Maurice-Quentin de La Tour

† à 83 ans
le 5 septembre 1704
Décédé le 17 février 1788
Naissance :  Saint-Quentin (Aisne, 02)France  
Nationalité : française
Astrologie

Résumé biographique

Maurice-Quentin de La Tour, né le 5 septembre 1704 à Saint-Quentin, où il est mort le 17 février 1788, est un portraitiste pastelliste français.

Extrait de Wikipédia

Biographie

Maurice-Quentin de La Tour, né le 5 septembre 1704 à Saint-Quentin (Aisne) et mort dans la même ville le 17 février 1788, est un portraitiste pastelliste français du XVIIIe siècle, surnommé "le prince des pastellistes", dont l'oeuvre constitue une galerie unique des visages du règne de Louis XV.


Parcours

Troisième fils de François de La Tour, maitre écrivain, ingénieur géographe et chantre de la collégiale de Saint-Quentin, Maurice-Quentin de La Tour quitte sa ville natale en 1719, à dix-huit ans, pour entrer en apprentissage chez Claude Dupouch, peintre membre de l'Académie de Saint-Luc, à Paris. Son séjour coïncide avec le passage dans la capitale de la Vénitienne Rosalba Carriera, dont les portraits au pastel suscitent un engouement dans les milieux mondains et orientent durablement les choix techniques du jeune artiste. De retour à Saint-Quentin en 1722, il revient à Paris l'année suivante et intègre l'atelier du peintre belge Jean-Jacques Spoëde, ami d'Antoine Watteau. En 1725, lors d'un séjour à Cambrai où se tient un congrès diplomatique, il réalise le portrait d'un ambassadeur d'Espagne qui attire l'attention de l'ambassadeur britannique Horace Walpole, lequel l'invite à le suivre à Londres. Ce séjour anglais, entre 1725 et 1727, lui permet de fréquenter l'aristocratie et de faire graver ses pastels par les premiers burinistes londoniens. De retour à Paris en 1727, il s'y fixe définitivement et consacre deux années à l'étude intensive du dessin, des mathématiques et de la géométrie.

En 1735, Voltaire lui commande son portrait au pastel, oeuvre qui lui assure une grande renommée bien qu'elle soit aujourd'hui perdue, connue uniquement par une gravure de Langlois. Agréé à l'Académie royale de peinture et de sculpture en mai 1737, il expose pour la première fois au Salon la même année. En 1741, son portrait en pied de Gabriel Bernard de Rieux, président au parlement, présenté au Salon, renforce encore sa notoriété. En 1745, il obtient un brevet de logement aux galeries du Louvre, et en 1746 il est reçu membre de l'Académie royale en présentant comme morceau de réception le portrait du peintre Jean Restout. Nommé Peintre du Roi en 1750, puis conseiller de l'Académie royale en 1751, il reçoit en 1752 une pension royale de quatre mille livres. Les Salons suivants confirment sa position : en 1753 il expose le portrait de Jean-Jacques Rousseau, en 1755 celui de la marquise de Pompadour - payé mille louis d'or -, en 1757 celui de la cantatrice Marie Fel. Il expose pour la dernière fois en 1773. Fervent des idées des Lumières, il fréquente les diners du lundi de Marie-Thérèse Geoffrin, où il côtoie Diderot, D'Alembert, Helvétius et Buffon.


Repères chronologiques

1704 : naissance le 5 septembre à Saint-Quentin (Aisne)
1718 : dédie au principal de son collège une perspective de Saint-Quentin dessinée au crayon
1719 : entre en apprentissage chez le peintre Claude Dupouch à Paris
1725 : séjour à Cambrai, réalise des portraits lors du congrès diplomatique, remarqué par l'ambassadeur britannique Horace Walpole
1727 : retour définitif en France, installation à Paris
1735 : réalise le portrait au pastel de Voltaire, première oeuvre datée lui assurant une renommée nationale
1737 : agréé à l'Académie royale de peinture et de sculpture, première participation au Salon
1745 : obtient un brevet de logement aux galeries du Louvre
1746 : reçu membre de l'Académie royale avec le portrait de Jean Restout comme morceau de réception
1750 : nommé Peintre du Roi ; début de sa liaison avec la cantatrice Marie Fel
1751 : nommé conseiller de l'Académie royale
1752 : pension royale de quatre mille livres accordée
1755 : présentation au Salon du grand portrait de la marquise de Pompadour
1773 : dernière participation au Salon
1782 : fonde à Saint-Quentin une école royale gratuite de dessin, dotée de deux rentes pour les femmes en couches et les artisans âgés infirmes
1784 : atteint de démence sénile, il quitte Paris et retourne dans sa ville natale
1788 : mort le 17 février à Saint-Quentin, à 83 ans ; son frère Jean-François lègue à la ville le fonds d'atelier et une grande partie des pastels


Vie personnelle et engagements

Maurice-Quentin de La Tour est le troisième fils de François de La Tour, maitre écrivain et ingénieur géographe, et de Reine Zanar. Il a grandi au 57 rue de La Tour à Saint-Quentin. Son frère ainé embrasse la carrière des finances, son cadet celle des armes. En 1722, il noue une liaison avec sa cousine germaine Anne Bougier à son retour de Paris. Il ne se mariera jamais. A partir de 1750, il entretient une relation sentimentale durable avec la soprano Marie Fel, cantatrice de l'Opéra de Paris, dont il réalisera six portraits ; ils vivront toujours séparément et se séparent définitivement en 1784 lorsque le peintre regagne Saint-Quentin. Son nom de famille, orthographié "Delatour" dans les actes officiels, est fragmenté en trois parties par le peintre lui-même, usage qui s'imposera durablement.

