André Gide

† à 81 ans
le 22 novembre 1869
Décédé le 19 février 1951 Cause de la mort : pneumonie aiguë

Commémoration

Cette année marque le 75ᵉ anniversaire de sa disparition.

Naissance :  Paris (75)France  
Nationalité : française

Biographie

André Gide est un écrivain français, figure majeure de la littérature du XXe siècle, auteur de romans, récits autobiographiques et essais, prix Nobel de littérature, dont l’œuvre interroge les normes morales, religieuses et politiques de son temps.


Parcours

Né le 22 novembre 1869 à Paris dans un milieu protestant bourgeois, André Gide suit une scolarité irrégulière à l’École alsacienne tout en se consacrant très tôt à l’écriture. Il publie Les Cahiers d’André Walter en 1891, puis entre dans le milieu symboliste avant de s’en éloigner avec Paludes et surtout Les Nourritures terrestres. Son œuvre romanesque s’affirme avec L’Immoraliste, La Porte étroite, Les Caves du Vatican, La Symphonie pastorale et Les Faux-monnayeurs. Cofondateur et figure centrale de la Nouvelle Revue française, il joue un rôle durable dans la vie éditoriale autour de Gallimard. Dans les années 1930, ses voyages, notamment en URSS et au Congo, nourrissent ses prises de position politiques. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1947 et meurt à Paris le 19 février 1951.


Repères de carrière

1891 : Publication de Les Cahiers d’André Walter.
1897 : Parution de Les Nourritures terrestres.
1902 : Publication de L’Immoraliste.
1909 : Parution de La Porte étroite.
1914 : Publication du roman Les Caves du Vatican.
1919 : Parution de La Symphonie pastorale.
1923 : Naissance de sa fille Catherine, qu’il aura avec Élisabeth van Rysselberghe.
1925 : Publication de Les Faux-monnayeurs à la NRF.
1926 : Parution de l’autobiographie Si le grain ne meurt.
1936 : Voyage en URSS et publication de Retour de l’U.R.S.S..
1937 : Parution de Retouches à mon “Retour de l’U.R.S.S.” et rupture avec le communisme stalinien.
1947 : Prix Nobel de littérature pour l’ensemble de son œuvre.
1950 : Les Faux-monnayeurs est distingué comme l’un des grands romans du premier demi-siècle.
19 février 1951 : Décès à son domicile, 1 bis rue Vaneau, à Paris.


Vie personnelle et engagements

Issu d’une famille protestante originaire du Gard et de Normandie, André Gide épouse en 1895 sa cousine Madeleine Rondeaux, avec laquelle il entretient un lien affectif central mais un mariage resté non consommé. Il développe parallèlement des relations homosexuelles, notamment avec le jeune Marc Allégret, rencontré à l’adolescence de ce dernier, relation qui s’inscrit dans la durée. Avec Élisabeth van Rysselberghe, il devient père de Catherine en 1923, qu’il reconnaît officiellement après la mort de Madeleine en 1938. Dreyfusard dès la fin du XIXe siècle, il s’implique dans les débats intellectuels de son époque, défend la liberté individuelle, critique la colonisation dans Voyage au Congo et remet en cause le stalinisme après son voyage en Union soviétique. Son journal et ses prises de position font de lui une référence des milieux littéraires et intellectuels européens.


Anecdotes

1 – Son mariage avec Madeleine Rondeaux est célébré le 8 octobre 1895 au temple protestant d’Étretat, union qui restera un « mariage blanc » et marquera profondément son œuvre, notamment dans La Porte étroite et Si le grain ne meurt.
2 – Lors d’un voyage en Afrique du Nord avec le peintre Paul Laurens au milieu des années 1890, raconté dans Si le grain ne meurt, il affirme avoir pris conscience de son désir pour les garçons et de la rupture avec le modèle religieux de son enfance.
3 – Il signe la pétition en faveur d’Émile Zola pendant l’affaire Dreyfus et participe activement aux revues littéraires, faisant de la Nouvelle Revue française un lieu central de la vie intellectuelle française.
4 – Invité en URSS en 1936 comme écrivain proche du communisme, il publie Retour de l’U.R.S.S., puis Retouches à mon “Retour de l’U.R.S.S.”, textes qui provoquent une violente campagne de la presse communiste contre lui.
5 – En 1952, après sa mort, l’intégralité de son œuvre est inscrite à l’Index librorum prohibitorum de l’Église catholique, signe de la méfiance persistante des milieux religieux envers ses écrits.
6 – Son influence éditoriale à la NRF est telle qu’il joue un rôle dans la reconnaissance de nombreux auteurs du XXe siècle, tout en refusant d’entrer à l’Académie française malgré plusieurs sollicitations indirectes.


