Luis Ocaña, né Jesús Luis Ocaña Pernía le 9 juin 1945 à Priego, en Espagne, et mort le 19 mai 1994 à Mont-de-Marsan, est un coureur cycliste espagnol, vainqueur du Tour de France 1973 et du Tour d'Espagne 1970. Il reste associé à son duel avec Eddy Merckx en 1971.
Luis Ocaña signe sa première licence à 16 ans à l'Avenir aturin d'Aire-sur-l'Adour, puis intègre le Stade montois cyclisme de Mont-de-Marsan, dont le président Pierre Cescutti le forme aux exigences du métier. En 1967, il remporte le Grand Prix des Nations chez les amateurs. Refusé par l'équipe française de Antonin Magne chez Mercier, il devient professionnel en 1968 dans la formation espagnole Fagor et décroche dès sa première saison le championnat d'Espagne sur route, devant son compatriote José Antonio Momeñe. Il quitte Fagor pour l'équipe française Bic en 1970, où il croise Jan Janssen et Jean-Marie Leblanc. Cette même année, il s'impose sur le Tour d'Espagne et remporte une étape du Tour de France. Sous la direction sportive de Maurice De Muer, il enchaîne en 1971 une troisième place à Paris-Nice derrière Eddy Merckx et Gösta Pettersson, puis le Grand Prix des Nations.
Son duel avec Eddy Merckx sur le Tour de France 1971 demeure célèbre. Le 8 juillet, lors de l'étape d'Orcières-Merlette, Ocaña attaque seul à 60 kilomètres de l'arrivée et relègue le Belge à 8 minutes et 42 secondes, devant Lucien Van Impe. Le 12 juillet, dans la descente du col de Menté noyée sous un orage, il chute après une glissade de Merckx, se relève, mais est percuté successivement par Joaquim Agostinho puis Joop Zoetemelk : il abandonne en maillot jaune. Merckx refuse symboliquement le maillot le lendemain. En 1973, sans Merckx au départ, Ocaña survole le Tour de France, remporte six étapes et devance Bernard Thévenet de plus de quinze minutes. La même année, il prend la troisième place du championnat du monde sur route et gagne le Critérium du Dauphiné libéré, qu'il avait déjà remporté en 1970 et 1972. Il achève sa carrière en 1977 chez Frisol.
1945 : naissance le 9 juin à Priego, dans la province de Cuenca, en Espagne
1957 : émigration de la famille en France, à Magnan dans le Gers
1961 : première licence cycliste à Aire-sur-l'Adour
1964 : intègre le Stade montois cyclisme, club de Pierre Cescutti
1966 : rencontre Josiane Calède, qu'il épouse le 24 décembre à Labastide-d'Armagnac
1968 : passage professionnel chez Fagor, titre de champion d'Espagne sur route
1970 : victoire au Tour d'Espagne et au Critérium du Dauphiné libéré
1971 : victoire à Orcières-Merlette puis abandon en maillot jaune au col de Menté
1973 : victoire au Tour de France avec six étapes et 15 minutes 51 secondes d'avance sur Bernard Thévenet
1974 : victoire à Paris-Nice et au Tour de Catalogne
1977 : fin de carrière professionnelle chez Frisol
1979 : grave accident de voiture lors d'un gymkhana aux Menuires avec le pilote Jean Sarazin
1983 : un orage de grêle détruit son vignoble de Caupenne-d'Armagnac
1994 : mort le 19 mai à Mont-de-Marsan
Luis Ocaña naît à Priego, dans la province de Cuenca, dans une famille modeste de cinq enfants. Son père, ouvrier puis bûcheron, fuit l'Espagne franquiste pour des raisons politiques et installe la famille à Magnan, dans le Gers, en 1957. Le jeune Luis travaille comme apprenti dans la menuiserie de Monsieur Ducos à Aire-sur-l'Adour à 14 ans, après avoir fréquenté l'école des Frères de la Salle à Vielha e Mijaran, puis l'école communale de Magnan. En 1966, il rencontre Josiane Calède lors d'un bal à Saint-Pierre-du-Mont ; ils se marient le 24 décembre de la même année à la Chapelle Notre-Dame-des-Cyclistes de Labastide-d'Armagnac. De cette union naissent Jean-Louis, en février 1968, et Sylvie, en juillet 1970.
Le couple s'établit à Caupenne-d'Armagnac, où Luis Ocaña reprend après sa carrière une exploitation viticole de 35 hectares destinée à l'armagnac. Devenu consultant pour Antenne 2 et plusieurs radios espagnoles afin d'éponger ses dettes, il préside aussi les Anciens du cyclisme. Dans les années 1980, il apporte son soutien public à Jean-Marie Le Pen et participe activement à la campagne présidentielle de 1988 du dirigeant du Front national. Reconnaissant envers son ancien président de club Pierre Cescutti, il déclare au quotidien Sud Ouest lui devoir l'apprentissage de son métier.
