Écrivain, philosophe et journaliste français, Albert Camus s’impose comme l’une des figures majeures de la pensée du XXe siècle, prix Nobel de littérature 1957, auteur de « L’Étranger » et « La Peste », défenseur d’un humanisme lucide face à l’absurde et à la violence de l’Histoire.
Né le 7 novembre 1913 à Mondovi, près de Bône (Algérie française), Albert Camus perd son père, Lucien, tué en 1914 à la bataille de la Marne. Élevé par sa mère d’origine espagnole dans un milieu modeste à Alger, il suit des études brillantes grâce à ses professeurs, notamment Jean Grenier. Diplômé de philosophie en 1936 à l’Université d’Alger, il consacre ses premiers écrits au rapport entre nature, lumière et révolte. Il fonde en 1937 le Théâtre du Travail, engagé dans une perspective sociale, puis devient journaliste à « Alger Républicain », où il dénonce les inégalités coloniales. Censuré en 1940, il quitte l’Algérie et s’installe à Paris, rejoignant la Résistance dans le réseau Combat aux côtés de Pascal Pia. En 1942, il publie « L’Étranger » et « Le Mythe de Sisyphe », qui imposent sa réflexion sur l’absurde.
Après la Libération, Camus dirige le journal « Combat » et s’affirme comme intellectuel indépendant, refusant tout alignement idéologique. En 1947, « La Peste » symbolise sa conception d’un humanisme actif face au mal et à l’absurde. Ses pièces « Caligula » et « Les Justes » approfondissent la tension entre justice et violence révolutionnaire. En 1951, « L’Homme révolté » rompt son amitié avec Sartre et le milieu existentialiste. Lauréat du prix Nobel de littérature en 1957 à 44 ans, il consacre ses dernières années à l’écriture de « Le Premier Homme », œuvre posthume publiée en 1994. Sa pensée, nourrie par la Méditerranée et la morale du refus, demeure centrale dans la littérature et la philosophie contemporaines.
Durant la guerre d’Algérie, Albert Camus adopte une position de médiation prônant une trêve civile, ce qui lui vaut des critiques de toutes parts. Accusé de prudence par les indépendantistes et de trahison par les colons, il déclare en 1956 à Stockholm : « Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice », phrase devenue emblématique de sa position humaniste et conflictuelle face à la violence politique.
1937 : Fondation du Théâtre du Travail à Alger.
1942 : Publication de « L’Étranger » et « Le Mythe de Sisyphe ».
1944 : Participation à la Résistance et direction du journal « Combat ».
1947 : Parution de « La Peste », succès mondial.
1951 : Publication de « L’Homme révolté », rupture avec Sartre.
1957 : Prix Nobel de littérature.
1960 : Mort accidentelle à Villeblevin, en Bourgogne.
1994 : Publication posthume de « Le Premier Homme » chez Gallimard.
Albert Camus grandit dans un environnement modeste du quartier de Belcourt à Alger, marqué par le silence de sa mère et la pauvreté familiale. Élève brillant, il accède à l’université grâce à des bourses et à la bienveillance de ses enseignants. Il épouse Simone Hié en 1934, mariage bref, puis Francine Faure en 1940, pianiste et mathématicienne, avec qui il aura des jumeaux, Catherine et Jean, nés en 1945. Parallèlement, il entretient plusieurs relations amoureuses connues, notamment avec l’actrice Maria Casarès.
Humaniste engagé mais rétif aux dogmes, Camus se consacre au dialogue entre éthique et liberté. Il défend les opprimés, s’oppose à la peine de mort et milite pour une presse libre et responsable. Durant la guerre froide, il rejette à la fois le totalitarisme soviétique et le colonialisme français, plaidant pour une voie morale indépendante. Sa fidélité à l’Algérie, sa terre natale, traverse toute son œuvre. Son influence persiste dans les débats sur la justice, la responsabilité et la dignité humaine.
Albert Camus meurt le 4 janvier 1960 dans un accident de voiture à Villeblevin, dans l’Yonne, aux côtés de son ami Michel Gallimard. Il est inhumé au cimetière de Lourmarin (Vaucluse), village où il résidait. Sa tombe, sobre, est devenue un lieu de recueil pour lecteurs et chercheurs, régulièrement entretenu par la municipalité et la famille.
Albert Camus décède à 46 ans dans un accident de voiture sur la Nationale 5 entre Sens et Paris. Le véhicule, conduit par Michel Gallimard, quitte la route et percute un arbre. Sa mort, brutale et largement médiatisée, provoque un immense émoi intellectuel. Le manuscrit inachevé du « Premier Homme », retrouvé dans sa serviette, témoigne d’un retour aux origines algériennes et à l’enfance méditerranéenne.
1 - Le manuscrit du « Premier Homme », retrouvé dans sa voiture après l’accident de 1960, a été publié par sa fille Catherine Camus en 1994, restituant la dimension autobiographique de son œuvre.
2 - Refusant d’adhérer à aucun parti politique, Camus affirmait que « la vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent », formule souvent citée dans les discours humanistes.
3 - Passionné de football, il fut gardien de but à l’Université d’Alger ; il déclara plus tard que le sport lui avait appris la morale du collectif et du courage face à la défaite.
4 - En 1957, il dédie son prix Nobel à son ancien instituteur Louis Germain, symbole de reconnaissance envers l’éducation publique qu’il jugeait salvatrice.
- Métier(s) : Écrivain, philosophe, journaliste
- Résidence principale : Alger, puis Paris, Lourmarin (résidence finale)
- Relations : Simone Hié (1934–1936), Francine Faure (1940–1960), Maria Casarès
- Enfants : Catherine Camus (1945), Jean Camus (1945)
- Distinctions : Prix Nobel de littérature (1957)
L'amitié est une vertu.
La bêtise insiste toujours.
Créer, c'est vivre deux fois.
Son mutisme est assourdissant.
Je ne déteste que les bourreaux.
Un destin n'est pas une punition.
Je dois m'occuper d'être heureux.
Le mensonge n'est jamais innocent.
Et vivre, c'est ne pas se résigner.
Vivre, c'est faire vivre l'absurde.
Se faire écouter était son seul vice
Comprendre c'est avant tout unifier.
Il faut bien que vieillesse se passe.
Ma patrie, c'est la langue française.
Rien n'est vrai qui force à exclure !
Il n'y a pas de bonheur dans la haine.
Vouloir, c'est susciter les paradoxes.
On ne possède bien que ce qu'on a payé.
On n'est jamais tout à fait malheureux.
L'insécurité, voilà ce qui fait penser.
Tout homme est un criminel qui s'ignore.
Le devoir est auprès de ceux qu'on aime.
L'homme civilisé est celui qui se retient.
Ni peur ni haine, c'est là notre victoire !
Vivre est une torture puisque vivre sépare.
Oui, j'ai une patrie : la langue française.
La vérité jaillira de l'apparente injustice.
La nature a horreur des trop longs miracles.
Il n'y a pas de honte à préférer le bonheur.
On est toujours libre au dépens de quelqu'un.
Parler de ses peines, c'est déjà se consoler.
Nul homme n'est hypocrite dans ses plaisirs .
Un journal, c'est la conscience d'une nation.
Si le monde était clair, l'art ne serait pas.
L'honneur est la dernière richesse du pauvre.
La joie est une brûlure qui ne se savoure pas.
Gouverner, c'est voler, tout le monde sait ça.
Une attitude saine comprend aussi des défauts.
Un homme est toujours la proie de ses vérités.
Une femme fidèle rend un seul homme malheureux.
Une seule certitude suffit à celui qui cherche.
Faire souffrir est la seule façon de se tromper.
Tout le malheur des hommes vient de l'espérance.