Lieux de mémoire

Né à Paris et fortement lié au quartier du Luxembourg, André Gide passe une partie de sa vie entre la capitale et la Normandie. Le château de Cuverville-en-Caux, propriété familiale de son épouse, devient son principal refuge estival pendant plusieurs décennies, où il écrit et reçoit ses amis de la NRF. Il meurt le 19 février 1951 à son domicile parisien de la rue Vaneau, mais repose dans le cimetière de Cuverville-en-Caux, aux côtés de Madeleine, faisant de cette commune normande un lieu majeur de mémoire gidienne.


Contexte du décès

André Gide meurt le 19 février 1951 dans son appartement du 1 bis, rue Vaneau, à Paris, à l’âge de 81 ans, des suites d’un affaiblissement lié à l’âge et à des problèmes de santé accumulés. Son corps est transféré en Normandie pour des obsèques religieuses célébrées à Cuverville, à la demande de la famille de Madeleine. La cérémonie réunit proches, amis, représentants du monde littéraire et institutions culturelles. Il est inhumé dans le petit cimetière de Cuverville-en-Caux, non loin du château où il avait longtemps résidé, lieu qui devient un point de repère pour les lecteurs, chercheurs et admirateurs de son œuvre.


Points clés

• Métier(s) : écrivain, romancier, essayiste, diariste, critique littéraire, figure éditoriale de la Nouvelle Revue française
• Résidence principale : Paris, France (avec ancrage durable à Cuverville-en-Caux, Normandie)
• Relations : Madeleine Rondeaux (mariage 1895–1938) ; relations masculines, dont Marc Allégret à partir de 1917 ; relation durable avec Élisabeth van Rysselberghe
• Enfants : Catherine Gide (née 1923)
• Distinctions : prix Nobel de littérature (1947) ; reconnaissance critique durable pour Les Faux-monnayeurs comme l’un des grands romans du XXe siècle

