Écrivain prolifique, polémiste redoutable et gardien sourcilleux de la langue française, Jean Dutourd a marqué la vie intellectuelle du XXe siècle par son esprit satirique et son style classique. Membre éminent de l'Académie française, il fut une figure centrale du courant des "Hussards", maniant l'ironie avec une élégance constante.
Né à Paris, Jean Dutourd est mobilisé en 1940, fait prisonnier, s'évade et rejoint la Résistance, un engagement qui forgera son caractère et son patriotisme sourcilleux. Après la Libération, il entre en littérature et connaît un succès fulgurant en 1952 avec Au bon beurre, une satire féroce de l'Occupation qui reçoit le prix Interallié. Ce roman l'établit comme un observateur impitoyable des travers de ses contemporains. Journaliste influent, il collabore pendant de longues années à France-Soir, au Figaro et participe à la célèbre émission Les Grosses Têtes de Philippe Bouvard, où son érudition et son sens de la repartie font merveille. Son œuvre, forte de plus de soixante ouvrages, navigue entre essais philosophiques, romans et chroniques de mœurs, toujours portée par une plume d'une clarté exemplaire.
Élu à l'Académie française en 1978 au fauteuil de Jacques Rueff, il devient l'un des piliers du Quai Conti, s'opposant avec vigueur à ce qu'il considérait comme la décadence du langage et des mœurs. Farouche défenseur de la francophonie, il préside pendant plusieurs années l'association "Défense de la langue française". Malgré une image de conservateur assumé, son esprit d'indépendance l'a souvent conduit à des prises de position originales, loin des sentiers battus de l'intelligentsia parisienne. Jusqu'à sa disparition en 2011, il est resté un acteur majeur du débat d'idées, publiant presque chaque année un nouveau titre. En ce début d'année 2026, son œuvre fait l'objet d'un regain d'intérêt auprès d'une nouvelle génération de lecteurs séduits par son impertinence et la précision de son style, rappelant que derrière le polémiste se cachait un moraliste de la lignée de Chamfort ou de Rivarol.
Jean Dutourd fut un homme de convictions dont les prises de position ont souvent suscité de vives polémiques. Son gaullisme de combat et son hostilité déclarée aux idées de Mai 68 lui ont valu l'étiquette d'écrivain "réactionnaire", un terme qu'il revendiquait d'ailleurs avec une certaine coquetterie intellectuelle. Ses critiques acerbes contre la modernisation de l'Église catholique ou l'évolution des programmes scolaires ont régulièrement alimenté les débats télévisés des années 80 et 90. En 1978, l'incendie criminel de son appartement parisien par un groupe d'extrême gauche témoigne de la violence des passions qu'il pouvait déchaîner. Malgré ces heurts, il n'a jamais dévié de sa ligne, estimant que le rôle de l'écrivain était d'être une "mouche du coche" contre le conformisme ambiant, fût-il progressiste.
1920 : Naissance le 14 janvier à Paris.
1940 : Engagement dans la Résistance.
1946 : Publication de son premier essai, Le Complexe de César.
1952 : Succès de Au bon beurre (Prix Interallié).
1956 : Publication des Taxis de la Marne, essai patriotique marquant.
1978 : Élection à l'Académie française au fauteuil 31.
1978 : Son appartement est la cible d'un attentat à la bombe.
1991 : Publication de Portraits de femmes.
1997 : Grand prix de littérature de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre.
2006 : Publication de ses mémoires, La Perle et le Grain.
2011 : Décès le 17 janvier à Paris à l'âge de 91 ans.
2020 : Célébrations du centenaire de sa naissance.
Fils d'un chirurgien-dentiste et d'une mère décédée alors qu'il n'avait que sept ans, Jean Dutourd a grandi dans un milieu bourgeois qu'il a appris à observer avec une distance critique. Il épouse Camille Dumortier en 1942, avec qui il aura deux enfants, Frédéric et Clara. Ce mariage fut le socle de sa vie, Camille étant non seulement sa compagne mais aussi sa première lectrice. Homme de rituels, il écrivait chaque matin avec une régularité de métronome. Sa vie sociale était riche, fréquentant aussi bien les cercles littéraires que les studios de radio, mais il retrouvait toujours avec plaisir le calme de son cabinet de travail, entouré de ses dictionnaires et de ses auteurs classiques préférés, de Stendhal à Barbey d'Aurevilly.