Il n'y a que l'amour qui nous rende à nous-mêmes.
Créer, c'est aussi donner une forme à son destin.
La pensée d'un homme est avant tout sa nostalgie.
Créer, c'est ainsi donner une forme à son destin.
Imaginez Dieu sans les prisons. Quelle solitude !
Je ne connais qu'un devoir : c'est celui d'aimer.
Le terrorisme est un crime qu'on ne peut excuser.
Imaginez Dieu sans les prisons. Quelle solitude !
Nous habitons notre corps bien avant de le penser.
Faire souffrir était la seule façon de se tromper.
Le monde est beau, et hors de lui, point de salut.
Un exemple n'est pas forcément un exemple à suivre.
Aimer un être, c'est accepter de vieillir avec lui.
Les doutes, c'est ce que nous avons de plus intime.
Les grandes révolutions sont toujours métaphysiques.
La liberté, seule valeur impérissable de l'histoire.
On se fatigue de la pitié quand la pitié est inutile.
Il peut y avoir de la honte à être heureux tout seul.
Tout le monde ment. Bien mentir, voilà ce qu'il faut.
Parler de ce qu'on ignore finit par vous l'apprendre.
Le besoin d'avoir raison... marque d'esprit vulgaire.
Tous les malheurs de l'homme viennent de l'espérance.
La seule divinité raisonnable, je veux dire le hasard.
Il n'y a pas d'amour de vivre sans désespoir de vivre.
Il s'est tué parce qu'un ami lui a parlé distraitement.
La tentation la plus dangereuse : ne ressembler à rien.
À qui répondrait-on en ce monde sinon à ceux qu'on aime?
L'envie, véritable cancer des sociétés et des doctrines.
Quand nous serons tous coupables, ce sera la démocratie.
Il n'y a que la haine pour rendre les gens intelligents.
C'est tuer pour rien, parfois, que de ne pas tuer assez.
Collectionner, c'est être capable de vivre de son passé.
Pourquoi faudrait-il aimer rarement pour aimer beaucoup ?
Rien au monde ne vaut qu'on se détourne de ce qu'on aime.
Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde !
L'absurdité est surtout le divorce de l'homme et du monde.
C'est déjà vendre son âme que de ne pas savoir la réjouir.
L'habitude du désespoir est pire que le désespoir lui-même.
Nous finissons toujours par avoir le visage de nos vérités.
L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile.
L'absurde, c'est la raison lucide qui constate ses limites.
Mal nommer les choses, c'est contribuer au malheur du monde.
La passion la plus forte du vingtième siècle : la servitude.
Le plus haut des tourments humains est d'être jugé sans loi.
Peut-être vaut-il mieux pour Dieu qu'on ne croit pas en lui.
Il n'y a pas tellement de vérités dont le coeur soit assuré.
Il n'est pas une vérité qui ne porte avec elle son amertume.
N'attendez pas le jugement dernier. Il a lieu tous les jours.
Il n'y a pas au monde assez d'amour pour qu'on le gaspille...
L'important n'est pas de guérir, mais de vivre avec ses maux.
Il y a dans les hommes plus de choses à admirer qu'à mépriser.
N'attendez pas le jugement dernier - il a lieu tous les jours.
Au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été.
De toutes les gloires, la moins trompeuse est celle qui se vit.
Le mépris des hommes est souvent la marque d'un coeur vulgaire.
Il y a un temps pour vivre et un temps pour témoigner de vivre.
Tout le monde sait que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue
Tout ce qui exalte la vie, accroît en même temps son absurdité.
Comprendre le monde pour un homme, c'est le réduire à l'humain.
Après un certain âge, tout homme est responsable de son visage.
L'homme est la seule créature qui refuse d'être ce qu'elle est.
La révolution consiste à aimer un homme qui n'existe pas encore.
Et c'est si bon de se contredire de temps en temps. Cela repose.
Il faut savoir se prêter au rêve lorsque le rêve se prête à nous.
Les bons gouvernements sont les gouvernements où rien ne se passe.
L'automne est un deuxième ressort où chaque feuille est une fleur.
Je ne m'intéresse pas aux idées, moi, je m'intéresse aux personnes.
On se fait toujours des idées exagérées de ce qu'on ne connaît pas.
L'homme est ainsi, il a deux faces ; il ne peut aimer sans s'aimer.
C'est bien là le génie : l'intelligence qui connaît ses frontières.
Un amour n'est jamais assez fort pour trouver sa propre expression.
L'automne est un deuxième printemps où chaque feuille est une fleur.
Il n'y a de dignité du travail que dans le travail librement accepté
Il est plus facile de mourir de ses contradictions que de les vivre.
L'habitude du désespoir est plus terrible que le désespoir lui-même.
Lorsque nous serons tous coupables, ce sera la démocratie véritable.
En vérité, le chemin importe peu, la volonté d'arriver suffit à tout.
Ce qui m'intéresse, c'est qu'on vive et qu'on meure de ce qu'on aime.
La vrai générosité envers l'avenir consiste à tout donner au présent.
N'être plus écouté : c'est cela qui est terrible lorsqu'on est vieux.
Les tristes ont deux raisons de l'être, ils ignorent ou ils espèrent.
Le châtiment sans jugement est supportable, il a un nom : le malheur.
On ne peut aimer celui de ses visages qu'on essaie de masquer en soi.
C'est cela l'amour, tout donner, tout sacrifier sans espoir de retour.
On croit difficilement aux fléaux lorsqu'ils vous tombent sur la tête.
La vraie générosité envers l'avenir consiste à tout donner au présent.
Ah ! C'est un affreux tourment de mourir en sachant qu'on sera oubliée.
Mourir pour l'idée, c'est la seule façon d'être à la hauteur de l'idée.
Nous sommes lucides. Nous avons remplacé le dialogue par le communiqué.
Mais c'est curieux tout de même comme nous vivons parmi des gens pressés.
La société politique contemporaine : une machine à désespérer les hommes.
Il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser.
La meilleure façon de parler de ce qu'on aime est d'en parler légèrement.
Diego : Mentir est toujours une sottise. Nada : Non, c'est une politique.
Ce n'est pas la révolte en elle-même qui est noble, mais ce qu'elle exige.
Si les hommes ne sont pas innocents ils ne sont coupables que d'ignorance.
Qui traîne sa vie et succombe sous son propre poids ne peut aider personne.
Je veux savoir si je puis vivre avec ce que je sais et avec cela seulement.
Il y a dans chaque coeur un coin de solitude que personne ne peut atteindre.
La fin justifie les moyens ? Cela est possible. Mais qui justifiera la fin ?
L'oeuvre d'art naît du renoncement de l'intelligence à raisonner le concret.
Rien n'est plus vain que de mourir pour un amour. C'est vivre qu'il faudrait.
Il n'est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir.
La grandeur de l'homme est dans sa décision d'être plus fort que sa condition
Un homme est plus un homme par les choses qu'il tait que par celles qu'il dit.
La valeur la plus calomniée aujourd'hui est certainement la valeur de liberté.
Un homme a toujours deux caractères : le sien et celui que sa femme lui prête.
Quant au bonheur, il n'a presqu'une seule utilité, rendre le malheur possible.
D'une manière générale, j'aime toutes les îles. Il est plus facile d'y régner.
Pour un homme, prendre conscience de son présent, c'est ne plus rien attendre.
Si l'homme échoue à concilier la justice et la liberté, alors il échoue à tout.
Ce n'est pas si facile de devenir ce qu'on est, de retrouver sa mesure profonde.
C'est au moment du malheur qu'on s'habitue à la vérité, c'est-à-dire au silence.