Citations

L'homme devient.
L'immortelle n'a pas d'odeur.
L'homme est responsable de Dieu.
Cesse de croire et instruis-toi.
Choisir, c'est se priver du reste.
C'est un grand souci que de penser.
L'oeuvre d'art est une exagération.
C'est un devoir que de se faire heureux.
Toute chose appartient à qui sait en jouir.
L'illogisme irrite. Trop de logique ennuie.
Mon esprit s'achoppe à ce mot : conséquence.
Tout ce que tu ne sais pas donner te possède.
L'oeuvre d'art, c'est une idée qu'on exagère.
Le parfait est ce qui n'est plus à refaire...
L'intelligence, c'est la faculté d'adaptation.
A la montée du lait commence l'amour maternel.
Se passer de Dieu... n'y parvient pas qui veut.
Chaque action parfaite s'accompagne de volupté.
La mélancolie n'est que de la ferveur retombée.
On ne triomphe bien que de ce que l'on assimile.
J'ai besoin du bonheur de tous pour être heureux.
On ne peut à la fois être sincère et le paraître.
On cesse de s'étonner devant un miracle constant.
Ne souhaite pas trouver Dieu ailleurs que partout.
Le plus grand poète français ? Victor Hugo, hélas.
Les fautes des autres, c'est toujours réjouissant.
Entre le désir et l'ennui Notre inquiétude balance.
Que l'on parle bien quand on parle dans le désert !
Je n'aime pas les hommes ; j'aime ce qui les dévore.
La promesse de la chenille n'engage pas le papillon.
Une des grandes règles de l'art : ne pas s'attarder !
Choisis tes ennemis ; mais laisse les amis te choisir.
La sagesse n'est pas dans la raison, mais dans l'amour.
Rien n'empêche le bonheur comme le souvenir du bonheur.
La peur du ridicule obtient de nous les pires lâchetés.
Une chose ne vaut que par l'importance qu'on lui donne.
Il n'y a pas d'oeuvre d'art sans collaboration du démon.
Posséder Dieu, c'est le voir; mais on ne le regarde pas.
Ne pas se soucier de paraître. Être, seul est important.
Le plus précieux de nous-même est ce qui reste informulé.
Nos actes les plus sincères sont aussi les plus calculés.
La fleur ne vaut pour moi que comme une promesse de fruit.
Peut-on assurer le bonheur de tous au détriment de chacun ?
Ne cherche pas, dans l'avenir, à retrouver jamais le passé.
S'emparer de ce qui ne peut se défendre, c'est une lâcheté.
La hauteur de l'orgueil se mesure à la profondeur du mépris.
La personnalité ne s'affirme jamais plus qu'en se renonçant.
L'art naît de contraintes, vit de lutte et meurt de liberté.
Les adolescences trop chastes font les vieillesses dissolues.
Moins le Blanc est intelligent, plus le Noir lui paraît bête.
Les femmes n'ont rien à dire, mais elles ont tout à raconter.
L'art naît de contraintes, vit de luttes et meurt de liberté.
Il est bon de suivre sa pente, pourvu que ce soit en montant.
Savoir se libérer n'est rien ; l'ardu c'est savoir être libre.
Dans une discussion, je suis toujours du côté de l'adversaire.
Le plus beau sommeil ne vaut pas le moment où l'on se réveille.
Le monde ne sera sauvé, s'il peut l'être, que par des insoumis.
Attendre Dieu, c'est ne comprendre pas que tu le possèdes déjà.
La foi soulève des montagnes ; oui : des montagnes d'absurdités.
Son chapelet fait un bruit d'enfer. (En parlant de Julien Green)
Conquérir sa joie vaut mieux que de s'abandonner à sa tristesse.
Quand je cesserai de m'indigner, j'aurai commencé ma vieillesse.
Quand je cesserai de m'indigner, j'aurais commencé ma vieillesse
Pour moi, être aimé n'est rien, c'est être préféré que je désire.
Un bon maître a ce souci constant : enseigner à se passer de lui.
Il est bien plus difficile qu'on ne croit de ne pas croire à Dieu.
Il est bien peu de monstres qui méritent la peur que nous en avons.
Il est extrêmement rare que la montagne soit abrupte de tous côtés.
Que l'importance soit dans ton regard, non dans la chose regardée !
L'appétit de savoir naît du doute. Cesse de croire et instruis-toi.
Ne prête à la louange qu'une oreille ; ouvre les yeux à la critique.
Croyez ceux qui cherchent la vérité, doutez de ceux qui la trouvent.
Le monde m'est un miroir, et je suis étonné quand il me reflète mal.
Enseigne aux autres la bonté, tu peux avoir besoin de leurs services.
Le plus petit instant de la vie est plus fort que la mort, et la nie.
Je préfère accorder de bonne grâce ce que je ne pourrais pas empêcher.
C'est avec les beaux sentiments qu'on fait de la mauvaise littérature.
Le nombre de choses qu'il n'y a pas lieu de dire augmente chaque jour.
Le plus grand bonheur après que d'aimer, c'est de confesser son amour.
Ce n'est pas seulement le monde qu'il s'agit de changer, c'est l'homme.
Il entre dans toutes les actions humaines plus de hasard que de décision.
