Naissance
Hausbrunn, Autriche
Décès
Nationalité
Astrologie

Anniversaire historique

Cette année marque le 120ᵉ anniversaire de sa naissance.

Biographie

Hans Asperger (1906-1980), pédiatre et psychiatre autrichien, a décrit en 1944 la « psychopathie autistique » de l'enfant à Vienne. La psychiatre Lorna Wing lui attribue le terme « syndrome d'Asperger » en 1981, avant que sa collaboration avec le régime nazi ne soit établie par des archives.


Parcours

Né le 18 février 1906 à Hausbrunn, près de Vienne, Hans Asperger est l'aîné d'une fratrie de trois enfants dans une famille catholique. Enfant décrit comme brillant et solitaire, il se distingue dès l'école primaire par un talent pour les langues et une fascination pour la poésie du poète national autrichien Franz Grillparzer, dont il cite souvent les vers à ses camarades. Après une formation humaniste au gymnasium de Vienne (latin, grec ancien, philosophie), il entreprend des études de médecine à l'Université de Vienne sous la direction de Franz Hamburger et de Clemens von Pirquet. Diplômé le 26 octobre 1931, il intègre aussitôt la clinique pédiatrique universitaire de Vienne comme assistant. En 1932, il succède à Erwin Lazar à la direction du département de pédagogie curative (Heilpädagogik), où il collabore avec la sœur Viktorine Zak et le psychiatre George Frankl.

En octobre 1938, Asperger présente à l'Université de Vienne sa première description publique de l'autisme. Son article Die autistischen Psychopathen im Kindesalter est soumis en 1943 et publié en 1944 dans Archiv für Psychiatrie und Nervenkrankheiten. Il y décrit quatre garçons présentant des difficultés sociales, un langage unidirectionnel et des intérêts restreints, les qualifiant de « petits professeurs ». Ses travaux restent méconnus hors du monde germanophone, publiés exclusivement en allemand. En 1952, il fait paraître son traité Heilpädagogik. Après un passage à la clinique pédiatrique d'Innsbruck de 1957 à 1962, il dirige la chaire de pédiatrie de l'Université de Vienne jusqu'en 1977. Pendant ce temps, les travaux de Leo Kanner sur l'autisme infantile (1943) gagnent une audience internationale que lui n'obtient pas. La psychiatre britannique Lorna Wing redécouvre ses écrits en 1981 et forge l'expression « syndrome d'Asperger ». Uta Frith traduit l'article de 1944 en anglais en 1991, permettant sa diffusion mondiale.


Controverse

La collaboration de Hans Asperger avec le régime nazi, longtemps occultée, est documentée en avril 2018 par l'historien de la médecine Herwig Czech, de l'Université de médecine de Vienne, dans une étude publiée dans la revue Molecular Autism. L'analyse des archives de la ville de Vienne établit qu'Asperger a adhéré à plusieurs organisations affiliées au NSDAP après l'Anschluss de 1938, qu'il signait ses courriers de la formule « Heil Hitler » et qu'une évaluation officielle de 1940 le décrivait comme « conforme aux lois raciales et de stérilisation du national-socialisme ». Czech documente qu'Asperger a recommandé le transfert d'au moins deux enfants au centre Am Spiegelgrund, établissement dirigé par son ancien collègue Erwin Jekelius : Herta Schreiber, âgée de deux ans, transférée le 1er juillet 1941 sur recommandation écrite d'Asperger, y est morte deux mois plus tard, officiellement de « pneumonie ». En 1942, Asperger a participé à une commission médicale qui a désigné 35 enfants comme « inéducables » parmi quelque 200 patients ; la plupart sont décédés par la suite. Ces conclusions sont confirmées et développées dans l'ouvrage Les Enfants d'Asperger de l'historienne américaine Edith Sheffer (2018). En réaction, le psychiatre Simon Baron-Cohen a publié dans Nature un appel à abandonner le terme « syndrome d'Asperger » au profit du seul mot « autisme ».


