Résumé biographique

Avocat et ministre, Robert Badinter a marqué l’histoire française par son combat pour l’abolition de la peine de mort en 1981.


Parcours

Robert Badinter débute comme avocat à Paris en 1951, collaborant avec Henry Torrès. En 1965, il co-fonde le cabinet Badinter, Bredin et partenaires, spécialisé en droit des affaires. Professeur de droit privé, il enseigne dans plusieurs universités, dont Paris I, jusqu’en 1994. Son engagement contre la peine de mort s’intensifie après l’exécution de Roger Bontems en 1972. Nommé ministre de la Justice en 1981 sous François Mitterrand, il fait voter l’abolition de la peine capitale. De 1986 à 1995, il préside le Conseil constitutionnel, puis devient sénateur des Hauts-de-Seine de 1995 à 2011. Il contribue également à la réforme du Code pénal et à la création de la Cour de conciliation et d’arbitrage de l’OSCE.


Repères de carrière

1951 : Inscription comme avocat au barreau de Paris.
1965 : Fonde le cabinet Badinter, Bredin et partenaires.
1972 : Défend Roger Bontems, renforçant son opposition à la peine de mort.
1976 : Défend Patrick Henry, évitant la peine capitale.
1981 : Devient ministre de la Justice sous François Mitterrand.
1981 : Fait voter la loi abolissant la peine de mort en France.
1985 : Introduit la loi Badinter pour l’indemnisation des victimes d’accidents de la route.
1986 : Nommé président du Conseil constitutionnel.
1991 : Préside la Commission d’arbitrage sur la Yougoslavie.
1995 : Élu sénateur des Hauts-de-Seine.
2001 : Reçoit l’ordre de Tomáš Garrigue Masaryk (République tchèque).
2003 : Élu à l’Académie française.
2004 : Réélu sénateur des Hauts-de-Seine.
2013 : Publie Idiss, ouvrage sur sa grand-mère.
2023 : Reçoit le prix international de l’abolition par Death Penalty Focus.


Vie personnelle et engagements

Né dans une famille juive originaire de Bessarabie, Robert Badinter perd son père, déporté à Sobibor en 1943. Il épouse l’actrice Anne Vernon en 1957, dont il divorce en 1965, puis la philosophe Élisabeth Bleustein-Blanchet en 1966, avec qui il a trois enfants : Judith, Simon et Benjamin. Engagé contre l’antisémitisme et l’homophobie, il défend la laïcité et les droits humains. Il soutient la réinsertion des détenus et critique la médiatisation excessive des victimes dans les affaires judiciaires. Avec sa femme, il s’oppose à certaines dérives communautaristes, notamment dans les débats sur la laïcité. Badinter refuse les distinctions françaises comme la Légion d’honneur, mais accepte des décorations étrangères.


Anecdotes

1- En 1976, sa plaidoirie pour Patrick Henry évite la peine de mort par un vote serré de 7 contre 5.
2- Il rédige le livret de l’opéra Claude, inspiré de Victor Hugo, créé en 2013.
3- En 2011, il dénonce la « mise à mort médiatique » dans l’affaire Dominique Strauss-Kahn.
4- Il consacre un livre, Idiss, à sa grand-mère, publié en 2018.


Où se recueillir ?

Robert Badinter résidait à Paris, France, où il est né et mort. Décédé le 9 février 2024, il sera honoré au Panthéon le 9 octobre 2025, date anniversaire de l’abolition de la peine de mort. Des lieux de mémoire incluent le Palais de Justice de Paris.


Contexte du décès

Robert Badinter s’éteint dans la nuit du 8 au 9 février 2024 à Paris, à l’âge de 95 ans. Aucune information précise sur les causes de son décès n’a été rendue publique.


Points clés

• Métier(s) : Avocat, ministre, sénateur, professeur, essayiste.
• Résidence principale : Paris, France.
• Relations : Anne Vernon (1957-1965), Élisabeth Bleustein-Blanchet (1966-2024).
• Enfants : Judith (1966), Simon (1968), Benjamin (1970).
• Distinctions : Ordre de Tomáš Garrigue Masaryk (2001), Ordre du 8-Septembre (2006), Prix international de l’abolition (2023).