Egon Schiele, peintre et dessinateur autrichien né en 1890 et mort en 1918, est rattaché à l'expressionnisme viennois. Protégé de Gustav Klimt, il laisse en huit ans environ trois cents peintures et plus de trois mille dessins, dominés par les autoportraits et les nus.
Admis en 1906 à l'académie des Beaux-Arts de Vienne, Egon Schiele y suit l'enseignement académique de Christian Griepenkerl, dont le conservatisme l'éloigne vite. En 1907, il rencontre Gustav Klimt, figure de la Sécession viennoise, qui devient son mentor et l'introduit auprès de collectionneurs et de revues. Fin 1909, Schiele fonde avec d'autres jeunes artistes le Neukunstgruppe (groupe de l'Art nouveau), affirmant une rupture avec l'académisme. Sa ligne anguleuse et ses figures décharnées se précisent à partir de 1910. Le critique Arthur Roessler soutient son travail dès cette période et contribue à le faire connaître. En 1913, le marchand Hans Goltz lui consacre une exposition personnelle à Munich, et l'artiste participe à des manifestations à Vienne, Budapest, Cologne et Paris. Il peint en 1912 Les Ermites, double portrait avec Klimt, hommage à leur amitié.
Mobilisé en 1915, Egon Schiele est affecté à des tâches administratives à l'arrière du front, ce qui lui laisse le temps de continuer à peindre et à dessiner. Sa production gagne en ampleur et ses ventes progressent. En 1914, le photographe Anton Josef Trčka réalise de lui une série de clichés devenus célèbres. La mort de Gustav Klimt, en février 1918, laisse une place que Schiele occupe rapidement : la même année, la quarante-neuvième exposition de la Sécession viennoise lui réserve une salle entière et marque un succès critique et commercial. Il y présente notamment des portraits et de grands nus. Parmi ses toiles de maturité figurent La Mort et la jeune fille (1915) et La Famille (1918). En une dizaine d'années, Schiele constitue une œuvre abondante, centrée sur le corps, le portrait et le paysage.
En avril 1912, à Neulengbach, Egon Schiele est arrêté à la suite de plaintes d'habitants. Il est d'abord soupçonné d'enlèvement et de détournement de mineure, accusations qui ne sont pas retenues par la justice. La police saisit dans son atelier plus d'une centaine de dessins jugés contraires aux bonnes mœurs. Schiele passe vingt-quatre jours en détention. Le tribunal de Sankt Pölten le condamne pour avoir exposé des dessins à caractère érotique dans un lieu accessible à des mineurs ; lors de l'audience, un juge brûle l'un des dessins saisis. Cet épisode, désigné comme l'affaire de Neulengbach, a nourri par la suite la lecture romantique de l'artiste en marge de l'ordre moral.
1890 : naissance le 12 juin à Tulln an der Donau
1905 : mort de son père, Adolf Schiele
1906 : admission à l'académie des Beaux-Arts de Vienne
1907 : rencontre avec Gustav Klimt
1909 : fondation du Neukunstgruppe
1911 : rencontre Wally Neuzil et séjourne à Krumau
1912 : arrestation et détention à Neulengbach
1913 : exposition personnelle à la galerie Hans Goltz, Munich
1914 : exposition personnelle à Paris
1915 : mariage avec Edith Harms et mobilisation
1918 : salle personnelle à la Sécession viennoise ; mort à Vienne le 31 octobre
Egon Leo Adolf Ludwig Schiele naît dans le logement de fonction de son père, Adolf Schiele, chef de la gare de Tulln, et de Marie Schiele, née Soukup, originaire de Krumau. Il a deux sœurs aînées, Elvira et Melanie, et une cadette, Gertrude dite Gerti, dont il reste proche. La mort de son père, en 1905, le laisse sous la tutelle de son oncle Leopold Czihaczek. Scolarisé à Krems puis au Gymnasium de Klosterneuburg, il échoue partout sauf en dessin avant d'entrer à l'académie de Vienne. En 1911, il partage la vie de son modèle Walburga Neuzil, dite Wally.
