Michel Serrault, acteur français né le 24 janvier 1928 à Brunoy, est le seul comédien à avoir obtenu trois fois le César du meilleur acteur. Il décède le 29 juillet 2007 à Vasouy, en Normandie, après plus de 130 films.
Fils de Robert Serrault, représentant commercial et contrôleur de nuit au théâtre de l'Ambigu-Comique, et d'Adeline Foulon, Michel Serrault grandit à Brunoy avant d'être envoyé en Corrèze en 1939. Il entre en octobre 1942 au petit séminaire de Conflans à Charenton-le-Pont. Son directeur spirituel, le père Modeste Van Hamme, l'oriente vers la comédie en 1944. Inscrit au centre d'art dramatique de la rue Blanche, puis refusé au Conservatoire en 1946, il signe ses premiers contrats et part en tournée en Allemagne. De retour à Paris après son service militaire à Dijon en 1948, il intègre la troupe des Branquignols de Robert Dhéry, étudie le mimodrame avec Etienne Decroux et fait de la figuration à la Comédie-Française. En 1952, lors d'une audition au théâtre Sarah-Bernhardt, il rencontre Jean Poiret : les deux hommes forment un duo de cabaret qui les conduit du Tabou à La Tomate, avec pour premier sketch Jerry Scott, vedette internationale.
Michel Serrault débute au cinéma en 1954 dans Ah ! les belles bacchantes de Jean Loubignac, puis tient un second rôle dans Les Diaboliques d'Henri-Georges Clouzot en 1955. Pendant deux décennies, il enchaîne les seconds rôles comiques, notamment aux côtés de Louis de Funès. Le tournant vient en 1973 avec La Cage aux folles de Jean Poiret, mis en scène par Pierre Mondy au Palais-Royal, où Serrault incarne Albin, dit Zaza Napoli, pendant cinq ans. L'adaptation filmée par Edouard Molinaro en 1978 lui vaut le César du meilleur acteur en 1979. Il confirme sa dimension dramatique dans Garde à vue (1981) de Claude Miller face à Lino Ventura, puis dans Les Fantômes du chapelier (1982) de Claude Chabrol, Docteur Petiot (1990) de Christian de Chalonge, et Nelly et Monsieur Arnaud (1995) de Claude Sautet avec Emmanuelle Béart, qui lui vaut un troisième César en 1996 et le premier prix Lumière du meilleur acteur.
1928 : naissance le 24 janvier à Brunoy (Essonne)
1939 : évacuation en Corrèze avec ses frères Raoul et Guy et sa soeur Denise au début de la Seconde Guerre mondiale
1942 : entrée au petit séminaire de Conflans à Charenton-le-Pont
1944 : réorientation vers la comédie sur conseil du père Van Hamme ; inscription au centre d'art dramatique de la rue Blanche
1948 : service militaire à Dijon ; intégration des Branquignols de Robert Dhéry
1952 : rencontre de Jean Poiret au théâtre Sarah-Bernhardt ; création du duo de cabaret
1955 : rôle dans Les Diaboliques d'Henri-Georges Clouzot avec Simone Signoret
1958 : mariage avec Juanita Saint-Peyron le 27 janvier
1973 : triomphe dans La Cage aux folles de Jean Poiret, mis en scène par Pierre Mondy au Palais-Royal
1977 : décès accidentel de sa fille Caroline, à dix-neuf ans
1979 : César du meilleur acteur pour La Cage aux folles d'Edouard Molinaro
1982 : César du meilleur acteur pour Garde à vue de Claude Miller
1992 : décès de Jean Poiret en mars
1996 : César du meilleur acteur pour Nelly et Monsieur Arnaud de Claude Sautet ; Officier de la Légion d'honneur
2007 : décès le 29 juillet à Vasouy, en Normandie
Michel Serrault rencontre Juanita Saint-Peyron, dite Nita, au conservatoire Maubel où tous deux suivent des cours de comédie. Ils se marient le 27 janvier 1958, avec Jean Poiret et Françoise Dorin pour témoins. Le couple a deux filles : Caroline, née à Neuilly-sur-Seine, qui décède le 29 avril 1977 à dix-neuf ans dans un accident automobile, et Nathalie, née en 1962, qui devient actrice. Après cette perte, Serrault trouve refuge dans la foi catholique et dans un travail intensif. Juanita Serrault décède le 15 novembre 2008. Le couple résidait principalement à Neuilly-sur-Seine, avec une propriété secondaire, le Val la Reine, à Vasouy en Normandie.