Il est plus difficile encore d'être juste avec soi-même qu'envers autrui.
C'est le propre de l'amour d'être forcé de croître, sous peine de diminuer.
Le printemps, c'est la saison des amours ; l'été, c'est la saison des nids.
Supprimer en soi l'idée de mérite. C'est un grand achoppement pour l'esprit.
Le plus grand mal est de mettre au monde un enfant destiné à être malheureux.
J'appelle journalisme tout ce qui aura moins de valeur demain qu'aujourd'hui.
Lumière profuse ; splendeur. L'été s'impose et contraint toute âme au bonheur.
Combien de gens meurent dans les accidents, pour ne pas lâcher leur parapluie.
Il y a des maladies extravagantes qui consistent à vouloir ce que l'on n'a pas.
La chose la plus difficile, quand on a commencé d'écrire, c'est d'être sincère.
Je n'admire jamais tant la beauté que lorsqu'elle ne sait plus qu'elle est belle.
Rien n'est plus dangereux pour toi que ta famille, que ta chambre, que ton passé.
Ne pas savoir qui est son père, c'est ça qui guérit de la peur de lui ressembler.
Il faut de l'esprit pour bien parler, de l'intelligence suffit pour bien écouter.
Les plus détestables mensonges sont ceux qui se rapprochent le plus de la vérité.
La bonne foi est une vertu essentiellement laïque, que remplace la foi tout court.
Ah! jeunesse - l'homme ne la possède qu'un temps et le reste du temps la rappelle.
Il faut déjà passablement d'intelligence pour souffrir de n'en avoir pas davantage.
Qu'aimes-tu tant dans les départs, Ménalque? Il répondit: -L'avant-goût de la mort.
Que ta vision soit à chaque instant nouvelle. Le sage est celui qui s'étonne de tout.
On dit que je cours après ma jeunesse. Il est vrai. Et pas seulement après la mienne.
Le bonheur de l'homme n'est pas dans la liberté, mais dans l'acceptation d'un devoir.
Les séductions de la chair sont moins distrayantes que celles du coeur et de l'esprit.
L'homme est incapable de choix et il agit toujours cédant à la tentation la plus forte.
Familles je vous hais ! Foyers clos, portes refermées, possessions jalouses du bonheur.
Le meilleur moyen pour apprendre à se connaître, c'est de chercher à comprendre autrui.
Les bons travailleurs ont toujours le sentiment qu'ils pourraient travailler davantage.
A partir d'un certain âge, on ne choisit plus tant ses amis que l'on est choisi par eux.
Le présent serait plein de tous les avenirs, si le passé n'y projetait déjà une histoire.
De même celui qui se croit simple se simplifie, celui qui se croit compliqué se complique.
Toutes choses sont dites déjà ; mais comme personne n'écoute, il faut toujours recommencer.
J'aime ceux qui ne savent pas trop pourquoi ils aiment, c'est qu'alors ils aiment vraiment.
C'est presque toujours par vanité qu'on montre ses limites - en cherchant à les dépasser...
Celui qui exige beaucoup de lui-même se sent naturellement porté à beaucoup exiger d'autrui.
C'est un art de contempler ce que les ans nous apportent plutôt que ce dont ils nous privent.
Un grand homme n'a qu'un souci : devenir le plus humain possible, disons mieux : devenir banal.
Celui qui agit comme tout le monde s'irrite nécessairement contre celui qui n'agit pas comme lui.
Je garde l'habitude d'une vaste confiance qu'on appellerait de la foi, si elle était assermentée.
Il m'est égal de lire que les sables des plages sont chauds, je veux que mes pieds nus le sentent.
C'est à soi-même que chacun prétend le moins ressembler. Chacun se propose un patron, puis l'imite.
'Ce n'est que dans l'aventure que certaines personnes réussissent à se connaître - à se retrouver.'
C'est souvent lorsqu'elle est le plus désagréable à entendre qu'une vérité est le plus utile à dire.
La joie en moi, l'emporte toujours ; c'est pourquoi mes arrivées sont plus sincères que mes départs.
On ne découvre pas de terre nouvelle sans consentir à perdre de vue, d'abord et longtemps tout rivage.
Ce que nous appelons notre volonté, ce sont les fils qui font marcher la marionnette, et que Dieu tire.
L'homme sage vit sans morale, selon sa sagesse. Nous devons essayer d'arriver à l'immoralité supérieure.
Donc : originalité, consiste à se priver de certaines choses. La personnalité s'affirme par ses limites.
C'est le propre d'un chef-d'oeuvre : être exclusif ; faire croire inférieure toute autre forme de beauté.
Nous nous développons dans la sympathie, mais c'est en nous opposant que nous apprenons à nous connaître.
Les pensées sont comme des fleurs, celles qu'on cueille le matin se conservent le plus longtemps fraîches.
