Jean-Paul Sartre, philosophe, romancier et dramaturge français né le 21 juin 1905 à Paris, est le principal représentant de l'existentialisme au XXe siècle. Il est notamment connu pour avoir refusé le prix Nobel de littérature en 1964, premier lauréat à accomplir ce geste.
Fils unique de Jean-Baptiste Sartre, officier de marine polytechnicien mort de la fièvre jaune en 1906, Jean-Paul Sartre est élevé dans la bibliothèque de son grand-père maternel Charles Schweitzer, professeur agrégé d'allemand, au domicile familial du 16e arrondissement de Paris. Sa mère, Anne-Marie Schweitzer, cousine d'Albert Schweitzer, se remarie en 1917 avec Joseph Mancy, ingénieur du Génie maritime, que l'adolescent n'acceptera jamais. Après trois années difficiles au lycée Eugène-Fromentin de La Rochelle, Sartre regagne Paris et fréquente le lycée Henri-IV, où il retrouve Paul Nizan, puis le lycée Louis-le-Grand pour préparer l'entrée à l'École normale supérieure. Admis en 1924 aux côtés de Nizan, il échoue une première fois à l'agrégation de philosophie en 1928, Raymond Aron étant classé premier. Lors de la seconde tentative, en 1929, Sartre termine premier et rencontre dans son groupe de travail Simone de Beauvoir, présentée par René Maheu, qui deviendra sa compagne jusqu'à la fin de sa vie.
Nommé professeur de philosophie au lycée du Havre en 1931, Sartre obtient une bourse de l'Institut français de Berlin en 1933, où il découvre la phénoménologie d'Edmund Husserl et l'existentialisme de Martin Heidegger, révélation qui oriente toute son oeuvre. Il publie La Nausée en 1938 et le recueil Le Mur la même année. Mobilisé en septembre 1939, fait prisonnier au Stalag XII D près de Trèves en juin 1940, il y rédige et met en scène Bariona, ou le Fils du tonnerre pour la veillée de Noël des détenus. Libéré en mars 1941, il enseigne au lycée Condorcet et publie L'Être et le Néant en 1943. En 1945, avec Simone de Beauvoir et Maurice Merleau-Ponty, il fonde la revue Les Temps modernes. Sa conférence L'existentialisme est un humanisme, prononcée devant plusieurs milliers de personnes à Paris en octobre 1945, assure sa notoriété internationale. En 1964, il publie Les Mots, récit autobiographique de son enfance, et refuse le prix Nobel de littérature attribué la même année.
En octobre 1941, Jean-Paul Sartre est nommé au lycée Condorcet au poste de professeur de khâgne, en remplacement du professeur Henri Dreyfus-Le Foyer, évincé en raison de sa judéité par la législation de Vichy. Pour obtenir ce poste, Sartre certifie sur l'honneur n'être ni franc-maçon ni juif, conformément aux exigences des autorités françaises. Ce fait, révélé en octobre 1997 par Jean Daniel dans un éditorial du Nouvel Observateur, a été reproduit et commenté par plusieurs historiens et biographes. La question de l'engagement de Sartre dans la Résistance est également sujette à débat : le groupe Socialisme et liberté qu'il tente d'organiser en 1941 est rapidement dissous, et Sartre lui-même a reconnu après-guerre que son attitude pendant l'Occupation n'avait rien de commun avec celle des résistants qui avaient été torturés ou étaient morts en prison. En mars 1980, la publication dans Le Nouvel Observateur des entretiens enregistrés avec Benny Lévy sous le titre L'Espoir maintenant suscite un scandale dans l'entourage de Sartre : Simone de Beauvoir reproche à Lévy d'avoir abusé de l'état de faiblesse du philosophe pour lui imposer des positions contraires à son athéisme déclaré, et l'écrivain Olivier Todd évoque un "détournement de vieillard". Sartre, pour sa part, a insisté pour que ces entretiens soient publiés en son nom.