Son engagement le plus profond fut sans nul doute la défense de la langue française, qu'il considérait comme le bien le plus précieux de la nation. Il s'est battu contre l'usage excessif des anglicismes et pour le maintien d'une orthographe rigoureuse. Par ailleurs, Jean Dutourd fut un européen convaincu, mais partisan d'une Europe des nations respectueuse des identités culturelles. Il était également un grand amateur de peinture et de musique classique, voyant dans les arts le rempart ultime contre la barbarie. Sa fidélité envers ses amis, même les plus controversés, était l'un de ses traits de caractère les plus saillants. Jusqu'au bout, il a incarné une certaine idée de la France, faite de panache, de clarté d'esprit et d'un refus obstiné de la médiocrité.
L'Institut de France, sur le Quai Conti à Paris, fut sa seconde demeure pendant plus de trente ans. Le café de Flore à Saint-Germain-des-Prés reste également un lieu associé à ses années de jeunesse et à ses rencontres avec les écrivains de sa génération. Il repose au cimetière de Passy, au cœur de ce Paris qu'il a tant aimé et décrit.
1 - Lors de son élection à l'Académie française, Jean Dutourd a choisi de faire graver sur son épée une petite chouette, symbole de la sagesse mais aussi de la vigilance nocturne, rappelant son passé de résistant.
2 - Il était connu pour son horreur du téléphone ; il préférait envoyer des petits mots manuscrits ou des télégrammes, estimant que la parole immédiate nuisait à la qualité de la pensée.
3 - Bien qu'académicien très sérieux, il adorait le canular et l'absurde, ce qui explique sa complicité immédiate avec l'équipe des Grosses Têtes où il acceptait avec autodérision d'être la cible des plaisanteries sur son âge ou son classicisme.
4 - Au bon beurre fut écrit à une terrasse de café, Jean Dutourd observant les passants pour nourrir les descriptions de ses personnages, captant ainsi la vérité des visages et des comportements de l'après-guerre.
- Métier(s) : Écrivain, journaliste, académicien
- Résidence principale : Paris (France)
- Relations de couple : Camille Dumortier (épouse)
- Enfants : Frédéric et Clara
- Distinctions : Grand-croix de la Légion d'honneur, Commandeur des Arts et des Lettres
La femme est le roman de l'homme.
Tout usage finit par se changer en abus.
L'exactitude est la politesse des montres.
Les impatients arrivent toujours trop tard.
On n'aime pas son ennemi, mais on le respecte.
Rien n'est plus rare que le savoir-vivre amoureux.
Où finit la paresse, où commence la contemplation ?
Devis d'écrivain : Les écrits restent, tant mieux !
On ne comprend guère le mot jeunesse avant trente ans.
L'amitié est un sentiment aussi mystérieux que l'amour.
La mission de l'écrivain, c'est de troubler les agonies.
Le monde ne plie jamais devant les volontés individuelles.
Ce qu'on n'a pas mérité est un cadeau, un sourire du destin.
Aux yeux d'un artiste le fond et la forme sont indissolubles.
Etre bon, c'est être libre. Etre méchant, c'est être esclave.
Le crétin se reconnaît à son goût pour les exactitudes inutiles.
Les petits cadeaux du destin entretiennent l'amitié avec soi-même.
Toute carrière politique, si triomphale soit-elle, a ses éclipses.
Tout ce qui anesthésie les masses fait l'affaire des gouvernements.
A force d'être insupportable, on finit par se rendre indispensable.
Tout est preuve pour les croyants. Tout est preuve pour les athées.
Il ne faut donner aux gens que des conseils qu'ils puissent suivre.
Les angoisses métaphysiques sont une grande ressource pour les ratés.
Dialogue de couple.
ELLE : Je me sens si seule !...
LUI : Moi, pas assez.
On obtient ce qu'on veut des femmes à condition de ne pas les décourager.
Dans les situations désespérées, la seule sagesse est l'optimisme aveugle.
Un homme ne saurait faire de plus grand présent à une femme que sa liberté.
Dialogue de couple. Elle : - Je me sens si seule !... Lui : - Moi, pas assez.
