Cette année marque le 1er anniversaire de sa disparition.
Cette année marque le 90ᵉ anniversaire de sa naissance.
Philippe Labro, né le 27 août 1936 à Montauban et mort le 4 juin 2025 à Paris à l'âge de 88 ans, était un journaliste, écrivain, réalisateur et parolier français, figure centrale des médias français pendant six décennies, notamment comme directeur des programmes de RTL de 1985 à 2000 et parolier de Johnny Hallyday.
Après avoir raté son baccalauréat, Philippe Labro obtient en 1954 une bourse Zellidja qui lui permet d'étudier à l'université Washington et Lee de Lexington, en Virginie. Cette immersion américaine détermine toute sa carrière : de retour en France, il remporte en 1957 La Coupe des Reporters sur Europe 1 et entre comme grand reporter à France-Soir en 1959, recruté par Pierre Lazareff. Il couvre l'assassinat de John F. Kennedy en novembre 1963 depuis Dallas, croise Jack Ruby quelques jours avant que celui-ci abatte Lee Harvey Oswald, et est auditionné par la commission Warren. En 1960, il est mobilisé pour la guerre d'Algérie comme journaliste militaire pendant deux ans. Chroniqueur au Journal du dimanche de 1965 à 1972 puis à Paris Match de 1971 à 1988, il coproduira avec Henri de Turenne l'émission Caméra Trois sur la deuxième chaîne de l'ORTF de 1964 à 1968. En 1979, il devient rédacteur en chef de RTL, puis directeur général des programmes en 1985, poste qu'il occupe jusqu'en 2000 tout en prenant la vice-présidence de la station. En 1981-1982, il présente en alternance avec Bernard Langlois le journal de la mi-journée sur Antenne 2.
Cinéphile proche de Jean-Pierre Melville, dont il sera présent aux côtés au moment de sa mort, Philippe Labro réalise sept longs-métrages inspirés du polar américain entre 1969 et 1984. Parmi eux, L'Héritier (1973) et L'Alpagueur (1976), tous deux avec Jean-Paul Belmondo, La Crime (1983) et Rive droite, rive gauche (1984) avec Gérard Depardieu et Nathalie Baye. Écrivain parallèlement, il publie plus d'une vingtaine d'ouvrages. Son roman L'Étudiant étranger obtient le Prix Interallié en 1986 ; Un été dans l'Ouest reçoit le Prix Gutenberg en 1988. Il manque à deux reprises le prix Goncourt : en 1988, face à Erik Orsenna, et en 1990, face à Jean Rouaud pour Les Champs d'honneur par huit voix contre deux. En 2003, il publie Tomber sept fois, se relever huit, témoignage sur la dépression nerveuse qui l'affecte de 1999 à 2001. En 2005, il lance avec Vincent Bolloré la chaîne Direct 8, devenue C8, où il présente plusieurs émissions jusqu'en février 2025. Parolier, il écrit une trentaine de chansons pour Johnny Hallyday, dont l'album intégral Flagrant Délit, ainsi que des titres pour Eddy Mitchell, Sylvie Vartan et, en collaboration avec Serge Gainsbourg, pour Jane Birkin. En 2025, il reçoit le Prix Louis-Barthou de l'Académie française pour Deux Gimlets sur la 5e avenue.
1936 : naissance le 27 août à Montauban (Tarn-et-Garonne).
1948 : la famille s'installe à Paris ; Philippe intègre le lycée Janson-de-Sailly.
1951 : à 15 ans, remporte un concours de journalisme parrainé par Le Figaro et devient rédacteur en chef du Journal des jeunes.
1954 : bourse Zellidja, départ pour l'université Washington et Lee en Virginie.
1957 : remporte La Coupe des Reporters sur Europe 1, débuts professionnels dans le journalisme.
1959 : recruté comme grand reporter à France-Soir par Pierre Lazareff.
