Naissance
688
Herstal, Belgique
Décès
83 personnalités prénommées Charles

Biographie

Charles Martel, chef militaire et politique franc né vers 688 à Herstal, dirigea la Francie comme maire du palais de 718 à 741 sans jamais revendiquer la couronne royale. Sa victoire à Poitiers (732) contre les Omeyyades arrêta l'expansion islamique en Occident et prépara l'avènement de la famille carolingienne.


Parcours

Né vers 688 à Herstal, dans l'actuelle Belgique, Charles est le fils de Pépin de Herstal, maire du palais d'Austrasie, de Neustrie et de Bourgogne, et d'Alpaïde, noble de rang élevé. À la mort de son père en décembre 714, Plectrude, la veuve légitime de Pépin, fait emprisonner Charles pour écarter toute concurrence au profit de ses propres petits-fils. Charles s'évade avant la fin de 714 et est acclamé maire du palais d'Austrasie par la noblesse locale. Il fait face à une coalition formée par Raginfrid, maire de Neustrie, appuyé sur Chilpéric II et les Frisons de Radbod. Charles les défait à la bataille d'Amblève (716), puis à Vincy (717), s'emparant progressivement du contrôle de la Neustrie. En 719, il unifie les deux royaumes et prend Paris. La soumission définitive de Raginfrid en 724 clôt la première phase de consolidation. Charles mène entre-temps des campagnes contre les Saxons (720, 722) et étend son autorité sur la Bavière et l'Alémanie.

En 732, les forces omeyyades commandées par Abd al-Rahman al-Ghafiqî, gouverneur d'Al-Andalus, franchissent les Pyrénées, battent Eudes d'Aquitaine et avancent vers Tours. Eudes fait appel à Charles, qui lui impose en contrepartie la reconnaissance de la suprématie franque. Le 25 octobre 732, à proximité de Moussais-la-Bataille, sur la voie romaine entre Tours et Poitiers, Charles défait l'armée omeyyade. Abd al-Rahman al-Ghafiqî est tué au combat. Des chroniqueurs carolingiens du IXe siècle lui attribuent alors le surnom de Martel (le Marteau). De 733 à 739, Charles soumet la Bourgogne et la Provence. Pour financer sa cavalerie lourde et fidéliser ses combattants, il distribue des terres ecclésiastiques à ses soldats, une sécularisation qui restructure profondément l'Église franque. Il soutient en parallèle les missions de saint Boniface en Germanie et de Willibrord, évêque d'Utrecht, apôtre des Frisons. En 737, à la mort du roi Thierry IV, Charles gouverne sans nommer de successeur mérovingien, disposant du royaume comme un souverain.


Controverse

Pour équiper et rétribuer ses cavaliers, Charles Martel confisque des terres appartenant à l'Église franque et les distribue à ses soldats sous forme de bénéfices militaires. Cette sécularisation, documentée par plusieurs sources primaires, prive évêchés et monastères de ressources essentielles. L'attribution du siège épiscopal de Reims au personnage Milon, aux qualifications essentiellement militaires, illustre les tensions entre la politique de Charles et les structures cléricales. Le Concile de Lestines, réuni en 743 sous ses fils Carloman et Pépin le Bref, s'efforce de régler partiellement la question des biens confisqués par un compromis qui contribue à fonder la vassalité ecclésiastique. Cette spoliation est condamnée par une partie du clergé de l'époque et laisse une empreinte durable dans la tradition médiévale, certaines sources ecclésiastiques rapportant des visions posthumes condamnant Charles pour ces confiscations.


Repères chronologiques

vers 688 : Naissance à Herstal, dans l'actuelle Belgique
714 : Mort de Pépin de Herstal en décembre ; emprisonnement de Charles par Plectrude
715 : Évasion de prison, acclamation comme maire du palais d'Austrasie
716 : Victoire à la bataille d'Amblève contre Raginfrid et Chilpéric II
717 : Victoire décisive à la bataille de Vincy ; contrôle de la Neustrie
719 : Unification d'Austrasie et de Neustrie ; prise de Paris
724 : Soumission définitive de Raginfrid ; mort de Rotrude de Trèves
732 : Victoire à la bataille de Poitiers (25 octobre) sur les Omeyyades d'Abd al-Rahman al-Ghafiqî
733-739 : Conquête de la Bourgogne et de la Provence ; soumission d'Eudes d'Aquitaine
737 : Mort du roi mérovingien Thierry IV ; Charles gouverne sans nommer de successeur royal
738-740 : Refus du consulat romain proposé par le pape Grégoire III
741 : Partage du royaume entre Carloman et Pépin le Bref ; exclusion de Grifo
22 octobre 741 : Décès au palais de Quierzy-sur-Oise ; inhumation à la basilique Saint-Denis


Vie personnelle et engagements

Fils de Pépin de Herstal et d'Alpaïde, Charles Martel épouse vers 713 Rotrude de Trèves, dont naissent notamment Carloman et Pépin le Bref, tous deux élevés à l'abbaye de Saint-Denis. Rotrude décède en 724. Charles se remarie avec Swanachild, princesse bavaroise issue de la maison des Agilolfides, alliance qui contribue à normaliser les relations franco-bavaroises après plusieurs conflits. De cette union naît Grifo, vers 726. À la mort de Charles en 741, Carloman et Pépin le Bref excluent Grifo du partage de la Francie, l'assiègent dans la forteresse de Laon et l'envoient en monastère.

