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Biographie

Jean d'Ormesson, né Jean Bruno Wladimir François-de-Paule Lefèvre d'Ormesson le 16 juin 1925 à Paris et mort le 5 décembre 2017 à Neuilly-sur-Seine, est un écrivain, journaliste et philosophe français, membre de l'Académie française de 1973 à sa mort, auteur d'une quarantaine d'ouvrages allant de la fresque historique à l'essai philosophique.


Parcours

Issu d'une lignée aristocratique de la noblesse de robe, Jean d'Ormesson grandit loin de Paris : son père André d'Ormesson (1877-1957), marquis d'Ormesson et ambassadeur de France nommé par Léon Blum, l'emmène successivement en Bavière, en Roumanie puis au Brésil. L'enfance se partage entre ces postes diplomatiques et le château de Saint-Fargeau dans l'Yonne, propriété de sa mère Marie Henriette Isabelle Anisson du Perron (1892-1975), expérience qu'il retranscrira dans Au plaisir de Dieu en 1974. De retour en France, il intègre les classes préparatoires du lycée Henri-IV, puis entre à l'École normale supérieure dont il sort agrégé de philosophie. Il accomplit son service militaire chez les parachutistes de Vannes avant de débuter brièvement dans l'enseignement du grec dans un lycée parisien. En 1950, par l'entremise de Jacques Rueff, il est nommé secrétaire général du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines à l'UNESCO, poste qu'il occupera jusqu'en 1992 avant d'en devenir président jusqu'en 1996. Conseiller dans plusieurs cabinets ministériels, dont celui de Maurice Herzog à la Jeunesse et aux Sports, il représente également la France à l'assemblée générale des Nations unies en 1968.

Son premier roman, L'amour est un plaisir, paraît en 1956 et ne se vend qu'à 2 000 exemplaires. C'est La Gloire de l'Empire en 1971, fiction historique monumentale couronnée du Grand Prix du roman de l'Académie française, qui révèle d'Ormesson au grand public (100 000 exemplaires vendus). Le 18 octobre 1973, il est élu à l'Académie française au fauteuil 12, succédant à Jules Romains - il en deviendra le doyen après la disparition de Claude Lévi-Strauss en 2009. De 1974 à 1977, il dirige le quotidien Le Figaro puis y reste chroniqueur plusieurs décennies durant, contribuant régulièrement à la rubrique "Débats et opinions". Son oeuvre, qui compte en tout plus de quarante volumes publiés chez Gallimard et d'autres éditeurs, englobe aussi bien les romans philosophiques comme Dieu, sa vie, son oeuvre (1981) que les essais introspectifs comme Je dirai malgré tout que cette vie fut belle (2016), pour lequel il reçoit le Prix Jean-Jacques-Rousseau. En 2015, il est consacré de son vivant par l'entrée de ses oeuvres dans la Bibliothèque de la Pléiade - honneur rare accordé à un auteur en vie. En 2012, il fait ses débuts au cinéma en incarnant François Mitterrand dans Les saveurs du palais de Christian Vincent. Son ami de longue date Jean-Marie Rouart, académicien lui aussi, le décrit comme un "prosateur" qui "aimait la douceur de vivre et le bonheur".


Controverse

En octobre 2003, le magazine L'Express révèle que Jean d'Ormesson et son épouse Françoise Béghin sont soupçonnés d'avoir dissimulé quelque 16 millions d'euros (environ 100 millions de francs) à l'administration fiscale française, des fonds repérés sur des comptes établis en Suisse via un paradis fiscal. Selon Wikipédia, les poursuites sont interrompues en raison du non-respect de procédures d'entraide judiciaire internationale. Aucune condamnation n'a été prononcée à l'issue de cette affaire.


Repères chronologiques

1925 : naissance le 16 juin à Paris (7e arrondissement) dans une famille aristocratique
1944 : entrée à l'École normale supérieure ; agrégation de philosophie
1950 : nomination comme secrétaire général du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines à l'UNESCO
1956 : publication de L'amour est un plaisir, premier roman, tiré à 2 000 exemplaires
1962 : mariage avec Françoise Béghin (2 avril) ; naissance de leur fille Héloïse (10 octobre)
1971 : publication de La Gloire de l'Empire, Grand Prix du roman de l'Académie française
1973 : élection à l'Académie française le 18 octobre, fauteuil 12 (successeur de Jules Romains)
1974 : nomination à la direction générale du Figaro ; parution de Au plaisir de Dieu chez Gallimard
1977 : fin de la direction du Figaro ; début de la collaboration régulière comme chroniqueur
1992 : présidence du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines à l'UNESCO (jusqu'en 1996) ; débat avec François Mitterrand sur le traité de Maastricht à la Sorbonne
2009 : devient doyen de l'Académie française après la mort de Claude Lévi-Strauss
2012 : premier rôle au cinéma dans Les saveurs du palais de Christian Vincent
2014 : promotion au rang de grand-croix de l'ordre national de la Légion d'honneur
2015 : entrée des oeuvres (tome I) dans la Bibliothèque de la Pléiade de son vivant
2017 : décès le 5 décembre à Neuilly-sur-Seine ; hommage national aux Invalides le 8 décembre


