Tarsila do Amaral (1886-1973) est une peintre brésilienne dont l'œuvre associe les techniques des avant-gardes européennes à une esthétique nationale brésilienne. Son tableau Abaporu (1928) est à l'origine du Manifeste anthropophage, qui prône une assimilation créative des influences étrangères au service d'un art proprement brésilien.
Née dans une riche famille de planteurs de café à Capivari, Tarsila do Amaral commence sa formation artistique à São Paulo avant de s'installer à Paris en 1920 pour étudier à l'Académie Julian. De retour au Brésil en 1922, elle rejoint le Groupe des Cinq, actif lors de la Semaine d'art moderne, aux côtés d'Anita Malfatti et Oswald de Andrade. Lors de son second séjour parisien, elle affine son style sous la direction d'André Lhote et Fernand Léger. En 1924, son voyage dans les villes coloniales du Minas Gerais avec le poète Blaise Cendrars marque le début de sa période Pau-Brasil, caractérisée par une simplification des formes et une référence à la nature tropicale.
En 1928, elle crée l'huile sur toile Abaporu, qu'elle offre à Oswald de Andrade. Ce tableau inspire le Manifeste anthropophage. Après la crise de 1929 qui ruine sa famille, elle s'oriente vers une thématique sociale, comme en témoigne Ouvriers (1933), influencé par un voyage en Union soviétique. Durant les décennies suivantes, elle continue d'explorer les légendes populaires et les paysages urbains. Elle participe à la première Biennale de São Paulo en 1951 et bénéficie d'une rétrospective à la Biennale de Venise en 1964.
En 1932, en raison de ses sympathies pour la cause ouvrière et de son voyage en URSS, elle est arrêtée et emprisonnée pendant un mois par le régime de Getúlio Vargas lors de la Révolution constitutionnaliste. Sur le plan artistique, son œuvre a fait l'objet de débats sur l'appropriation des techniques européennes, certains critiques l'accusant de déformer l'identité brésilienne par un cubisme perçu comme exotique. Plus récemment, le marché de l'art a été traversé par des polémiques liées à l'authenticité de certains dessins attribués à l'artiste.
1886 : naissance le 1er septembre à Capivari
1906 : premier mariage avec André Teixeira Pinto
1920 : départ pour Paris et entrée à l'Académie Julian
1922 : retour au Brésil et adhésion au Groupe des Cinq
1924 : voyage dans le Minas Gerais avec Blaise Cendrars
1926 : mariage avec Oswald de Andrade
1928 : création du tableau Abaporu
1929 : divorce d'avec Oswald de Andrade
1931 : voyage en Union soviétique
1932 : incarcération politique à São Paulo
1933 : réalisation du tableau social Ouvriers
1951 : participation à la première Biennale de São Paulo
1969 : rétrospective « Tarsila : 50 ans de peinture » à Rio
1973 : décès le 17 janvier à São Paulo à l'âge de 86 ans
Tarsila do Amaral est la fille de José Estanislau do Amaral et de Lydia Dias de Aguiar, propriétaires de domaines agricoles. Elle se marie une première fois en 1906 avec André Teixeira Pinto, dont elle divorce en 1925. De cette union naît son unique enfant, Dulce, en 1906. Elle se marie ensuite avec Oswald de Andrade de 1926 à 1929, puis entretient une relation de long terme avec le psychiatre Osório Cesar. Ses engagements étaient liés au développement culturel du Brésil. Elle collabore avec des intellectuels comme Mário de Andrade et s'est investie dans la défense des droits des artistes, participant à la création de la Société des Arts Plastiques de São Paulo.
Tarsila do Amaral s'éteint le 17 janvier 1973 à l'hôpital Beneficência Portuguesa de São Paulo, à la suite de complications pulmonaires après une opération de la vésicule biliaire, à l'âge de 86 ans. Ses funérailles ont lieu au cimetière de la Consolação.
La dépouille de Tarsila do Amaral repose au cimetière de la Consolação à São Paulo. Le Musée d'Art de São Paulo (MASP) et la Pinacothèque de l'État de São Paulo conservent ses œuvres les plus importantes.
1 - Pour l'anniversaire d'Oswald de Andrade, elle chercha un cadeau et peignit Abaporu, dont le nom signifie « l'homme qui mange » en langue tupi-guarani.
2 - Lors de ses années parisiennes, elle fit sensation en portant un manteau rouge créé par le couturier Paul Poiret lors de ses vernissages pour affirmer son identité tropicale.
3 - Bien qu'issue de l'aristocratie rurale, elle passe un mois en cellule en 1932, ce qui a influencé sa vision sociale de l'art.
4 - Tarsila peignait souvent avec des pigments rapportés de ses voyages au Brésil, cherchant à reproduire le bleu et le rose des maisons paysannes.
- Métier(s) : Peintre, dessinatrice, illustratrice
- Résidence principale : São Paulo, Brésil
- Relations de couple : Oswald de Andrade (époux), Osório Cesar
- Enfants : Dulce (née en 1906)
- Distinctions : participation à la Biennale de Venise (1964)