Après plusieurs accidents de voiture, dont celui des Menuires en 1979 aux côtés du pilote Jean Sarazin et une collision avec un camion en 1983, Luis Ocaña subit plusieurs transfusions sanguines au cours desquelles il contracte une hépatite C, qui évolue en cancer du foie. Se sachant condamné, il se donne la mort par arme à feu dans son domicile de Caupenne-d'Armagnac, dans le Gers, le 19 mai 1994. Transporté à l'hôpital Layné de Mont-de-Marsan, il y meurt quelques heures plus tard. Le quotidien L'Équipe titre alors « La mort d'un seigneur ». Sept membres de la famille, dont son fils Jean-Louis, déposent ensuite une plainte contre X, restée sans suite judiciaire.
Les obsèques de Luis Ocaña sont célébrées le 24 mai 1994 dans la chapelle Notre-Dame-des-Cyclistes à Labastide-d'Armagnac, lieu de son mariage. Ses cendres sont dispersées sur la tombe de son père au Houga, dans le Gers, et au cimetière de Priego, son village natal. La chapelle conserve un vitrail et une plaque de marbre vert en sa mémoire.
1 - À ses débuts, Luis Ocaña apprend à pédaler sur le vélo de sa cousine Carmen, puis travaille dans un magasin de Barcelonne-du-Gers pour se payer son premier vélo, un Automoto jaune marbré, marque jadis utilisée par Lucien Petit-Breton, Henri Pélissier et Ottavio Bottecchia.
2 - Tant son rival le hantait, il avait baptisé son chien Merckx, plaisantant qu'il restait ainsi, à la maison, le patron de Merckx.
3 - Pour signer son premier contrat avec Fagor, en 1968, il renonce à une procédure de naturalisation française déjà engagée : l'équipe ibérique exigeait qu'il conserve la nationalité espagnole.
4 - Son salaire mensuel de débutant chez Fagor s'élevait à 15 000 pesetas, soit environ 1 200 francs, ce qui le décide à abandonner son métier de menuisier ébéniste.
5 - Eddy Merckx surnommait Ocaña « El Cordobès », du nom du torero, après sa démonstration à Orcières-Merlette en juillet 1971.
6 - Au début de sa retraite sportive, Ocaña tente d'ouvrir un hôtel à Mont-de-Marsan, projet qui n'aboutit pas, avant d'acquérir son exploitation viticole en 1973.
- Métier(s) : coureur cycliste professionnel, consultant sportif, viticulteur
- Résidence principale : Caupenne-d'Armagnac, Gers
- Relations de couple : marié à Josiane Calède depuis le 24 décembre 1966
- Enfants : Jean-Louis (1968) et Sylvie (1970)
- Distinctions : Tour de France 1973, Tour d'Espagne 1970, champion d'Espagne 1968 et 1972, Critérium du Dauphiné libéré 1970, 1972 et 1973, Paris-Nice 1974, Grand Prix des Nations 1971
« Eddy m'irritait parce qu'il voulait toujours tout gagner, tout régenter. Le battre est devenu une obsession pour moi. »
— Cité dans le magazine Koersmuseum / serviceKoers, exposition Hurra por Luis (traduit de l'anglais)
« Ce n'est pas que je sois malheureux dans ma vie actuelle, mais elle ne me procurera jamais les sensations et les émotions que j'ai vécues sur le vélo. »
— Entretien avec Patrick Leroux, Libération, 1994
« C'est un Monsieur et je suis reconnaissant au destin de l'avoir placé sur ma route. Je lui dois tout. Il a guidé mes premiers pas de coureur cycliste avec une discrétion et un désintéressement exceptionnels. »
— Interview à Sud Ouest, à propos de Pierre Cescutti
« Eddy m'irritait parce qu'il voulait toujours tout gagner, tout régenter. Le battre est devenu une obsession pour moi. »
— Cité dans le magazine Koersmuseum / serviceKoers, exposition Hurra por Luis (traduit de l'anglais)
« Ce n'est pas que je sois malheureux dans ma vie actuelle, mais elle ne me procurera jamais les sensations et les émotions que j'ai vécues sur le vélo. »
— Entretien avec Patrick Leroux, Libération, 1994
« C'est un Monsieur et je suis reconnaissant au destin de l'avoir placé sur ma route. Je lui dois tout. Il a guidé mes premiers pas de coureur cycliste avec une discrétion et un désintéressement exceptionnels. »
— Interview à Sud Ouest, à propos de Pierre Cescutti