Cette année marque le 40ᵉ anniversaire de sa disparition.
Philosophe, romancière et essayiste de premier plan, Simone de Beauvoir est l'une des figures intellectuelles les plus influentes du vingtième siècle. Théoricienne majeure du féminisme moderne et figure centrale de l'existentialisme, elle a consacré sa vie et son œuvre à l'exploration de la liberté individuelle et à la déconstruction des structures sociales oppressives.
Née à Paris dans une famille bourgeoise déclassée, Simone de Beauvoir manifeste très tôt une indépendance d'esprit exceptionnelle. Brillante étudiante, elle devient en 1929 la plus jeune agrégée de philosophie de France, arrivant deuxième au concours derrière un certain Jean-Paul Sartre. Cette rencontre scelle une union intellectuelle et sentimentale légendaire qui durera toute leur vie. Après avoir enseigné à Marseille, Rouen et Paris, elle se consacre entièrement à l'écriture à partir de 1943. Son premier roman, L'Invitée, explore les complexités des relations humaines, mais c'est avec la publication du traité Le Deuxième Sexe en 1949 qu'elle accède à une renommée mondiale. Cet ouvrage fondateur, qui contient la célèbre phrase « On ne naît pas femme : on le devient », analyse la condition féminine sous les angles historique, social et philosophique, provoquant un immense scandale à sa sortie.
Au-delà de ses essais, elle s'affirme comme une romancière de talent, recevant le prix Goncourt en 1954 pour Les Mandarins, qui dépeint les dilemmes des intellectuels de l'après-guerre face à l'engagement politique. À partir de la fin des années 1950, elle entreprend la rédaction de ses mémoires (Mémoires d'une jeune fille rangée, La Force de l'âge), offrant un témoignage précieux sur son époque et sur sa quête constante d'une vie authentique. Engagée dans tous les grands combats de son temps, de la décolonisation à la légalisation de l'avortement en France, elle devient une icône du militantisme féministe des années 1970. Jusqu'à sa mort, elle reste une voix critique et lucide, traitant également de sujets alors tabous comme le vieillissement dans La Vieillesse, affirmant jusqu'au bout son rôle de conscience morale de l'intelligentsia française.
1908 : Naissance le 9 janvier à Paris
1929 : Rencontre avec Jean-Paul Sartre et réussite au concours de l'agrégation
1943 : Publication de son premier roman, L'Invitée
1945 : Co-fondatrice de la revue Les Temps Modernes
1949 : Parution de l'essai révolutionnaire Le Deuxième Sexe
1954 : Obtention du prix Goncourt pour Les Mandarins
1958 : Publication des Mémoires d'une jeune fille rangée
1971 : Rédaction du "Manifeste des 343" pour le droit à l'avortement
1981 : Publication de La Cérémonie des adieux après la mort de Sartre
1986 : Décès le 14 avril à Paris à l'âge de 78 ans
Simone de Beauvoir, surnommée « le Castor » par Sartre, a inventé un mode de vie affranchi des conventions bourgeoises. Son pacte avec Sartre, privilégiant un « amour nécessaire » tout en s'autorisant des « amours contingentes », a fasciné et parfois choqué ses contemporains. Elle entretint notamment une relation passionnée avec l'écrivain américain Nelson Algren. Dans ses dernières années, elle adopta Sylvie Le Bon, qui devint sa fille adoptive et son héritière littéraire. Sa vie fut une mise en pratique constante de sa philosophie : le refus du mariage, de la maternité et des carcans domestiques au profit d'une existence dédiée à la pensée et à l'action.
Ses engagements politiques furent radicaux et inébranlables. Anticolonialiste farouche, elle dénonça la torture durant la guerre d'Algérie. Présidente de l'association Choisir la cause des femmes, elle lutta activement aux côtés de Gisèle Halimi pour les droits reproductifs. Elle fut également une pionnière dans la réflexion sur la condition des personnes âgées, dénonçant la "conspiration du silence" entourant la vieillesse dans nos sociétés productivistes. Pour Beauvoir, l'intellectuel ne peut rester neutre ; il a le devoir de s'engager physiquement et par la plume contre toutes les formes d'oppression, faisant de sa propre vie le terrain d'expérimentation de la liberté.
Le quartier de Saint-Germain-des-Prés à Paris est son centre névralgique, notamment les cafés Le Flore et Les Deux Magots où elle travaillait quotidiennement. Son appartement du boulevard Raspail fut son dernier refuge. La ville de Rouen, où elle enseigna, est le cadre de certaines de ses premières réflexions. Enfin, les États-Unis, qu'elle parcourut longuement, influencèrent son regard sur les rapports de force sociaux et raciaux.