Le nombre de mauvais romans ne doit pas faire oublier la grandeur des meilleurs.
Tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude.
En art, tout vient simultanément ou rien ne vient ; pas de lumières sans flammes.
La liberté est un bagne aussi longtemps qu'un seul homme est asservi sur la terre.
Il n'y a qu'une façon de s'égaler aux dieux : il suffit d'être aussi cruel qu'eux.
Aller jusqu'au bout, ce n'est pas seulement résister, mais aussi se laisser aller.
L'élève, comme la rivière, aimerait suivre son cours tout en restant dans son lit.
La force et le violence sont des dieux solitaires. Ils ne donnent rien au souvenir.
Ce qu'on appelle raison de vivre est en même temps une excellente raison de mourir.
Que voulez-vous, je ne m'intéresse pas aux idées, moi, je m'intéresse aux personnes.
La démocratie, ce n'est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité.
Les mots prennent toujours la couleur des actions ou des sacrifices qu'ils suscitent.
L'amour c'est le genre de maladie qui n'épargne ni les intelligents ni les imbéciles.
La démocratie, ce n'est pas la loi de la majorité, mais la protection de
la minorité.
L'homme est ainsi, cher monsieur, il a deux faces : il ne peut pas aimer sans s'aimer.
Je n'ai jamais aimé être surpris. Quand il m'arrive quelque chose, je préfère être là.
On appelle vérités premières celles qu'on découvre après toutes les autres, voilà tout.
Qu'est-ce que le bonheur sinon l'accord vrai entre un homme et l'existence qu'il mène ?
Le désespoir, comme l'absurde, juge et désire tout, en général et rien, en particulier.
Il faut mettre ses principes dans les grandes choses, aux petites la miséricorde suffit.
Pour se suicider, il faut beaucoup s'aimer. Un vrai révolutionnaire ne peut pas s'aimer.
Trois ans pour faire un livre, cinq lignes pour le ridiculiser et des citations fausses.
Il y a seulement de la malchance à n'être pas aimé : il y a du malheur à ne point aimer.
Je transforme en règle de vie ce qui etait invitation à la mort et je refuse le suicide.
À la fin d'une vie, la vieillesse revient en nausées. Tout aboutit à ne plus être écouté.
Qu'est-ce que le bonheur sinon le simple accord entre un être et l'existence qu'il mène ?
S'il y a seulement de la malchance à n'être pas aimé, il y a du malheur à ne point aimer.
Il y a une solitude dans la pauvreté, mais une solitude qui rend son prix à chaque chose.
Ma vie n'est rien. Ce qui compte, ce sont les raisons de ma vie. Je ne suis pas un chien.
Le grand courage, c'est encore de tenir les yeux ouverts sur la lumière comme sur la mort.
L'avenir est la seule sorte de propriété que les maîtres concèdent de bon gré aux esclaves.
C'est facile, c'est tellement plus facile de mourir de ses contradictions que de les vivre.
Dieu nie le monde, et moi je nie Dieu ! Vive rien puisque c'est la seule chose qui existe !
Notez bien, le malheur c'est comme le mariage. On croit qu'on choisit et puis on est choisi.
Il est toujours aisé d'être logique. Il est presque impossible d'être logique jusqu'au bout.
Le charme : une manière de s'entendre répondre "oui" sans avoir posé aucune question claire.
Il ya une sorte de snobisme spirituel à croire que l'argent n'est pas nécessaire au bonheur.
Peut-on être un saint sans Dieu, c'est le seul problème concret que je connaisse aujourd'hui.
Mais beaucoup d'artistes sont comme ça. Ils ne sont pas sûrs d'exister, même les plus grands.
Concilier une pensée pessimiste et une action optimiste. C'est là le travail des philosophes.
Le charme : une manière de s'entendre répondre « oui » sans avoir posé aucune question claire.
La mort pour tous, mais à chacun sa mort. Après tout, le soleil nous chauffe quand même les os.
L'ironie est une vertu qui détruit. Un bon gouvernement lui préfère les vices qui construisent.
Les martyrs doivent choisir d'être oubliés, raillés ou utilisés. Quant à être compris, jamais.
La vérité01 est probablement comme le bonheur, elle est toute simple et elle n'a pas d'histoire.
Combien de crimes commis simplement parce que leur auteur ne pouvait supporter d'être en faute !
L'absurde naît de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde.
L'amour des hommes est un déchirement. Ils ne peuvent se retenir de quitter ce qu'ils préfèrent.
On ne peut pas bien vivre en sachant que l'homme n'est rien et que la face de Dieu est affreuse.
Quand l'opprimé prend les armes au nom de la justice, il fait un pas sur la terre de l'injustice.
Changer les choses de place, c'est le travail des hommes : il faut choisir de faire cela ou rien.
Un geste comme le suicide se prépare dans le silence du coeur au même titre qu'une grande oeuvre.
'Il n'y a pas d'endroit dans le monde où l'homme est plus heureux que dans un stade de football.'
Je vais vous dire un grand secret . N'attendez pas le Jugement dernier. Il a lieu tous les jours.
Je sais des heures et des lieux où le bonheur peut paraître si amer qu'on lui préfère sa promesse.
Les vieux époux ont le même nombre de poils dans les oreilles tant ils finissent par se ressembler.
À partir du moment où elle est reconnue, l'absurdité est une passion, la plus déchirante de toutes.
Le bonheur est la plus grande des conquêtes, celle qu'on fait contre le destin qui nous est imposé.
Mais il n'y a pas de limites pour aimer et que m'importe de mal étreindre si je peux tout embrasser.
Combien de crimes ont été commis simplement parce que leur auteur ne pouvait supporter d'avoir tort.
Question : Comment faire pour ne pas perdre son temps ? Réponse : L'éprouver dans toute sa longueur.
Changer de métier n'est rien, mais renoncer à ce qu'on sait, à sa propre maîtrise, n'est pas facile.
S'il est une chose qu'on puisse désirer toujours et obtenir quelquefois, c'est la tendresse humaine.
Ceux qui écrivent clairement ont des lecteurs ; ceux qui écrivent obscurément ont des commentateurs.
Qu'est-ce que l'homme ? Il est cette force qui finit toujours par balancer les tyrans et les dieux.
Comme remède à la vie en société, je suggère les grandes villes : c'est le seul désert à notre portée.
La logique du révolté est... de s'efforcer au langage clair pour ne pas épaissir le mensonge universel.
Rien n'est moins spectaculaire qu'un fléau et, par leur durée même, les grands malheurs sont monotones.
Les jeunes ne savent pas que l'expérience est une défaite et qu'il faut tout perdre pour savoir un peu.
Qui répondrait en ce monde à la terrible obstination du crime si ce n'est l'obstination du témoignage ?
La vraie souffrance est de s'apercevoir que le chagrin ne dure pas. Même la douleur est privée de sens.
Nous vivons avec des idées qui, si nous les éprouvions vraiment, devraient bouleverser toute notre vie.
On supporterait tellement mieux nos contemporains s'ils pouvaient de temps en temps changer de museaux.
en parlant de l 'amour, c'est le genre de maladies qui n'épargnent ni les intelligents ni les imbéciles
J'ai compris qu'il ne suffisait pas de dénoncer l'injustice, il fallait donner sa vie pour la combattre.
La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un coeur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux.
L'homme est toujours la proie de ses vérités. Une fois qu'il les a admises, il ne peut plus s'en libérer.
L'histoire n'est que l'effort désespéré des hommes pour donner corps aux plus clairvoyants de leurs rêves.
Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou.
On parle de la douleur de vivre. Mais ce n'est pas vrai, c'est la douleur de ne pas vivre qu'il faut dire.