Parents : individus falots dont la fonction consiste à engendrer des étudiants.
L'important n'est pas les choses qu'on a à dire, mais la façon dont on les dit.
Le premier effet de la jalousie est de rendre fidèle l'homme qui en est atteint.
Au XXe siècle, après tant de travaux, l'humanité s'acharne à effacer ses traces.
On n'est jamais si éloquent sur la paix que lorsqu'on vient de gagner une guerre.
Les voyages, comme les belles femmes, sont faits pour les hommes sans imagination.
Il est plus facile d'être malheureux du malheur d'autrui qu'heureux de son bonheur.
On ne brûle plus les sorcières, ni même les livres, mais on brûle toujours les idées.
La liberté étant le plus grand des biens, il est normal qu'elle soit le plus onéreux.
N'être pas dans le vent. A force d'être dans le vent on finit par attraper des rhumes.
C'est dans la libre préférence du danger à la sécurité qu'on reconnaît les âmes nobles.
Les crimes deviennent vraiment abominables quand on en est réduit à plaindre l'assassin.
Tel se croit dans une comédie de Marivaux quand il est déjà dans une tragédie de Racine.
L'âme la plus pénétrée d'amour ne peut pas s'empêcher de pousser de petits cris de souris.
La politique française est la plus ennuyeuse du monde, car le manichéisme y règne en maître.
Démission des parents : action consistant à donner beaucoup d'argent de poche et peu de gifles.
Les idées sont comme les femmes. Si on ne les lève pas quand elles passent, on les perd de vue.
L'illusion des lâches est de croire qu'avec beaucoup de prudence, on peut échapper à son destin.
Périodiquement je me perds de vue, comme une personne qu'on n'a pas rencontrée depuis longtemps.
Il y a toujours assez de temps pour s'ennuyer, c'est pour s'amuser ou travailler qu'on en manque
Mourir, pour un jeune homme, c'est lui voler son avenir ; pour un vieillard, lui voler son passé.
Les gens qui se plaignent constamment vivent leurs malheurs deux fois. D'où leur humeur chagrine.
Le progrès matériel doit être lent, comme l'évolution des espèces. Sinon il produit des monstres.
Le malheur des gens qui ont beaucoup menti est que personne les croit lorsqu'ils disent la vérité.
C'est le propre des imbéciles de se tirer d'une situation fâcheuse en tombant dans une catastrophique.
"Il n'y a pas de fumée sans feu." Si, celle produite par les fumigènes de la presse, télévisée et autre.
Tuer une oeuvre d'art est plus grave que de tuer des hommes. Des hommes, on en refait tant qu'on veut...
Je vois autant de vieillards révoltés contre la vieillesse que de jeunes gens révoltés contre la société.
La nature se venge aujourd'hui de la science qui l'opprime, la défigure et la pollue depuis bien des années.
La seule chose dont on soit sûr, en ce qui concerne l'avenir, c'est qu'il n'est jamais conforme à nos prévisions.
L'inconvénient de vivre longtemps est que la dernière image de soi que le monde ait vue est celle d'un vieillard.
A cinquante-deux ans, il n'y a que le bonheur et la bonne humeur en général qui puissent rendre un homme séduisant.
Les femmes ne couchent pas avec des hommes, mais avec des abstractions : le pouvoir, la renommée, l'argent, la mode...
Etre philosophe aujourd'hui n'est même plus drôle : on a trop de motifs de rire, on ne sait plus où donner de la tête.
Les gens à qui tout réussit sont souvent déconcertés et lâches dans l'adversité. Leur coeur n'est pas fait pour l'échec.
La marque distinctive du XXe siècle est l'encombrement, la prolifération des objets, c'est-à-dire l'hégémonie de la matière.
La jeunesse a une patience infinie, et d'autant plus méritoire que le temps, pour elle, se traîne avec une lenteur désespérante.
Faire parler un homme politique sur ses projets et son programme, c'est comme demander à un garçon de restaurant si le menu est bon.
Les parents d'aujourd'hui veulent être aimés de leurs enfants. Cette erreur les entraîne à toutes sortes de faiblesses et de facilités.
Combien de femmes a-t-on désirées, qu'on n'a pas eues et qui, huit jours après, vous ennuyaient autant que si on avait couché avec elles !