Repères chronologiques

1906 : Naissance le 18 février à Hausbrunn, près de Vienne
1925 : Départ pour Vienne pour des études de médecine
1931 : Diplôme de médecine à l'Université de Vienne ; premier poste à la clinique pédiatrique universitaire
1932 : Direction du département de Heilpädagogik de la clinique pédiatrique de Vienne
1935 : Mariage avec Hanna Kalmon
1938 : Première description publique de l'autisme à l'Université de Vienne ; adhésion à des organisations affiliées au NSDAP après l'Anschluss
1941 : Recommandation du transfert de la petite Herta Schreiber au centre Am Spiegelgrund (1er juillet)
1944 : Publication de Die autistischen Psychopathen im Kindesalter dans Archiv für Psychiatrie und Nervenkrankheiten ; destruction du service de Heilpädagogik lors d'un bombardement
1952 : Publication du traité Heilpädagogik
1957 : Nomination comme professeur à la clinique pédiatrique de l'Université d'Innsbruck
1962 : Chaire de pédiatrie à l'Université de Vienne
1971 : Médaille d'honneur en or de la ville de Vienne
1977 : Statut de professeur émérite
1980 : Décès le 21 octobre à Vienne, six jours après sa dernière conférence


Vie personnelle et engagements

Hans Asperger grandit dans une famille catholique, d'abord à Hausbrunn puis à Vienne. Son père, Johann Asperger, comptable issu du monde agricole, est décrit par son fils comme très strict ; sa mère, Sofie née Messinger, comme pieuse et aimante. Son frère cadet Karl, de quatre ans son cadet, meurt sur le front soviétique en 1942. Jeune homme, Asperger adhère au mouvement catholique Bund Neuland, cadre de ses premières amitiés durables. En 1935, il épouse Hanna Kalmon, rencontrée lors d'une randonnée en montagne et originaire de Westphalie. Le couple a cinq enfants : Gertrud (1936), Hans (1938), Hedwig (1940), Maria (1946) et Brigitte (1948).

Parmi ses enfants, Maria Asperger Felder est devenue pédopsychiatre réputée à Zurich, et Gertrud Asperger a soutenu son doctorat à Innsbruck en 1961. Catholique fervent et membre de la guilde Sankt-Lukas, Asperger rassemble au fil des ans une bibliothèque personnelle de plus de 10 000 ouvrages. La randonnée constitue une passion de sa vie, pratiquée jusqu'en haute montagne, notamment au mont Cervin. Ses collègues de la clinique viennoise retiennent qu'il citait volontiers poètes classiques, philosophes et passages de la Bible. L'une de ses patientes fut la future Nobel de littérature Elfriede Jelinek, qui suivit une thérapie de pédagogie curative dans son service.


Contexte du décès

Hans Asperger décède le 21 octobre 1980 à Vienne, à l'âge de 74 ans, au terme d'une courte maladie. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille. Il prononce sa dernière conférence six jours seulement avant sa mort, demeurant actif jusqu'à la fin. Son décès intervient un an avant que Lorna Wing ne publie, en 1981, l'article qui popularise le « syndrome d'Asperger » et le fait connaître au monde anglophone. Les circonstances des obsèques et l'identité des personnalités ayant rendu un hommage officiel ne sont pas documentées dans les sources consultées. Sa fille Maria Asperger Felder lui consacre plusieurs publications après sa mort, dont un texte biographique publié en 2008.


Lieux de mémoire

Hans Asperger est inhumé au Friedhof Neustift am Walde (cimetière de Neustift), dans l'arrondissement viennois de Neustift am Walde, à Vienne. Sa sépulture est localisée dans le groupe 5, rangée 8, numéro 35. L'Association autrichienne de pédagogie curative (Heilpädagogische Gesellschaft Österreichs), cofondée par Asperger en 1948 et qu'il a présidée jusqu'à sa mort, perpétue en Autriche la mémoire de ses travaux thérapeutiques.


Anecdotes

1 - En deuxième année de lycée, Hans Asperger dissèque le foie d'une souris et déclare avoir trouvé dans cet exercice l'origine de sa vocation médicale. Cette explication, relatée dans ses propres écrits, est la seule qu'il ait jamais donnée à son orientation vers la pédiatrie.
2 - Asperger parlait fréquemment de lui-même à la troisième personne, trait que ses collègues viennois lui reconnaissaient. En 2007, les chercheurs Viktoria Lyons et Michael Fitzgerald ont émis l'hypothèse controversée qu'il présentait lui-même des traits du syndrome qui porte son nom.
3 - Sa bibliographie compte 359 textes publiés, rédigés intégralement en allemand. Deux thèmes y dominent : la psychopathie autistique et la mort. Ce refus de publier en anglais a retardé de plusieurs décennies la reconnaissance internationale de ses travaux.
4 - Lorna Wing avait rencontré Hans Asperger et échangé avec lui avant sa mort en 1980, sans que ce dernier sache que ses écrits allaient donner naissance au terme « syndrome d'Asperger » et modifier profondément le diagnostic mondial de l'autisme.
5 - La sœur Viktorine Zak, principale collaboratrice d'Asperger à la clinique de Vienne et coauteure de travaux sur la pédagogie curative, périt lors d'un bombardement en 1944 qui détruisit également le service de Heilpädagogik qu'ils dirigeaient ensemble depuis 1932.