L'espoir, au contraire de ce que l'on croit, équivaut à la résignation. Et vivre, c'est ne pas se résigner.
Si la solitude existe, ce que j'ignore, on aurait bien le droit, à l'occasion, d'en rêver comme d'un paradis.
Vous savez ce qu'est le charme : une manière de s'entendre répondre oui sans avoir posé aucune question claire.
Chaque équivoque, chaque malentendu suscite la mort, le langage clair, le mot simple, peut sauver de cette mort.
Car le châtiment sans jugement est supportable. Il a un nom d'ailleurs qui garantit notre innocence : le malheur.
La logique des passions renverse l'ordre traditionnel du raisonnement et place la conclusion avant les prémisses.
La liberté doit être pour tous ou pour personne. C'est la seule formule de la démocratie qui vaille le sacrifice.
Il vient toujours un temps où il faut choisir entre la contemplation et l'action. Cela s'appelle devenir un homme.
La défaite définitive est celle qui termine les guerres et fait de la paix elle-même une souffrance sans guérison.
Il vient toujours un moment où l'on a trop vu un paysage, de même qu'il faut longtemps avant qu'on l'ait assez vu.
L'homme n'est rien de lui-même. Il n'est qu'une chance infinie. Mais il est le responsable infini de cette chance.
Oui, l'enfer doit être ainsi : des rues à enseignes et pas moyen de s'expliquer. On est classé une fois pour toutes.
Il est vrai peut-être que les mots nous cachent davantage les choses invisibles qu'ils ne nous révèlent les visibles.
Une presse n'est pas vraie parce qu'elle est révolutionnaire. Elle n'est révolutionnaire que parce qu'elle est vraie.
Pour comprendre le monde, il faut parfois se détourner ; pour mieux servir les hommes, les tenir un moment à distance.
Un écrivain écrit en grande partie pour être lu (ceux qui disent le contraire, admirons-les, mais ne les croyons pas).
La liberté ce n'est pas l'espoir de l'avenir. C'est le présent et l'accord avec les êtres et le monde dans le présent.
La certitude d'un dieu qui donnerait son sens à la vie surpasse de beaucoup en attrait le pouvoir impuni de mal faire.
Ah ! tu ne sais pas que seul, on ne l'est jamais ! Et que partout le même poids d'avenir et de passé nous accompagne !
On aide plus un être en lui donnant de lui-même une image favorable qu'en le mettant sans cesse en face de ses défauts.
La souffrance profonde de tous les prisonniers et de tous les exilés est de vivre avec une mémoire qui ne sert à rien.
La seule règle qui soit originale aujourd'hui : apprendre à vivre et à mourir, et pour être homme, refuser d'être Dieu.
Car les mythes sont à la religion ce que la poésie est à la vérité, des masques ridicules posés sur la passion de vivre.
L'homme n'est pas entièrement coupable : il n'a pas commencé l'histoire ; ni tout à fait innocent puisqu'il la continue.
J'ai vu des gens mal agir avec beaucoup de morale et je constate tous les jours que l'honnêteté n'a pas besoin de règles.
L'esprit ne peut rien contre l'épée, mais l'esprit uni à l'épée est le vainqueur éternel de l'épée tirée pour elle-même.
Croyez-moi, pour certains êtres, au moins, ne pas prendre ce qu'on ne désire pas est la chose la plus difficile du monde.
Il n'y a pas longtemps, c'étaient les mauvaises actions qui demandaient à être justifiées, aujourd'hui ce sont les bonnes.
Je sais, par expérience, qu'il vaut mieux ne pas regarder les victimes. Il est plus facile de tuer ce qu'on ne connaît pas.
Il n'y a pas de honte à être heureux. Mais aujourd'hui l'imbécile est roi, et j'appelle imbécile celui qui a peur de jouir.
Nous nous trompons toujours deux fois sur les êtres que nous aimons, à leur bénéfice d'abord et à leur désavantage ensuite.
La vérité c'est comme la lumière, aveugle. Le mensonge, au contraire, est un beau crépuscule qui met chaque objet en valeur.
Il y a quelque chose de plus abject encore que d'être un criminel, c'est de forcer au crime celui qui n'est pas fait pour lui.
Ils savaient maintenant que s'il est une chose qu'on puisse désirer toujours et obtenir quelquefois, c'est la tendresse humaine.
La beauté est insupportable. Elle nous désespère, éternité d'une minute que nous voudrions pourtant étirer tout le long du temps.
Ceux qui aiment et qui sont séparés peuvent vivre dans la douleur, mais ce n'est pas le désespoir : ils savent que l'amour existe.
Le fascisme, c'est le mépris. Inversement, toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme.
Que préfères-tu, celui qui veut te priver de pain au nom de la liberté ou celui qui veut t'enlever ta liberté pour assurer ton pain ?
Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux: c'est le suicide.
Juger si la vie vaut ou ne vaut pas la peine d'être vécue
Pour qu'une pensée change le monde, il faut d'abord qu'elle change la vie de celui qui la porte. Il faut qu'elle se change en exemple.
Rien au monde ne vaut qu'on se détourne de ce qu'on aime. Et pourtant je m'en détourne, moi aussi, sans que je puisse savoir pourquoi.
Maintenant je sais que l'homme est capable de grandes actions. Mais s'il n'est pas capable d'un grand sentiment, il ne m'intéresse pas.
Il faudrait vivre en spectateur de sa propre vie. Pour y ajouter le rêve qui l'achèverait. Mais on vit, et les autres rêvent votre vie.
On ne naît pas fort, faible ou volontaire. On devient fort, on devient lucide. Le destin n'est pas dans l'homme mais autour de l'homme.
Pour un homme sans oeillère, il n'est pas de plus beau spectacle que celui de l'intelligence aux prises avec une réalité qui le dépasse.
Le seul moyen d'affronter un monde sans liberté est de devenir si absolument libre qu'on fasse de sa propre existence un acte de révolte.
L'homme du siècle demande des lois et des institutions de convalescence, qui le brident sans le briser, qui le conduisent sans l'écraser.
Une manière commode de faire la connaissance d'une ville est de chercher comment on y travaille, comment on y aime et comment on y meurt.
Il faut avoir un amour - un grand amour dans sa vie, parce que ça fait un alibi pour les désespoirs sans raison dont nous sommes accablés.
L'homme est périssable. II se peut; mais périssons en résistant, et si le néant nous est réservé, ne faisons pas que ce soit un injustice !
Etre différent n'est ni une bonne ni une mauvaise chose. Cela signifie simplement que vous êtes suffisamment courageux pour être vous-même.
Nul homme ne peut dire ce qu'il est. Mais il arrive qu'il puisse dire ce qu'il n'est pas. Celui qui cherche encore, on veut qu'il ait conclu.
Ceux qu'un grand amour détourne de toute vie personnelle s'enrichissent peut-être, mais appauvrissent à coup sûr ceux que leur amour a choisis.
Un homme qui n'aurait vécu qu'un seul jour pourrait sans peine vivre cent ans dans une prison. Il aurait assez de souvenir pour ne pas s'ennuyer.
La plus grande économie qu'on puisse réaliser dans l'ordre de la pensée c'est d'accepter la non-intelligibilité du monde et de s'occuper de l'homme.
Il ne faut pas être plus pressé que Dieu et tout ce qui prétend accélérer l'ordre immuable, qu'il a établi une fois pour toutes, conduit à l'hérésie.
Elle attendait, mais elle ne savait quoi. Elle sentait seulement sa solitude, et le froid qui la pénétrait, et un poids plus lourd à l'endroit du coeur.
On ne décide pas de la vérité d'une pensée selon qu'elle est de droite ou de gauche et encore moins selon ce que la droite et la gauche décident d'en faire.
