Acteur français né le 28 mai 1944 à Paris, Jean-Pierre Léaud est révélé à quatorze ans par François Truffaut dans Les Quatre Cents Coups. Visage emblématique de la Nouvelle Vague, il incarne Antoine Doinel dans cinq films de 1959 à 1979.
Fils du scénariste Pierre Léaud et de la comédienne Jacqueline Pierreux, Jean-Pierre Léaud fait une première apparition au cinéma en 1957 dans La Tour, prends garde ! de Georges Lampin. En septembre 1958, il répond à une annonce parue dans France-Soir pour le casting des Quatre Cents Coups de François Truffaut. Choisi parmi cent candidats, il a alors quatorze ans. Le film triomphe au festival de Cannes en 1959 et Jean Cocteau, président d'honneur, l'engage aussitôt pour Le Testament d'Orphée. En 1960, Julien Duvivier lui confie le rôle principal de Boulevard. Truffaut reprend le personnage d'Antoine Doinel dans le court métrage Antoine et Colette en 1962, puis dans Baisers volés en 1968, Domicile conjugal en 1970 et L'Amour en fuite en 1979, aux côtés de Claude Jade. Léaud rencontre Jean-Luc Godard en 1963 et travaille avec lui comme assistant sur Une femme mariée, Alphaville et Pierrot le fou.
Godard lui confie ensuite des rôles principaux dans Masculin féminin en 1966 et La Chinoise en 1967, aux côtés d'Anne Wiazemsky. Pier Paolo Pasolini le dirige dans Porcherie en 1969, Jerzy Skolimowski dans Le Départ en 1967, Bernardo Bertolucci dans Le Dernier Tango à Paris en 1972. Sa carrière connaît une consécration avec La Maman et la Putain de Jean Eustache, grand prix du jury à Cannes en 1973, et La Nuit américaine de Truffaut la même année. Après une éclipse dans les années 1980, le réalisateur finlandais Aki Kaurismäki lui offre une seconde carrière avec J'ai engagé un tueur en 1990, puis La Vie de bohème et Le Havre. Il tourne ensuite pour Philippe Garrel, Olivier Assayas dans Irma Vep, Bertrand Bonello dans Le Pornographe, et Tsai Ming-liang dans Et là-bas, quelle heure est-il ?.
En août 1986, Jean-Pierre Léaud est placé en détention du 15 au 26 août après avoir frappé une voisine bruyante et injurié des policiers à son domicile. La première chambre pénale du tribunal de grande instance de Paris le juge le 27 avril 1987 pour coups et blessures volontaires, violation de domicile, rébellion et outrages à agents de la force publique. L'acteur est qualifié de « délinquant primaire » lors de l'audience rapportée par Le Monde.
1944 : naissance le 28 mai à Paris, dans le 20e arrondissement
1957 : première apparition au cinéma dans La Tour, prends garde ! de Georges Lampin
1959 : révélation dans Les Quatre Cents Coups de François Truffaut, présenté à Cannes
1962 : reprend le rôle d'Antoine Doinel dans le court métrage Antoine et Colette
1966 : Ours d'argent du meilleur acteur à la Berlinale pour Masculin féminin de Godard
1968 : Baisers volés de Truffaut, troisième volet du cycle Doinel
1973 : La Maman et la Putain de Jean Eustache et La Nuit américaine de Truffaut
1979 : L'Amour en fuite, clôture du cycle Antoine Doinel
1986 : détention provisoire en août, jugée en avril 1987 pour coups et outrages
1990 : retour avec J'ai engagé un tueur d'Aki Kaurismäki
2000 : César d'honneur lors de la 25e cérémonie
2007 : mariage avec Brigitte Duvivier
2013 : nomination au grade de chevalier de la Légion d'honneur
2016 : Palme d'honneur au festival de Cannes et La Mort de Louis XIV d'Albert Serra
2023 : ouverture d'une cagnotte de soutien par l'association les Amis de François Truffaut
Jean-Pierre Léaud naît dans le 20e arrondissement de Paris, fils du scénariste et romancier Pierre Léaud et de la comédienne Jacqueline Pierreux. Élève turbulent, il est scolarisé en pension à Pontigny, dans l'Yonne, en classe de quatrième au moment du casting des Quatre Cents Coups. Après le tournage, Truffaut, qui devient pour lui une figure paternelle, l'inscrit à l'institut de la Muette, rue Cortambert à Paris, dont il est renvoyé, puis le loge successivement à Colombes, rue Quentin-Bauchart et rue Perdonnet. Il épouse en 2007 l'ancienne professeure de lettres Brigitte Duvivier, sa compagne depuis le début des années 1990.
