortiums de presse en 2001 montrent des résultats divergents selon la méthode employée, Bush gagnant selon certains critères, perdant selon d'autres. Gore figure parmi les rares candidats à avoir perdu leur propre État d'origine, le Tennessee, ce qui aurait suffi à l'élire indépendamment du résultat en Floride.
Al Gore épouse Mary Elizabeth Aitcheson, dite Tipper, en 1970. Le couple a quatre enfants : Karenna, Kristin, Sarah et Albert III. En 1989, Albert est renversé par une voiture devant le Memorial Stadium de Baltimore lors du match d'ouverture des Orioles : sa convalescence de plusieurs mois conduit son père à renoncer à la campagne présidentielle de 1992 et à rédiger Earth in the Balance, son essai climatique de 1992. En 2010, après quarante ans de mariage, le couple annonce sa séparation. Al Gore réside principalement à Nashville dans le Tennessee, dans une propriété équipée de panneaux solaires et de systèmes géothermiques. Passionné de technologie depuis ses années à Harvard, il est également partenaire chez Kleiner Perkins Caufield & Byers et a siégé au conseil d'administration d'Apple.
Militant environnemental depuis ses premiers mandats à la Chambre en 1976, année où il organise les premières auditions du Congrès sur le changement climatique, Gore cofonde en 2004 Generation Investment Management avec l'ancien dirigeant de Goldman Sachs Asset Management David Blood. La firme, dont le siège est à Londres, gère en 2025 un portefeuille d'environ 15 milliards de dollars axé sur les entreprises technologiques et de santé présentant de solides critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. En 2006, il fonde l'Alliance for Climate Protection, puis The Climate Project la même année : ces deux organisations fusionnent en juillet 2011 pour donner naissance au Climate Reality Project, dont il est président. Son documentaire Une vérité qui dérange, sorti en 2006, est traduit en plus de trente langues et distribué dans des dizaines de pays. Gore cofonde également Climate TRACE, coalition d'organisations utilisant l'intelligence artificielle et les données satellitaires pour cartographier en temps quasi-réel les émissions mondiales de gaz à effet de serre, outil qu'il présente lors de la COP30 de Belém en novembre 2025.
Né à Washington D.C., Gore partage son enfance entre la capitale fédérale, où son père siège au Congrès, et la ferme familiale de Carthage dans le Tennessee. Ses études supérieures le conduisent à Cambridge (Massachusetts) pour Harvard, puis à Nashville pour Vanderbilt. Il s'installe durablement à Nashville dans les années 1970 et y réside principalement depuis lors. Generation Investment Management a son siège principal à Londres, avec des bureaux à San Francisco. Gore participe régulièrement au Forum économique mondial de Davos, où il s'exprime sur la transition énergétique.
La présidence n'est pas un concours de popularité, c'est un combat quotidien pour le peuple.
La présidence n'est pas un concours de popularité, c'est un combat quotidien pour le peuple.