Mais qu'est-ce donc que l'exécution capitale, sinon le plus prémédité des meurtres auquel aucun forfait criminel, si calculé soit-il, ne peut être comparé ?
On a déclaré qu'il fallait d'abord la justice et que, pour la liberté, on verrait après ; comme si des esclaves pouvaient jamais espérer obtenir la justice.
On a déclaré qu'il fallait d'abord la justice et que, pour la liberté, on verrait après ; comme si des esclaves pouvaient jamais espérer obtenir la justice.
Ne marche pas devant moi, je ne suivrai peut-être pas. Ne marche pas derrière moi, je ne te guiderai peut-être pas. Marche juste à côté de moi et sois mon ami.
Car s'il y a un péché contre la vie, ce n'est peut-être pas tant d'en désespérer que d'espérer une autre vie, et se dérober à l'implacable grandeur de celle-ci.
Ce monde doit cesser d'être celui des policiers, de soldats et de l'argent pour devenir celui de l'homme et de la femme, du travail fécond et du loisir réfléchi.
Le mal qui est dans le monde vient presque toujours de l'ignorance, et la bonne volonté peut faire autant de dégâts que la méchanceté, si elle n'est pas éclairée.
On supporterait tellement mieux nos contemporains s'ils pouvaient de temps en temps changer de museau. Mais non, le menu ne change pas. Toujours la même fricassée.
On voudrait que ceux qu'on commence d'aimer vous aient connu tel que vous étiez avant de les rencontrer, pour qu'ils puissent apercevoir ce qu'ils ont fait de vous.
Quand on a beaucoup médité sur l'homme, par métier ou par vocation, il arrive qu'on éprouve de la nostalgie pour les primates. Ils n'ont pas, eux, d'arrière-pensées.
La fécondité et la grandeur d'un genre se mesurent souvent au déchet qui s'y trouve. Le nombre de mauvais romans ne doit pas faire oublier la grandeur des meilleurs.
Ce n'est pas la souffrance de l'enfant qui est révoltante en elle-même, mais le fait que cette souffrance ne soit pas justifiée. La souffrance use l'espoir et la foi.
Vivre, bien sûr, c'est un peu le contraire d'exprimer. Si j'en crois les grands maîtres toscans, c'est témoigner trois fois, dans le silence, la flamme et l'immobilité.
Ne marche pas devant moi, je ne te suivrai peut-être pas. Ne marche pas derrière moi, je ne te guiderai peut-être pas. Marche à côté de moi et sois simplement mon amie.
Sur tous les chemins du monde des millions d'hommes nous ont précédés et leurs traces sont visibles. Mais sur la mer la plus vieille, notre silence est toujours le premier.
Sur une même chose, on ne pense pas de même façon le matin ou le soir. Mais où est le vrai, dans la pensée de la nuit ou l'esprit de midi? Deux réponses, deux races d'hommes.
L'amitié est une vertu.
La bêtise insiste toujours.
Créer, c'est vivre deux fois.
Son mutisme est assourdissant.
Je ne déteste que les bourreaux.
Un destin n'est pas une punition.
Je dois m'occuper d'être heureux.
Le mensonge n'est jamais innocent.
Et vivre, c'est ne pas se résigner.
Vivre, c'est faire vivre l'absurde.
Se faire écouter était son seul vice
Comprendre c'est avant tout unifier.
Il faut bien que vieillesse se passe.
Ma patrie, c'est la langue française.
Rien n'est vrai qui force à exclure !
Il n'y a pas de bonheur dans la haine.
Vouloir, c'est susciter les paradoxes.
On ne possède bien que ce qu'on a payé.
On n'est jamais tout à fait malheureux.
L'insécurité, voilà ce qui fait penser.
Tout homme est un criminel qui s'ignore.
Le devoir est auprès de ceux qu'on aime.
L'homme civilisé est celui qui se retient.
Ni peur ni haine, c'est là notre victoire !
Vivre est une torture puisque vivre sépare.
Oui, j'ai une patrie : la langue française.
La vérité jaillira de l'apparente injustice.
La nature a horreur des trop longs miracles.
Il n'y a pas de honte à préférer le bonheur.
On est toujours libre au dépens de quelqu'un.
Parler de ses peines, c'est déjà se consoler.
Nul homme n'est hypocrite dans ses plaisirs .
Un journal, c'est la conscience d'une nation.
Si le monde était clair, l'art ne serait pas.
L'honneur est la dernière richesse du pauvre.
La joie est une brûlure qui ne se savoure pas.
Gouverner, c'est voler, tout le monde sait ça.
Une attitude saine comprend aussi des défauts.
Un homme est toujours la proie de ses vérités.
Une femme fidèle rend un seul homme malheureux.
Une seule certitude suffit à celui qui cherche.
Faire souffrir est la seule façon de se tromper.
Tout le malheur des hommes vient de l'espérance.
Il n'y a que l'amour qui nous rende à nous-mêmes.
Créer, c'est aussi donner une forme à son destin.
La pensée d'un homme est avant tout sa nostalgie.
Créer, c'est ainsi donner une forme à son destin.
Imaginez Dieu sans les prisons. Quelle solitude !
Je ne connais qu'un devoir : c'est celui d'aimer.
Le terrorisme est un crime qu'on ne peut excuser.
Imaginez Dieu sans les prisons. Quelle solitude !
Nous habitons notre corps bien avant de le penser.
Faire souffrir était la seule façon de se tromper.
Le monde est beau, et hors de lui, point de salut.
Un exemple n'est pas forcément un exemple à suivre.
Aimer un être, c'est accepter de vieillir avec lui.
Les doutes, c'est ce que nous avons de plus intime.
Les grandes révolutions sont toujours métaphysiques.
La liberté, seule valeur impérissable de l'histoire.
On se fatigue de la pitié quand la pitié est inutile.
Il peut y avoir de la honte à être heureux tout seul.
Tout le monde ment. Bien mentir, voilà ce qu'il faut.
Parler de ce qu'on ignore finit par vous l'apprendre.
Le besoin d'avoir raison... marque d'esprit vulgaire.
Tous les malheurs de l'homme viennent de l'espérance.
La seule divinité raisonnable, je veux dire le hasard.
Il n'y a pas d'amour de vivre sans désespoir de vivre.
Il s'est tué parce qu'un ami lui a parlé distraitement.
La tentation la plus dangereuse : ne ressembler à rien.
À qui répondrait-on en ce monde sinon à ceux qu'on aime?
L'envie, véritable cancer des sociétés et des doctrines.
Quand nous serons tous coupables, ce sera la démocratie.
Il n'y a que la haine pour rendre les gens intelligents.
C'est tuer pour rien, parfois, que de ne pas tuer assez.
Collectionner, c'est être capable de vivre de son passé.
Pourquoi faudrait-il aimer rarement pour aimer beaucoup ?
Rien au monde ne vaut qu'on se détourne de ce qu'on aime.
Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde !
L'absurdité est surtout le divorce de l'homme et du monde.
C'est déjà vendre son âme que de ne pas savoir la réjouir.
L'habitude du désespoir est pire que le désespoir lui-même.
Nous finissons toujours par avoir le visage de nos vérités.
L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile.
L'absurde, c'est la raison lucide qui constate ses limites.
Mal nommer les choses, c'est contribuer au malheur du monde.
La passion la plus forte du vingtième siècle : la servitude.
Le plus haut des tourments humains est d'être jugé sans loi.
Peut-être vaut-il mieux pour Dieu qu'on ne croit pas en lui.
Il n'y a pas tellement de vérités dont le coeur soit assuré.
Il n'est pas une vérité qui ne porte avec elle son amertume.