Fervent catholique, Michel Serrault envisage peu avant sa mort de porter à l'écran la vie de Guillaume Pouget, prêtre lazariste qu'il admire profondément. Il publie plusieurs textes autobiographiques : Le Cri de la carotte avec Jean-Louis Remilleux en 1995, Vous avez dit Serrault ? en 2001 et Les Pieds dans le plat ! en 2004. Son amitié avec Jean Poiret, disparaissant en mars 1992, l'affecte profondément. Il évoque dans ses mémoires les nuits passées avec Michel Simon dans un bistrot de Montmartre, où l'acteur lui récitait des poètes comme Baudelaire, Apollinaire ou René-Guy Cadou. Il soutient par ailleurs diverses associations caritatives catholiques.
Michel Serrault décède le 29 juillet 2007 dans sa propriété du Val la Reine à Vasouy, en Normandie, à l'âge de 79 ans, des suites d'un cancer. Il souffrait par ailleurs depuis plusieurs années d'une polychondrite chronique atrophiante, maladie inflammatoire rare affectant les cartilages, qui avait provoqué une déformation visible de son nez. Le 2 août 2007, ses obsèques se déroulent en l'église Sainte-Catherine de Honfleur. Le Premier ministre François Fillon, la ministre de la Culture Christine Albanel, et les cinéastes Bertrand Blier, Jean-Pierre Mocky et Claude Chabrol y assistent, aux côtés des comédiens Jeanne Moreau, Isabelle Adjani, Jean-Paul Belmondo, Michel Galabru et Pierre Mondy.
Michel Serrault est d'abord inhumé au cimetière Sainte-Catherine de Honfleur. En 2009, sa dépouille est transférée au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine, auprès de son épouse Juanita Saint-Peyron et de sa fille Caroline. Une allée Michel-Serrault est inaugurée dans le 19e arrondissement de Paris en sa mémoire.
1 - Contraint de subsister à ses débuts, Serrault se travestit dans un cabaret polonais de Paris avant de rejoindre les Branquignols de Robert Dhéry en 1948, épisode qu'il relatera dans ses mémoires.
2 - Son directeur spirituel au séminaire de Conflans, le père Modeste Van Hamme, juge en 1944 que Serrault servirait mieux le Seigneur en devenant comédien, l'orientant ainsi vers sa vraie vocation.
3 - En 1975, Michel Simon récite à Serrault des nuits entières, dans un bistrot de Montmartre, des vers de Baudelaire, Apollinaire et René-Guy Cadou, une expérience que l'acteur décrit comme bouleversante dans ses mémoires.
4 - La Cage aux folles d'Edouard Molinaro, présentée aux Etats-Unis en 1978-1979, est à ce jour le deuxième plus grand succès d'un film français en version originale sur le marché américain, derrière Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain.
5 - Quelques jours avant sa mort, Serrault assiste à Paris aux obsèques de Jean-Claude Brialy ; il décède lui-même le 29 juillet 2007, un jour avant Ingmar Bergman et Michelangelo Antonioni.
- Métier(s) : acteur, scénariste, producteur
- Résidence principale : Neuilly-sur-Seine
- Relations de couple : Juanita Saint-Peyron (épouse, 1958-2007)
- Enfants : Caroline (1958-1977), Nathalie (née en 1962)
- Distinctions : César du meilleur acteur 1979, 1982, 1996 ; prix Lumière du meilleur acteur 1996 ; Officier de la Légion d'honneur 1996 ; Commandeur de l'ordre national du Mérite 2002 ; Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres
Le rire doit être construit, basé sur la réalité de la vie, sur des faits communs. La folie, oui, mais avec un cadre.
— IMDb, citations attribuées à Michel Serrault
Je suis là pour les autres. Le théâtre reste un échange. J'aime les gens, j'aime les émouvoir, j'aime les faire rire.
— Citations attribuées à Michel Serrault, Dico-citations
Croire en Dieu ne suffit pas. Il y a trop de chrétiens indignes de leur foi. Il vaut mieux un athée solidaire qu'un mauvais catholique qui ne fait rien pour les autres.
— Déclaration à la presse lors de la promotion de Belphégor, Paris, 5 avril 2001
Nous sommes tous immortels. Nous allons tous vivre éternellement. On est parti depuis notre naissance pour l'éternité ! J'en suis persuadé. Je ne comprends pas l'affolement autour de la mort.
— Les Pieds dans le plat, Oh ! Editions, 2004
Le rire est une bouée de sauvetage.
Si je ne suis pas devenu prêtre, c'est à cause des voeux de chasteté.
Je n'ai plus peur de la mort depuis que j'ai appris que je ne serai pas le premier à passer par là.
Aurais-je un jour la possibilité d'exercer un métier qui ne me ferait pas perdre le goût de m'amuser ?
Le rire doit être construit, basé sur la réalité de la vie, sur des faits communs. La folie, oui, mais avec un cadre.
Si l'acteur ne bouscule pas la réalité pour aller plus loin dans les émotions ou dans le rire, ce n'est plus un artiste.
Un acteur est quelqu'un qui doit inventer, se laisser porter par son invention. Il est essentiel de donner un plus, de ne pas se contenter d'être un serviteur aveugle et ignare.