Evo Morales, homme d'État bolivien né le 26 octobre 1959 à Isallawi (département d'Oruro), est le premier président d'origine indigène de la Bolivie. Issu d'une famille aymara et du mouvement cocalero, il a dirigé le pays de 2006 à 2019, nationalisant les hydrocarbures et réformant la constitution.
Juan Evo Morales Ayma naît le 26 octobre 1959 dans le village d'Isallawi, canton d'Orinoca, département d'Oruro, Bolivie. Fils de Dionisio Morales Choque, éleveur et agriculteur aymara, et de María Ayma Mamani, il est l'un des sept enfants du couple, dont seuls trois survivent à l'enfance : Evo, sa sœur Esther Morales Ayma et son frère Hugo Morales. À cinq ans, il intègre l'école primaire à classe unique d'Isallawi. Au milieu des années 1970, la famille migre vers la ville d'Oruro, où Morales occupe divers emplois : maçon, vendeur de glaces, trompettiste dans une fanfare du carnaval. Il effectue son service militaire de 1977 à 1978. La famille se déplace ensuite vers El Chapare, dans le département de Cochabamba, région de culture de la coca, où Morales apprend le quechua en plus de l'aymara et de l'espagnol. C'est là qu'il s'installe comme producteur de coca et débute son engagement dans le monde syndical.
En 1983, Morales rejoint le syndicat des cocaleros du Chapare et y est nommé secrétaire des sports. Il gravit rapidement les échelons : en 1988, il devient secrétaire exécutif de la Fédération des planteurs de coca des Tropiques du Chapare, puis, à partir de 1991, président du comité de coordination des six fédérations cocaleras. Il défend les producteurs contre les politiques d'éradication imposées sous pression américaine. En 1997, il est élu député à la Chambre des représentants bolivienne. En 2002, bien qu'expulsé du Parlement sous l'accusation d'incitation à la violence lors de protestations, il se présente à l'élection présidentielle et termine deuxième avec 20,9 % des suffrages, derrière Gonzalo Sánchez de Lozada. Candidat du Mouvement vers le socialisme (MAS), qu'il dirige depuis 1998, Morales remporte l'élection présidentielle du 18 décembre 2005 avec 53,7 % des suffrages dès le premier tour, devançant l'ancien président Jorge Quiroga, et est investi le 22 janvier 2006 aux côtés de son vice-président Álvaro García Linera.
En octobre 2019, à l'issue des élections présidentielles du 20 octobre, Evo Morales est confronté à trois semaines de protestations consécutives à sa réélection contestée. Un rapport préliminaire de l'Organisation des États américains (OEA) signale des irrégularités dans le processus électoral. Le 10 novembre, le général Williams Kaliman, commandant en chef des forces armées boliviennes, lui demande publiquement de démissionner pour pacifier le pays. Morales annonce sa démission le même jour, aux côtés d'Álvaro García Linera, et part en exil au Mexique puis en Argentine. La sénatrice Jeanine Áñez assume la présidence par intérim. La qualification des événements reste débattue : ses partisans, appuyés par des études publiées par le MIT et le New York Times, contestent les conclusions de l'OEA et évoquent un coup d'État militaire. Par ailleurs, en février 2016, une majorité de Boliviens (51,3 %) avait rejeté par référendum une réforme permettant un quatrième mandat ; en novembre 2017, le Tribunal constitutionnel a néanmoins supprimé les limites de mandats. Depuis 2024, Morales fait l'objet d'une procédure judiciaire pour traite aggravée de personnes et viol présumé sur une mineure durant sa présidence. Un mandat d'arrêt est émis en octobre 2024 par le parquet de Tarija. La mise en accusation formelle est déposée en octobre 2025. Morales conteste les faits et dénonce une persécution politique orchestrée par le gouvernement de Luis Arce, puis par celui de Rodrigo Paz Pereira. En juillet 2026, le parquet général émet un nouveau mandat d'arrêt pour son rôle présumé dans les blocages de routes organisés en mai et juin 2026.