N'attendez pas le jugement dernier. Il a lieu tous les jours.
Il n'y a pas au monde assez d'amour pour qu'on le gaspille...
L'important n'est pas de guérir, mais de vivre avec ses maux.
Il y a dans les hommes plus de choses à admirer qu'à mépriser.
N'attendez pas le jugement dernier - il a lieu tous les jours.
Au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été.
De toutes les gloires, la moins trompeuse est celle qui se vit.
Le mépris des hommes est souvent la marque d'un coeur vulgaire.
Il y a un temps pour vivre et un temps pour témoigner de vivre.
Tout le monde sait que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue
Tout ce qui exalte la vie, accroît en même temps son absurdité.
Comprendre le monde pour un homme, c'est le réduire à l'humain.
Après un certain âge, tout homme est responsable de son visage.
L'homme est la seule créature qui refuse d'être ce qu'elle est.
La révolution consiste à aimer un homme qui n'existe pas encore.
Et c'est si bon de se contredire de temps en temps. Cela repose.
Il faut savoir se prêter au rêve lorsque le rêve se prête à nous.
Les bons gouvernements sont les gouvernements où rien ne se passe.
L'automne est un deuxième ressort où chaque feuille est une fleur.
Je ne m'intéresse pas aux idées, moi, je m'intéresse aux personnes.
On se fait toujours des idées exagérées de ce qu'on ne connaît pas.
L'homme est ainsi, il a deux faces ; il ne peut aimer sans s'aimer.
C'est bien là le génie : l'intelligence qui connaît ses frontières.
Un amour n'est jamais assez fort pour trouver sa propre expression.
L'automne est un deuxième printemps où chaque feuille est une fleur.
Il n'y a de dignité du travail que dans le travail librement accepté
Il est plus facile de mourir de ses contradictions que de les vivre.
L'habitude du désespoir est plus terrible que le désespoir lui-même.
Lorsque nous serons tous coupables, ce sera la démocratie véritable.
En vérité, le chemin importe peu, la volonté d'arriver suffit à tout.
Ce qui m'intéresse, c'est qu'on vive et qu'on meure de ce qu'on aime.
La vrai générosité envers l'avenir consiste à tout donner au présent.
N'être plus écouté : c'est cela qui est terrible lorsqu'on est vieux.
Les tristes ont deux raisons de l'être, ils ignorent ou ils espèrent.
Le châtiment sans jugement est supportable, il a un nom : le malheur.
On ne peut aimer celui de ses visages qu'on essaie de masquer en soi.
C'est cela l'amour, tout donner, tout sacrifier sans espoir de retour.
On croit difficilement aux fléaux lorsqu'ils vous tombent sur la tête.
La vraie générosité envers l'avenir consiste à tout donner au présent.
Ah ! C'est un affreux tourment de mourir en sachant qu'on sera oubliée.
Mourir pour l'idée, c'est la seule façon d'être à la hauteur de l'idée.
Nous sommes lucides. Nous avons remplacé le dialogue par le communiqué.
Mais c'est curieux tout de même comme nous vivons parmi des gens pressés.
La société politique contemporaine : une machine à désespérer les hommes.
Il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser.
La meilleure façon de parler de ce qu'on aime est d'en parler légèrement.
Diego : Mentir est toujours une sottise. Nada : Non, c'est une politique.
Ce n'est pas la révolte en elle-même qui est noble, mais ce qu'elle exige.
Si les hommes ne sont pas innocents ils ne sont coupables que d'ignorance.
Qui traîne sa vie et succombe sous son propre poids ne peut aider personne.
Je veux savoir si je puis vivre avec ce que je sais et avec cela seulement.
Il y a dans chaque coeur un coin de solitude que personne ne peut atteindre.
La fin justifie les moyens ? Cela est possible. Mais qui justifiera la fin ?
L'oeuvre d'art naît du renoncement de l'intelligence à raisonner le concret.
Rien n'est plus vain que de mourir pour un amour. C'est vivre qu'il faudrait.
Il n'est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir.
La grandeur de l'homme est dans sa décision d'être plus fort que sa condition
Un homme est plus un homme par les choses qu'il tait que par celles qu'il dit.
La valeur la plus calomniée aujourd'hui est certainement la valeur de liberté.
Un homme a toujours deux caractères : le sien et celui que sa femme lui prête.
Quant au bonheur, il n'a presqu'une seule utilité, rendre le malheur possible.
D'une manière générale, j'aime toutes les îles. Il est plus facile d'y régner.
Pour un homme, prendre conscience de son présent, c'est ne plus rien attendre.
Si l'homme échoue à concilier la justice et la liberté, alors il échoue à tout.
Ce n'est pas si facile de devenir ce qu'on est, de retrouver sa mesure profonde.
C'est au moment du malheur qu'on s'habitue à la vérité, c'est-à-dire au silence.
Le nombre de mauvais romans ne doit pas faire oublier la grandeur des meilleurs.
Tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude.
En art, tout vient simultanément ou rien ne vient ; pas de lumières sans flammes.
La liberté est un bagne aussi longtemps qu'un seul homme est asservi sur la terre.
Il n'y a qu'une façon de s'égaler aux dieux : il suffit d'être aussi cruel qu'eux.
Aller jusqu'au bout, ce n'est pas seulement résister, mais aussi se laisser aller.
L'élève, comme la rivière, aimerait suivre son cours tout en restant dans son lit.
La force et le violence sont des dieux solitaires. Ils ne donnent rien au souvenir.
Ce qu'on appelle raison de vivre est en même temps une excellente raison de mourir.
Que voulez-vous, je ne m'intéresse pas aux idées, moi, je m'intéresse aux personnes.
La démocratie, ce n'est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité.
Les mots prennent toujours la couleur des actions ou des sacrifices qu'ils suscitent.
L'amour c'est le genre de maladie qui n'épargne ni les intelligents ni les imbéciles.
La démocratie, ce n'est pas la loi de la majorité, mais la protection de
la minorité.
L'homme est ainsi, cher monsieur, il a deux faces : il ne peut pas aimer sans s'aimer.
Je n'ai jamais aimé être surpris. Quand il m'arrive quelque chose, je préfère être là.
On appelle vérités premières celles qu'on découvre après toutes les autres, voilà tout.
Qu'est-ce que le bonheur sinon l'accord vrai entre un homme et l'existence qu'il mène ?
Le désespoir, comme l'absurde, juge et désire tout, en général et rien, en particulier.
Il faut mettre ses principes dans les grandes choses, aux petites la miséricorde suffit.
Pour se suicider, il faut beaucoup s'aimer. Un vrai révolutionnaire ne peut pas s'aimer.
Trois ans pour faire un livre, cinq lignes pour le ridiculiser et des citations fausses.
Il y a seulement de la malchance à n'être pas aimé : il y a du malheur à ne point aimer.
Je transforme en règle de vie ce qui etait invitation à la mort et je refuse le suicide.
À la fin d'une vie, la vieillesse revient en nausées. Tout aboutit à ne plus être écouté.
Qu'est-ce que le bonheur sinon le simple accord entre un être et l'existence qu'il mène ?
S'il y a seulement de la malchance à n'être pas aimé, il y a du malheur à ne point aimer.
Il y a une solitude dans la pauvreté, mais une solitude qui rend son prix à chaque chose.
Ma vie n'est rien. Ce qui compte, ce sont les raisons de ma vie. Je ne suis pas un chien.
Le grand courage, c'est encore de tenir les yeux ouverts sur la lumière comme sur la mort.
L'avenir est la seule sorte de propriété que les maîtres concèdent de bon gré aux esclaves.
C'est facile, c'est tellement plus facile de mourir de ses contradictions que de les vivre.