L'important, c'est être capable d'émotions ; mais n'éprouver que les siennes, c'est une triste limitation.
On ne peut découvrir de nouvelles contrées sans consentir à perdre le rivage de vue pendant très longtemps.
Non s'efforcer vers le plaisir mais trouver son plaisir dans l'effort même, c'est le secret de mon bonheur.
L'oeuvre d'art ne s'obtient que par contrainte et par la soumission du réalisme à l'idée de beauté préconçue.
On ne peut découvrir de nouvelles terres sans consentir à perdre de vue le rivage pendant une longue période.
Je me passai fort bien de certitude dès lors que j'acquis celle-ci, que l'esprit de l'homme ne peut en avoir.
Je crois à la vertu des petits peuples. Je crois à la vertu du petit nombre. Le monde sera sauvé par quelques uns.
C'est une grande sagesse que d'oser paraître imbécile mais il y faut un certain courage que je n'ai pas toujours eu.
La vie peut être plus belle que ne la consentent les hommes. La sagesse n'est pas dans la raison, mais dans l'amour.
Les amis sont dangereux, non point tant par ce qu'ils vous font faire, que par ce que qu'ils vous empêchent de faire.
Si on pouvait recouvrer l'intransigeance de la jeunesse, ce dont on s'indignerait le plus c'est de ce qu'on est devenu.
Les moments très beaux sont toujours mélancoliques. on sent qu'ils sont fugitifs, on voudrait les fixer, on ne peut pas.
La prière, croyez-moi, n'est souvent pour beaucoup que le besoin, quand on se sent seul, de parler à la seconde personne.
On n'est sûr de ne jamais faire que ce que l'on est incapable de comprendre. Comprendre, c'est se sentir capable de faire.
Ah! qui délivrera mon esprit des lourdes chaînes de la logique? Ma plus sincère émotion, dès que je l'exprime, est faussée.
Sache que la fleur la plus belle est aussi la plus tôt fanée. Sur son parfum penche-toi vite. L'immortelle n'a pas d'odeur.
Envier le bonheur d'autrui, c'est folie. On ne saurait pas s'en servir. Le bonheur ne se veut pas tout fait, mais sur mesure.
Ce n'est pas tant des événements que j'ai curiosité, que de moi-même. Tel se croit capable de tout, qui devant que d'agir, recule.
Si nous ne reconnaissons pas plus souvent le bonheur, c'est qu'il vient à nous avec un visage autre que celui que nous attendions.
Les hommes, lorsqu'ils s'adressent aux dieux, ne savent pas que c'est pour leur malheur, le plus souvent, que les dieux les exaucent.
C'est en renonçant à sa divinité que le Christ vraiment devient Dieu. Et, réciproquement, en se renonçant dans le Christ Dieu se crée.
C'est une grande et rare vertu que la patience, que de savoir attendre et mûrir, que se corriger, se reprendre et tendre à la perfection.
Attendre Dieu, c'est ne comprendre pas que tu le possèdes déjà. Ne distingue pas Dieu du bonheur et place tout ton bonheur dans l'instant.
Quel évolutionniste irait supposer quelque rapport que ce soit entre chenille et papillon - si l'on ne savait que c'est précisément le même être.
Il y a d'admirables possibilités dans chaque être. Persuade-toi de ta force et de ta jeunesse. Sache te redire sans cesse : "Il ne tient qu'à moi."
On se demande, en voyant certains livres : qui peut les lire ? - En voyant certaines gens : que peuvent-ils lire ? - Puis ça finit par s'accrocher.
C'est une vaine ambition que de tâcher de ressembler à tout le monde, puisque tout le monde est composé de chacun et que chacun ne ressemble à personne.
Choisir, c'était renoncer pour toujours, pour jamais, à tout le reste et la quantité nombreuse de ce reste demeurait préférable à n'importe quelle unité.
Il y a sur terre de telles immensités de misère, de détresse, de gêne et d'horreur, que l'homme heureux n'y peut songer sans prendre honte de son bonheur.
Plutôt que de répéter sans cesse à l'enfant que le feu brûle, consentons à le laisser un peu se brûler : l'expérience instruit plus sûrement que le conseil.
On appelle bonheur un concours de circonstances qui permette la joie. Mais on appelle joie cet état de l'être qui n'a besoin de rien pour se sentir heureux.
Il y a d'admirables possibilités dans chaque être. Persuade-toi de ta force et de ta jeunesse. Sache te redire sans cesse: "Il ne tient qu'à moi."
La vie d'un homme est son image. À l'heure de mourir, nous nous refléterons dans le passé, et, penchés sur le miroir de nos actes, nos âmes reconnaîtront ce que nous sommes.
L'homme devient.
L'immortelle n'a pas d'odeur.
L'homme est responsable de Dieu.
Cesse de croire et instruis-toi.
Choisir, c'est se priver du reste.
C'est un grand souci que de penser.
L'oeuvre d'art est une exagération.
C'est un devoir que de se faire heureux.
Toute chose appartient à qui sait en jouir.
