Dessinateur de presse et auteur de bande dessinée français né le 29 juin 1934 à Tunis, Georges Wolinski a traversé plus de cinquante ans de presse satirique, de Hara-Kiri à Charlie Hebdo, avant d'être assassiné lors de l'attentat terroriste du 7 janvier 2015 à Paris.
Né à Tunis dans le protectorat français, Georges Wolinski passe son enfance entre la pâtisserie de ses grands-parents maternels et les lectures de comics américains empruntés aux soldats de l'état-major allié installé au lycée Carnot voisin. Son père, Siegfried Wolinski, ferronnier d'art, est assassiné alors que Georges n'a que deux ans ; sa mère, Lola Bembaron, atteinte de tuberculose, est envoyée en sanatorium en France. L'enfant est élevé par ses grands-parents jusqu'à l'âge de treize ans. Au lycée de Briançon, où il étudie de 1946 à 1952, il anime Le Potache libéré, son premier journal. En 1954-1955, il fréquente le lycée Marcelin-Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés. Après un passage dans l'entreprise de tricot de son beau-père à Fontenay-sous-Bois, il publie ses premiers dessins dans Rustica en 1958. C'est en adressant ses dessins à François Cavanna qu'il intègre en 1960 l'équipe de Hara-Kiri, la revue satirique fondée par Cavanna et le Professeur Choron.
Les événements de mai 1968 propulsent Wolinski sur le devant de la scène : avec Siné, il cofonde le journal L'Enragé, dont les dessins à coloration politique annoncent l'esprit du futur Charlie Hebdo. En 1970, il en devient rédacteur en chef jusqu'en 1981, y développant la série de strips opposant un personnage trapu et sûr de lui à un interlocuteur timide. Il scénarise la série Paulette, dessinée par Georges Pichard et publiée dans la revue italienne Linus. En 1977, il rejoint la rédaction de L'Humanité à l'invitation de Roland Leroy, son directeur. Il collabore ensuite à L'Écho des savanes, au Nouvel Observateur, au Journal du Dimanche et à Paris Match. Wolinski signe également des scénarios de pièces de théâtre avec Claude Confortès, dont Je ne veux pas mourir idiot, créée en 1968, et des scripts de films comme Le Roi des cons (1981) et Le Cow-boy (1984). En 2005, le Festival international de la bande dessinée d'Angoulême lui décerne son Grand Prix pour l'ensemble de son oeuvre ; la même année, il est élevé au grade de chevalier de la Légion d'honneur.
Wolinski est abattu le 7 janvier 2015 rue Nicolas-Appert, dans le 11e arrondissement de Paris, lors de l'attaque perpétrée par les frères Chérif et Saïd Kouachi contre la rédaction de Charlie Hebdo. Il a 80 ans. Jean Cabut, dit Cabu, Stéphane Charbonnier, dit Charb, Bernard Maris et Bernard Verlhac, dit Tignous, font partie des onze victimes de cet attentat. François Hollande dénonce le soir même un acte d'une « exceptionnelle barbarie » et décrète une journée de deuil national le 8 janvier. Une minute de silence est observée dans l'ensemble des services publics français. Les cendres de Wolinski sont inhumées au cimetière du Montparnasse le 15 janvier 2015. Par arrêté du 1er septembre 2015, la mention « Victime du terrorisme » est inscrite sur son acte de décès.
Les cendres de Georges Wolinski sont inhumées au cimetière du Montparnasse à Paris. En son honneur, une gargouille à son effigie est créée sur la tour de la Lanterne à La Rochelle en 2015. La médiathèque de Fenouillet (Haute-Garonne) et celle de Noisy-le-Grand portent son nom depuis 2015 et 2016. L'astéroïde (293499) Wolinski est nommé en son honneur depuis 2007.