1905 : naissance le 21 juin à Paris, 16e arrondissement, rue Mignard
1906 : mort de son père Jean-Baptiste Sartre, de la fièvre jaune
1917 : remariage de sa mère avec Joseph Mancy ; déménagement à La Rochelle
1924 : admission à l'École normale supérieure de Paris
1929 : premier à l'agrégation de philosophie ; rencontre de Simone de Beauvoir
1933 : séjour à l'Institut français de Berlin ; découverte de Husserl et Heidegger
1938 : publication de La Nausée chez Gallimard
1940 : fait prisonnier au Stalag XII D ; rédaction de Bariona, ou le Fils du tonnerre
1943 : publication de L'Être et le Néant
1944 : création de Huis clos
1945 : fondation de la revue Les Temps modernes avec Simone de Beauvoir et Maurice Merleau-Ponty
1960 : publication de la Critique de la raison dialectique
1964 : publication des Mots ; refus du prix Nobel de littérature ; adoption légale d'Arlette Elkaïm
1973 : participation à la fondation du journal Libération
1980 : mort le 15 avril à l'hôpital Broussais, Paris
Jean-Paul Sartre est élevé après la mort de son père par sa mère Anne-Marie Schweitzer et son grand-père Charles Schweitzer, professeur d'allemand, dans le 16e arrondissement de Paris, puis à Meudon. Il ne se marie jamais. A partir de 1929, il entretient avec Simone de Beauvoir une relation ouverte, qu'il qualifie d'amour nécessaire. De 1949 à sa mort, il vit également une liaison avec Michelle Vian, première épouse de Boris Vian. En 1956, il rencontre Arlette Elkaïm, qu'il adopte légalement en 1964 et qui devient sa légataire universelle à sa mort. Sartre n'a pas d'enfant biologique.
A l'École normale supérieure, Sartre se lie à Raymond Aron, Maurice Merleau-Ponty et Paul Nizan, condisciples devenus figures intellectuelles majeures. Sa relation amicale puis conflictuelle avec Albert Camus, qui porte sur la question de la violence révolutionnaire, marque la vie littéraire française des années 1950. Politiquement engagé, Sartre milite contre les guerres d'Indochine et d'Algérie, signe le Manifeste des 121, et participe en 1973 à la fondation du journal Libération, dont il vend lui-même les premiers numéros dans les rues de Paris. Il contribue également au Tribunal Russell contre les crimes de guerre au Vietnam.
Jean-Paul Sartre connaît un premier accident vasculaire cérébral le 18 mai 1971, suivi d'une seconde attaque le 5 mars 1973 qui lui retire presque totalement la vue. Atteint d'urémie, il est hospitalisé à l'hôpital Broussais, dans le 14e arrondissement de Paris, et meurt le 15 avril 1980 d'un oedème pulmonaire, à 74 ans. Ses obsèques, le 19 avril 1980, rassemblent quelque cinquante mille personnes dans les rues de Paris pour accompagner le cortège vers le cimetière du Montparnasse, sans service d'ordre officiel. Parmi les présents : Simone de Beauvoir, Françoise Sagan et Simone Signoret. Le gouvernement français ne prononce pas de déclaration officielle particulière, conformément à la volonté de Sartre qui avait refusé tout honneur institutionnel de son vivant.
Jean-Paul Sartre est inhumé au cimetière du Montparnasse, à Paris, dans la 20e division, à droite de l'entrée principale du boulevard Edgar-Quinet. Après crémation au crématorium du Père-Lachaise, il repose sous une pierre portant la seule inscription : Jean-Paul Sartre, 1905-1980. Simone de Beauvoir, décédée le 14 avril 1986, est inhumée à ses côtés dans la même tombe.
1 - En 1928, Sartre échoue à l'agrégation de philosophie malgré une oeuvre de thèse jugée trop originale par le jury, alors que Raymond Aron termine premier. Il réussit la seconde tentative l'année suivante, en tête du classement.
2 - Sartre rédige Bariona, ou le Fils du tonnerre, sa toute première pièce de théâtre, en trois semaines au Stalag XII D de Trèves à la fin de 1940 pour la veillée de Noël de ses codétenus, réunissant chrétiens et athées autour d'un mystère de Noël écrit par un philosophe athée.
3 - A l'École normale supérieure, Sartre est décrit comme lisant plus de 300 livres par an, tout en écrivant chansons, poèmes et nouvelles, et en instigant des charivaris qui conduisent à la démission du directeur Gustave Lanson après un sketch antimilitariste en 1927.
4 - En 1964, Sartre avait écrit au secrétaire perpétuel de l'Académie suédoise avant l'annonce du prix Nobel pour demander expressément à ne pas figurer sur la liste des lauréats ; sa lettre n'a pas été ouverte à temps.