L'illogisme irrite. Trop de logique ennuie.
Mon esprit s'achoppe à ce mot : conséquence.
Tout ce que tu ne sais pas donner te possède.
L'oeuvre d'art, c'est une idée qu'on exagère.
Le parfait est ce qui n'est plus à refaire...
L'intelligence, c'est la faculté d'adaptation.
A la montée du lait commence l'amour maternel.
Se passer de Dieu... n'y parvient pas qui veut.
Chaque action parfaite s'accompagne de volupté.
La mélancolie n'est que de la ferveur retombée.
On ne triomphe bien que de ce que l'on assimile.
J'ai besoin du bonheur de tous pour être heureux.
On ne peut à la fois être sincère et le paraître.
On cesse de s'étonner devant un miracle constant.
Ne souhaite pas trouver Dieu ailleurs que partout.
Le plus grand poète français ? Victor Hugo, hélas.
Les fautes des autres, c'est toujours réjouissant.
Entre le désir et l'ennui Notre inquiétude balance.
Que l'on parle bien quand on parle dans le désert !
Je n'aime pas les hommes ; j'aime ce qui les dévore.
La promesse de la chenille n'engage pas le papillon.
Une des grandes règles de l'art : ne pas s'attarder !
Choisis tes ennemis ; mais laisse les amis te choisir.
La sagesse n'est pas dans la raison, mais dans l'amour.
Rien n'empêche le bonheur comme le souvenir du bonheur.
La peur du ridicule obtient de nous les pires lâchetés.
Une chose ne vaut que par l'importance qu'on lui donne.
Il n'y a pas d'oeuvre d'art sans collaboration du démon.
Posséder Dieu, c'est le voir; mais on ne le regarde pas.
Ne pas se soucier de paraître. Être, seul est important.
Le plus précieux de nous-même est ce qui reste informulé.
Nos actes les plus sincères sont aussi les plus calculés.
La fleur ne vaut pour moi que comme une promesse de fruit.
Peut-on assurer le bonheur de tous au détriment de chacun ?
Ne cherche pas, dans l'avenir, à retrouver jamais le passé.
S'emparer de ce qui ne peut se défendre, c'est une lâcheté.
La hauteur de l'orgueil se mesure à la profondeur du mépris.
La personnalité ne s'affirme jamais plus qu'en se renonçant.
L'art naît de contraintes, vit de lutte et meurt de liberté.
Les adolescences trop chastes font les vieillesses dissolues.
Moins le Blanc est intelligent, plus le Noir lui paraît bête.
Les femmes n'ont rien à dire, mais elles ont tout à raconter.
L'art naît de contraintes, vit de luttes et meurt de liberté.
Il est bon de suivre sa pente, pourvu que ce soit en montant.
Savoir se libérer n'est rien ; l'ardu c'est savoir être libre.
Dans une discussion, je suis toujours du côté de l'adversaire.
Le plus beau sommeil ne vaut pas le moment où l'on se réveille.
Le monde ne sera sauvé, s'il peut l'être, que par des insoumis.
Attendre Dieu, c'est ne comprendre pas que tu le possèdes déjà.
La foi soulève des montagnes ; oui : des montagnes d'absurdités.
Son chapelet fait un bruit d'enfer. (En parlant de Julien Green)
Conquérir sa joie vaut mieux que de s'abandonner à sa tristesse.
Quand je cesserai de m'indigner, j'aurai commencé ma vieillesse.
Quand je cesserai de m'indigner, j'aurais commencé ma vieillesse
Pour moi, être aimé n'est rien, c'est être préféré que je désire.
Un bon maître a ce souci constant : enseigner à se passer de lui.
Il est bien plus difficile qu'on ne croit de ne pas croire à Dieu.
Il est bien peu de monstres qui méritent la peur que nous en avons.
Il est extrêmement rare que la montagne soit abrupte de tous côtés.
Que l'importance soit dans ton regard, non dans la chose regardée !
L'appétit de savoir naît du doute. Cesse de croire et instruis-toi.
Ne prête à la louange qu'une oreille ; ouvre les yeux à la critique.
Croyez ceux qui cherchent la vérité, doutez de ceux qui la trouvent.
Le monde m'est un miroir, et je suis étonné quand il me reflète mal.
Enseigne aux autres la bonté, tu peux avoir besoin de leurs services.
Le plus petit instant de la vie est plus fort que la mort, et la nie.
Je préfère accorder de bonne grâce ce que je ne pourrais pas empêcher.
C'est avec les beaux sentiments qu'on fait de la mauvaise littérature.
Le nombre de choses qu'il n'y a pas lieu de dire augmente chaque jour.
Le plus grand bonheur après que d'aimer, c'est de confesser son amour.
Ce n'est pas seulement le monde qu'il s'agit de changer, c'est l'homme.
Il entre dans toutes les actions humaines plus de hasard que de décision.
Il est plus difficile encore d'être juste avec soi-même qu'envers autrui.
C'est le propre de l'amour d'être forcé de croître, sous peine de diminuer.
Le printemps, c'est la saison des amours ; l'été, c'est la saison des nids.
Supprimer en soi l'idée de mérite. C'est un grand achoppement pour l'esprit.
