Giacomo Agostini, né le 16 juin 1942 à Brescia, est un pilote de vitesse moto italien détenteur d'un record absolu de quinze titres mondiaux en Grand Prix et de 122 victoires, surnommé "Ago", qui reste à ce jour le pilote le plus titré de l'histoire du Championnat du monde.
Giacomo Agostini grandit dans la province de Bergame, à Lovere, après que sa famille a quitté le hameau de Lanico, commune de Malegno, dans le Val Camonica. Fils d'Aurelio Agostini, secrétaire municipal à Costa Volpino et propriétaire d'une entreprise de transport fluvial sur le lac d'Iseo, et de Maria Vittoria, il aîné de quatre frères -- Gabriele, Mauro et Felice. C'est à la suite d'un quiproquo fameux que son père signe, en 1960, l'autorisation paternelle indispensable aux mineurs pour courir : le notaire de famille, sourd, avait compris "vélo" au lieu de "moto". En 1961, Agostini dispute sa première course officielle, la montée de côte Trento-Bondone, sur une Moto Morini 175 Settebello financée à crédit sur trente mensualités remboursées grâce aux prix et aux paris gagnés en course. En 1963, il remporte à la fois le championnat d'Italie de la montagne et le championnat junior de vitesse, en gagnant quasiment toutes les manches. Repéré lors d'une victoire à San Luca par Alfonso Morini, il est recruté par l'écurie Moto Morini et dispute son premier Grand Prix sur le circuit de Monza en septembre 1963, dans la catégorie 250 cm3. En 1965, recommandé par son compatriote Carlo Ubbiali, il rejoint MV Agusta pour épauler le pilote britannique Mike Hailwood, champion du monde en titre. Dès cette première saison aux côtés de Hailwood, il termine vice-champion du monde dans les deux catégories.
La rivalité entre Giacomo Agostini et Mike Hailwood, qui quitte MV Agusta pour Honda fin 1965, domine les années 1966 et 1967 et fascine le paddock international. Agostini décroche son premier titre mondial 500 cm3 à Monza en 1966, puis défend son titre lors d'un duel haletant avec Hailwood en 1967, les deux pilotes terminant la saison à égalité de points et de victoires -- Agostini conservant son titre grâce à un meilleur classement en deuxième places. Entre 1968 et 1972, il enchaîne cinq doubles titres consécutifs en 350 et 500 cm3, une performance inédite dans l'histoire du sport. Après dix victoires à l'Isle of Man TT, il boycotte définitivement l'épreuve à partir de 1972, suite à la mort de son ami Gilberto Parlotti, entraînant dans son sillage d'autres pilotes de premier plan -- Phil Read notamment -- et précipitant le retrait du TT du calendrier du Championnat du monde en 1976. En 1974, Agostini rejoint Yamaha, rompant avec MV Agusta après le recrutement de Phil Read. Il remporte son dernier titre mondial en 500 cm3 en 1975, portant son total à quinze sacres -- huit en 500 cm3 et sept en 350 cm3. Il met fin à sa carrière de pilote en 1977 et se reconvertit comme directeur sportif de l'équipe Yamaha, sous bannière Marlboro. Il mène Eddie Lawson à trois titres mondiaux 500 cm3 (1984, 1986 et 1988) et dirige également Kenny Roberts et Graeme Crosby. Il participe ensuite à la direction de l'équipe Cagiva de 1992 à 1995.
1942 : naissance le 16 juin à Brescia, Italie.
1961 : première course officielle, la montée de côte Trento-Bondone ; finit deuxième derrière Attilio Damiani.
1963 : double titre aux championnats d'Italie de la montagne et junior de vitesse ; premier Grand Prix à Monza (catégorie 250 cm3, Moto Morini).
1965 : intègre MV Agusta ; première saison aux côtés de Mike Hailwood, vice-champion en 350 et en 500 cm3.
1966 : premier titre mondial 500 cm3, décroché à Monza.
1968 : debut d'une série de cinq doubles titres consécutifs 350 et 500 cm3 (jusqu'en 1972).
1972 : dixième et dernière victoire au TT de l'île de Man ; boycott de l'épreuve après la mort de Gilberto Parlotti.
1974 : passage chez Yamaha ; fracture de l'épaule lors d'une chute en début de saison.
1975 : quinzième et dernier titre mondial, en 500 cm3 avec Yamaha.
1977 : annonce le 22 décembre son retrait de la compétition moto lors du message de Noël à la presse ; dernière victoire mondiale le 25 septembre à Hockenheim (catégorie 750 cm3).
1982 : retour dans le Championnat du monde en tant que directeur sportif de l'équipe Yamaha (Marlboro Team Agostini).
1984 : premier titre de directeur sportif avec Eddie Lawson (500 cm3).
1988 : troisième titre de directeur sportif avec Eddie Lawson ; mariage avec Maria Ayuso le 18 juin.
1999 : intronisation au Motorcycle Hall of Fame de l'American Motorcyclist Association.