1 - Le surnom de « Castor » lui fut donné non par Sartre, mais par son ami René Maheu, car « Beauvoir » ressemble à l'anglais beaver (castor), et parce que, comme cet animal, elle était réputée pour sa force de travail acharnée.
2 - Le Deuxième Sexe fut mis à l'Index par le Vatican peu après sa parution, ce qui ne fit qu'accroître le succès international de l'ouvrage, traduit dans le monde entier.
3 - Bien qu'elle ait rejeté la religion dès l'adolescence, Simone de Beauvoir conservait une discipline de vie presque monacale, consacrant ses matinées et ses après-midi à l'écriture avec une régularité et une rigueur impressionnantes.
- Métier(s) : Philosophe, romancière, mémorialiste
- Résidence principale : Paris, France
- Relations : Jean-Paul Sartre (compagnon de vie), Nelson Algren (amant)
- Enfants : Sylvie Le Bon de Beauvoir (fille adoptive)
- Distinctions : Prix Goncourt (1954), Prix Jérusalem (1975)
342 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
Sans échec, pas de morale.
On n'existe pas sans faire.
Un enfant, c'est un insurgé.
Comme j'aime que tu existes.
La jeunesse n'aime pas les vaincus.
L'esclave qui obéit choisit d'obéir.
Vivre, c'est vieillir, rien de plus.
Toute réussite déguise une abdication.
J'accepte la grande aventure d'être moi.
Exister, c'est oser se jeter dans le monde.
Dans toutes les larmes s'attarde un espoir.
Qu'est-ce qu'un adulte ? Un enfant gonflé d'âge.
La fatalité triomphe dès que l'on croit en elle.
La beauté se raconte encore moins que le bonheur.
L'humanité préfère à la vie des raisons de vivre.
Le socialisme, c'est un rêve ; il n'existe nulle part.
Se vouloir libre, c'est aussi vouloir les autres libres.
La mort semble bien moins terrible, quand on est fatigué.
Il y a des jours où Dieu est si loin qu'il semble absent.
Le bonheur : comme une raison que la vie se donne à elle-même.
C'est au sein du transitoire que l'homme s'accomplit, ou jamais.
Une liberté qui ne s'emploie qu'à nier la liberté doit être niée.
C'est le désir qui crée le désirable, et le projet qui pose la fin.
L'homme sérieux est dangereux ; il est naturel qu'il se fasse tyran.
Ils se contentent de tuer le temps en attendant que le temps les tue.
J'étais faite pour une autre planète je me suis trompée de destination.
La femme est tout ce que l'homme appelle et tout ce qu'il n'atteint pas.
Pour désirer laisser des traces dans le monde, il faut en être solidaire.
Pour entrer dans le secret des choses, il faut d'abord se donner à elles.
Ce qu'il y a de plus scandaleux dans le scandale, c'est qu'on s'y habitue.
Il faut considérer la vie comme une partie que l'on peut gagner ou perdre.
Bien des femmes englouties dans le mariage ont été perdues pour l'humanité.
Pourquoi les mots, cette précision brutale qui maltraite nos complications ?
Je ne veux pas que la vie se mette à avoir d'autres volontés que les miennes.
Nous savons que chaque homme est mortel, mais non que l'humanité doit mourir.
Clarice : Et comment s'aime-t-on sur la terre ? Jean-Pierre : On lutte ensemble.
Le principal fléau de l'humanité n'est pas l'ignorance, mais le refus de savoir.
Je trouvais d'autant plus affreux de mourir que je ne voyais pas de raison de vivre.
Si l'on vit assez longtemps, on voit que toute victoire se change un jour en défaite.
Aucune action ne peut se faire pour l'homme sans se faire aussitôt contre des hommes.
Le présent n'est pas un passé en puissance, il est le moment du choix et de l'action.
L'homme ne peut s'éclairer par Dieu ; c'est par l'homme qu'on essaiera d'éclairer Dieu.
On ne meurt pas d'être né, ni d'avoir vécu, ni de vieillesse. On meurt de quelque chose.
Privilège de l'enfance... la beauté, le luxe, le bonheur sont des choses qui se mangent.
Le mariage multiplie par deux les obligations familiales et toutes les corvées sociales.
Une cuiller pour maman, une pour bonne-maman... si tu ne manges pas, tu ne grandiras pas.
La parole ne représente parfois qu'une manière, plus adroite que le silence, de se taire.
Les femmes se forgent à elles-mêmes les chaînes dont l'homme ne souhaite pas les charger.
Jamais je n'aurai l'audace de jeter en travers d'une vie étrangère le poids de ma volonté.
Entre deux individus, l'harmonie n'est jamais donnée, elle doit indéfiniment se conquérir.