Le couple vit dans un appartement près de la place Monge, dans le 5e arrondissement de Paris. Jean-Pierre Léaud a entretenu des liens étroits avec une génération de cinéastes : François Truffaut, qui s'occupe de lui comme d'un fils, Jean-Luc Godard, Jean Eustache, Aki Kaurismäki, Tsai Ming-liang, qu'il retrouve à plusieurs reprises sur les tournages. Serge Toubiana, président d'Unifrance et proche de l'acteur, témoigne en 2023 que Léaud ne touche aucun droit sur ses anciens films à l'exception de la série Doinel, dont Truffaut avait veillé à protéger les revenus avant de mourir.
1 - Bien que présent au générique du Dernier Tango à Paris aux côtés de Marlon Brando, Jean-Pierre Léaud n'a jamais croisé l'acteur américain sur le tournage. Toutes ses scènes étaient programmées le samedi, jour où Brando refusait de travailler.
2 - Lors du tournage de Boulevard en 1960, Julien Duvivier dut surveiller son comédien de quinze ans après que celui-ci eut tenté d'entrer dans un spectacle de strip-tease parisien, dont l'accès lui fut refusé en raison de son âge.
3 - Apprenant la mort de François Truffaut à Rome en octobre 1984 alors qu'il tournait L'Herbe rouge à Cinecittà, il s'est rendu place Saint-Pierre dans l'espoir d'obtenir une audience avec Jean-Paul II et a frappé un prêtre rencontré sur les lieux.
4 - Dans son entretien à So Film en 2012, il a confié que la caméra était son seul véritable partenaire de jeu, citant la formule de Jacques Lacan sur le « grand Autre » pour expliquer pourquoi il a peu fait de théâtre.
5 - Selon Serge Toubiana, Léaud ne perçoit des droits d'auteur que sur les films du cycle Doinel, Truffaut ayant fait inscrire cette clause avant sa mort en 1984.
- Métier(s) : acteur, assistant réalisateur
- Résidence principale : Paris, près de la place Monge
- Relations de couple : marié à Brigitte Duvivier depuis 2007, en couple depuis le début des années 1990
- Enfants : aucun enfant documenté publiquement
- Distinctions : Ours d'argent du meilleur acteur (1966), César d'honneur (2000), Prix FIPRESCI à Cannes (2001), Léopard d'honneur de Locarno (2014), Palme d'honneur du festival de Cannes (2016), Lumière du meilleur acteur (2017), chevalier de la Légion d'honneur (2013)
« Avec Godard, c'est pas si facile : il voit bien que j'essaie de prendre les choses à mon compte, que je mets un petit peu en scène. »
— Entretien So Film, n° 3, 2012
« Je vous l'ai dit : s'il n'y a pas de caméra, je perds mes repères. Moi, mon seul vrai partenaire, le grand Autre, comme dirait Lacan, c'est la caméra. »
— Entretien So Film, n° 3, 2012
« Il me fallait absolument avoir une entrevue avec le pape, l'homme le plus proche de Dieu sur terre, pour que Dieu à travers lui m'explique pourquoi François Truffaut était mort. »
— Entretien So Film, 13 janvier 2021
« Lorsque j'ai appris la mort de François, j'étais à Rome. Sans le pape, Rome n'est pas vraiment Rome. Je tournais L'Herbe rouge de Boris Vian devant la caméra de Pierre Kast, à Cinecittà. Je savais François très malade, il avait été opéré du cerveau, tout le monde me cachait la vérité. »
— Entretien So Film, 13 janvier 2021
« Avec Godard, c'est pas si facile : il voit bien que j'essaie de prendre les choses à mon compte, que je mets un petit peu en scène. »
— Entretien So Film, n° 3, 2012
« Je vous l'ai dit : s'il n'y a pas de caméra, je perds mes repères. Moi, mon seul vrai partenaire, le grand Autre, comme dirait Lacan, c'est la caméra. »
— Entretien So Film, n° 3, 2012
« Il me fallait absolument avoir une entrevue avec le pape, l'homme le plus proche de Dieu sur terre, pour que Dieu à travers lui m'explique pourquoi François Truffaut était mort. »
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« Lorsque j'ai appris la mort de François, j'étais à Rome. Sans le pape, Rome n'est pas vraiment Rome. Je tournais L'Herbe rouge de Boris Vian devant la caméra de Pierre Kast, à Cinecittà. Je savais François très malade, il avait été opéré du cerveau, tout le monde me cachait la vérité. »
— Entretien So Film, 13 janvier 2021