Lié au mouvement philanthropique des Lumières, La Tour fréquente les milieux encyclopédistes et les diners du lundi tenus par Marie-Thérèse Geoffrin, où il rencontre Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Denis Diderot et D'Alembert. En 1782, il fonde à Saint-Quentin une école royale gratuite de dessin, destinée initialement à former des jeunes gens aux métiers du textile local, établissement qui existe encore aujourd'hui sous le nom d'École de La Tour. Il institue également deux rentes, l'une pour les femmes en couches, l'autre pour les vieux artisans infirmes, et fonde trois prix dont un à l'Académie des sciences d'Amiens. Les sommes élevées qu'il demandait à la commande l'avaient considérablement enrichi.


Contexte du décès

Atteint de démence sénile à partir de 1784, Maurice-Quentin de La Tour est ramené par sa famille dans sa ville natale de Saint-Quentin, où son état mental se dégrade progressivement. Il s'éteint dans la nuit du 16 au 17 février 1788 à l'âge de 83 ans. La cause de la mort n'a pas été rendue publique dans les sources disponibles au-delà de la démence sénile documentée. Ses obsèques se tiennent le lendemain en présence de son frère Jean-François, accompagnées d'un cortège comprenant notamment les élèves de l'École royale de dessin qu'il avait fondée. Il meurt intestat, et c'est son frère qui, conformément aux voeux du défunt, lègue à la ville de Saint-Quentin le fonds d'atelier et la quasi-totalité des pastels conservés.


Lieux de mémoire

Maurice-Quentin de La Tour est inhumé dans le cimetière de l'église Saint-André de Saint-Quentin, où reposaient déjà ses parents. Ce cimetière, fermé puis détruit durant la Première Guerre mondiale, a disparu ; ses restes ne sont plus localisables. Un monument commémoratif, composé d'une plaque avec portrait en médaillon sculpté par Antoine-Joseph Debocq et d'une épitaphe rédigée par l'abbé Charles-Vincent Duplaquet, est d'abord placé en l'église Saint-André puis transféré en 1791 à la basilique de Saint-Quentin. La principale collection de ses oeuvres est conservée au musée Antoine-Lécuyer de Saint-Quentin, qui abrite environ quatre-vingt-douze pastels originaux.


Anecdotes

1 - De retour à Paris en 1727, La Tour se fit passer pour un peintre anglais afin de profiter de l'anglomanie ambiante et d'introduire plus facilement ses portraits dans les milieux huppés de la capitale.
2 - Louis de Boullogne, premier peintre du roi, à qui l'on avait présenté les débuts de La Tour, lui dit : "Vous ne savez encore ni peindre ni dessiner mais vous possédez un talent qui peut vous mener loin." Ce seul avertissement amena l'artiste à s'enfermer deux ans pour étudier exclusivement le dessin.
3 - C'est par l'intermédiaire de Marie Fel, qui interprétait Le Devin du Village de Rousseau au château de Fontainebleau en octobre 1752, que La Tour rencontra Jean-Jacques Rousseau et lui offrit son portrait, que le philosophe n'aurait pu financer tant les pastels du maitre atteignaient des prix élevés.
4 - Son perfectionnisme l'amena à retoucher des oeuvres déjà livrées à leurs propriétaires, parfois en réclamant de les reprendre ; ses tentatives répétées pour fixer le pastel avec des vernis ou des laques, afin de lui conférer la durabilité de l'huile, endommageront plusieurs de ses propres portraits.
5 - La Tour refusa le cordon de l'ordre de Saint-Michel que lui proposait le roi, n'appartenant ainsi jamais formellement à la noblesse française malgré sa position de Peintre du Roi.
6 - Son visage figure sur le billet de cinquante francs émis par la Banque de France entre 1976 et 1992, distinguant le portraitiste parmi les très rares artistes du XVIIIe siècle à avoir été honorés sur la monnaie française au XXe siècle.


Points clés

- Métier(s) : peintre portraitiste pastelliste
- Résidence principale : Paris (1727-1784), Saint-Quentin (1784-1788)
- Relations de couple : liaison durable (vers 1750-1784) avec Marie Fel, soprano ; jamais marié
- Enfants : aucun enfant documenté
- Distinctions : Peintre du Roi (1750), conseiller de l'Académie royale de peinture et de sculpture (1751), pension royale de quatre mille livres (1752), membre honoraire de l'Académie des sciences et belles-lettres d'Amiens


Autres peintres

Questions autour de Maurice-Quentin de La Tour

Qui est né le même jour que Maurice-Quentin de La Tour ?
Michael Keaton, Annick Alane, Raquel Welch, Miss Piggy et Katerina Graham sont nés le 5 septembre comme Maurice-Quentin de La Tour.
À quel âge est mort Maurice-Quentin de La Tour ?
Maurice-Quentin de La Tour est mort à 83 ans, le 17 février 1788.
Qui est mort le même jour que Maurice-Quentin de La Tour ?
Molière, Alain Ayache, José Van Dam, Hervé Bazin et Jesse Jackson sont morts le 17 février comme Maurice-Quentin de La Tour.
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