5 - Sartre accepte le titre de docteur honoris causa de l'université hébraïque de Jérusalem en 1976, unique distinction honorifique qu'il ait jamais acceptée, lui qui avait refusé la Légion d'honneur, une chaire au Collège de France et le prix Nobel.
- Métier(s) : philosophe, romancier, dramaturge, essayiste, journaliste
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Simone de Beauvoir (1929-1980, relation ouverte, non mariés) ; Michelle Vian (liaison 1949-1980)
- Enfants : aucun enfant biologique ; Arlette Elkaïm adoptée légalement en 1964
- Distinctions : prix Nobel de littérature 1964 (refusé) ; docteur honoris causa de l'université hébraïque de Jérusalem (1976, accepté)
160 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
« L'enfer, c'est les Autres. »
— Huis clos, Gallimard, 1944, p. 92
« L'existence précède l'essence. »
— L'existentialisme est un humanisme, Nagel, 1946, p. 17
« Aucun homme ne mérite d'être consacré de son vivant. »
— Lettre ouverte à l'Académie suédoise, 24 octobre 1964, citée par Wikipédia et la presse française
« L'écrivain doit refuser de se laisser transformer en institution. »
— Lettre ouverte à l'Académie suédoise, Le Monde et Le Figaro, 24 octobre 1964
« J'ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au milieu des livres. »
— Les Mots, Gallimard, 1964, partie Lire, p. 81
« Nous n'étions pas des résistants qui écrivaient, mais des écrivains qui résistaient. »
— Entretiens avec Simone de Beauvoir, 1974, cités dans Wikipédia (Jean-Paul Sartre)
La liberté est choix.
L'argent n'a pas d'idée.
La douleur, c'est le vide.
L'existence précède l'essence.
L'homme est une passion inutile.
L'homme est condamné à être libre.
Jules Renard se taisait par écrit.
Etre libre, c'est savoir dire non.
Le faire est révélateur de l'être.
L'homme est à inventer chaque jour.
Si l'on se bat, on peut être battu.
Ceux qu'on aime, on ne les juge pas.
La modestie est la vertu des tièdes.
Ne pas choisir, c'est encore choisir.
Chaque homme doit inventer son chemin.
Mauriac, l'eau bénite qui fait pschitt.
Je préfère le désespoir à l'incertitude.
Le désir est une conduite d'envoûtement.
Qu'est-ce qu'exister ? Se boire sans soif.
Il y a des souvenirs qu'on ne partage pas.
Etre mort, c'est être en proie aux vivants.
La violence est injuste d'où qu'elle vienne.
Le grade confère autorité et non supériorité.
Pas besoin de gril : l'enfer, c'est les Autres.
On ne peut vaincre le mal que par un autre mal.
La vie, c'est une panique dans un théâtre en feu.
Tous les moyens sont bons quand ils sont efficaces.
Un droit n'est jamais que l'autre aspect d'un devoir.
Chaque parole a une conséquence. Chaque silence aussi.
La vie humaine commence par l'autre côté du désespoir.
Plus absurde est la vie, moins supportable est la mort.
La guerre, on ne la fait pas : c'est elle qui nous fait.
La facilité c'est le talent qui se retourne contre nous.
L'être dit libre est celui qui peut réaliser ses projets.
L'absence c'est Dieu. Dieu, c'est la solitude des hommes.
La possession est une amitié entre l'homme et les choses.
Aimer est, dans son essence, le projet de se faire aimer.
Il est toujours facile d'obéir, si l'on rêve de commander.
Je ne connais qu'une Eglise : c'est la société des hommes.
L'homme qui se croit déterminé se masque sa responsabilité.
La seule chose qui permet à l'homme de vivre, c'est l'acte.
Le plus lâche des assassins, c'est celui qui a des remords.
Quand Dieu se tait, on peut lui faire dire ce que l'on veut.
Autrui, c'est l'autre, c'est-à-dire le moi qui n'est pas moi.
Les valeurs sont le sens que l'on choisit de donner à sa vie.
J'admire comme on peut mentir en mettant la raison de son côté.
On peut toujours faire quelque chose de ce qu'on a fait de nous.
Le désir s'exprime par la caresse comme la pensée par le langage.
Un élu, c'est un homme que le doigt de Dieu coince contre un mur.
C'est dans l'angoisse que l'homme prend conscience de sa liberté.
