Joseph Kabila appelé Joseph Kabila Kabange, né le 4 juin 1971 à Hewa Bora II dans le territoire de Fizi (province du Sud-Kivu), est un homme d'État kino-congolais. Il est président de la république démocratique du Congo du 26 janvier 2001 au 24 janvier 2019 et sénateur à vie depuis le 15 mars 2019.
Fils du président Laurent-Désiré Kabila, il succède à celui-ci après son assassinat, le 16 janvier 2001, au cours de la deuxième guerre du Congo. Joseph Kabila est le plus jeune chef de l'État kino-congolais. Il est à la tête de l'Alliance pour la majorité présidentielle (AMP) et crée en 2002 le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). Il se maintient au pouvoir après l'accord global et inclusif de Pretoria ayant mis fin à la guerre en 2003 en tant que président du nouveau gouvernement de transition.
Il est crédité d'avoir mis fin à la deuxième guerre du Congo et d'avoir rétabli la stabilité dans la majorité du pays, bien qu'un conflit armé continue encore à ce jour dans l'est du pays contre des rebelles soutenus par le Rwanda. La taille de l'économie congolaise est multipliée par un facteur cinq au cours de sa présidence, mais le taux de croissance ralentit au cours de ses dernières années en pouvoir et le pays fait face à des difficultés économiques. La distribution des richesses issues de la croissance économique s'avère très inégale ; à son départ de la présidence, la majorité de la population vivait toujours sous le seuil de la pauvreté. Il est également reconnu pour avoir mené un régime autoritaire responsable de détournements de fonds généralisés, une corruption endémique et de nombreuses violations des droits de l'homme.
En 2006, il est élu au second tour de l'élection présidentielle. Il est réélu en 2011 tandis que son principal adversaire, Étienne Tshisekedi, conteste les résultats. En 2016, alors qu'il ne peut se représenter pour un troisième mandat, il ajourne sine die l'élection présidentielle qui devait avoir lieu, provoquant une crise politique.
Félix Tshisekedi lui succède en 2019, établissant la première alternance pacifique dans l'histoire du pays. Les conditions dans lesquelles se déroule cette alternance sont cependant très controversées en raison de forts soupçons de fraude électorale pesant sur l'élection présidentielle de 2018. L'ancien président Kabila est suspecté de vouloir continuer à diriger le pays dans l'ombre jusqu'à la rupture de l'alliance entre Kabila et Félix Tshisekedi en décembre 2020. Il occupe depuis les fonctions de sénateur à vie.
Depuis fin 2023, Joseph Kabila est au cœur de tensions politiques. Il est accusé par le gouvernement congolais et Félix Tshisekedi de soutenir l'Alliance fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), une coalition politico-militaire qui a pris le contrôle d'une partie de l'est de la RDC. Son parti est suspendu, la saisie de ses biens est ordonnée, et le 22 mai 2025, son immunité est levée, l'exposant à des poursuites judiciaires.
Fin mai 2025, il se rend à Goma, la capitale du Nord-Kivu, une ville sous contrôle du M23, où il rencontre des leaders locaux et religieux, en présence d'un porte parole du M23. Accusé de « crime de guerre » et « trahison » par le pouvoir en place à Kinshasa pour sa proximité avec le M23, il est jugé par un tribunal militaire et condamné à mort par contumace en septembre 2025.