Aimer, c'est être embêtant, tatillon, exigeant, c'est vouloir qu'on soit mieux qu'on est, c'est empoisonner l'existence de l'être qu'on aime.
L'intelligence de la vie... Ce mélange si particulier de respect des convenances et de largeur d'esprit, cette faculté de comprendre avant de savoir.
Les hôtels sont des refuges où le touriste soigne chaque soir son insatisfaction. D'ailleurs l'hôtellerie maintenant compte en lits, comme les hôpitaux.
Le progrès social est devenu une farce : les hommes travaillent moins, se reposent davantage... mais ils sont sévèrement embrigadés dans la pensée unique.
Il faut vivre vieux, et même très vieux, et même excessivement vieux. Ainsi on a eu le plaisir, au fil des années, d'enterrer les gens qui se moquent de vous.
Aucune langue n'est assez belle pour Dieu. Le silence est la seule langue possible pour parler à Dieu. Dieu sait tout, voit tout. Il lit au fond de moi mieux que moi-même.
Vous vous noyez dans un verre d'eau. Il n'y a que dans les verres d'eau qu'on se noie. Quand on est dans l'océan on arrive toujours à en sortir. Même s'il y a de la tempête.
La femme est le roman de l'homme.
Tout usage finit par se changer en abus.
L'exactitude est la politesse des montres.
Les impatients arrivent toujours trop tard.
On n'aime pas son ennemi, mais on le respecte.
Rien n'est plus rare que le savoir-vivre amoureux.
Où finit la paresse, où commence la contemplation ?
Devis d'écrivain : Les écrits restent, tant mieux !
On ne comprend guère le mot jeunesse avant trente ans.
L'amitié est un sentiment aussi mystérieux que l'amour.
La mission de l'écrivain, c'est de troubler les agonies.
Le monde ne plie jamais devant les volontés individuelles.
Ce qu'on n'a pas mérité est un cadeau, un sourire du destin.
Aux yeux d'un artiste le fond et la forme sont indissolubles.
Etre bon, c'est être libre. Etre méchant, c'est être esclave.
Le crétin se reconnaît à son goût pour les exactitudes inutiles.
Les petits cadeaux du destin entretiennent l'amitié avec soi-même.
Toute carrière politique, si triomphale soit-elle, a ses éclipses.
Tout ce qui anesthésie les masses fait l'affaire des gouvernements.
A force d'être insupportable, on finit par se rendre indispensable.
Tout est preuve pour les croyants. Tout est preuve pour les athées.
Il ne faut donner aux gens que des conseils qu'ils puissent suivre.
Les angoisses métaphysiques sont une grande ressource pour les ratés.
Dialogue de couple.
ELLE : Je me sens si seule !...
LUI : Moi, pas assez.
On obtient ce qu'on veut des femmes à condition de ne pas les décourager.
Dans les situations désespérées, la seule sagesse est l'optimisme aveugle.
Un homme ne saurait faire de plus grand présent à une femme que sa liberté.
Dialogue de couple. Elle : - Je me sens si seule !... Lui : - Moi, pas assez.
Parents : individus falots dont la fonction consiste à engendrer des étudiants.
L'important n'est pas les choses qu'on a à dire, mais la façon dont on les dit.
Le premier effet de la jalousie est de rendre fidèle l'homme qui en est atteint.
Au XXe siècle, après tant de travaux, l'humanité s'acharne à effacer ses traces.
On n'est jamais si éloquent sur la paix que lorsqu'on vient de gagner une guerre.
Les voyages, comme les belles femmes, sont faits pour les hommes sans imagination.
Il est plus facile d'être malheureux du malheur d'autrui qu'heureux de son bonheur.
On ne brûle plus les sorcières, ni même les livres, mais on brûle toujours les idées.
La liberté étant le plus grand des biens, il est normal qu'elle soit le plus onéreux.
N'être pas dans le vent. A force d'être dans le vent on finit par attraper des rhumes.
C'est dans la libre préférence du danger à la sécurité qu'on reconnaît les âmes nobles.
Les crimes deviennent vraiment abominables quand on en est réduit à plaindre l'assassin.
Tel se croit dans une comédie de Marivaux quand il est déjà dans une tragédie de Racine.
L'âme la plus pénétrée d'amour ne peut pas s'empêcher de pousser de petits cris de souris.