Vie personnelle et engagements

Fils d'André d'Ormesson, marquis et ambassadeur, et de Marie Henriette Isabelle Anisson du Perron, Jean d'Ormesson passe son enfance entre le château de Saint-Fargeau (Yonne) et les postes diplomatiques de son père en Bavière, en Roumanie et au Brésil. Il étudie au lycée Henri-IV avant d'intégrer l'École normale supérieure. Le 2 avril 1962, il épouse Françoise Béghin, née le 26 juin 1938, fille du magnat de la presse et du sucre Ferdinand Béghin - liens qui lui ouvrent les portes du Figaro dont son beau-père est administrateur. Le couple a une fille unique, Héloïse d'Ormesson, née le 10 octobre 1962, qui deviendra éditrice et fondera les éditions qui portent son prénom. L'union durera cinquante-cinq ans jusqu'à la mort de Jean d'Ormesson.

Jean d'Ormesson entretient des amitiés profondes avec de nombreuses figures culturelles et politiques : l'académicien Jean-Marie Rouart est l'un de ses proches les plus intimes, et il développe un lien d'amitié paradoxal avec François Mitterrand, alors même que ses positions politiques le situent clairement à droite - il se qualifie lui-même de "gaulliste avéré, mais gaulliste européen". Il milite en faveur de l'entrée de Marguerite Yourcenar à l'Académie française en 1980, et soutient celle de Valéry Giscard d'Estaing en 2003. Passionné par la Méditerranée et l'Italie, il rédige plusieurs de ses livres à Venise ou dans d'autres villes italiennes. Il se dit catholique laïc, "pas athée", et la question de Dieu traverse l'ensemble de son oeuvre.


Contexte du décès

Jean d'Ormesson meurt d'une crise cardiaque dans la nuit du 4 au 5 décembre 2017, à son domicile de Neuilly-sur-Seine, à l'âge de 92 ans. Son décès survient quelques heures avant celui de Johnny Hallyday, fait qu'il avait lui-même évoqué en forme d'humour prémonitoire, rappelant que la mort de Jean Cocteau avait été éclipsée en 1963 par celle d'Édith Piaf survenue le même jour. Un hommage national est rendu le 8 décembre 2017 dans la cour d'honneur des Invalides, présidé par Emmanuel Macron qui qualifie d'Ormesson d'"être de clarté". Les anciens présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande assistent à la cérémonie. L'académicien Jean-Marie Rouart prononce l'éloge funèbre en la cathédrale Saint-Louis des Invalides, décrivant d'Ormesson comme un "prosateur" qui "aimait la douceur de vivre et le bonheur". Macron dépose symboliquement un crayon sur le cercueil, geste souhaité par le défunt.


Lieux de mémoire

Jean d'Ormesson est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris (division 56), où la famille Lefèvre d'Ormesson dispose d'une chapelle funéraire. La maison d'édition créée par sa fille Héloïse d'Ormesson perpétue son nom dans le paysage littéraire français. Le château de Saint-Fargeau dans l'Yonne, lié à son enfance et immortalisé dans Au plaisir de Dieu, reste un lieu associé à sa mémoire.


Anecdotes

1 - Son premier roman, L'amour est un plaisir (1956), se vend à seulement 2 000 exemplaires malgré l'enthousiasme de son éditeur Julliard qui voyait en lui "un frère de Sagan". Jean d'Ormesson attendra quinze ans avant de connaître le succès avec La Gloire de l'Empire.
2 - Normalien agrégé de philosophie, il choisit après ses études d'accomplir son service militaire chez les parachutistes de Vannes, rupture inattendue avec le parcours académique habituellement suivi par les anciens élèves de l'ENS.
3 - En 1974, il conseille Françoise Béghin lors de son entrée dans la carrière éditoriale en rejoignant le cabinet de Maurice Herzog à la Jeunesse et aux Sports. Ses opinions sur la guerre du Vietnam lui valent un portrait virulent de Jean Ferrat dans la chanson "Un air de liberté".
4 - En 2015, ses oeuvres intègrent la Bibliothèque de la Pléiade de son vivant, distinction accordée à très peu d'auteurs français contemporains. Un second tome paraît en 2018, à titre posthume.
5 - Françoise Béghin, son épouse, est cousine du cinéaste Louis Malle par sa tante paternelle, détail de parenté rarement mentionné dans les portraits de l'académicien.
6 - Jean d'Ormesson rédigeait habituellement plusieurs de ses livres à l'hôtel en Italie, notamment à Venise, déclarant qu'il lui était "impossible de travailler dans un bureau".


