Cette année marque le 80ᵉ anniversaire de sa disparition.
Physicien français et pédagogue engagé, Paul Langevin (1872-1946) marque la physique du XXe siècle par ses travaux sur le magnétisme, la physique statistique et l’acoustique sous-marine, tout en occupant une place publique dans l’éducation, la vie intellectuelle et la Résistance.
Né à Paris, Paul Langevin suit d’abord l’École municipale de physique et de chimie industrielles (ESPCI), puis l’École normale supérieure, avant un séjour au laboratoire Cavendish de l’université de Cambridge en 1897. Docteur ès sciences en 1902, il travaille à la Faculté des sciences de Paris et s’impose comme enseignant-chercheur. En 1909, il devient professeur titulaire au Collège de France sur une chaire de physique générale et expérimentale. Parallèlement, il enseigne aussi dans des cadres variés, notamment à l’École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres. Il participe aux Congrès Solvay et dirige le Journal de physique et du radium à partir de 1920. À l’ESPCI, il est directeur des études puis, à partir de 1925, directeur de l’école jusqu’à sa mort, en renforçant les liens entre enseignement et recherche. Il publie des textes de synthèse, dont La Physique depuis vingt ans et La Pensée et l'Action.
Ses recherches portent sur le magnétisme, la physique statistique et la diffusion des idées nouvelles en physique, notamment la relativité, qu’il contribue à faire connaître en France. Pendant la Première Guerre mondiale, il travaille sur la détection sous-marine par ultrasons, souvent rattachée aux développements du sonar. Il reçoit la médaille Hughes de la Royal Society en 1915 et devient membre étranger de la Royal Society en 1928 ; il est élu à l’Académie des sciences en 1934. Son engagement public le conduit à signer en 1898 une pétition liée à l’affaire Dreyfus, à cofonter l’Union rationaliste en 1930 et à en être président de 1938 à 1946. Arrêté le 30 octobre 1940 et révoqué par le régime de Vichy, il reprend une activité publique après la Libération : il adhère au Parti communiste français en 1944 et siège comme conseiller municipal du 5e arrondissement de Paris de 1945 à 1946.
En 1911, sa relation avec Marie Curie fait l’objet d’une exposition médiatique violente après la divulgation de correspondances privées. L’épisode alimente une campagne de presse mêlant attaques personnelles, insinuations et xénophobie visant surtout Marie Curie, tandis que Langevin est entraîné dans une affaire devenue publique. Ce scandale, très commenté au moment où Curie est distinguée sur la scène internationale, affecte durablement l’image des protagonistes dans l’opinion, sans modifier la réalité de leurs contributions scientifiques.
1872 : naissance à Paris (18e arrondissement)
1897 : séjour de recherche au laboratoire Cavendish (université de Cambridge)
1902 : doctorat ès sciences
1909 : professeur au Collège de France (chaire de physique générale et expérimentale)
1915 : médaille Hughes (Royal Society)
1925 : directeur de l’ESPCI (jusqu’en 1946)
1930 : cofonde l’Union rationaliste
1934 : élu à l’Académie des sciences
1940 : arrestation et incarcération, puis révocation par le régime de Vichy
1944 : adhère au Parti communiste français ; quitte clandestinement la France pour la Suisse
1945 : conseiller municipal du 5e arrondissement de Paris
1946 : décès à Paris (5e arrondissement)
1948 : transfert des cendres au Panthéon
Issu d’une famille parisienne, il est le fils de Victor-Charles Langevin, employé du bâtiment, et de Marie-Adèle Pinel, institutrice. Son parcours scolaire passe par une école primaire supérieure avant les concours scientifiques. Il épouse Emma-Jeanne Desfosses le 22 septembre 1898 à Choisy-le-Roi. De ce mariage naissent quatre enfants, prénommés Jean, André, Madeleine et Hélène. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la famille est directement touchée : Jacques Solomon, époux d’Hélène Langevin, est fusillé au Mont-Valérien en 1942, et Hélène Langevin est déportée à Auschwitz en 1943 avant de revenir en 1945.
Son activité publique dépasse le champ scientifique. Signataire en 1898 d’une pétition liée à l’affaire Dreyfus, il s’engage ensuite dans des causes pacifistes et éducatives après 1918. Il participe au Comité international de coopération intellectuelle de la Société des Nations. Il milite à la Ligue des droits de l’Homme, qu’il préside en 1931, et cofonde en 1930 l’Union rationaliste, dont il est président de 1938 à 1946. Après la Libération, il intervient dans les débats sur la réforme de l’enseignement, puis adhère au Parti communiste français en 1944 et siège comme conseiller municipal du 5e arrondissement de Paris de 1945 à 1946.
À Paris, plusieurs lieux renvoient directement à son parcours : le Collège de France (quartier Latin), où il enseigne une grande partie de sa carrière, et l’ESPCI Paris-PSL, rue Vauquelin, qu’il dirige jusqu’en 1946. Le Panthéon, où ses cendres sont transférées en 1948, constitue le principal lieu de mémoire. Le Palais de la Découverte est aussi associé aux hommages rendus après guerre.
Paul Langevin meurt à Paris, dans le 5e arrondissement. Des obsèques nationales sont organisées au Collège de France, devant une foule nombreuse, en présence de responsables politiques et scientifiques, avec plusieurs prises de parole officielles. Un cortège traverse ensuite la capitale avant l’inhumation au cimetière du Père-Lachaise. Par la suite, une veillée publique au Palais de la Découverte précède le transfert de ses cendres au Panthéon, hommage républicain rendu à son œuvre scientifique et à son engagement civique.
Le principal lieu de recueillement est le Panthéon, à Paris, où ses cendres sont transférées en 1948 aux côtés d’autres grandes figures scientifiques. Pour une démarche mémorielle complémentaire, l’ESPCI Paris-PSL et le Collège de France, institutions centrales de sa carrière, constituent des lieux de référence liés à son héritage.
1 - Durant l’Occupation, son arrestation le 30 octobre 1940 et son incarcération à la prison de la Santé deviennent un symbole : l’événement est lié à la première manifestation anti-allemande du 11 novembre 1940 à Paris.
2 - En 1945, Pablo Picasso réalise un portrait de Paul Langevin, conservé au musée Picasso à Paris, signe de la notoriété du savant au-delà du cercle strictement scientifique.
3 - Entre 1938 et septembre 1939, il pratique la radio en amateur sous l’indicatif F3ST, un détail peu connu qui illustre son intérêt concret pour les techniques de communication de son époque.
4 - En 1967, la création de l’Institut Laue-Langevin (France-Allemagne) inscrit son nom dans une grande institution internationale dédiée aux sciences neutroniques, prolongeant sa place dans l’histoire des sciences.
- Métier(s) : physicien, enseignant, directeur d’établissement, pédagogue, homme public
- Résidence principale : Paris (France)
- Relations : mariage avec Emma-Jeanne Desfosses (1898)
- Enfants : Jean, André, Madeleine, Hélène
- Distinctions : médaille Hughes (1915) ; membre étranger de la Royal Society (1928) ; Académie des sciences (1934)
Le concret c'est de l'abstrait rendu familier par l'usage.
Le concret c'est de l'abstrait rendu familier par l'usage.