1960 : mobilisation pour la guerre d'Algérie comme journaliste militaire (jusqu'en 1962).
1963 : couvre l'assassinat de Kennedy à Dallas, auditionné par la commission Warren.
1969 : réalise son premier film, Tout peut arriver.
1978 : épouse en secondes noces Françoise Coulon le 12 août.
1979 : nommé rédacteur en chef de RTL.
1985 : nommé directeur général des programmes de RTL.
1986 : Prix Interallié pour L'Étudiant étranger.
1994 : hospitalisé plusieurs semaines à l'hôpital Cochin après un oedème du larynx et une pneumopathie foudroyante ; expérience relatée dans La Traversée (1996).
2000 : le mémorial de Yad Vashem décerne à ses parents Jean-François et Henriette Labro le titre de Justes parmi les nations (13 août).
2002 : nommé officier de la Légion d'honneur (8 janvier).
2003 : publication de Tomber sept fois, se relever huit, témoignage sur sa dépression.
2005 : lance la chaîne Direct 8 avec Vincent Bolloré (31 mars).
2010 : promu commandeur de la Légion d'honneur (2 avril).
2025 : élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur (15 janvier) ; Prix Louis-Barthou de l'Académie française ; décède le 4 juin à Paris des suites d'un cancer.
Philippe Labro est le fils de Jean-François Labro, conseiller juridique et fiscal originaire de Montauban, et d'Henriette Carisey, fille naturelle d'un noble polonais et d'une institutrice française. Sa mère est la soeur d'Henri Magny. Ses parents, qui cachent des Juifs sous l'Occupation malgré la présence d'un officier SS de la division Das Reich au premier étage de leur maison, sont reconnus Justes parmi les nations par Yad Vashem en 2000. Il est le frère de l'architecte Jacques Labro. Philippe Labro épouse en premières noces Geneviève Gourou, avec qui il a une fille, Valérie, actrice, chanteuse et réalisatrice. Le 12 août 1978, il épouse en secondes noces Françoise Coulon, scénariste et journaliste native de Besançon, avec qui il a deux enfants, Clarisse et Jean. Il est père de quatre enfants au total et quatre fois grand-père.
Parmi ses mentors déclarés, Philippe Labro cite Pierre Lazareff pour le journalisme, Jean-Pierre Melville pour le cinéma et Ernest Hemingway pour l'écriture. Proche de Nagui, qui produit son émission Ombre et lumière sur France 3 (2001-2006), il entretient des liens durables avec le monde des médias et de la culture. Président d'honneur de la Compagnie des écrivains de Tarn-et-Garonne, parrain de la promotion Zellidja 2008, il reçoit également le prix Scopus de l'Université hébraïque de Jérusalem en 2012 et le titre de docteur honoris causa de l'université Washington et Lee en 1988.
Philippe Labro meurt le 4 juin 2025 à Paris des suites d'un cancer, à l'âge de 88 ans. Le type précis de cancer n'est pas rendu public par la famille. Ses obsèques se tiennent le 13 juin 2025, à 10h30, en l'église Saint-Germain-des-Prés (6e arrondissement de Paris), en présence de son épouse Françoise Labro, de leurs quatre enfants et quatre petits-enfants, ainsi que de nombreuses personnalités, parmi lesquelles Fabrice Luchini, Michel Drucker, Laeticia Hallyday, Franz-Olivier Giesbert, Pascal Praud et Marc-Olivier Fogiel. Nagui salue son rôle de mentor, Jean-Jacques Bourdin évoque un homme profondément inspirant. RTL annonce le rebaptiser son studio Info en "studio Philippe Labro" en hommage. L'inhumation a lieu dans l'intimité familiale au cimetière du Montparnasse.
Philippe Labro est inhumé au cimetière du Montparnasse à Paris, division 11. Sa tombe se présente sous la forme d'une stèle de granit gris foncé avec son nom gravé en lettres dorées. Le studio Info de RTL est rebaptisé "studio Philippe Labro" en hommage permanent à sa contribution à la radio française.