Points clés

- Métier(s) : écrivain, journaliste, philosophe, académicien
- Résidence principale : Neuilly-sur-Seine
- Relations de couple : Françoise Béghin (épouse de 1962 à sa mort en 2017)
- Enfants : Héloïse d'Ormesson (née le 10 octobre 1962), éditrice
- Distinctions : Grand Prix du roman de l'Académie française (1971) ; membre de l'Académie française, fauteuil 12 (élu le 18 octobre 1973) ; grand-croix de l'ordre national de la Légion d'honneur (2014) ; prix Ovide en Roumanie (2010) ; Prix Jean-Jacques-Rousseau (2016) ; Bibliothèque de la Pléiade (2015)


Postérité

48 voies portent son nom en France.

Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.

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Célébrité liée

1 relation

Autres membres de l'académie française nés dans les années 1920

Citations

« Pour le reste, le mariage c'est quarante mauvaises années à passer et puis après, c'est épatant. La vie devient délicieuse à partir de soixante ans. »

— Entretien paru dans Gala, rapporté par Terrafemina (2016)

« Je suis un homme de droite - un gaulliste avéré, mais un gaulliste européen - qui a beaucoup d'idées de gauche : des idées d'égalité et de progrès, ce progrès qui est abandonné par la gauche à cause des écologistes. »

— Le Figaro, déclaration rapportée dans la presse (Wikipédia FR)

« Je travaille chez moi mais en réalité je suis comme Blondin : je ne peux pas travailler dans un bureau. Cela m'est impossible. Donc je pars souvent. Beaucoup de mes livres ont été écrits à l'hôtel, en Italie, à Venise. »

— Déclaration rapportée sur citation-celebre.com (source d'origine non datée)

