Né à Irun dans la province de Guipuscoa, Luis Mariano grandit dans une famille modeste : son père, Mariano González y García, est garagiste mécanicien, et sa mère, Gregoria García Molpereces, travaille comme brodeuse à domicile. Lors de la guerre civile espagnole, la famille fuit vers Hendaye puis s'installe à Bordeaux. Le jeune Mariano fréquente l'École des beaux-arts de Bordeaux tout en chantant dans des cabarets, notamment au Caveau des Chartrons avec le chef d'orchestre Fred Adison. Remarqué par la cantatrice Jeanine Micheau lors du concours d'entrée au Conservatoire de Bordeaux, il est orienté vers le ténor basque Miguel Fontecha, qui lui enseigne le bel canto. En 1942, Jeanne Lagiscarde, gérante d'un magasin de disques bordelais, prend en charge sa carrière et le convainc de tenter sa chance à Paris. Il y tourne dès 1943 dans L'Escalier sans fin aux côtés de Pierre Fresnay et de Madeleine Renaud, puis interprète le rôle d'Ernesto de Don Pasquale de Donizetti au Palais de Chaillot avec la cantatrice Vina Bovy.
En décembre 1945, Luis Mariano crée La Belle de Cadix au Casino Montparnasse, opérette du compositeur Francis Lopez sur un livret de Raymond Vincy. Le disque tiré du spectacle dépasse le million d'exemplaires vendus. Dès lors, le tandem Mariano-Lopez produit une série de succès : Andalousie en 1947, Le Chanteur de Mexico en 1951, Chevalier du ciel en 1955, Le Secret de Marco Polo en 1959. Au cinéma, il tourne une vingtaine de films entre 1945 et 1958, dont Violettes impériales (1952) aux côtés de Carmen Sevilla, sous la direction de Richard Pottier. Sa popularité en Amérique du Sud atteint des proportions inédites : à Montevideo, 60 000 personnes l'accueillent à sa descente du transatlantique ; à Mexico, 160 000 spectateurs l'acclament dans un stade. En novembre 1945, il partage l'affiche du Théâtre de Chaillot avec Edith Piaf et Yves Montand.
1914 : naissance le 13 août à Irun (Guipuscoa, Espagne) de Mariano Eusebio González y García
1932 : intègre l'Orfeón Donostiarra de Saint-Sébastien comme ténor soliste
1937 : deuxième ténor dans le groupe vocal Eresoinka ; enregistrement de son premier disque
1940 : admis au Conservatoire de Bordeaux, classe de chant ; y étudie jusqu'en 1942
1943 : tourne dans L'Escalier sans fin ; interprète Ernesto dans Don Pasquale au Palais de Chaillot
1944 : adopte le nom de scène Luis Mariano
1945 : création de La Belle de Cadix (opérette de Francis Lopez) ; le disque dépasse 1 250 000 exemplaires vendus
1947 : triomphe au théâtre avec Andalousie
1951 : création du Chanteur de Mexico ; tournée en Amérique du Sud
1952 : film Violettes impériales avec Carmen Sevilla ; acquisition de la villa Magreluma au Vésinet
1955 : création de Chevalier du ciel; apparition dans le film Napoléon de Sacha Guitry
1960 : construction de l'hacienda Marianoko Etxea à Arcangues
1967 : adoption de Mariano Lacan ; création du Prince de Madrid
1969 : nommé citoyen d'honneur d'Arcangues le 1er janvier ; création de La Caravelle d'or au théâtre du Châtelet en décembre
1970 : mort le 14 juillet à l'hôpital de la Salpêtrière à Paris ; inhumation le 18 juillet au cimetière d'Arcangues
Luis Mariano ne s'est jamais marié et n'a pas eu d'enfants. Ses seules relations sentimentales documentées concernent l'actrice Martine Carol, à partir de 1948, puis la comédienne espagnole Carmen Sevilla, à partir de 1950, à qui il demande la main sans succès. María Pilar Eguiluz, un amour de jeunesse à Irun, restera célibataire jusqu'à sa mort en 2004 à l'âge de 87 ans. Sur le plan patrimonial, Mariano adopte en 1967, en adoption simple, Mariano Lacan, fils de son secrétaire et chauffeur François Lacan, dit Patxi, qui l'accompagne de 1949 à 1970, afin d'assurer l'avenir de cette famille amie.