2015 : inauguration de son étoile sur le Jerez Walk of Fame en Espagne (deuxième pilote après Angel Nieto) ; plaque inaugurée au Walk of Fame du sport italien à Rome.
2025 : porte-flambeau lors du relais de la flamme olympique des Jeux d'hiver de Milan-Cortina 2026 (décembre).
Giacomo Agostini est né à Brescia mais grandit à Lovere, dans la province de Bergame, où sa famille s'installe après le hameau de Lanico. Son père Aurelio, secrétaire municipal et entrepreneur fluvial, s'oppose durablement à la vocation motocycliste de son fils aîné. Sa mère se prénomme Maria Vittoria. Ses trois frères cadets se nomment Gabriele, Mauro et Felice. Agostini rencontre Maria Ayuso, native d'El Puerto de Santa Maria en Espagne, lors de ses années de directeur sportif ; ils se marient le 18 juin 1988. De cette union naissent deux enfants, Vittoria et Giacomino. La famille réside à Bergame, où Agostini a aménagé une salle des trophées -- la Sala Trofei -- dans une propriété attenante à son domicile, ouverte aux visiteurs sur réservation.
Agostini est membre de l'Académie des Laureus World Sports Awards, aux côtés de quarante-cinq autres personnalités sportives mondiales. Il a été intronisé au sein du MotoGP Legends, programme officiel de la FIM. Pratiquant catholique, il a porté tout au long de sa carrière une médaille de la Vierge de Lourdes glissée dans la mousse de son casque. Profondément attaché à la sécurité des pilotes, son retrait de l'île de Man en 1972 contribue directement au déclassement du TT comme épreuve du Championnat du monde. En 2025, il participe au relais de la flamme olympique des Jeux d'hiver Milan-Cortina 2026 en Italie.
1 - Lors d'une course de la Temporada Romagnola à Cesenatico en mai 1962, la moto d'Agostini est sabotée dans le parc fermé la nuit précédant l'épreuve : le câble d'accélérateur est sectionné. Le directeur sportif Dante Lambertini lui prête un "mulet" d'usine ; après un seul tour de chauffe, Agostini établit le record du circuit.
2 - A Daytona en 1974, la presse américaine l'affuble du surnom de "Daisy Ago" et le pilote Kenny Roberts prédit le dévorer "tout cru". Agostini passe la semaine à reconnaître le circuit à pied en tenue de sport, comme un touriste, avant de s'imposer avec un large écart. Roberts, deuxième, déclare : "Je n'arrive pas à croire qu'Agostini soit un être humain."
3 - Agostini estimait posséder environ 250 trophées. Lorsqu'il les a inventoriés pour sa Sala Trofei, il en a compté près de 365 -- presque un pour chaque jour de l'année.
4 - Le réalisateur Pietro Germi lui proposa un rôle dans un long métrage. Agostini, alors en pleine activité sportive, lui demanda la date de tournage. Confronté aux impératifs du calendrier des courses, le projet n'aboutit pas.
5 - En 1968, 1969 et 1970, Agostini remporte l'intégralité des manches des catégories 350 et 500 cm3 disputées au Championnat du monde -- une domination totale sur trois saisons consécutives.
6 - Le nom de sa fille, Vittoria, a été suggéré par le journaliste et consultant Nico Cereghini, en hommage à la longue série de victoires du pilote.
- Métier(s) : pilote de vitesse moto (1961-1977), directeur sportif (1982-1995)
- Résidence principale : Bergame (Italie)
- Relations de couple : Maria Ayuso (mariée le 18 juin 1988)
- Enfants : Vittoria et Giacomino
- Distinctions : 15 titres mondiaux (8 en 500 cm3, 7 en 350 cm3), 122 victoires en Grand Prix, 10 victoires au TT de l'île de Man, Motorcycle Hall of Fame (1999), MotoGP Legends (FIM), membre de l'Académie des Laureus World Sports Awards, Walk of Fame du sport italien (2015), étoile au Jerez Walk of Fame (2015)
« Je ne pense pas qu'il y ait 23 Maradona, 23 Verstappen ou 23 Mohammed Ali sur la grille. On voit que tout le monde se tient dans la même seconde, ce qui est dingue. »
— Interview Motorsport.com (édition néerlandaise), Classic GP d'Assen, septembre 2022
« Je pense que je suis né pour les motos. Quand j'étais petit et j'ai commencé à penser, je pensais seulement que mon métier serait de faire de la moto et de faire des courses. »
— Interview Euronews, janvier 2016
« Je suis né avec la moto en tête. Mes parents étaient inquiets. Mon père disait : 'Mais d'où tu viens ? Nous, nous n'avons rien à voir avec les deux roues, rien à voir avec le sport !'. Je ne sais pas. Mère nature m'a donné cela. »
— Interview Motorsport.com, juin 2023
« Ce qui est beau aujourd'hui, c'est que nous avions cette même tension mais avec en plus l'idée de la mort. Malheureusement, quand nous tombions, les dégâts étaient plutôt graves que légers. Aujourd'hui, heureusement, on peut tomber, se relever, repartir et continuer. »
— Interview Motorsport.com, juin 2023