Médecin, physiologiste et homme politique français né à Auxerre le 19 octobre 1833, Paul Bert est l'auteur de l'effet Paul Bert (toxicité de l'oxygène sous haute pression) et, ministre de l'Instruction publique sous Léon Gambetta (1881-1882), l'un des artisans de l'école laïque en France.
Paul Bert naît le 19 octobre 1833 à Auxerre (Yonne), fils d'un avocat. Après ses études au Collège d'Auxerre, il vient à Paris achever des études de droit avant de se réorienter vers les sciences naturelles et la médecine. Licencié en droit (1856) et en sciences naturelles (1860), il obtient un doctorat en médecine en 1863, puis un doctorat ès sciences en 1866. En 1863, il entre au Collège de France comme préparateur de Claude Bernard, dont les travaux sur la physiologie expérimentale orientent durablement ses recherches vers la respiration et les effets des variations de pression barométrique. En 1866-1867, il enseigne la zoologie et la physiologie à la faculté des sciences de Bordeaux. Rentré à Paris en 1868, il succède à Pierre Flourens à la chaire de physiologie comparée du Muséum national d'histoire naturelle.
En 1869, Paul Bert obtient la chaire de physiologie générale à la Sorbonne, succédant à nouveau à Claude Bernard. Ses recherches aboutissent en 1878 à La Pression barométrique, recherches de physiologie expérimentale, ouvrage de référence en médecine aéronautique et en physiologie de la plongée. La guerre franco-prussienne de 1870 l'oriente vers la politique. Nommé préfet du Nord par Léon Gambetta, il est élu député de l'Yonne en 1872. Radical anticlérical, il figure parmi les 363 députés opposés à la politique du président Mac-Mahon lors de la crise du 16 mai 1877. Ministre de l'Instruction publique et des Cultes dans le cabinet Gambetta (novembre 1881 - janvier 1882), il défend les lois de Jules Ferry instaurant l'école laïque, gratuite et obligatoire, et introduit l'enseignement des sciences dans les lycées. Nommé en janvier 1886 premier résident général de la République française en Annam et au Tonkin, il fonde l'Académie de Hanoï avant de mourir le 11 novembre 1886.
Paul Bert est membre actif de la Société d'anthropologie de Paris à partir de 1861, dont il propage les théories racialistes, notamment lors de l'exercice de ses fonctions ministérielles. Son manuel La deuxième année d'enseignement scientifique (1882) contient des affirmations explicitement racistes sur la supériorité des Blancs sur les autres races, documentées par des sources académiques multiples, dont les travaux de l'historienne Suzanne Citron sur les manuels scolaires de la IIIe République. Ces écrits n'ont pas donné lieu à des poursuites judiciaires de son vivant. Par ailleurs, en tant que membre fondateur et vice-président de l'Union de propagande démocratique anticléricale, ses funérailles nationales civiles, tenues à Auxerre en novembre 1886, ont provoqué un scandale dans les milieux catholiques français.
1833 : Naissance le 19 octobre à Auxerre (Yonne).
1856 : Licencié en droit à Paris.
1860 : Licencié en sciences naturelles.
1863 : Doctorat en médecine ; préparateur de Claude Bernard au Collège de France.
1866 : Doctorat ès sciences ; professeur à la faculté des sciences de Bordeaux.
1869 : Chaire de physiologie générale à la Sorbonne.
1872 : Élu député radical de l'Yonne à la Chambre des députés.
1875 : Grand prix biennal de l'Académie des sciences (20 000 francs) ; supervision du vol record du ballon Zénith (24 heures 40 minutes) en mars.
1877 : Figure parmi les 363 députés opposés à la politique du président Mac-Mahon lors de la crise du 16 mai.
1878 : Publication de La Pression barométrique, recherches de physiologie expérimentale ; présidence de la Société de biologie.
1881 : Publication de L'Enseignement laïque.
1881-1882 : Ministre de l'Instruction publique et des Cultes dans le cabinet Gambetta.
1882 : Élu à l'Académie des sciences.
1886 : Nommé résident général de l'Annam-Tonkin le 31 janvier ; décède du choléra à Hanoï le 11 novembre.