C'est le langage qui crée l'homme.
Ce qui éclaire l'existence, c'est l'espérance.
Tout le bonheur du monde est dans l'inattendu.
L'histoire est une parenthèse au coeur de l'éternité.
Il y a de l'esprit ailleurs que dans la pensée des hommes.
Toute mort est un mystère parce que toute vie est un mystère.
Rien n'est plus proche de l'absolu qu'un amour en train de naître.
Il est plus difficile de prouver à quelqu'un sa bêtise que sa misère.
Ecrire est difficile, parce qu'on est toujours dépassé par son livre.
Être bon dans les médias n'est pas le signe qu'on est un bon écrivain.
L'être avec qui on meurt est aussi important que l'être de qui on naît.
Tâchons de dépasser ce qui nous oppose et de multiplier ce qui nous unit.
La souffrance existe avant les hommes, mais le mal n'apparaît qu'avec eux.
C'est quand il y a quelque chose au-dessus de la vie que la vie devient belle.
Chacun est prisonnier de sa famille, de son milieu, de son métier, de son temps.
Les honneurs, je les méprise, mais je ne déteste pas forcément ce que je méprise.
C'est ça qui me fait peur dans le bonheur : l'usure, la lassitude, l'effilochage.
Là où existe encore quelque chose, là règnent déjà le changement et la contradiction.
Tout le problème est de s'élever, de se distinguer, sans se séparer des autres hommes.
Jailli du néant, le monde, plongé dans le temps, est, dès son origine, un retour au néant.
N'existent que les êtres dans l'espace et le temps. Dieu n'existe pas puisqu'il est éternel.
Les traditions - comme les femmes - sont faites pour être à la fois respectées et bousculées.
La naissance est le lieu de l'inégalité. L'égalité prend sa revanche avec l'approche de la mort.
La télévision est une machine à montrer ceux qui y passent et à cacher ceux qui n'y passent pas.
Les hommes sont un peu comme Dieu : tout ce qu'ils peuvent faire, ils le font. Ou ils le feront.
Peut-être la bicyclette, dans ce monde de machines, était-elle à nos yeux une héritière du cheval ?
La télévision est un spectacle. C'est une tribune, une scène, un journal du monde, un stade, un cirque.
De part et d'autre de votre présent si fragile, le passé et l'avenir sont des monstres assoiffés de temps.
La science, la morale, l'histoire se passent très bien de Dieu. Ce sont les hommes qui ne s'en passent pas.
Les passions de la vie, des plus hautes aux plus basses, comme l'argent par exemple, font partie de la vie.
Mourir ne me dérange pas. Je suis juste ennuyé par la perspective de ne plus pouvoir savoir ce qui va se passer.
Un livre qui passe à la télévision est un livre menacé, parce que la télévision transforme le livre en spectacle.
L'espace change, l'univers se dilate, et la seule chose qui ne passe pas, c'est ce qui passe sans cesse, le temps.
Le portable entre nos mains prend la place du chapelet. Facebook est une communion sans Dieu, mêlée de confession.
Ceux qui ne croient pas en Dieu font preuve d'une crédulité qui n'a rien à envier à celle qu'ils reprochent aux croyant.
Depuis le big bang, tout commence à mourir à l'instant même de naître. L'univers n'est qu'un élan vers l'usure et la mort.
Rien n'est plus difficile pour chacun d'entre nous que de situer ce qu'il a fait et de se situer soi-même à sa juste mesure.
Passer à la télévision est le rêve de tous les m'as-tu-vu qui, à tort ou à raison, s'imaginent avoir quelques choses à communiquer aux autres.
Dans une éternité et un infini qui sont fermés à jamais aux êtres dans le temps, Dieu est le nom le plus commode pour le néant et pour le tout.
Cette vie foisonnante de l'histoire est si merveilleusement riche qu'elle réduit à néant les inventions sans génie d'une imagination essoufflée.
Il y a des jours, des mois, des années interminables où il ne se passe presque rien. Il y a des minutes et des secondes qui contiennent tout un monde.
L'amour est torture, enchantement, violence, douceur, conversation, silence. Il est bonheur et chagrin. Il es profondeur et légèreté. Il est léger comme de la cendre
L'éternité, c'est ce qu'il y a de plus fragile, c'est du papier. Qu'est-ce qui reste de tout le passé ? Non pas les idées, parce qu'elles s'envolent, mais des mots écrits.
Les hommes ne cessent jamais d'avoir peur. Des mécanismes obscurs nous rongent de l'intérieur. Etre heureux est la forme la plus subtile d'un désespoir qui n'ose pas dire son nom.

Questions autour de Jean d'Ormesson

Quel est le vrai nom complet de Jean d'Ormesson ?
Jean d'Ormesson se prénommait en réalité Jean Bruno Wladimir François-de-Paule Lefèvre d'Ormesson. Il portait le titre de comte d'Ormesson.
Quels sont les livres les plus connus de Jean d'Ormesson ?
Parmi ses oeuvres les plus lues figurent La Gloire de l'Empire (1971, Grand Prix du roman de l'Académie française), Au plaisir de Dieu (1974), Dieu, sa vie, son oeuvre (1981), C'est une chose étrange à la fin que le monde (2010) et Je dirai malgré tout que cette vie fut belle (2016).
Jean d'Ormesson était-il marié ?
Oui, Jean d'Ormesson a épousé Françoise Béghin le 2 avril 1962. Ils ont eu ensemble une fille unique, Héloïse d'Ormesson, devenue éditrice. Le couple est resté uni jusqu'à la mort de l'écrivain en 2017, soit cinquante-cinq ans de mariage.
Où est enterré Jean d'Ormesson ?
Jean d'Ormesson est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris, dans la chapelle funéraire de la famille Lefèvre d'Ormesson (division 56).
Jean d'Ormesson a-t-il joué dans des films ?
Oui, Jean d'Ormesson a fait ses débuts au cinéma en 2012 dans le film Les saveurs du palais de Christian Vincent, où il incarne François Mitterrand.
Qui est né le même jour que Jean d'Ormesson ?
Geronimo, Justine Fraioli, Emmanuel Moire, Redouane Bougheraba et Jürgen Klopp sont nés le 16 juin comme Jean d'Ormesson.
À quel âge est mort Jean d'Ormesson ?
Jean d'Ormesson est mort à 92 ans, le 5 décembre 2017.
Qui est mort le même jour que Jean d'Ormesson ?
Robert Castel, Stevan Jelovac, Denny Laine, August Ames et Fabiola de Mora y Aragón sont morts le 5 décembre comme Jean d'Ormesson.
Quels écrivains français sont nés en 1925 comme Jean d'Ormesson ?
Quels écrivains sont nés à Paris comme Jean d'Ormesson ?
Quels écrivains français sont du signe Gémeaux comme Jean d'Ormesson ?
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