Le plus grand mal est de mettre au monde un enfant destiné à être malheureux.
J'appelle journalisme tout ce qui aura moins de valeur demain qu'aujourd'hui.
Lumière profuse ; splendeur. L'été s'impose et contraint toute âme au bonheur.
Combien de gens meurent dans les accidents, pour ne pas lâcher leur parapluie.
Il y a des maladies extravagantes qui consistent à vouloir ce que l'on n'a pas.
La chose la plus difficile, quand on a commencé d'écrire, c'est d'être sincère.
Je n'admire jamais tant la beauté que lorsqu'elle ne sait plus qu'elle est belle.
Rien n'est plus dangereux pour toi que ta famille, que ta chambre, que ton passé.
Ne pas savoir qui est son père, c'est ça qui guérit de la peur de lui ressembler.
Il faut de l'esprit pour bien parler, de l'intelligence suffit pour bien écouter.
Les plus détestables mensonges sont ceux qui se rapprochent le plus de la vérité.
La bonne foi est une vertu essentiellement laïque, que remplace la foi tout court.
Ah! jeunesse - l'homme ne la possède qu'un temps et le reste du temps la rappelle.
Il faut déjà passablement d'intelligence pour souffrir de n'en avoir pas davantage.
Qu'aimes-tu tant dans les départs, Ménalque? Il répondit: -L'avant-goût de la mort.
Que ta vision soit à chaque instant nouvelle. Le sage est celui qui s'étonne de tout.
On dit que je cours après ma jeunesse. Il est vrai. Et pas seulement après la mienne.
Le bonheur de l'homme n'est pas dans la liberté, mais dans l'acceptation d'un devoir.
Les séductions de la chair sont moins distrayantes que celles du coeur et de l'esprit.
L'homme est incapable de choix et il agit toujours cédant à la tentation la plus forte.
Familles je vous hais ! Foyers clos, portes refermées, possessions jalouses du bonheur.
Le meilleur moyen pour apprendre à se connaître, c'est de chercher à comprendre autrui.
Les bons travailleurs ont toujours le sentiment qu'ils pourraient travailler davantage.
A partir d'un certain âge, on ne choisit plus tant ses amis que l'on est choisi par eux.
Le présent serait plein de tous les avenirs, si le passé n'y projetait déjà une histoire.
De même celui qui se croit simple se simplifie, celui qui se croit compliqué se complique.
Toutes choses sont dites déjà ; mais comme personne n'écoute, il faut toujours recommencer.
J'aime ceux qui ne savent pas trop pourquoi ils aiment, c'est qu'alors ils aiment vraiment.
C'est presque toujours par vanité qu'on montre ses limites - en cherchant à les dépasser...
Celui qui exige beaucoup de lui-même se sent naturellement porté à beaucoup exiger d'autrui.
C'est un art de contempler ce que les ans nous apportent plutôt que ce dont ils nous privent.
Un grand homme n'a qu'un souci : devenir le plus humain possible, disons mieux : devenir banal.
Celui qui agit comme tout le monde s'irrite nécessairement contre celui qui n'agit pas comme lui.
Je garde l'habitude d'une vaste confiance qu'on appellerait de la foi, si elle était assermentée.
Il m'est égal de lire que les sables des plages sont chauds, je veux que mes pieds nus le sentent.
C'est à soi-même que chacun prétend le moins ressembler. Chacun se propose un patron, puis l'imite.
'Ce n'est que dans l'aventure que certaines personnes réussissent à se connaître - à se retrouver.'
C'est souvent lorsqu'elle est le plus désagréable à entendre qu'une vérité est le plus utile à dire.
La joie en moi, l'emporte toujours ; c'est pourquoi mes arrivées sont plus sincères que mes départs.
On ne découvre pas de terre nouvelle sans consentir à perdre de vue, d'abord et longtemps tout rivage.
Ce que nous appelons notre volonté, ce sont les fils qui font marcher la marionnette, et que Dieu tire.
L'homme sage vit sans morale, selon sa sagesse. Nous devons essayer d'arriver à l'immoralité supérieure.
Donc : originalité, consiste à se priver de certaines choses. La personnalité s'affirme par ses limites.
C'est le propre d'un chef-d'oeuvre : être exclusif ; faire croire inférieure toute autre forme de beauté.
Nous nous développons dans la sympathie, mais c'est en nous opposant que nous apprenons à nous connaître.
Les pensées sont comme des fleurs, celles qu'on cueille le matin se conservent le plus longtemps fraîches.
L'important, c'est être capable d'émotions ; mais n'éprouver que les siennes, c'est une triste limitation.
On ne peut découvrir de nouvelles contrées sans consentir à perdre le rivage de vue pendant très longtemps.
Non s'efforcer vers le plaisir mais trouver son plaisir dans l'effort même, c'est le secret de mon bonheur.