La politique française est la plus ennuyeuse du monde, car le manichéisme y règne en maître.
Démission des parents : action consistant à donner beaucoup d'argent de poche et peu de gifles.
Les idées sont comme les femmes. Si on ne les lève pas quand elles passent, on les perd de vue.
L'illusion des lâches est de croire qu'avec beaucoup de prudence, on peut échapper à son destin.
Périodiquement je me perds de vue, comme une personne qu'on n'a pas rencontrée depuis longtemps.
Il y a toujours assez de temps pour s'ennuyer, c'est pour s'amuser ou travailler qu'on en manque
Mourir, pour un jeune homme, c'est lui voler son avenir ; pour un vieillard, lui voler son passé.
Les gens qui se plaignent constamment vivent leurs malheurs deux fois. D'où leur humeur chagrine.
Le progrès matériel doit être lent, comme l'évolution des espèces. Sinon il produit des monstres.
Le malheur des gens qui ont beaucoup menti est que personne les croit lorsqu'ils disent la vérité.
C'est le propre des imbéciles de se tirer d'une situation fâcheuse en tombant dans une catastrophique.
"Il n'y a pas de fumée sans feu." Si, celle produite par les fumigènes de la presse, télévisée et autre.
Tuer une oeuvre d'art est plus grave que de tuer des hommes. Des hommes, on en refait tant qu'on veut...
Je vois autant de vieillards révoltés contre la vieillesse que de jeunes gens révoltés contre la société.
La nature se venge aujourd'hui de la science qui l'opprime, la défigure et la pollue depuis bien des années.
La seule chose dont on soit sûr, en ce qui concerne l'avenir, c'est qu'il n'est jamais conforme à nos prévisions.
L'inconvénient de vivre longtemps est que la dernière image de soi que le monde ait vue est celle d'un vieillard.
A cinquante-deux ans, il n'y a que le bonheur et la bonne humeur en général qui puissent rendre un homme séduisant.
Les femmes ne couchent pas avec des hommes, mais avec des abstractions : le pouvoir, la renommée, l'argent, la mode...
Etre philosophe aujourd'hui n'est même plus drôle : on a trop de motifs de rire, on ne sait plus où donner de la tête.
Les gens à qui tout réussit sont souvent déconcertés et lâches dans l'adversité. Leur coeur n'est pas fait pour l'échec.
La marque distinctive du XXe siècle est l'encombrement, la prolifération des objets, c'est-à-dire l'hégémonie de la matière.
La jeunesse a une patience infinie, et d'autant plus méritoire que le temps, pour elle, se traîne avec une lenteur désespérante.
Faire parler un homme politique sur ses projets et son programme, c'est comme demander à un garçon de restaurant si le menu est bon.
Les parents d'aujourd'hui veulent être aimés de leurs enfants. Cette erreur les entraîne à toutes sortes de faiblesses et de facilités.
Combien de femmes a-t-on désirées, qu'on n'a pas eues et qui, huit jours après, vous ennuyaient autant que si on avait couché avec elles !
Aimer, c'est être embêtant, tatillon, exigeant, c'est vouloir qu'on soit mieux qu'on est, c'est empoisonner l'existence de l'être qu'on aime.
L'intelligence de la vie... Ce mélange si particulier de respect des convenances et de largeur d'esprit, cette faculté de comprendre avant de savoir.
Les hôtels sont des refuges où le touriste soigne chaque soir son insatisfaction. D'ailleurs l'hôtellerie maintenant compte en lits, comme les hôpitaux.
Le progrès social est devenu une farce : les hommes travaillent moins, se reposent davantage... mais ils sont sévèrement embrigadés dans la pensée unique.
Il faut vivre vieux, et même très vieux, et même excessivement vieux. Ainsi on a eu le plaisir, au fil des années, d'enterrer les gens qui se moquent de vous.
Aucune langue n'est assez belle pour Dieu. Le silence est la seule langue possible pour parler à Dieu. Dieu sait tout, voit tout. Il lit au fond de moi mieux que moi-même.
Vous vous noyez dans un verre d'eau. Il n'y a que dans les verres d'eau qu'on se noie. Quand on est dans l'océan on arrive toujours à en sortir. Même s'il y a de la tempête.