Paul Bert est le fils d'un avocat établi à Auxerre. Il effectue ses premières études au Collège d'Auxerre, puis rejoint Paris pour des études de droit, de médecine et de sciences. Paul Bert épouse Joséphine Clayton, née le 3 octobre 1846 à Banff (Écosse), d'une famille protestante. Joséphine Clayton, auteure de récits sur le séjour indochinois du couple, avait rejoint la France à l'âge de 15 ans pour y apprendre la langue. Le couple a trois filles, dont les prénoms ne sont pas documentés dans les sources consultées. Joséphine Clayton survit à son mari de trente ans et décède à Paris le 6 juin 1916.
Paul Bert entretient des liens étroits avec Léon Gambetta, dont il est l'un des proches collaborateurs depuis les débuts de la IIIe République, et avec le chimiste Marcellin Berthelot. Libre-penseur et positiviste, fondateur de l'Union de propagande démocratique anticléricale, il milite contre l'influence du clergé dans les institutions publiques. Il oeuvre également en faveur de Louis Pasteur, pour lequel il obtient du Parlement une pension annuelle de 12 000 francs. À la mort de l'anatomiste Pierre Gratiolet (1865), Paul Bert assume la tutelle de ses enfants et veille à ce qu'ils reçoivent l'éducation religieuse souhaitée par leur père, en dépit de ses propres convictions athées.
Paul Bert meurt du choléra le 11 novembre 1886 à Hanoï, sept mois après sa nomination comme résident général. Ses funérailles nationales civiles sont organisées à Auxerre, provoquant un vif scandale dans les milieux catholiques en raison de leur caractère strictement laïque. Sa dépouille est inhumée au cimetière Dunand d'Auxerre. La Société de biologie et la communauté scientifique internationale lui rendent hommage. Son collaborateur Antony Klobukowski souscrit au Tonkin à un fonds pour l'érection d'une statue en son honneur. En 1986, le centenaire de sa mort donne lieu à des commémorations officielles à Auxerre sous la présidence de François Mitterrand, chef de l'État.
Paul Bert est inhumé au cimetière Dunand d'Auxerre, où son tombeau a été réalisé par le sculpteur Frédéric Auguste Bartholdi. Une statue en sa mémoire, oeuvre du sculpteur Émile Peynot, est inaugurée à Auxerre le 7 juillet 1889. Plusieurs rues portent son nom à Paris, Bagnolet, Saint-Mandé et dans de nombreuses communes françaises, ainsi que de nombreux établissements scolaires.
1 - En mars 1875, Paul Bert supervise le premier vol de longue durée du ballon Zénith (24 heures 40 minutes). Les aéronautes Théodore Sivel et Joseph Crocé-Spinelli, entraînés dans sa chambre de décompression, meurent lors d'un second vol en avril 1875, à 8 600 mètres d'altitude.
2 - Le tombeau de Paul Bert au cimetière Dunand d'Auxerre a été sculpté par Frédéric Auguste Bartholdi, l'auteur de la Statue de la Liberté (New York) et du Lion de Belfort.
3 - Destiné par sa famille à une carrière juridique, Paul Bert ne s'oriente vers la physiologie qu'à Paris, où Claude Bernard, dont il suit les cours, le prend comme préparateur au Collège de France dès 1863.
4 - L'épouse de Paul Bert, Joséphine Clayton, était protestante d'origine écossaise, née à Banff en 1846. Venue en France à 15 ans pour y apprendre la langue, elle rédigea des mémoires sur les années indochinoises du couple après la mort de son mari.
5 - Au Tonkin, en neuf mois seulement, Paul Bert fonde l'Académie de Hanoï et s'efforce d'instaurer une administration civile respectueuse des institutions locales - premier civil à occuper la fonction de résident général dans la région.
- Métier(s) : Médecin, physiologiste, professeur, homme politique
- Résidence
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Joséphine Clayton (née 3 octobre 1846, Banff, Écosse)
- Enfants : Trois filles (prénoms non documentés)
- Distinctions : Grand prix biennal de l'Académie des sciences (1875) ; membre de l'Académie des sciences (1882) ; président de la Société de biologie (1878)
366 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
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Seulement il faut bien savoir que les blancs, étant plus intelligents, plus travailleurs, plus courageux que les autres, ont envahi le monde entier, et menacent de détruire ou de subjuguer toutes les races inférieures.
— La deuxième année d'enseignement scientifique, Paul Bert, 1882