Dieu nie le monde, et moi je nie Dieu ! Vive rien puisque c'est la seule chose qui existe !
Notez bien, le malheur c'est comme le mariage. On croit qu'on choisit et puis on est choisi.
Il est toujours aisé d'être logique. Il est presque impossible d'être logique jusqu'au bout.
Le charme : une manière de s'entendre répondre "oui" sans avoir posé aucune question claire.
Il ya une sorte de snobisme spirituel à croire que l'argent n'est pas nécessaire au bonheur.
Peut-on être un saint sans Dieu, c'est le seul problème concret que je connaisse aujourd'hui.
Mais beaucoup d'artistes sont comme ça. Ils ne sont pas sûrs d'exister, même les plus grands.
Concilier une pensée pessimiste et une action optimiste. C'est là le travail des philosophes.
Le charme : une manière de s'entendre répondre « oui » sans avoir posé aucune question claire.
La mort pour tous, mais à chacun sa mort. Après tout, le soleil nous chauffe quand même les os.
L'ironie est une vertu qui détruit. Un bon gouvernement lui préfère les vices qui construisent.
Les martyrs doivent choisir d'être oubliés, raillés ou utilisés. Quant à être compris, jamais.
La vérité01 est probablement comme le bonheur, elle est toute simple et elle n'a pas d'histoire.
Combien de crimes commis simplement parce que leur auteur ne pouvait supporter d'être en faute !
L'absurde naît de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde.
L'amour des hommes est un déchirement. Ils ne peuvent se retenir de quitter ce qu'ils préfèrent.
On ne peut pas bien vivre en sachant que l'homme n'est rien et que la face de Dieu est affreuse.
Quand l'opprimé prend les armes au nom de la justice, il fait un pas sur la terre de l'injustice.
Changer les choses de place, c'est le travail des hommes : il faut choisir de faire cela ou rien.
Un geste comme le suicide se prépare dans le silence du coeur au même titre qu'une grande oeuvre.
'Il n'y a pas d'endroit dans le monde où l'homme est plus heureux que dans un stade de football.'
Je vais vous dire un grand secret . N'attendez pas le Jugement dernier. Il a lieu tous les jours.
Je sais des heures et des lieux où le bonheur peut paraître si amer qu'on lui préfère sa promesse.
Les vieux époux ont le même nombre de poils dans les oreilles tant ils finissent par se ressembler.
À partir du moment où elle est reconnue, l'absurdité est une passion, la plus déchirante de toutes.
Le bonheur est la plus grande des conquêtes, celle qu'on fait contre le destin qui nous est imposé.
Mais il n'y a pas de limites pour aimer et que m'importe de mal étreindre si je peux tout embrasser.
Combien de crimes ont été commis simplement parce que leur auteur ne pouvait supporter d'avoir tort.
Question : Comment faire pour ne pas perdre son temps ? Réponse : L'éprouver dans toute sa longueur.
Changer de métier n'est rien, mais renoncer à ce qu'on sait, à sa propre maîtrise, n'est pas facile.
S'il est une chose qu'on puisse désirer toujours et obtenir quelquefois, c'est la tendresse humaine.
Ceux qui écrivent clairement ont des lecteurs ; ceux qui écrivent obscurément ont des commentateurs.
Qu'est-ce que l'homme ? Il est cette force qui finit toujours par balancer les tyrans et les dieux.
Comme remède à la vie en société, je suggère les grandes villes : c'est le seul désert à notre portée.
La logique du révolté est... de s'efforcer au langage clair pour ne pas épaissir le mensonge universel.
Rien n'est moins spectaculaire qu'un fléau et, par leur durée même, les grands malheurs sont monotones.
Les jeunes ne savent pas que l'expérience est une défaite et qu'il faut tout perdre pour savoir un peu.
Qui répondrait en ce monde à la terrible obstination du crime si ce n'est l'obstination du témoignage ?
La vraie souffrance est de s'apercevoir que le chagrin ne dure pas. Même la douleur est privée de sens.
Nous vivons avec des idées qui, si nous les éprouvions vraiment, devraient bouleverser toute notre vie.
On supporterait tellement mieux nos contemporains s'ils pouvaient de temps en temps changer de museaux.
en parlant de l 'amour, c'est le genre de maladies qui n'épargnent ni les intelligents ni les imbéciles
J'ai compris qu'il ne suffisait pas de dénoncer l'injustice, il fallait donner sa vie pour la combattre.
La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un coeur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux.
L'homme est toujours la proie de ses vérités. Une fois qu'il les a admises, il ne peut plus s'en libérer.
L'histoire n'est que l'effort désespéré des hommes pour donner corps aux plus clairvoyants de leurs rêves.
Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou.
On parle de la douleur de vivre. Mais ce n'est pas vrai, c'est la douleur de ne pas vivre qu'il faut dire.
L'espoir, au contraire de ce que l'on croit, équivaut à la résignation. Et vivre, c'est ne pas se résigner.
Si la solitude existe, ce que j'ignore, on aurait bien le droit, à l'occasion, d'en rêver comme d'un paradis.
Vous savez ce qu'est le charme : une manière de s'entendre répondre oui sans avoir posé aucune question claire.
Chaque équivoque, chaque malentendu suscite la mort, le langage clair, le mot simple, peut sauver de cette mort.
Car le châtiment sans jugement est supportable. Il a un nom d'ailleurs qui garantit notre innocence : le malheur.
La logique des passions renverse l'ordre traditionnel du raisonnement et place la conclusion avant les prémisses.
La liberté doit être pour tous ou pour personne. C'est la seule formule de la démocratie qui vaille le sacrifice.
Il vient toujours un temps où il faut choisir entre la contemplation et l'action. Cela s'appelle devenir un homme.
La défaite définitive est celle qui termine les guerres et fait de la paix elle-même une souffrance sans guérison.
Il vient toujours un moment où l'on a trop vu un paysage, de même qu'il faut longtemps avant qu'on l'ait assez vu.
L'homme n'est rien de lui-même. Il n'est qu'une chance infinie. Mais il est le responsable infini de cette chance.
Oui, l'enfer doit être ainsi : des rues à enseignes et pas moyen de s'expliquer. On est classé une fois pour toutes.
Il est vrai peut-être que les mots nous cachent davantage les choses invisibles qu'ils ne nous révèlent les visibles.
Une presse n'est pas vraie parce qu'elle est révolutionnaire. Elle n'est révolutionnaire que parce qu'elle est vraie.
Pour comprendre le monde, il faut parfois se détourner ; pour mieux servir les hommes, les tenir un moment à distance.
Un écrivain écrit en grande partie pour être lu (ceux qui disent le contraire, admirons-les, mais ne les croyons pas).
La liberté ce n'est pas l'espoir de l'avenir. C'est le présent et l'accord avec les êtres et le monde dans le présent.
La certitude d'un dieu qui donnerait son sens à la vie surpasse de beaucoup en attrait le pouvoir impuni de mal faire.
Ah ! tu ne sais pas que seul, on ne l'est jamais ! Et que partout le même poids d'avenir et de passé nous accompagne !
On aide plus un être en lui donnant de lui-même une image favorable qu'en le mettant sans cesse en face de ses défauts.
La souffrance profonde de tous les prisonniers et de tous les exilés est de vivre avec une mémoire qui ne sert à rien.
La seule règle qui soit originale aujourd'hui : apprendre à vivre et à mourir, et pour être homme, refuser d'être Dieu.
Car les mythes sont à la religion ce que la poésie est à la vérité, des masques ridicules posés sur la passion de vivre.
L'homme n'est pas entièrement coupable : il n'a pas commencé l'histoire ; ni tout à fait innocent puisqu'il la continue.