Charles Martel entretient des relations actives avec les cercles religieux de son temps. Il protège et finance les missions de saint Boniface (Winfrid) en Germanie et de Willibrord, évêque d'Utrecht, contribuant à la christianisation de l'Europe centrale. Le pape Grégoire III lui adresse deux ambassades entre 738 et 740, lui envoyant les clés du tombeau de saint Pierre et lui proposant le consulat romain ; Charles décline les deux offres. Il choisit de se faire inhumer à la basilique Saint-Denis, nécropole mérovingienne depuis Dagobert Ier, plutôt qu'à Metz, selon la tradition pippinide.


Contexte du décès

La cause précise du décès de Charles Martel n'est pas documentée dans les sources primaires. Les chroniques indiquent une dégradation de sa santé dans les dernières années de son règne. Il se retire en 741 dans son palais de Quierzy-sur-Oise, dans l'actuel département de l'Aisne, où il décède le 22 octobre 741. Son corps est inhumé à la basilique Saint-Denis, à Saint-Denis. Avant sa mort, il avait partagé le royaume entre Carloman, qui reçoit l'Austrasie, et Pépin le Bref, qui reçoit la Neustrie, excluant délibérément son fils Grifo. Son petit-fils Charlemagne étend ultérieurement les royaumes francs et devient, en 800, le premier empereur d'Occident depuis la chute de l'Empire romain.


Lieux de mémoire

Charles Martel est inhumé à la basilique Saint-Denis, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis, France), nécropole des rois mérovingiens depuis Dagobert Ier. Son tombeau y est conservé. La commune de Moussais-la-Bataille (Vienne) perpétue le souvenir du site de la bataille de Poitiers du 25 octobre 732.


Anecdotes

1 - Contrairement à la tradition pippinide, Charles Martel choisit d'être inhumé à la basilique Saint-Denis, nécropole des rois mérovingiens depuis Dagobert Ier, et non à Metz : une rupture symbolique d'avec sa propre lignée familiale.
2 - Le surnom « Martel » (le Marteau) n'est pas attesté du vivant de Charles : il lui est attribué a posteriori par des chroniqueurs carolingiens dans les décennies suivant la bataille de Poitiers, en référence à la manière dont il écrasait ses ennemis.
3 - Après Poitiers (732), Charles Martel prend l'offensive : il détruit des places fortes omeyyades à Agde et à Béziers, puis conduit une flotte en Méditerranée en 736-737 pour reprendre des cités tenues par les Omeyyades dans la région de Narbonne.
4 - Le pape Grégoire III, menacé par les Lombards, envoie à Charles (vers 738-740) les clés du tombeau de saint Pierre, hommage habituellement réservé aux souverains, et lui propose le consulat romain. Charles décline les deux offres.
5 - Des sources ecclésiastiques médiévales, dont des textes liés à la Vie de saint Denis (XIVe siècle), relatent une vision posthume dans laquelle Charles Martel brûle en enfer pour ses confiscations de terres d'Église, condamnation rare pour un dirigeant de sa période.


Points clés

- Métier(s) : maire du palais, duc des Francs
- Résidence principale : Quierzy-sur-Oise (vallée de l'Oise)
- Relations de couple : Rotrude de Trèves (vers 713-724), Swanachild de Bavière (vers 725-741)
- Enfants : Carloman (715-754), Pépin le Bref (vers 714-768), Grifo (vers 726-?)
- Distinctions : aucune distinction formelle répertoriée


Postérité

18 voies portent son nom en France.

Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.

Voir le top des personnalités avec le plus de voies à leur nom en France

Célébrités liées

3 relations

Autres militaires

Questions autour de Charles Martel

Charles Martel était-il roi des Francs ?
Non. Charles Martel n'a jamais porté le titre de roi. Il gouvernait en tant que duc et maire du palais, détenant le pouvoir réel sur la Francie tout en maintenant nominalement les rois mérovingiens sur le trône. Ce n'est qu'avec son fils Pépin le Bref, en 751, que la famille carolingienne accède formellement à la royauté.
Pourquoi Charles Martel s'appelle-t-il le Marteau ?
Le surnom « Martel » (le Marteau en vieux français) n'est pas attesté du vivant de Charles. Il lui est attribué a posteriori par des chroniqueurs carolingiens du IXe siècle, en référence à la violence de ses coups portés à ses ennemis, notamment lors de la bataille de Poitiers en 732.
Quelle est la victoire militaire la plus célèbre de Charles Martel ?
La bataille de Poitiers, livrée le 25 octobre 732 à Moussais-la-Bataille, entre Tours et Poitiers. Charles Martel y défait les forces omeyyades commandées par Abd al-Rahman al-Ghafiqî, gouverneur d'Al-Andalus, qui est tué au combat. Cette victoire stoppe l'avancée islamique vers le coeur de l'Europe occidentale.
Quels sont les enfants de Charles Martel ?
De son union avec Rotrude de Trèves, Charles Martel a notamment Carloman (715-754) et Pépin le Bref (vers 714-768), ce dernier devenant en 751 le premier roi carolingien. De son union avec Swanachild de Bavière est né Grifo (vers 726). Pépin le Bref est le père de Charlemagne.
Où est enterré Charles Martel ?
Charles Martel est inhumé à la basilique Saint-Denis, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Ce choix rompt avec la tradition pippinide qui prévoyait une inhumation à Metz : Charles opte pour la nécropole des rois mérovingiens, aux côtés des souverains qu'il a longtemps gouvernés à leur place.
À quel âge est mort Charles Martel ?
Charles Martel est mort à environ 53 ans, le 22 octobre 0741.
Qui est mort le même jour que Charles Martel ?
Dietrich Mateschitz, Lino Ventura, Claude Cohen-Tannoudji, Jean-Marie Leclair et Pablo Casals sont morts le 22 octobre comme Charles Martel.
Lien copié dans le presse-papier !