En 1915, Egon Schiele met fin à sa relation avec Wally Neuzil et épouse Edith Harms, issue d'une famille de la classe moyenne viennoise installée face à son atelier. Le couple attend un premier enfant en 1918. Sur le plan artistique, Schiele reste lié à Gustav Klimt, son mentor, et au critique Arthur Roessler, qui défend son travail et publiera après sa mort des écrits tirés de sa correspondance. Il fréquente aussi le marchand Hans Goltz et plusieurs collectionneurs viennois. Tout au long de sa vie, Schiele tient un journal et rédige des poèmes ainsi qu'une abondante correspondance.
Egon Schiele meurt le 31 octobre 1918 à Vienne, emporté par la grippe espagnole lors de la pandémie qui frappe alors l'Europe. Il est âgé de vingt-huit ans. Trois jours plus tôt, le 28 octobre, son épouse Edith Harms, enceinte de six mois, avait succombé à la même maladie. Les deux décès surviennent à quelques jours d'intervalle, à un moment où la reconnaissance de l'artiste s'affirmait. Au cours de ses derniers jours, Schiele réalise quelques dessins de sa femme mourante. Sa disparition interrompt une carrière d'une dizaine d'années seulement.
Egon Schiele est inhumé au cimetière d'Ober Sankt Veit, à Vienne. Sa ville natale lui consacre depuis 1990 l'Egon-Schiele-Museum, installé à Tulln dans un ancien bâtiment carcéral. À Vienne, le musée Leopold, constitué à partir de la collection de Rudolf Leopold, conserve le plus important ensemble de ses œuvres, aux côtés du Belvédère et de l'Albertina.
1 - Enfant, Egon Schiele dessine sans relâche des trains et des gares, fasciné par l'univers ferroviaire de son père chef de gare. Agacé, Adolf Schiele finit par détruire l'un de ses carnets de croquis.
2 - Durant ses vingt-quatre jours de détention en 1912, Schiele exécute une série d'autoportraits et de vues de sa cellule. Sa compagne Wally Neuzil lui apporte du matériel et des oranges pendant son incarcération.
3 - Plusieurs figures de la pop culture se sont réclamées de Schiele : David Bowie reprend l'une de ses poses sur la pochette de l'album Heroes en 1977 et devait l'incarner dans un projet de film inachevé.
4 - En avril 2025, un tribunal de New York a ordonné à l'Art Institute of Chicago de restituer un dessin de Schiele, Russian War Prisoner (1916), aux héritiers de Fritz Grünbaum, collectionneur juif assassiné par les nazis.
5 - Soigneux de son apparence, Schiele cultivait une allure de dandy, attentif à la coupe de ses vêtements et amateur de chaussures américaines, comme en témoignent les photographies prises par Anton Josef Trčka en 1914.
- Métier(s) : peintre et dessinateur, rattaché à l'expressionnisme
- Résidence principale : Vienne (Autriche)
- Relations de couple : Walburga « Wally » Neuzil (1911-1915), puis Edith Harms (épouse à partir de 1915)
- Enfants : aucun ; son épouse était enceinte au moment de leur mort en 1918
- Distinctions : aucune distinction officielle documentée
« Tout est mort vivant. »
— Poème, recueil Moi, éternel enfant (traduit de l'allemand)
« Je suis Homme, j'aime la mort et j'aime la vie. »
— Écrits, recueil Moi, éternel enfant (traduit de l'allemand)
« L'art ne peut être moderne ; l'art est de toute éternité. »
— Aphorisme attribué à Egon Schiele (traduit de l'allemand)
« Tout est mort vivant. »
— Poème, recueil Moi, éternel enfant (traduit de l'allemand)
« Je suis Homme, j'aime la mort et j'aime la vie. »
— Écrits, recueil Moi, éternel enfant (traduit de l'allemand)
« L'art ne peut être moderne ; l'art est de toute éternité. »
— Aphorisme attribué à Egon Schiele (traduit de l'allemand)