J'ai vu des gens mal agir avec beaucoup de morale et je constate tous les jours que l'honnêteté n'a pas besoin de règles.
L'esprit ne peut rien contre l'épée, mais l'esprit uni à l'épée est le vainqueur éternel de l'épée tirée pour elle-même.
Croyez-moi, pour certains êtres, au moins, ne pas prendre ce qu'on ne désire pas est la chose la plus difficile du monde.
Il n'y a pas longtemps, c'étaient les mauvaises actions qui demandaient à être justifiées, aujourd'hui ce sont les bonnes.
Je sais, par expérience, qu'il vaut mieux ne pas regarder les victimes. Il est plus facile de tuer ce qu'on ne connaît pas.
Il n'y a pas de honte à être heureux. Mais aujourd'hui l'imbécile est roi, et j'appelle imbécile celui qui a peur de jouir.
Nous nous trompons toujours deux fois sur les êtres que nous aimons, à leur bénéfice d'abord et à leur désavantage ensuite.
La vérité c'est comme la lumière, aveugle. Le mensonge, au contraire, est un beau crépuscule qui met chaque objet en valeur.
Il y a quelque chose de plus abject encore que d'être un criminel, c'est de forcer au crime celui qui n'est pas fait pour lui.
Ils savaient maintenant que s'il est une chose qu'on puisse désirer toujours et obtenir quelquefois, c'est la tendresse humaine.
La beauté est insupportable. Elle nous désespère, éternité d'une minute que nous voudrions pourtant étirer tout le long du temps.
Ceux qui aiment et qui sont séparés peuvent vivre dans la douleur, mais ce n'est pas le désespoir : ils savent que l'amour existe.
Le fascisme, c'est le mépris. Inversement, toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme.
Que préfères-tu, celui qui veut te priver de pain au nom de la liberté ou celui qui veut t'enlever ta liberté pour assurer ton pain ?
Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux: c'est le suicide.
Juger si la vie vaut ou ne vaut pas la peine d'être vécue
Pour qu'une pensée change le monde, il faut d'abord qu'elle change la vie de celui qui la porte. Il faut qu'elle se change en exemple.
Rien au monde ne vaut qu'on se détourne de ce qu'on aime. Et pourtant je m'en détourne, moi aussi, sans que je puisse savoir pourquoi.
Maintenant je sais que l'homme est capable de grandes actions. Mais s'il n'est pas capable d'un grand sentiment, il ne m'intéresse pas.
Il faudrait vivre en spectateur de sa propre vie. Pour y ajouter le rêve qui l'achèverait. Mais on vit, et les autres rêvent votre vie.
On ne naît pas fort, faible ou volontaire. On devient fort, on devient lucide. Le destin n'est pas dans l'homme mais autour de l'homme.
Pour un homme sans oeillère, il n'est pas de plus beau spectacle que celui de l'intelligence aux prises avec une réalité qui le dépasse.
Le seul moyen d'affronter un monde sans liberté est de devenir si absolument libre qu'on fasse de sa propre existence un acte de révolte.
L'homme du siècle demande des lois et des institutions de convalescence, qui le brident sans le briser, qui le conduisent sans l'écraser.
Une manière commode de faire la connaissance d'une ville est de chercher comment on y travaille, comment on y aime et comment on y meurt.
Il faut avoir un amour - un grand amour dans sa vie, parce que ça fait un alibi pour les désespoirs sans raison dont nous sommes accablés.
L'homme est périssable. II se peut; mais périssons en résistant, et si le néant nous est réservé, ne faisons pas que ce soit un injustice !
Etre différent n'est ni une bonne ni une mauvaise chose. Cela signifie simplement que vous êtes suffisamment courageux pour être vous-même.
Nul homme ne peut dire ce qu'il est. Mais il arrive qu'il puisse dire ce qu'il n'est pas. Celui qui cherche encore, on veut qu'il ait conclu.
Ceux qu'un grand amour détourne de toute vie personnelle s'enrichissent peut-être, mais appauvrissent à coup sûr ceux que leur amour a choisis.
Un homme qui n'aurait vécu qu'un seul jour pourrait sans peine vivre cent ans dans une prison. Il aurait assez de souvenir pour ne pas s'ennuyer.
La plus grande économie qu'on puisse réaliser dans l'ordre de la pensée c'est d'accepter la non-intelligibilité du monde et de s'occuper de l'homme.
Il ne faut pas être plus pressé que Dieu et tout ce qui prétend accélérer l'ordre immuable, qu'il a établi une fois pour toutes, conduit à l'hérésie.
Elle attendait, mais elle ne savait quoi. Elle sentait seulement sa solitude, et le froid qui la pénétrait, et un poids plus lourd à l'endroit du coeur.
On ne décide pas de la vérité d'une pensée selon qu'elle est de droite ou de gauche et encore moins selon ce que la droite et la gauche décident d'en faire.
Mais qu'est-ce donc que l'exécution capitale, sinon le plus prémédité des meurtres auquel aucun forfait criminel, si calculé soit-il, ne peut être comparé ?
On a déclaré qu'il fallait d'abord la justice et que, pour la liberté, on verrait après ; comme si des esclaves pouvaient jamais espérer obtenir la justice.
On a déclaré qu'il fallait d'abord la justice et que, pour la liberté, on verrait après ; comme si des esclaves pouvaient jamais espérer obtenir la justice.
Ne marche pas devant moi, je ne suivrai peut-être pas. Ne marche pas derrière moi, je ne te guiderai peut-être pas. Marche juste à côté de moi et sois mon ami.
Car s'il y a un péché contre la vie, ce n'est peut-être pas tant d'en désespérer que d'espérer une autre vie, et se dérober à l'implacable grandeur de celle-ci.
Ce monde doit cesser d'être celui des policiers, de soldats et de l'argent pour devenir celui de l'homme et de la femme, du travail fécond et du loisir réfléchi.
Le mal qui est dans le monde vient presque toujours de l'ignorance, et la bonne volonté peut faire autant de dégâts que la méchanceté, si elle n'est pas éclairée.
On supporterait tellement mieux nos contemporains s'ils pouvaient de temps en temps changer de museau. Mais non, le menu ne change pas. Toujours la même fricassée.
On voudrait que ceux qu'on commence d'aimer vous aient connu tel que vous étiez avant de les rencontrer, pour qu'ils puissent apercevoir ce qu'ils ont fait de vous.
Quand on a beaucoup médité sur l'homme, par métier ou par vocation, il arrive qu'on éprouve de la nostalgie pour les primates. Ils n'ont pas, eux, d'arrière-pensées.
La fécondité et la grandeur d'un genre se mesurent souvent au déchet qui s'y trouve. Le nombre de mauvais romans ne doit pas faire oublier la grandeur des meilleurs.
Ce n'est pas la souffrance de l'enfant qui est révoltante en elle-même, mais le fait que cette souffrance ne soit pas justifiée. La souffrance use l'espoir et la foi.
Vivre, bien sûr, c'est un peu le contraire d'exprimer. Si j'en crois les grands maîtres toscans, c'est témoigner trois fois, dans le silence, la flamme et l'immobilité.
Ne marche pas devant moi, je ne te suivrai peut-être pas. Ne marche pas derrière moi, je ne te guiderai peut-être pas. Marche à côté de moi et sois simplement mon amie.
Sur tous les chemins du monde des millions d'hommes nous ont précédés et leurs traces sont visibles. Mais sur la mer la plus vieille, notre silence est toujours le premier.
Sur une même chose, on ne pense pas de même façon le matin ou le soir. Mais où est le vrai, dans la pensée de la nuit ou l'esprit de midi? Deux réponses, deux races d'hommes.