Résumé biographique

Figure centrale de l’histoire politique congolaise récente, Laurent-Désiré Kabila est un chef rebelle devenu président de la République démocratique du Congo après la chute de Mobutu, connu pour son engagement lumumbiste, son long maquis dans l’est du pays et son assassinat en pleine fonction à Kinshasa.


Parcours

Né le 27 novembre 1939 dans la province du Katanga, alors Congo belge, Laurent-Désiré Kabila s’engage très tôt dans le courant lumumbiste au moment de la crise congolaise du début des années 1960. Il participe à la rébellion Simba et s’impose comme cadre politique dans l’est du pays. En 1967, il prend la tête d’un maquis installé dans la région de Fizi-Baraka et fonde le Parti de la révolution du peuple, à la fois structure politique et appareil militaire. Après une longue période de lutte et de retrait relatif de la scène internationale, il réapparaît au milieu des années 1990 comme dirigeant de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL). À la faveur de la première guerre du Congo, il renverse Mobutu en mai 1997 et devient président de la République démocratique du Congo jusqu’à son assassinat en janvier 2001.


Repères de carrière

27 novembre 1939 : naissance dans la province du Katanga, dans l’ancien Congo belge.
Début des années 1960 : engagement lumumbiste pendant la crise congolaise et la sécession katangaise.
1964-1965 : participation à la rébellion Simba dans l’est du Congo.
1965 : coopération militaire avec Ernesto « Che » Guevara dans la région du Kivu.
24 octobre 1967 : création du maquis de Fizi-Baraka et du Parti de la révolution du peuple.
Années 1970-1980 : direction d’un maquis permanent dans l’est du pays et depuis la Tanzanie.
1996 : prise de la tête de l’AFDL et lancement de l’offensive contre le régime Mobutu.
17 mai 1997 : entrée à Kinshasa, chute de Mobutu, prise du pouvoir par l’AFDL.
29 mai 1997 : investiture comme président de la République démocratique du Congo et restauration de cette appellation étatique.
1998 : rupture avec les anciens alliés rwandais et ougandais, début de la deuxième guerre du Congo.
1999 : signature de l’accord de cessez-le-feu de Lusaka par plusieurs parties au conflit.
16 janvier 2001 : attentat mortel au Palais de Marbre à Kinshasa.
18 janvier 2001 : annonce officielle de sa mort et préparation des funérailles d’État.
Janvier 2001 : désignation et prise de fonctions de Joseph Kabila comme successeur à la présidence.
2002 : inauguration du mausolée de Laurent-Désiré Kabila à Kinshasa.


Vie personnelle et engagements

Issu d’un milieu katangais et apparenté au peuple luba, Laurent-Désiré Kabila épouse en 1970 Sifa Mahanya, avec laquelle il forme un couple durable au cœur de son dispositif familial et politique. Le couple a plusieurs enfants, dont les jumeaux Jaynet et Joseph Kabila, nés le 4 juin 1971 à Hewa Bora dans le territoire de Fizi, ainsi que Zoé Kabila, né le 26 juin 1979. La famille partage longtemps la vie de maquis dans l’est de la République démocratique du Congo et des périodes de résidence en Tanzanie, notamment à Dar es Salaam, avant de s’installer au Palais de Marbre à Kinshasa après 1997. Sur le plan des engagements publics, Laurent-Désiré Kabila place au centre de ses discours la souveraineté nationale, la remise en cause des ingérences étrangères et la maîtrise des ressources naturelles au profit de l’État congolais.


Anecdotes

1 – En 1965, Laurent-Désiré Kabila collabore avec Ernesto « Che » Guevara, venu appuyer la rébellion dans l’est du Congo ; le guérillero cubain relatera cette expérience et ses désaccords avec Kabila dans son récit de campagne au Congo.
2 – Le maquis de Fizi-Baraka qu’il dirige pendant des décennies fonctionne comme un espace quasi autonome, avec une administration locale, des écoles et un système de perception de ressources, malgré la pression militaire du régime Mobutu.
3 – Le 16 janvier 2001, lorsqu’il est tué, Laurent-Désiré Kabila prépare dans son bureau du Palais de Marbre un sommet avec la France, censé renforcer sa position diplomatique au cœur de la deuxième guerre du Congo.
4 – Après son assassinat, un comité de crise gouvernemental désigne rapidement Joseph Kabila, alors âgé de 29 ans, pour lui succéder à la présidence, assurant une continuité du pouvoir en pleine guerre.
5 – En janvier 2021, les personnes condamnées pour l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila sont graciées par le président Félix Tshisekedi, ce qui relance le débat public sur les responsabilités exactes de ce crime politique.


Lieux de référence

Né dans la province du Katanga, Laurent-Désiré Kabila ancre une grande partie de sa vie militante dans le maquis de Fizi-Baraka, à l’est du pays, puis partage des années d’exil ou de repli en Tanzanie. À partir de 1997, il réside au Palais de Marbre à Kinshasa, où il est assassiné. Il repose au mausolée qui porte son nom, situé devant le Palais de la Nation, dans la commune de la Gombe à Kinshasa, devenu un lieu officiel de commémoration et de visite.


Contexte du décès

Le 16 janvier 2001, en début d’après-midi, Laurent-Désiré Kabila tient une réunion dans son bureau au Palais de Marbre, à Kinshasa, lorsqu’un de ses gardes du corps, identifié comme Rashidi Kasereka ou Rashidi Mizele, s’approche de lui et ouvre le feu à bout portant avec un revolver. Touché mortellement au torse ou à l’abdomen, le président est rapidement pris en charge, évacué vers une clinique de Kinshasa puis transporté par avion vers le Zimbabwe pour des soins supplémentaires. Les autorités congolaises maintiennent pendant deux jours l’annonce officielle de sa survie avant de confirmer sa mort le 18 janvier 2001. Des funérailles nationales ont lieu au Palais du Peuple, en présence de plusieurs chefs d’État africains, puis son corps est inhumé dans un mausolée spécialement construit à Kinshasa. Une vaste procédure judiciaire aboutit à la condamnation de nombreux accusés par un tribunal militaire, des années plus tard critiquée pour ses irrégularités, avant des mesures de grâce présidentielle.


Points clés

• Métier(s) : chef rebelle, homme politique, président de la République démocratique du Congo
• Résidence principale : Kinshasa, République démocratique du Congo
• Relations : marié à Sifa Mahanya (à partir de 1970)
• Enfants : Jaynet (1971), Joseph (1971), Zoé (1979), autres enfants issus du même couple
• Distinctions : chef de l’AFDL ayant conduit la chute du régime de Mobutu et premier président de la République démocratique du Congo après la restauration de cette appellation étatique