1 - Alors qu'il enregistre un reportage sur le campus de l'université Yale pour l'émission Cinq colonnes à la une, Philippe Labro apprend en direct l'assassinat de Kennedy en novembre 1963. Il se rend à Dallas et croise Jack Ruby quelques jours avant que celui-ci abatte Lee Harvey Oswald, ce qui lui vaudra d'être auditionné officiellement par la commission Warren.
2 - À 15 ans, Philippe Labro remporte un concours de journalisme parrainé par Le Figaro et devient rédacteur en chef du Journal des jeunes, alors même qu'il échouera au baccalauréat quelques années plus tard et partira aux États-Unis sans diplôme grâce à une bourse Zellidja.
3 - Parolier prolifique, Philippe Labro use du pseudonyme "Philippe Christian" pour signer ses premières chansons, dont des textes de l'album Seul de Johnny Hallyday en 1967, en collaboration avec Claude Moine. Il écrira au total une trentaine de titres pour Hallyday, dont l'intégralité de l'album Flagrant Délit.
4 - En 1994, Philippe Labro frôle la mort après un oedème du larynx et une pneumopathie foudroyante qui le retient six semaines à l'hôpital Cochin, dont dix jours en réanimation. Cette expérience de mort imminente donnera naissance au récit La Traversée (1996), trente et un ans avant son décès effectif.
5 - Sa dépression nerveuse, survenue au tournant des années 2000 lors de sa nomination à la présidence de RTL, a selon ses propres mots une cause précise : il déclare avoir accepté ce poste "par orgueil", sachant que la fonction, davantage comptable que journalistique, n'était pas faite pour lui.
- Métier(s) : journaliste, écrivain, réalisateur, parolier, homme de médias
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Geneviève Gourou (1re union, dates non documentées) ; Françoise Coulon (épousée le 12 août 1978)
- Enfants : Valérie (1re union) ; Clarisse et Jean (avec Françoise Coulon) ; un quatrième enfant (union non documentée)
- Distinctions : Prix Interallié 1986 (L'Étudiant étranger) ; Prix Gutenberg 1988 (Un été dans l'Ouest) ; Prix Louis-Barthou 2025 de l'Académie française (Deux Gimlets sur la 5e avenue) ; Grand officier de la Légion d'honneur (2025) ; Commandeur de l'ordre national du Mérite ; Docteur honoris causa de l'université Washington et Lee (1988) ; Prix Scopus de l'Université hébraïque de Jérusalem (2012)
Je crois que ce qui compte, c'est le désir et l'envie et l'énergie. Si vous avez ces trois choses-là, vous pouvez faire des choses.
— Contact, l'encyclopédie de la création, émission de télévision canadienne (date non précisée dans les sources)
J'ai accepté par orgueil en sachant que ce n'était pas un poste pour moi, car il supposait de s'occuper davantage des comptes que de journalisme. Pour ne pas affronter cette décision, je me suis réfugié dans la dépression.
— Déclaration rapportée par Le Moustique, juin 2025 (propos de Labro sur sa nomination à la présidence de RTL)
Deux ou trois fois dans ma vie, pendant la guerre d'Algérie, durant mai 68, j'ai pris des positions. J'ai pris des partis parce que ce qui compte pour moi, c'est la liberté... si la liberté est menacée, je crois que oui, il faut sortir du chemin.
— Archive INA, émission Lignes de mire avec Jacques Chancel, 1998
Je n'ai pas eu besoin de demander la permission à qui que ce soit, parce que c'était un instinct, qui reposait sur un désir, une curiosité d'Amérique, que j'avais depuis toujours. Elle venait de mes lectures d'enfance, du cinéma, de la libération de la France.
— Entretien publié dans Phosphore (cité par Wikipédia FR)
La vie n'est pas une comédie musicale.
Il ne faut jamais aller plus vite que sa vitesse.