En 1952, Luis Mariano acquiert au Vésinet, en Seine-et-Oise, une villa qu'il baptise Magreluma, nom composé des premières syllabes des prénoms de sa famille : son père Mariano, sa mère Gregoria, lui-même Luis et sa soeur Maria-Luisa. En 1960, il fait construire à Arcangues, au Pays basque français, l'hacienda Marianoko Etxea sur vingt hectares, dont il dessine lui-même les plans. La ferme compte vingt-cinq vaches dont certaines portent le prénom de ses partenaires de scène : Carmen pour Carmen Sevilla, Martine pour Martine Carol, Annie pour Annie Cordy, Ludmilla pour Ludmilla Tcherina. Décoré de l'ordre espagnol d'Isabelle la Catholique, il est nommé citoyen d'honneur d'Arcangues le 1er janvier 1969.
En décembre 1969, Luis Mariano assure la création de La Caravelle d'or au théâtre du Châtelet, mais une hépatite probablement mal diagnostiquée l'oblige à abandonner son rôle après un malaise sur scène. Hospitalisé à Biarritz, il fait une hémorragie cérébrale. Son transfert en avion médicalisé vers Paris est retardé pour des raisons logistiques, et le matériel respiratoire est défaillant à son arrivée à l'hôpital de la Salpêtrière. Il tombe dans le coma et meurt le 14 juillet 1970 à l'âge de 55 ans. La revue Paris Match du 25 juillet 1970 lui consacre sa couverture avec la mention « l'opérette a perdu son prince charmant ». Aucun éloge funèbre officiel n'est documenté dans les sources primaires consultées.
Luis Mariano est inhumé au cimetière d'Arcangues, dans les Pyrénées-Atlantiques, aux côtés de ses parents, le 18 juillet 1970. Un buste en bronze réalisé par le sculpteur Paul Belmondo est inauguré à l'entrée du cimetière en 1974, volé en 1990 et retrouvé en 2003, avant d'être déplacé à l'office de tourisme d'Arcangues.
1 - Par superstition du chiffre 13, la mère de Luis Mariano falsifie sa date de naissance sur ses papiers : le chanteur est officiellement enregistré comme né le 12 août 1914 à 23 h 30, alors qu'il naît le 13 août à 1 h 30 du matin.
2 - Pour contourner son éloignement de la rigueur de l'opéra, le ténor Miguel Fontecha oriente Mariano vers le bel canto dès 1942, estimant que la technique lyrique italienne lui convient mieux que l'ascèse de l'opera seria.
3 - A l'hacienda Marianoko Etxea d'Arcangues, Luis Mariano donne à plusieurs de ses vaches laitières le prénom de ses partenaires de scène : Carmen pour Carmen Sevilla, Martine pour Martine Carol, Annie pour Annie Cordy.
4 - Lors de sa tournée en Uruguay en 1952, 60 000 admirateurs se pressent sur le port de Montevideo pour le voir descendre du transatlantique, et 100 000 personnes assistent à son concert dans la capitale.
5 - A Bordeaux en 1937, avant tout succès commercial, il enregistre sa voix pour la première fois en participant à un disque de chansons populaires basques avec le groupe vocal Eresoinka, dont il est le deuxième ténor.
- Métier(s) : ténor, chanteur d'opérette, acteur
- Résidence principale : Le Vésinet (Yvelines), puis Arcangues (Pyrénées-Atlantiques)
- Relations de couple : Martine Carol (à partir de 1948), Carmen Sevilla (à partir de 1950) ; jamais marié
- Enfants : aucun enfant biologique ; adoption simple de Mariano Lacan en 1967
- Distinctions : ordre espagnol d'Isabelle la Catholique ; citoyen d'honneur d'Arcangues (1969)
Je suis né basque espagnol et je continue à être basque espagnol.
— Interview pour l'émission Le Régional, Radio Télévision Suisse (RTS), août 1960