Philippe Delerm est un écrivain français né le 27 novembre 1950 à Auvers-sur-Oise, auteur d'une soixantaine d'ouvrages dont La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules (1997), recueil de textes brefs vendu à plus d'un million d'exemplaires en France et fondateur d'un style minimaliste reconnaissable.
Philippe Delerm grandit dans des logements de fonction, les « maisons d'école » attribuées à ses parents instituteurs originaires du Tarn-et-Garonne. Son enfance se déroule à Auvers-sur-Oise, Louveciennes et Saint-Germain. Après des études de lettres à la faculté de Nanterre, où il découvre Marcel Proust à vingt ans lors de sa licence, il est nommé professeur de lettres en Normandie. En 1975, il épouse Martine Chosson et s'installe à Beaumont-le-Roger, dans l'Eure. Il enseigne au collège Marie-Curie de Bernay pendant trente-sept ans, anime un club de théâtre et entraîne une équipe de football. Ses premiers manuscrits, envoyés dès 1976, se heurtent à des refus répétés d'éditeurs. En 1983, La Cinquième Saison (Éditions du Rocher) suscite l'attention. En 1988, il publie Autumn (Éditions du Rocher), roman consacré aux préraphaélites, qui obtient le prix Alain-Fournier en 1990.
En 1996, il publie Sundborn ou les Jours de lumière (Éditions du Rocher), couronné du prix des Libraires et du prix Culture et Bibliothèques pour tous en 1997. La même année paraît La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules (Gallimard), recueil de trente-cinq textes courts récompensé par le prix Grandgousier, vendu à plus d'un million d'exemplaires en France. Sa veine de chroniqueur du quotidien se prolonge aux éditions du Seuil : Je vais passer pour un vieux con (2012), Les Eaux troubles du mojito (2015), La vie en relief (2021), Les instants suspendus (2023). En 2006, il publie chez Mercure de France Maintenant, foutez-moi la paix !, portrait de Paul Léautaud. Il dirige par ailleurs chez Points la collection « Le goût des mots » depuis 2006. Amateur d'athlétisme, il collabore avec L'Équipe pour les Jeux d'Athènes en 2004 et commente l'athlétisme pour France Télévisions aux Jeux de Pékin en 2008. Son dernier ouvrage, Le Suicide exalté de Charles Dickens (Seuil, 2025), retrace les dix dernières années du romancier anglais Charles Dickens.
1950 : Naissance le 27 novembre à Auvers-sur-Oise (Val-d'Oise) dans une famille d'instituteurs
1975 : Mariage avec Martine Chosson ; installation à Beaumont-le-Roger (Eure) ; début de l'enseignement au collège Marie-Curie de Bernay
1976 : Naissance de son fils Vincent Delerm, le 31 août, à Évreux
1983 : Publication de La Cinquième Saison (Éditions du Rocher), premier roman
1988 : Publication d'Autumn (Éditions du Rocher) ; co-signature de Le Miroir de ma mère avec Marthe Delerm
1990 : Prix Alain-Fournier pour Autumn
1997 : Publication de La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules (Gallimard) ; prix Grandgousier ; prix des Libraires pour Sundborn ou les Jours de lumière
2002 : Nommé chevalier de la Légion d'honneur le 12 juillet pour sa carrière d'enseignant
2004 : Chroniqueur pour L'Équipe aux Jeux olympiques d'Athènes
2007 : Arrêt de la carrière d'enseignant après trente-sept ans pour se consacrer à l'écriture
2008 : Commentateur des épreuves d'athlétisme aux Jeux olympiques de Pékin pour France Télévisions
2021 : Publication de La vie en relief (Seuil)
2025 : Publication de Le Suicide exalté de Charles Dickens (Seuil)
Né dans une famille d'instituteurs originaires du Tarn-et-Garonne, Philippe Delerm passe son enfance dans les « maisons d'école » attribuées à ses parents. En 1988, il co-signe avec sa mère Marthe Delerm Le Miroir de ma mère (Éditions du Rocher). Il rencontre Martine Chosson à la faculté de Nanterre et l'épouse en 1975. Illustratrice de littérature jeunesse et ancienne professeure de français, Martine co-signe avec lui une quinzaine d'ouvrages communs. Leur fils Vincent Delerm, né le 31 août 1976 à Évreux, devient auteur-compositeur-interprète et remporte la Victoire de l'album révélation aux Victoires de la musique en 2003. Philippe Delerm a deux petits-fils, Sacha et Simon.
Installé à Beaumont-le-Roger depuis 1975, Philippe Delerm anime un club de théâtre et entraîne une équipe de football dans son collège. Membre correspondant de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, il revendique des influences littéraires marquées : Marcel Proust, Paul Léautaud et Charles Dickens. Sa démarche littéraire a fait l'objet d'une monographie en 2005, par Rémi Bertrand, aux Éditions du Rocher. Martine Delerm, son épouse et collaboratrice artistique depuis plus de cinquante ans, partage sa vie créatrice à Beaumont-le-Roger ; ensemble, ils ont notamment publié Fragiles (Seuil, 2001) et Ici (Seuil, 2021).