L'oeuvre d'art ne s'obtient que par contrainte et par la soumission du réalisme à l'idée de beauté préconçue.
On ne peut découvrir de nouvelles terres sans consentir à perdre de vue le rivage pendant une longue période.
Je me passai fort bien de certitude dès lors que j'acquis celle-ci, que l'esprit de l'homme ne peut en avoir.
Je crois à la vertu des petits peuples. Je crois à la vertu du petit nombre. Le monde sera sauvé par quelques uns.
C'est une grande sagesse que d'oser paraître imbécile mais il y faut un certain courage que je n'ai pas toujours eu.
La vie peut être plus belle que ne la consentent les hommes. La sagesse n'est pas dans la raison, mais dans l'amour.
Les amis sont dangereux, non point tant par ce qu'ils vous font faire, que par ce que qu'ils vous empêchent de faire.
Si on pouvait recouvrer l'intransigeance de la jeunesse, ce dont on s'indignerait le plus c'est de ce qu'on est devenu.
Les moments très beaux sont toujours mélancoliques. on sent qu'ils sont fugitifs, on voudrait les fixer, on ne peut pas.
La prière, croyez-moi, n'est souvent pour beaucoup que le besoin, quand on se sent seul, de parler à la seconde personne.
On n'est sûr de ne jamais faire que ce que l'on est incapable de comprendre. Comprendre, c'est se sentir capable de faire.
Ah! qui délivrera mon esprit des lourdes chaînes de la logique? Ma plus sincère émotion, dès que je l'exprime, est faussée.
Sache que la fleur la plus belle est aussi la plus tôt fanée. Sur son parfum penche-toi vite. L'immortelle n'a pas d'odeur.
Envier le bonheur d'autrui, c'est folie. On ne saurait pas s'en servir. Le bonheur ne se veut pas tout fait, mais sur mesure.
Ce n'est pas tant des événements que j'ai curiosité, que de moi-même. Tel se croit capable de tout, qui devant que d'agir, recule.
Si nous ne reconnaissons pas plus souvent le bonheur, c'est qu'il vient à nous avec un visage autre que celui que nous attendions.
Les hommes, lorsqu'ils s'adressent aux dieux, ne savent pas que c'est pour leur malheur, le plus souvent, que les dieux les exaucent.
C'est en renonçant à sa divinité que le Christ vraiment devient Dieu. Et, réciproquement, en se renonçant dans le Christ Dieu se crée.
C'est une grande et rare vertu que la patience, que de savoir attendre et mûrir, que se corriger, se reprendre et tendre à la perfection.
Attendre Dieu, c'est ne comprendre pas que tu le possèdes déjà. Ne distingue pas Dieu du bonheur et place tout ton bonheur dans l'instant.
Quel évolutionniste irait supposer quelque rapport que ce soit entre chenille et papillon - si l'on ne savait que c'est précisément le même être.
Il y a d'admirables possibilités dans chaque être. Persuade-toi de ta force et de ta jeunesse. Sache te redire sans cesse : "Il ne tient qu'à moi."
On se demande, en voyant certains livres : qui peut les lire ? - En voyant certaines gens : que peuvent-ils lire ? - Puis ça finit par s'accrocher.
C'est une vaine ambition que de tâcher de ressembler à tout le monde, puisque tout le monde est composé de chacun et que chacun ne ressemble à personne.
Choisir, c'était renoncer pour toujours, pour jamais, à tout le reste et la quantité nombreuse de ce reste demeurait préférable à n'importe quelle unité.
Il y a sur terre de telles immensités de misère, de détresse, de gêne et d'horreur, que l'homme heureux n'y peut songer sans prendre honte de son bonheur.
Plutôt que de répéter sans cesse à l'enfant que le feu brûle, consentons à le laisser un peu se brûler : l'expérience instruit plus sûrement que le conseil.
On appelle bonheur un concours de circonstances qui permette la joie. Mais on appelle joie cet état de l'être qui n'a besoin de rien pour se sentir heureux.
Il y a d'admirables possibilités dans chaque être. Persuade-toi de ta force et de ta jeunesse. Sache te redire sans cesse: "Il ne tient qu'à moi."
La vie d'un homme est son image. À l'heure de mourir, nous nous refléterons dans le passé, et, penchés sur le miroir de nos actes, nos âmes reconnaîtront ce que nous sommes.

Autres écrivains symbolistes nés dans les années 1860

Questions autour de André Gide

Qui est né le même jour que André Gide ?
Anne Brochet, Julian Bugier, Billie Jean King, Marjane Satrapi et Fabien Olicard sont nés le 22 novembre comme André Gide.
À quel âge est mort André Gide ?
André Gide est mort à 81 ans, le 19 février 1951.
Qui est mort le même jour que André Gide ?
Gary Brooker, Caleb Bradham, Karl Lagerfeld, Jean Daniel et Eric Dane sont morts le 19 février comme André Gide.
Qui est né à Paris comme André Gide ?
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