Points clés

- Métier(s) : pédiatre, psychiatre, professeur de pédiatrie
- Résidence principale : Vienne, Autriche
- Relations de couple : marié à Hanna Kalmon (1935)
- Enfants : Gertrud (1936), Hans (1938), Hedwig (1940), Maria (1946), Brigitte (1948)
- Distinctions : Médaille d'honneur en or de la ville de Vienne (1971) ; Prix Cardinal-Innitzer (année non documentée)


Autres médecins nés dans les années 1900

Citations

« Il semble que pour réussir en science ou en art, une touche d'autisme est essentielle. »

— Die autistischen Psychopathen im Kindesalter, 1944 (traduit de l'allemand)

« Lorsque l'heure du national-socialisme est arrivée, il était clair, au regard de ma vie précédente, que l'on pouvait bien accepter beaucoup de choses nationales, mais pas l'inhumanité. »

— Interview radiophonique, 1974 (traduit de l'allemand), d'après Czech 2018

« Nous sommes convaincus que les personnes autistes ont leur place dans l'organisme de la communauté sociale. Elles remplissent leur rôle peut-être mieux que quiconque, et nous parlons de personnes qui, enfants, avaient causé les plus grandes difficultés à leurs proches. »

— Die autistischen Psychopathen im Kindesalter, 1944 (traduit de l'allemand)

Questions autour de Hans Asperger

Pourquoi le terme « syndrome d'Asperger » porte-t-il le nom de Hans Asperger ?
Hans Asperger est le pédiatre autrichien qui, en 1944, a publié la première description détaillée de la psychopathie autistique de l'enfance. La psychiatre britannique Lorna Wing a forgé le terme « syndrome d'Asperger » en 1981 pour désigner ce profil autistique, un an après la mort de Hans Asperger.
Hans Asperger était-il membre du parti nazi ?
Non, Hans Asperger n'a pas adhéré au NSDAP. Toutefois, l'historien Herwig Czech a établi en 2018 qu'il a rejoint des organisations affiliées au nazisme, légitimé des politiques d'hygiène raciale et participé au transfert d'enfants vers le centre Am Spiegelgrund, où plusieurs sont morts.
Le diagnostic portant le nom de Hans Asperger existe-t-il encore dans les classifications médicales actuelles ?
Depuis 2013, le DSM-5 a supprimé le diagnostic de « syndrome d'Asperger » en l'intégrant dans les troubles du spectre autistique. La CIM-11 a suivi la même démarche en 2022. Certains pays et praticiens continuent cependant à utiliser le terme.
Qui a traduit les travaux de Hans Asperger en anglais ?
Uta Frith, chercheuse à l'University College London, a traduit en anglais l'article de 1944 de Hans Asperger en 1991. Cette traduction a permis la diffusion internationale de ses travaux sur la psychopathie autistique de l'enfance.
Hans Asperger avait-il des enfants ?
Oui, Hans Asperger et son épouse Hanna Kalmon ont eu cinq enfants : Gertrud (1936), Hans (1938), Hedwig (1940), Maria (1946) et Brigitte (1948). Sa fille Maria Asperger Felder est devenue pédopsychiatre réputée à Zurich.
Qui est né le même jour que Hans Asperger ?
Auguste Le Breton, Christophe Guybet, Matt Dillon, Monty et Jean-Claude Dreyfus sont nés le 18 février comme Hans Asperger.
À quel âge est mort Hans Asperger ?
Hans Asperger est mort à 74 ans, le 21 octobre 1980.
Qui est mort le même jour que Hans Asperger ?
Charles VI, Robert Faurisson, Tom Skerritt, Lionel Martin et Clément Michu sont morts le 21 octobre comme Hans Asperger.
Quels médecins sont du signe Verseau comme Hans Asperger ?
Louis Fouché, Gérald Kierzek et Laurent Karila sont du signe Verseau.
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