Résumé biographique
Figure majeure du cubisme et du fauvisme, Georges Braque s’impose comme l’un des artistes clés de la peinture moderne en France, né le 13 mai 1882 à Argenteuil et actif entre Le Havre, Paris et Varengeville-sur-Mer.
Parcours
Né dans une famille de peintres-décorateurs installée au Havre, Georges Braque se forme d’abord au métier artisanal avant de suivre les cours de l’École supérieure d’art du Havre puis de l’Académie Humbert à Paris au début des années 1900. Après une phase impressionniste, il adopte le fauvisme à partir de 1905. Dès 1907-1908, ses paysages de l’Estaque annoncent le cubisme. À partir de 1909, il mène une collaboration étroite avec Pablo Picasso, fondant le langage cubiste. Mobilisé en 1914, grièvement blessé à la tête en 1915, il reprend la peinture en 1916 et développe une œuvre de natures mortes, d’« Ateliers » et d’« Oiseaux », récompensée par de grands prix internationaux jusqu’à sa mort en 1963.
Repères de carrière
1902-1904 : Formation à Paris comme peintre-décorateur et études à l’Académie Humbert.
1905 : Participation au Salon d’automne aux côtés des fauves.
1907-1908 : Paysages de l’Estaque, dont Maisons à l’Estaque, jalon vers le cubisme.
1909 : Début de la collaboration cubiste intensive avec Pablo Picasso.
1913-1914 : Invention des papiers collés et des natures mortes cubistes structurées.
1915 : Blessure grave à la tête sur le front, trépanation, Croix de Guerre.
1916-1920 : Reprise de la peinture, évolution vers un cubisme plus lyrique et des natures mortes structurées.
1926 : Mariage avec Marcelle Lapré et installation à Montparnasse, rue du Douanier.
1928 : Acquisition de la maison-atelier de Varengeville-sur-Mer, en Normandie.
1937 : Prix de la Fondation Carnegie.
1948 : Grand prix de la Biennale de Venise.
1953 : Décoration du plafond du Louvre avec Les Oiseaux.
1961 : Rétrospective L’Atelier de Braque au musée du Louvre.
Vie personnelle et engagements
Issu d’un milieu d’artisans du bâtiment, Georges Braque grandit au Havre, où son père dirige une entreprise de peinture-décoration. Il partage son temps entre l’atelier familial, les cours de l’école d’art et la pratique de la musique, notamment la flûte. Installé à Montmartre puis à Montparnasse, il fréquente Marie Laurencin, Francis Picabia, puis un cercle d’écrivains et d’artistes comprenant Erik Satie, René Char, Alberto Giacometti ou encore Jean Paulhan. En 1914, il est mobilisé et sert comme soldat sur le front français, expérience qui marque durablement sa vie. En 1926, il épouse Marcelle Lapré, avec laquelle il vivait déjà depuis 1912 ; le couple n’a pas d’enfant. Braque partage ensuite sa vie entre Paris et Varengeville-sur-Mer, où il travaille à ses séries tardives et reste présent dans les grandes institutions artistiques françaises.
Anecdotes
1 – Grièvement atteint à la tête en 1915, Georges Braque subit une trépanation, perd temporairement la vue et doit réapprendre à peindre après la guerre, ce qui influe sur sa manière de simplifier formes et volumes.
2 – Pendant la Première Guerre mondiale, les techniques de camouflage militaire utilisent des principes proches du cubisme, rapprochement souligné par des historiens de l’art.
3 – Braque pratique assidûment la boxe anglaise ; plusieurs témoignages rappellent sa maîtrise de ce sport et sa réputation de boxeur parmi ses contemporains.
Lieux de mémoire
Les principaux lieux associés à Georges Braque sont Argenteuil, sa ville natale, et Le Havre, où il grandit et expose ses premières œuvres. À Paris, ses ateliers successifs de Montmartre puis de Montparnasse structurent sa carrière. Sa maison-atelier de Varengeville-sur-Mer et l’église Saint-Valéry, où il est enterré sous un vitrail qu’il a conçu, constituent aujourd’hui des lieux de mémoire majeurs, complétés par le plafond Les Oiseaux au Louvre.
Contexte du décès
À partir de la fin des années 1950, Georges Braque est atteint d’un cancer qui réduit progressivement son activité, sans l’empêcher de poursuivre la série des Ateliers et des Oiseaux. Il meurt à Paris le 31 août 1963, à l’âge de 81 ans. L’État organise pour lui des obsèques nationales à la Cour carrée du Louvre, en présence d’André Malraux qui rend hommage à son rôle dans l’histoire de l’art moderne. Le lendemain, une messe est célébrée à l’église de Varengeville-sur-Mer, puis il est inhumé au cimetière marin attenant, aux côtés de son épouse Marcelle, dans une tombe devenue un point de repère pour les visiteurs.
Points clés
• Métier(s) : peintre, graveur, dessinateur, sculpteur, céramiste
• Résidence principale : Paris, France (ateliers à Montmartre puis Montparnasse)
• Relations : vie commune avec Marcelle Lapré à partir de 1912, mariage en 1926, couple uni jusqu’au décès de Georges Braque en 1963
• Enfants : aucun enfant
• Distinctions : Croix de Guerre, Légion d’honneur (officier puis commandeur), Prix de la Fondation Carnegie (1937), Grand prix de la Biennale de Venise (1948), Prix Antonio-Feltrinelli (1959)