Je ferai le Bien : c'est encore la meilleure manière d'être seul.
Est-ce donc nuire aux gens que de leur donner la liberté d'esprit ?
La violence, sous quelque forme qu'elle se manifeste, est un échec.
Il faut un double soleil pour éclairer le fond de la bêtise humaine.
Quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent.
Au football, tout est compliqué par la présence de l'équipe adverse.
Un enfant, ce monstre que les adultes fabriquent avec leurs regrets.
Un mystique, c'est toujours un homme qui veut oublier quelque chose.
L'intellectuel est quelqu'un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas.
Que l'humanité vienne à disparaître, elle tuera ses morts pour de bon.
S'il veut vous demander conseil, c'est qu'il a déjà choisi la réponse.
Les hommes ne sont impuissants que lorsqu'ils admettent qu'ils le sont.
Le plus grand forfait n'est point de faire le mal, mais de le manifester.
Une vie, c'est fait avec l'avenir, comme les corps sont faits avec du vide.
Nous appellerons émotion une chute brusque de la conscience dans le magique.
Pour obtenir une vérité quelconque sur moi, il faut que je passe par l'autre.
Celui qui n'a pas peur n'est pas normal; ça n'a rien à voir avec le courage .
Le secret douloureux des dieux et des rois, c'est que les hommes sont libres.
On ne fait pas ce qu'on veut et cependant on est responsable de ce qu'on est.
L'ennui avec le Mal, c'est qu'on s'y habitue, il faut du génie pour inventer.
Je me moque du diable ! Il reçoit les âmes, mais ce n'est pas lui qui les damne.
Tout existant naît sans raison, se prolonge par faiblesse et meurt par rencontre.
On ne met pas son passé dans sa poche ; il faut avoir une maison pour l'y ranger.
Les mots boivent notre pensée avant que nous ayons eu le temps de la reconnaître.
Ce qui est terrible, ce n'est pas de souffrir ni de mourir, mais de mourir en vain.
L'aventure : un événement qui sort de l'ordinaire, sans être forcément extraordinaire.
Serions-nous muets et cois comme des cailloux, notre passivité même serait une action.
Dans la vie on ne fait pas ce que l'on veut mais on est responsable de ce que l'on est.
La Liberté, ce n'est pas de pouvoir ce que l'on veut, mais de vouloir ce que l'on peut.
Ne pas trop réfléchir sur la valeur de l'Histoire. On court le risque de s'en dégoûter.
L'authenticité, c'est d'être le même à travers toutes les situations, un projet unique.
Il ne faut pas que je pense que je ne veux pas penser. Parce que c'est encore une pensée.
C'est là le fond de la joie d'amour, lorsqu'elle existe : nous sentir justifiés d'exister.
Le monde est iniquité ; si tu l'acceptes, tu es complice, si tu le changes, tu es bourreau.
Etre libre, ce n'est pas pouvoir faire ce que l'on veut, mais c'est vouloir ce que l'on peut.
Je préfère les gens qui ont peur de la mort des autres : c'est la preuve qu'ils savent vivre.
Moi, je suis méchante : ça veut dire que j'ai besoin de la souffrance des autres pour exister.
L'homme sans aucun appui et sans aucun secours est condamné chaque instant à inventer l'homme.
Etre libre, ce n'est point pouvoir faire ce que l'on veut, mais c'est vouloir ce que l'on peut.
Se méfier de la littérature. Il faut tout écrire au courant de la plume sans chercher les mots.
Le meilleur travail n'est pas celui qui te coûtera le plus mais celui que tu réussiras le mieux.
On n'est pas un homme tant qu'on n'a pas trouvé quelque chose pour quoi on accepterait de mourir.
Le monde peut fort bien se passer de littérature. Mais il peut se passer de l'homme encore mieux.
Je ne suis pas un homme, je ne suis rien. Il n'y a que Dieu. L'homme, c'est une illusion d'optique.
Quand beaucoup d'hommes sont ensemble, il faut les séparer par des rites, ou bien ils se massacrent.
Nous ne voulons rien manquer de notre temps : peut-être en est-il de plus beaux, mais c'est le nôtre.
Il y a 50 ans que le peuple et les intellectuels sont séparés. Il faut qu'ils ne fassent plus qu'un.