1934 : naissance le 29 juin à Tunis (protectorat français de Tunisie)
1946 : arrivée en France, scolarisation au lycée de Briançon
1952 : entrée en classe de Sciences Ex au lycée Marcelin-Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés
1958 : premiers dessins publiés dans le magazine Rustica
1960 : intégration de l'équipe de Hara-Kiri aux côtés de François Cavanna et du Professeur Choron
1961 : mariage avec Jacqueline Saba, dite Kean
1966 : décès de Jacqueline Saba dans un accident de voiture
1968 : cofondation du journal L'Enragé avec Siné ; création de la pièce Je ne veux pas mourir idiot
1970 : prise de la direction de rédaction de Charlie Hebdo, fonction exercée jusqu'en 1981
1971 : mariage avec Maryse Bachère
1974 : naissance de sa fille Elsa
1977 : intégration de la rédaction de L'Humanité comme dessinateur officiel
1993 : cofondation de l'association Cuba Si
2005 : Grand Prix de la ville d'Angoulême et Légion d'honneur
2015 : assassinat le 7 janvier lors de l'attentat contre Charlie Hebdo ; inhumation au cimetière du Montparnasse le 15 janvier
Georges Wolinski naît de Siegfried Wolinski, ferronnier d'art d'origine juive polonaise, et de Lola Bembaron, franco-italienne. Son père est tué par un ancien employé alors que Georges n'a que deux ans ; sa mère, tuberculeuse, est hospitalisée en France, laissant l'enfant aux soins de ses grands-parents pâtissiers à Tunis. Il rejoint sa mère remariée à l'âge de treize ans. Au lycée Marcelin-Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés, il rencontre Jacqueline Saba, dite Kean, qu'il épouse en 1961 ; ils ont deux filles, Frédérica et Natacha. Jacqueline Saba décède en 1966 dans un accident de voiture. Wolinski rencontre Maryse Bachère en 1968 ; ils se marient en 1971. Leur fille Elsa, née en 1974, devient écrivaine.
Wolinski effectue plusieurs voyages à Cuba à partir des années 1970 et participe en 1993 à la fondation de l'association Cuba Si, destinée à acheminer papier et fournitures scolaires aux écoles cubaines. Dans les années 1980-1990, il dessine bénévolement pour Convergence, le journal du Secours Populaire français. Proche de Jean Cabut, dit Cabu, et de Bernard Maris, il assiste chaque mercredi aux conférences de rédaction de Charlie Hebdo aux côtés de Stéphane Charbonnier, dit Charb. Résidant à Paris dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, amateur de cigares havanes, il se définit comme un homme sage dont les dessins expriment ce qu'il ne fait pas dans la vie.
1 - Enfant à Tunis, Wolinski préfère demander des comics aux soldats américains de l'état-major allié plutôt que des chewing-gums ou du chocolat. Il grimpe dans leurs voitures pour lire Terry et les Pirates de Milton Caniff, et garde de ces lectures une sensibilité durable pour le dessin des corps féminins.
2 - Son père Siegfried, ferronnier d'art autodidacte formé dans les écoles professionnelles allemandes, rencontre sa future épouse dans la pâtisserie de ses beaux-parents à Tunis après qu'un ami commun ait négocié l'introduction selon les usages de l'époque. Wolinski a conservé les documents du procès qui a suivi son assassinat.
3 - Rédacteur en chef de Charlie Mensuel, Wolinski verse en 1973 une avance de 5 000 francs en liquide à Harvey Kurtzman, le créateur du magazine MAD venu à Paris, et publie l'intégralité de son oeuvre pour la faire connaître au lectorat français : un geste dont se souviennent encore des dessinateurs comme Pétillon et Vuillemin.
4 - La Légion d'honneur qu'il reçoit en 2005, accordée par le président Jacques Chirac, est une distinction qu'il n'a pas sollicitée. Un proche biographe note qu'il porta ce ruban rouge sans jamais avoir rompu avec ses convictions de gauche, qualifiant lui-même sa situation de « socialisme d'aisance et de confort ».
5 - En 2007, un astéroïde est nommé (293499) Wolinski en son honneur, reconnaissance peu commune pour un dessinateur de presse et attestée par les bases de données astronomiques internationales.
6 - Invité à l'émission Apostrophes en 1984 aux côtés de Jean d'Ormesson, Wolinski est interpellé sur sa vie amoureuse. Il répond avec le plus grand sérieux qu'il ne saute pas des filles mais fait l'amour avec sa femme, précisant qu'il met dans ses dessins tout ce qu'il ne fait pas dans la vie.