1 - Le 2 février 1970, sur le campus de Nanterre, Philippe Delerm déclare sa flamme à Martine en lui citant les mots de la chanteuse Anne Sylvestre : « Je suis à court de fleurs ». La déclaration est relatée dans La vie en relief (Seuil, 2021).
2 - Chacun des textes courts de Philippe Delerm est conçu pour tenir sur une double page de cahier d'écolier, format délibéré lié à trente-sept ans de pratique de l'enseignement secondaire au collège Marie-Curie de Bernay.
3 - Philippe Delerm consacre en 2022 un livre entier à New York dans New York sans New York (Seuil) sans jamais l'avoir visitée. Sa fascination remonte à une affiche aperçue à sept ans en 1957. Il ne prend son premier avion qu'en 2008.
4 - La publication de Le Miroir de ma mère (Éditions du Rocher, 1988) est co-signée par Philippe Delerm avec sa mère Marthe Delerm, faisant de ce titre l'un des rares ouvrages de sa bibliographie à avoir un membre de la famille pour co-auteur.
- Métier(s) : Écrivain, ancien professeur de lettres
- Résidence principale : Beaumont-le-Roger (Eure)
- Relations de couple : Marié à Martine Delerm (née Chosson) depuis 1975
- Enfants : Vincent Delerm (né le 31 août 1976 à Évreux)
- Distinctions : Prix Alain-Fournier (1990), prix Grandgousier (1997), prix des Libraires (1997), prix Culture et Bibliothèques pour tous (1997), chevalier de la Légion d'honneur (2002)
Je suis un peu l'envers de Dickens.
— Interview AFP, 8 septembre 2025
Le bonheur, c'est d'avoir quelqu'un à perdre.
— La vie en relief, Seuil, 2021
Proust m'a autorisé à écrire des textes courts.
— Interview ActuaLitté, novembre 2022
Je ne suis pas de mon temps. Je suis de tout mon temps.
— La vie en relief, Seuil, 2021
Pendant dix ans, il va se livrer, se donner en pâture tout entier, se vider consciemment de toutes ses forces, jusqu'à la mort.
— Interview AFP, 8 septembre 2025 (à propos de Charles Dickens)
Il se sentit délicieusement en fraude .
Il est simple et fort d'aimer tout seul.
Le chagrin, brûlure au creux de la poitrine.
Le bonheur, c'est d'avoir quelqu'un à perdre.
Trop tard ? L'avenir sera ce que vous en ferez.
Moi, les gestes de l'amour me mènent à l'enfance.
Je me souviens de ce bonheur-désordre sur ta table.
Bonheur : un mot fragile, évanescent, léger, surtout.
J'apprends comme il est simple et fort d'aimer tout seul.
On pourrait presque... C'est bon, la vie au conditionnel.
"On pourrait presque..." C'est bon, la vie au conditionnel.
Ce n'est pas ce que l'on dit qui compte, mais ce qu'on entend.
Plus on va dans l'infime, plus on a de chances de trouver l'universel.
Ce qu'il ne faut jamais manquer, à la télé, c'est ce qui passe quand on rembobine.
Elle en parle sans larmes, avec au fond des yeux le poids de l'habitude du chagrin.
La voiture est étrange : à la fois comme une petite maison et comme un vaisseau sidéral.
Plus on parle d'une chose petite et même minusculissime et plus on touche à l'essentiel.
C'est assez curieux, cette façon qu'on a de se livrer au dentiste, abandonné et réticent.
Au cinéma, on ne se découvre pas. On sort pour se cacher, pour se blottir, pour s'enfoncer.
Si tu n'étais pas morte... Ces mots ne dansent pas sur mon cahier, mais blessent le silence de la marge.
On a pas besoin de connaître des aventures extraordinaires dans les mers du Sud pour avoir une vie passionnante.
ll vaut peut-être mieux écrire des grandes choses sur des petits sujets que des petites choses sur des grands sujets.
Dans le journal du petit déjeuner : on y lit que le monde se ressemble, et que le jour n'est pas pressé de commencer.
On se surprend à marcher sur le bord du trottoir comme on faisait enfant, comme si c'était la marge qui comptait, le bord des choses.
Parfois on dit : "On aurait presque pu... " Là, c'est la phrase triste des adultes qui n'ont gardé en équilibre sur la boîte de Pandore que la nostalgie.
Pourquoi les invités que l'on attend trop longtemps font-ils des débouchés triomphants, quand les voleurs de sieste ont des pudeurs de cloître au seuil de votre grille ?
Les filles sont un autre monde, et je m'en souviendrai. Elles deviendront cet ailleurs difficile où je te reconnais, pays à inventer pour le bonheur de passer la frontière.
En espadrilles, on est tout juste assez civilisé pour tutoyer le globe, sans l'appréhension rétive du pied nu méfiant, sans l'excessive assurance du pied trop bien chaussé.