Il y a des femmes de talent : aucune n'a cette folie dans le talent qu'on appelle le génie.
L'humanité est une suite discontinue d'hommes libres qu'isole irrémédiablement leur subjectivité.
Si je prétendais assumer à l'infini les conséquences de mes actes, je ne pourrais plus rien vouloir.
Elle ne cherchait pas le plaisir d'autrui. Elle s'enchantait égoïstement du plaisir de faire plaisir.
Qu'on l'imagine céleste ou terrestre, l'immortalité, quand on tient à la vie, ne console pas de la mort.
Le secret du bonheur et le comble de l'art, c'est de vivre comme tout le monde, en n'étant comme personne.
Le mystère de l'incarnation se répète en chaque femme ; tout enfant qui naît est un Dieu qui se fait homme.
Si un seul homme peut être regardé comme un déchet, cent mille hommes ensemble ne sont qu'un tas d'ordures.
Comment mesurer la souffrance et la joie ? Peut-on comparer le poids d'une larme au poids d'une goutte de sang ?
Le couple heureux qui se reconnaît dans l'amour défie l'univers et le temps ; il se suffit, il réalise l'absolu.
Le couple heureux qui se reconnaît dans l'amour, défit l'univers et le temps, il se suffit, il réalise l'absolu.
Personne n'est plus arrogant envers les femmes, plus agressif ou méprisant, qu'un homme inquiet pour sa virilité.
Il m'était plus facile de penser un monde sans créateur qu'un créateur chargé de toutes les contradictions du monde.
Malgré les promesses du ciel, je suffoquais d'horreur en pensant à la mort qui sur terre sépare à jamais les gens qui s'aiment.
C'est dans la connaissance des conditions authentiques de notre vie qu'il nous faut puiser la force de vivre et des raisons d'agir.
L'humanité est mâle et l'homme définit la femme non en soi mais relativement à lui ; elle n'est pas considérée comme un être autonome.
Comme il est difficile pour les Américains, même les Américains de bonne volonté, de ne pas se considérer comme le centre de l'univers !
Ce ne sont pas les individus qui sont responsables de l'échec du mariage : c'est l'institution elle-même qui est originellement pervertie.
C'est parce qu'il y a un vrai danger, de vrais échecs, une vraie damnation terrestre, que les mots de victoire, de sagesse ou de joie ont un sens.
Le propre de toute morale est de considérer la vie humaine comme une partie que l'on peut gagner ou perdre, et d'enseigner à l'homme le moyen de gagner.
Choisir la vie, c'est toujours choisir l'avenir. Sans cet élan qui nous porte en avant nous ne serions rien de plus qu'une moisissure à la surface de la terre.
C'est par le travail que la femme a en grande partie franchi la distance qui la séparait du mâle ; c'est le travail qui peut seul lui garantir une liberté concrète.
Sans échec, pas de morale.
On n'existe pas sans faire.
Un enfant, c'est un insurgé.
Comme j'aime que tu existes.
La jeunesse n'aime pas les vaincus.
L'esclave qui obéit choisit d'obéir.
Vivre, c'est vieillir, rien de plus.
Toute réussite déguise une abdication.
J'accepte la grande aventure d'être moi.
Exister, c'est oser se jeter dans le monde.
Dans toutes les larmes s'attarde un espoir.
Qu'est-ce qu'un adulte ? Un enfant gonflé d'âge.
La fatalité triomphe dès que l'on croit en elle.
La beauté se raconte encore moins que le bonheur.
L'humanité préfère à la vie des raisons de vivre.
Le socialisme, c'est un rêve ; il n'existe nulle part.
Se vouloir libre, c'est aussi vouloir les autres libres.
La mort semble bien moins terrible, quand on est fatigué.
Il y a des jours où Dieu est si loin qu'il semble absent.
Le bonheur : comme une raison que la vie se donne à elle-même.
C'est au sein du transitoire que l'homme s'accomplit, ou jamais.
Une liberté qui ne s'emploie qu'à nier la liberté doit être niée.
C'est le désir qui crée le désirable, et le projet qui pose la fin.
L'homme sérieux est dangereux ; il est naturel qu'il se fasse tyran.
Ils se contentent de tuer le temps en attendant que le temps les tue.
J'étais faite pour une autre planète je me suis trompée de destination.
La femme est tout ce que l'homme appelle et tout ce qu'il n'atteint pas.
Pour désirer laisser des traces dans le monde, il faut en être solidaire.
Pour entrer dans le secret des choses, il faut d'abord se donner à elles.
Ce qu'il y a de plus scandaleux dans le scandale, c'est qu'on s'y habitue.