- Métier(s) : dessinateur de presse, auteur de bande dessinée, journaliste, acteur
- Résidence principale : Paris (Saint-Germain-des-Prés)
- Relations de couple : Jacqueline Saba (1961-1966, décédée) ; Maryse Bachère (épousée en 1971, décédée en 2021)
- Enfants : Frédérica et Natacha (avec Jacqueline Saba) ; Elsa Wolinski, écrivaine (née en 1974, avec Maryse Bachère)
- Distinctions : Grand Prix de la ville d'Angoulême (2005) ; Légion d'honneur (2005) ; Prix International d'Humour Gat Perich (1998)
« L'humour est le plus court chemin d'un homme à un autre. »
— Recueil de citations attribuées à Wolinski, sources multiples concordantes (Babelio, Evene/Le Monde)
« Je mets dans mes dessins tout ce que je ne fais pas dans la vie. Ce sont les dessins d'un homme sage. »
— Émission Apostrophes (Antenne 2), 1984
« En France, on a une chance extraordinaire : on peut parler de tout. Dans notre métier, il n'y a pas de limites. »
— Entretien avec Jean-Pierre Mercier, Neuvième Art (Cité internationale de la bande dessinée), janvier 2006
« On fait toujours ce qu'on veut aujourd'hui, peut-être plus encore. On a la chance de vivre dans un pays où depuis Rabelais, on a une grande liberté. »
— Interview au Républicain Lorrain, septembre 2012
Vieillir, c'est savoir perdre.
Le point G, c'est une invention des mecs !
La campagne, c'est bien pour penser à rien.
Donner aux uns, ça veut dire prendre aux autres.
Un homme qui ne marche pas ne laisse pas de traces.
Rire est le plus court chemin d'un homme à un autre
La politique est le dernier refuge des aventuriers.
Dire que tant de gens meurent sans mourir d'amour...
Mentir c'est un métier, mais démentir c'est tout un art.
L'humour est le plus court chemin d'un homme à un autre.
Quand on ne sait rien faire, il faut avoir de l'ambition.
Les époques dégueulasses sont propices aux chefs-d'oeuvre.
Le premier homme qui est mort a dû être drôlement surpris.
Le paradis est plein d'imbéciles qui croient qu'il existe.
On a fait 68 pour ne pas devenir ce que nous sommes devenus.
Un bon patron préfère perdre de l'argent, que donner de l'argent.
L'humoriste est rarement un salaud. C'est un homme sans illusions.
Les mecs, quand tu les as pas sur le ventre, tu les as sur le dos.
Tout mon art consiste à ne rien dire en ayant l'air d'en dire long.
Les journalistes ne disent jamais la vérité, même quand ils la disent.
Les femmes, c'est comme les cigares, c'est le premier tiers le meilleur.
C'est difficile de prendre au sérieux une femme qu'on a envie de toucher.
Quand on s'obstine dans l'erreur, on finit toujours par ne pas avoir tort.
Les bandes dessinées ne seront jamais aussi tarées que ceux qui aiment ça.
Ce qui m'intéresse chez une femme, c'est ce que je n'ose pas lui demander.
Le jour où la femme aura tous les droits, elle perdra tous ses privilèges.
A quoi ça sert d'être connecté à la terre entière si on n'a rien à se dire ?
Je crois pas en Dieu, mais je fais quand même des prières, on sait jamais...
Etre scandaleux, c'est dire aujourd'hui ce que tout le monde dira dans 10 ans .
Si tout le monde était comme moi, je n'aurais pas besoin de détester les autres.
J'aime mieux faire hurler de plaisir une femme que la faire soupirer de bonheur.
Je n'ai jamais eu confiance dans les gens qui veulent qu'on leur fasse confiance.
Faire l'amour dans une baignoire remplie de champagne, c'est vraiment du gâchis !
Au bout de quinze ans de chômage, on devrait avoir droit à une retraite de chômeur.
Je suis un con, mais quand je vois ce que les gens intelligents ont fait du monde...
Une chose intelligente, c'est une chose que n'importe quel imbécile peut comprendre.
Tout ce que les hommes font de bien, ils le font pour essayer d'épater leurs femmes.
La richesse, c'est comme la nature. Il ne faut pas y toucher si on veut la conserver.