Le désir c'est une énergie, et l'énergie c'est du désir.
Sur toute expérience nouvelle, règne la permanence d'un danger.
La dépression, c'est le novembre de l'âme, le décembre du désir.
La femme de trente ans, c'est une femme de vingt qui n'en a pas quarante.
Si la vie n'est qu'une scène, alors autant y jouer un beau rôle, autant en rire.
Relativiser, il paraît que cela fait partie d'un processus qui s'appelle vieillir.
La dépression, c'est une manière de mort, et la vie, comme la pensée, est mouvement.
Il y a un passage dans l'enfance où l'on devrait noter tout ce que l'on dit, car tout est sage et lumineux.
Le glauque, c'est les gens qui se conforment, qui suivent, qui imitent parce qu'ils ont peur, qui se soumettent aux discours du moment.
C'est parfois utile de tomber, de se ramasser la gueule, et puis on se relève. Quand on se relève on voit les choses et les gens autrement.
Ils sont écrits pour les vieux, les magazines, pas pour les jeunes. Quant aux magazines pour les jeunes, ils sont quand même écrits par des vieux.
L'Amérique lui avait enseigné qu'il est naturel et facile d'agir, alors que le continent d'où il était arrivé privilégiait l'acte de compréhension.
Je crois que ce qui compte, c'est le désir et l'envie et l'énergie. Si vous avez ces trois choses-là, vous pouvez faire des choses.
— Contact, l'encyclopédie de la création, émission de télévision canadienne (date non précisée dans les sources)
J'ai accepté par orgueil en sachant que ce n'était pas un poste pour moi, car il supposait de s'occuper davantage des comptes que de journalisme. Pour ne pas affronter cette décision, je me suis réfugié dans la dépression.
— Déclaration rapportée par Le Moustique, juin 2025 (propos de Labro sur sa nomination à la présidence de RTL)
Deux ou trois fois dans ma vie, pendant la guerre d'Algérie, durant mai 68, j'ai pris des positions. J'ai pris des partis parce que ce qui compte pour moi, c'est la liberté... si la liberté est menacée, je crois que oui, il faut sortir du chemin.
— Archive INA, émission Lignes de mire avec Jacques Chancel, 1998
Je n'ai pas eu besoin de demander la permission à qui que ce soit, parce que c'était un instinct, qui reposait sur un désir, une curiosité d'Amérique, que j'avais depuis toujours. Elle venait de mes lectures d'enfance, du cinéma, de la libération de la France.
— Entretien publié dans Phosphore (cité par Wikipédia FR)
La vie n'est pas une comédie musicale.
Il ne faut jamais aller plus vite que sa vitesse.
Le désir c'est une énergie, et l'énergie c'est du désir.
Sur toute expérience nouvelle, règne la permanence d'un danger.
La dépression, c'est le novembre de l'âme, le décembre du désir.
La femme de trente ans, c'est une femme de vingt qui n'en a pas quarante.
Si la vie n'est qu'une scène, alors autant y jouer un beau rôle, autant en rire.
Relativiser, il paraît que cela fait partie d'un processus qui s'appelle vieillir.
La dépression, c'est une manière de mort, et la vie, comme la pensée, est mouvement.
Il y a un passage dans l'enfance où l'on devrait noter tout ce que l'on dit, car tout est sage et lumineux.
Le glauque, c'est les gens qui se conforment, qui suivent, qui imitent parce qu'ils ont peur, qui se soumettent aux discours du moment.
C'est parfois utile de tomber, de se ramasser la gueule, et puis on se relève. Quand on se relève on voit les choses et les gens autrement.
Ils sont écrits pour les vieux, les magazines, pas pour les jeunes. Quant aux magazines pour les jeunes, ils sont quand même écrits par des vieux.
L'Amérique lui avait enseigné qu'il est naturel et facile d'agir, alors que le continent d'où il était arrivé privilégiait l'acte de compréhension.