1959 : Naissance le 26 octobre à Isallawi, canton d'Orinoca, département d'Oruro, Bolivie
1977 : Service militaire dans l'armée bolivienne (jusqu'en 1978)
1983 : Adhésion au syndicat des cocaleros du Chapare ; nommé secrétaire des sports
1988 : Secrétaire exécutif de la Fédération des planteurs de coca des Tropiques du Chapare
1997 : Élu député à la Chambre des représentants bolivienne
2005 : Élu président de la Bolivie au premier tour avec 53,7 % des suffrages (18 décembre)
2006 : Nationalisation du secteur des hydrocarbures par décret présidentiel du 1er mai
2009 : Réélu avec 64,1 % des suffrages ; désigné "Héros mondial de la Terre mère" par l'Assemblée générale de l'ONU
2014 : Réélu pour un troisième mandat avec 61,4 % des suffrages
2016 : Défaite au référendum constitutionnel du 21 février (51,3 % de non)
2019 : Démission le 10 novembre sous pression militaire ; exil au Mexique puis en Argentine
2020 : Retour en Bolivie après l'élection de Luis Arce à la présidence
2024 : Mandat d'arrêt émis en octobre pour traite aggravée de personnes présumée
2025 : Exclu des élections générales du 17 août ; fonde le parti EVO Pueblo
2026 : Nouveau mandat d'arrêt en juillet pour rôle présumé dans les blocages de routes ; retranché au Chapare
Evo Morales n'a jamais été marié. Fils de Dionisio Morales Choque et de María Ayma Mamani, issus d'une famille aymara rurale du département d'Oruro, il a deux enfants reconnus nés de mères différentes : Evaliz Morales Alvarado, dont la mère est Francisca Alvarado, ancienne dirigeante du mouvement indigène Eje Pachakuti, et Álvaro Morales Peredo, né de Marisol Paredes. Evaliz, diplômée en droit, a exercé le rôle protocolaire de première dame lors de certaines cérémonies officielles. Son parrain est le politicien bolivien Juan del Granado. La sœur d'Evo, Esther Morales Ayma, a également assuré des fonctions protocolaires de première dame durant les premières années de sa présidence.
Durant sa présidence, Morales a entretenu des relations étroites avec Hugo Chávez, président du Venezuela, et Fidel Castro, ancien chef de l'État cubain, partageant une vision anti-impérialiste et socialiste. Son gouvernement a inscrit dans la Constitution de 2009 les droits de la nature (Pachamama) et promu la politique du Buen Vivir, consolidant les droits des communautés autochtones. Il s'est engagé contre la politique américaine de guerre contre la drogue, plaidant pour la légitimité des usages traditionnels de la feuille de coca dans les Andes. Depuis 2020, il réside dans son bastion historique du Chapare, à Lauca Eñe, commune de Shinahota (Cochabamba), où il dirige toujours le syndicat des cocaleros.
1 - Enfant à Isallawi, Morales parcourait quotidiennement plusieurs kilomètres à pied pour rejoindre l'école à classe unique du village. Son père Dionisio l'accompagnait lors de longs trajets commerciaux avec leurs lamas entre l'Altiplano et la province d'Arani, dans le Cochabamba.
2 - Avant son service militaire, Morales a exercé de nombreux petits métiers à Oruro : maçon, boulanger, vendeur de glaces et trompettiste dans une fanfare du carnaval d'Oruro. En 2024, la ville l'a déclaré persona non grata après ses appels à des blocages ayant nui au tourisme local.
3 - En janvier 2002, Morales a été expulsé du Parlement bolivien, accusé d'incitation à la violence lors de protestations cocaleras. Cet épisode a stimulé sa popularité et, quelques mois plus tard, il terminait deuxième à l'élection présidentielle avec 20,9 % des suffrages.
4 - Dans le Chapare dans les années 1980, avant de devenir dirigeant syndical, Morales a fondé l'équipe de football Nueva Horizontes, qui a remporté le tournoi sportif local du 2 août, compétition annuelle centrale dans la vie des communautés cocaleras de la région.
5 - En octobre 2009, l'Assemblée générale des Nations unies a désigné Evo Morales "Héros mondial de la Terre mère", récompensant son engagement pour la souveraineté des ressources naturelles et la défense des droits des peuples autochtones dans les enceintes internationales.
- Métier(s) : Homme d'État, dirigeant syndical, ancien producteur de coca
- Résidence principale : Lauca Eñe, Shinahota, Chapare (Cochabamba), Bolivie
- Relations de couple : Célibataire (non marié)
- Enfants : Evaliz Morales Alvarado et Álvaro Morales Peredo
- Distinctions : Désigné "Héros mondial de la Terre mère" par l'Assemblée générale de l'ONU (2009)
Je ne me rendrai pas.
— AFP/Euronews, Lauca Eñe (Bolivie), 24 juin 2026
Pour l'instant, nous observons une trêve.
— AFP, Lauca Eñe (Bolivie), 23 juin 2026 (repris par Le Temps)
Notre revendication est d'empêcher la privatisation de l'électricité, de l'eau, des télécommunications, des ressources naturelles, de la santé et de l'éducation.
— AFP, Lauca Eñe (Bolivie), 24 juin 2026 (repris par Medias24)