Il faut considérer la vie comme une partie que l'on peut gagner ou perdre.
Bien des femmes englouties dans le mariage ont été perdues pour l'humanité.
Pourquoi les mots, cette précision brutale qui maltraite nos complications ?
Je ne veux pas que la vie se mette à avoir d'autres volontés que les miennes.
Nous savons que chaque homme est mortel, mais non que l'humanité doit mourir.
Clarice : Et comment s'aime-t-on sur la terre ? Jean-Pierre : On lutte ensemble.
Le principal fléau de l'humanité n'est pas l'ignorance, mais le refus de savoir.
Je trouvais d'autant plus affreux de mourir que je ne voyais pas de raison de vivre.
Si l'on vit assez longtemps, on voit que toute victoire se change un jour en défaite.
Aucune action ne peut se faire pour l'homme sans se faire aussitôt contre des hommes.
Le présent n'est pas un passé en puissance, il est le moment du choix et de l'action.
L'homme ne peut s'éclairer par Dieu ; c'est par l'homme qu'on essaiera d'éclairer Dieu.
On ne meurt pas d'être né, ni d'avoir vécu, ni de vieillesse. On meurt de quelque chose.
Privilège de l'enfance... la beauté, le luxe, le bonheur sont des choses qui se mangent.
Le mariage multiplie par deux les obligations familiales et toutes les corvées sociales.
Une cuiller pour maman, une pour bonne-maman... si tu ne manges pas, tu ne grandiras pas.
La parole ne représente parfois qu'une manière, plus adroite que le silence, de se taire.
Les femmes se forgent à elles-mêmes les chaînes dont l'homme ne souhaite pas les charger.
Jamais je n'aurai l'audace de jeter en travers d'une vie étrangère le poids de ma volonté.
Entre deux individus, l'harmonie n'est jamais donnée, elle doit indéfiniment se conquérir.
Il y a des femmes de talent : aucune n'a cette folie dans le talent qu'on appelle le génie.
L'humanité est une suite discontinue d'hommes libres qu'isole irrémédiablement leur subjectivité.
Si je prétendais assumer à l'infini les conséquences de mes actes, je ne pourrais plus rien vouloir.
Elle ne cherchait pas le plaisir d'autrui. Elle s'enchantait égoïstement du plaisir de faire plaisir.
Qu'on l'imagine céleste ou terrestre, l'immortalité, quand on tient à la vie, ne console pas de la mort.
Le secret du bonheur et le comble de l'art, c'est de vivre comme tout le monde, en n'étant comme personne.
Le mystère de l'incarnation se répète en chaque femme ; tout enfant qui naît est un Dieu qui se fait homme.
Si un seul homme peut être regardé comme un déchet, cent mille hommes ensemble ne sont qu'un tas d'ordures.
Comment mesurer la souffrance et la joie ? Peut-on comparer le poids d'une larme au poids d'une goutte de sang ?
Le couple heureux qui se reconnaît dans l'amour défie l'univers et le temps ; il se suffit, il réalise l'absolu.
Le couple heureux qui se reconnaît dans l'amour, défit l'univers et le temps, il se suffit, il réalise l'absolu.
Personne n'est plus arrogant envers les femmes, plus agressif ou méprisant, qu'un homme inquiet pour sa virilité.
Il m'était plus facile de penser un monde sans créateur qu'un créateur chargé de toutes les contradictions du monde.
Malgré les promesses du ciel, je suffoquais d'horreur en pensant à la mort qui sur terre sépare à jamais les gens qui s'aiment.
C'est dans la connaissance des conditions authentiques de notre vie qu'il nous faut puiser la force de vivre et des raisons d'agir.
L'humanité est mâle et l'homme définit la femme non en soi mais relativement à lui ; elle n'est pas considérée comme un être autonome.
Comme il est difficile pour les Américains, même les Américains de bonne volonté, de ne pas se considérer comme le centre de l'univers !
Ce ne sont pas les individus qui sont responsables de l'échec du mariage : c'est l'institution elle-même qui est originellement pervertie.
C'est parce qu'il y a un vrai danger, de vrais échecs, une vraie damnation terrestre, que les mots de victoire, de sagesse ou de joie ont un sens.
Le propre de toute morale est de considérer la vie humaine comme une partie que l'on peut gagner ou perdre, et d'enseigner à l'homme le moyen de gagner.
Choisir la vie, c'est toujours choisir l'avenir. Sans cet élan qui nous porte en avant nous ne serions rien de plus qu'une moisissure à la surface de la terre.
C'est par le travail que la femme a en grande partie franchi la distance qui la séparait du mâle ; c'est le travail qui peut seul lui garantir une liberté concrète.