On n'est pas forcément le père de quelqu'un mais on n'est jamais le fils de personne.
- On n'a plus d'idées. On n'a plus que des besoins.
- Enfin, on est devenus adultes !
Quand on est sûr d'avoir raison, on n'a pas besoin de discuter avec ceux qui ont tort.
Comme tout irait mieux si on donnait le pouvoir à ceux qui ont la flemme de le prendre.
Je regrette l'époque où on n'était pas obligé de baiser une femme qu'on invitait à dîner.
Moi, le seul voyage qui m'intéresse, c'est la mort. Parce qu'on ne rapporte pas de diapos.
L'état ne peut pas augmenter les salaires, mais il peut aider les salariés à dépenser moins...
J'ai peur du passé, du présent, du futur, du passé simple et du plus-que-parfait du subjonctif.
Un des derniers privilèges des hommes, c'est que nous n'avons pas besoin d'être beaux pour séduire.
Heureusement que le monde va mal ; je n'aurais pas supporté d'aller mal dans un monde qui va bien !
Comme je ne suis pas payé en fonction de ce que je fais, je fais en fonction de ce que je suis payé.
Pour bien gérer, il faut partager les sacrifices avec tout le monde, et les bénéfices avec personne !
La notoriété c'est lorsqu'on remarque votre présence, la célébrité c'est lorsqu'on note votre absence.
- Je donnerais n'importe quoi pour qu'on cesse de me traiter de corrompu.
- Vous iriez jusqu'à combien ?
Les femmes, de nos jours, considèrent comme un dû ce qui, pendant des siècles, fut une corvée pour elles.
Il faut abattre le libéralisme, car il donne des armes à ceux qui veulent lui substituer l'autoritarisme.
La question est de savoir si nous préférons être opprimés par le communisme ou exploités par le capitalisme.
Dans chaque Français, il y a deux hommes : celui qui ne veut pas d'histoires et celui qui a de grandes idées.
- Et si Dieu n'existait pas ? - Si Dieu n'existe pas, le mec qui est en train de prier a vraiment l'air d'un con.
Les femmes savent instinctivement ce qui est bien et mal. Cela n'empêche pas de faire le mal avec une honte exquise.
C'est plus facile pour un bon ouvrier de devenir un bon bourgeois que pour un bon bourgeois de devenir un bon ouvrier.
En France il y a deux sortes de gens : ceux qui cachent leurs feuilles de salaire et ceux qui ont honte de la montrer.
L'immortalité engendre la paresse parce qu'un immortel remet toujours au lendemain ce qu'un mortel aurait fait le jour même.
Travailler en collaboration, cela veut dire prendre la moitié de son temps à expliquer à l'autre que ses idées sont stupides.
Une des grandes escroqueries de notre époque, c'est d'avoir fait croire à l'homme de la rue qu'il avait quelque chose à dire.
- Le problème des allemands c'est comment ne pas revenir en arrière.- Le problème des français c'est comment aller de l'avant.
Ce qui distingue l'homme de la bête, c'est que la bête n'est pas toujours obligée de lutter pour ne pas se comporter comme un homme.
Il n'y a pas une grande différence entre un singe et un papillon. En tout cas, il y en a beaucoup moins qu'entre un homme et une femme...
A cause des sondages, le Français a découvert : qu'il mange mal, qu'il baise mal, qu'il se lave mal, qu'il vit mal, mais qu'il est heureux.
Il faut améliorer la condition féminine : par
exemple agrandir les cuisines, baisser les éviers ou mieux isoler les manches des casseroles.
La vraie question c'est : "Comment profiter de la vie au maximum ?"La vraie réponse, c'est : "En évitant de se poser les vraies questions !"
Un premier ministre responsable doit accepter d'être impopulaire. Mais un président responsable peut-il accepter d'avoir un premier ministre impopulaire ?
Pour lutter contre l'inflation, il n'y a qu'une seule solution : ne pas donner d'argent à ceux qui le dépensent et ne pas le prendre à ceux qui le conservent.
Je suis désespéré lorsque je pense que tout ce que j'aime existera encore après ma mort, tandis que moi, si je n'avais pas existé, personne ne s'en serait aperçu.