Ceux qui me voient se fient rarement à ma parole : je dois avoir l'air trop intelligent pour la tenir.
Le fascisme n'est pas défini par le nombre de ses victimes, mais par la façon dans laquelle il les tue.
Un amour, une carrière, une révolution : autant d'entreprises que l'on commence en ignorant leur issue.
La guerre n'est pas une maladie... C'est un mal insupportable parce qu'il vient aux hommes par les hommes.
Etre homme, c'est tendre à être Dieu ; ou, si l'on préfère, l'homme est fondamentalement désir d'être Dieu.
Parler c'est agir : toute chose qu'on nomme n'est déjà plus tout à fait la même, elle a perdu son innocence.
Pour que l'événement le plus banal devienne une aventure, il faut et il suffit qu'on se mette à le raconter.
Il suffit qu'un seul homme en haïsse un autre pour que la haine gagne de proche en proche l'humanité entière.
Un livre n'est rien qu'un petit tas de feuilles sèches, ou alors, une grande forme en mouvement : la lecture.
Toute destruction brouillonne affaiblit les faibles, enrichit les riches, accroît la puissance des puissants.
La violence se donne toujours pour une contre-violence, c'est-à-dire pour une riposte à la violence de l'autre.
Un intellectuel est quelqu'un qui est fidèle à un ensemble politique et social, mais qui ne cesse de le contester.
Le jardinier peut décider de ce qui convient aux carottes, mais nul ne peut choisir le bien des autres à leur place.
Ce n'est jamais quand des yeux vous regardent qu'on peut les trouver beaux ou laids, qu'on peut remarquer leur couleur.
Dieu est mort, n'entendons pas par là qu'il n'existe pas, ni même qu'il n'existe plus... Il nous parlait et il se tait...
Nous ne sommes nous qu'aux yeux des autres et c'est à partir du regard des autres que nous nous assumons comme nous-mêmes.
Voulez-vous que je vous dise pourquoi vous n'avez pas peur de la mort ? Chacun de vous pense qu'elle tombera sur le voisin.
En fait, nous sommes une liberté qui choisit, mais nous ne choisissons pas d'être libres: nous sommes condamnés à la liberté.
Il n'y a pas de bons pères, c'est la règle. Qu'on n'en tienne pas rigueur aux hommes, mais au lien de paternité qui est pourri.
Le populisme est un enfant de vieux, le triste rejeton des derniers réalistes ; c'est encore un essai pour tirer son épingle du jeu.
Plus claire la lumière, plus sombre l'obscurité... Il est impossible d'apprécier correctement la lumière sans connaître les ténèbres.
La violence n'est pas un moyen parmi d'autres d'atteindre la fin, mais le choix délibéré d'atteindre la fin par n'importe quel moyen.
Un intellectuel, pour moi, c'est cela : quelqu'un qui est fidèle à un ensemble politique et social, mais qui ne cesse de le contester.
L'existence précède l'essence. Cela signifie que l'homme existe d'abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu'il se définit ensuite.
Le comédien, lorsqu'il a fini de travailler, redevient un homme comme les autres ; alors que l'acteur "se joue lui-même" à toutes les secondes.
Chaque époque découvre un aspect de la condition humaine, à chaque époque l'homme se choisit en face d'autrui, de l'amour, de la mort, du monde.
Si grave que soit le jeu, si raisonnables et sérieux que nous soyons, c'est quand même le projet de séduire les femmes qui est au poste de commande.
L'homme se fait ; il n'est pas tout fait d'abord, il se fait en choisissant sa morale, et la pression des circonstances est telle qu'il ne peut pas ne pas en choisir une.
Il est beaucoup plus facile pour un philosophe d'expliquer un nouveau concept à un autre philosophe qu'à un enfant. Pourquoi ? Parce que l'enfant pose les vraies questions.
La culture ne sauve rien ni personne, elle ne justifie pas. Mais c'est un produit de l'homme : il s'y projette, s'y reconnaît ; seul, ce miroir critique lui offre son image.
Ce n'est pas dans je ne sais quelle retraite que nous découvrirons : c'est sur la route, dans les villes, au milieu de la foule, chose parmi les choses, homme parmi les hommes.
L'action, quelle qu'elle soit, modifie ce qui est au nom de ce qui n'est pas encore. Puisqu'elle ne peut s'accomplir sans briser l'ordre ancien, c'est une révolution permanente.