Résumé biographique

Scott Joplin est un pianiste et compositeur afro-américain associé au ragtime, dont les partitions pour piano comme Maple Leaf Rag et The Entertainer ont structuré un répertoire incontournable entre musique populaire et écriture savante, des salles de danse de la fin du XIXe siècle aux enregistrements contemporains.


Parcours

Né le 24 novembre 1868 dans le comté de Bowie au Texas, Scott Joplin grandit dans une famille de six enfants où la pratique musicale est présente dès l’enfance. Il reçoit une formation approfondie auprès du professeur Julius Weiss à Texarkana, qui l’initie au répertoire classique et à l’opéra. Dans les années 1880-1890, il se produit comme musicien itinérant dans le Sud et le Midwest avant de s’installer à Sedalia (Missouri), où il étudie au George R. Smith College et enseigne le piano. À partir de 1899, la publication de Maple Leaf Rag puis d’autres rags le fait connaître des éditeurs. Il travaille ensuite à Saint-Louis puis à New York, où il consacre les dernières années de sa carrière à des œuvres de plus grande ampleur, notamment l’opéra Treemonisha.


Repères de carrière

24/11/1868 : Naissance dans le comté de Bowie, Texas, dans une famille afro-américaine musicienne
Années 1880 : Installation à Texarkana, apprentissage du piano et formation musicale auprès de Julius Weiss
1894 : Arrivée à Sedalia (Missouri), débuts comme professeur de piano et musicien de danse
1895 : Publication des premières chansons, dont Please Say You Will et A Picture of Her Face
1899 : Publication du rag Maple Leaf Rag chez l’éditeur John Stark, succès durable en édition de partitions
1901 : Installation à Saint-Louis pour collaborer de plus près avec Stark et développer son catalogue de rags
1902 : Parution du rag The Entertainer, qui rejoindra plus tard de nombreuses anthologies et bandes originales
1904 : Mariage avec Freddie Alexander à Little Rock et poursuite des tournées et compositions
1905 : Publication de la valse de concert Bethena, écrite après la mort de Freddie Alexander
1907–1910 : Travail intensif à New York sur l’opéra Treemonisha et d’autres partitions pour piano
1911 : Autoédition de la partition vocale de Treemonisha et démarches pour en obtenir une production scénique
1915 : Lecture-concert de Treemonisha au Lincoln Theater à Harlem, avec Joplin au piano
01/1917 : Hospitalisation au Manhattan State Hospital à New York en raison de troubles liés à la syphilis
01/04/1917 : Décès à New York et inhumation à St. Michael’s Cemetery, dans le Queens
1976 : Citation spéciale du prix Pulitzer pour son apport à la musique américaine et à l’histoire du ragtime


Vie personnelle et engagements

Scott Joplin est le deuxième enfant de Giles Joplin, ancien esclave originaire de Caroline du Nord, et de Florence Givens, née libre dans le Kentucky. Il grandit au Texas puis en Arkansas, dans un cadre où le travail salarié se combine à la pratique musicale familiale. En 1901, il épouse Belle Jones à Sedalia et le couple a une fille décédée en bas âge au début des années 1900. Après la fin de cette union, il se marie en 1904 avec Freddie Alexander, morte quelques semaines après leur mariage, puis avec Lottie Stokes au début des années 1910, avec laquelle il s’installe à New York. Sans enfants survivants connus, il consacre une partie de son temps à l’enseignement du piano à des élèves afro-américains et à la défense d’une écriture de ragtime conçue comme musique de concert, notamment à travers l’opéra Treemonisha centré sur l’éducation et l’émancipation d’une communauté rurale noire.


Anecdotes

1 – Adolescent à Texarkana, Scott Joplin bénéficie de cours gratuits de Julius Weiss, musicien d’origine allemande, qui lui transmet un vaste répertoire classique et reste en contact avec lui par la suite.
2 – Au début des années 1900, Joplin monte une troupe pour son opéra A Guest of Honor ; une partie de la recette est volée en tournée et la partition de l’œuvre est ensuite perdue, ce qui en fait aujourd’hui un opéra disparu.
3 – En 1915, il finance lui-même une lecture-concert de Treemonisha à Harlem, événement qui ne débouche pas sur une production intégrale mais témoigne de sa volonté de faire jouer une œuvre lyrique afro-américaine.
4 – Dans les années 1970, la réédition de ses rags au disque, suivie de l’utilisation de The Entertainer dans le film The Sting, relance fortement l’intérêt pour son œuvre et contribue à la reconnaissance posthume concrétisée par la récompense Pulitzer de 1976.


Lieux de référence

La trajectoire de Scott Joplin suit un axe Texarkana–Sedalia–Saint-Louis–New York. Il passe son enfance au Texas et en Arkansas, poursuit sa carrière de pianiste et d’enseignant dans le Missouri, puis s’installe à New York pour ses projets d’opéra. Il est enterré au St. Michael’s Cemetery, dans le Queens, devenu un lieu de recueillement pour les amateurs de ragtime.


Contexte du décès

Au milieu des années 1910, Scott Joplin souffre de complications liées à la syphilis, qui affectent sa santé mentale et sa capacité à travailler. En janvier 1917, il est admis au Manhattan State Hospital, un établissement psychiatrique de New York. Il y meurt le 1er avril 1917 à l’âge de 48 ans, des suites d’une démence syphilitique. Ses restes sont inhumés dans une fosse commune pour indigents au St. Michael’s Cemetery, dans le Queens, sans pierre individuelle pendant plusieurs décennies. Dans les années 1970, à la faveur du renouveau du ragtime et de la redécouverte de son œuvre, une stèle spécifique est finalement installée, et le cimetière devient un point de passage régulier pour des hommages musicaux et cérémonies commémoratives.


Points clés

• Métier(s) : compositeur, pianiste, enseignant en musique
• Résidence principale : New York, États-Unis (fin de vie)
• Relations : Belle Jones (mariage 1901–vers 1903), Freddie Alexander (mariage 1904), Lottie Stokes (mariage vers 1911–1917)
• Enfants : une fille née au début des années 1900, décédée en bas âge
• Distinctions : citation spéciale du prix Pulitzer pour l’ensemble de son œuvre (1976)