Peintre et sculpteur italien rattaché à l'École de Paris, Amedeo Modigliani s'est imposé après sa mort comme l'un des portraitistes les plus reconnaissables du vingtième siècle grâce à ses visages étirés. Son Nu assis au collier a atteint 56 millions d'euros en 2026.
Né à Livourne en 1884 dans une famille juive séfarade désargentée, Amedeo Modigliani grandit sous l'influence de sa mère, Eugénie Garsin, qui encourage sa vocation artistique malgré une santé fragile marquée par la pleurésie et la tuberculose. Formé à l'école de Guglielmo Micheli puis à l'Accademia di Belle Arti de Florence et à l'Accademia de Venise, il découvre les maîtres toscans, l'art africain et les sculptures khmères qui nourriront durablement son style. En 1906, grâce à l'héritage de son oncle Amédée Garsin, il s'installe à Paris et fréquente Montmartre puis Montparnasse, où il se lie avec Maurice Utrillo, Max Jacob et le médecin Paul Alexandre, son premier acheteur régulier. Entre 1909 et 1914, sous l'influence de Constantin Brâncuși, il se consacre presque exclusivement à la sculpture sur pierre, abandonnée ensuite en raison de la poussière irritant ses poumons déjà fragiles.
Revenu à la peinture, Modigliani trouve en Léopold Zborowski et son épouse Anna des soutiens fidèles qui lui assurent une allocation quotidienne et des modèles. Il peint alors les figures de la bohème parisienne, dont Chaïm Soutine, Jean Cocteau, Blaise Cendrars et Diego Rivera, tout en multipliant les nus féminins qui provoquent un scandale lors de sa seule exposition personnelle, à la galerie Berthe Weill, en 1917. La même année, il rencontre Jeanne Hébuterne, élève de l'académie Colarossi, qui devient sa compagne et le modèle de vingt-cinq portraits. Séjournant sur la Côte d'Azur de 1918 à 1919 pour raisons de santé, il y peint de nombreux enfants et paysans avant de connaître, lors d'une exposition à Londres en 1919, son premier vrai succès critique, trop tardif pour inverser le déclin de sa santé.
1884 : Naissance à Livourne, le 12 juillet
1898 : Fièvre typhoïde avec complications pulmonaires
1902 : Inscription à l'Accademia di Belle Arti de Florence
1903 : Études à l'Accademia de Venise
1906 : Installation à Paris, à Montmartre
1907 : Rencontre avec le docteur Paul Alexandre
1908 : Première participation au Salon des indépendants
1909 : Début de la période sculpture, sous l'influence de Brâncuși
1912 : Exposition de têtes sculptées au Salon d'automne
1914 : Abandon de la sculpture, retour à la peinture
1917 : Exposition personnelle à la galerie Berthe Weill ; rencontre avec Jeanne Hébuterne
1918 : Naissance de sa fille Jeanne à Nice
1919 : Succès critique à l'exposition de la Mansard Gallery à Londres
1920 : Mort à Paris, le 24 janvier
2026 : Record européen pour Nu assis au collier, adjugé 56 millions d'euros
Fils de Flaminio Modigliani, homme d'affaires ruiné par une banqueroute, et d'Eugénie Garsin, traductrice et directrice d'une petite école privée à Livourne, Amedeo grandit dans une fratrie de quatre enfants aux côtés de Giuseppe Emanuele, Margherita et Umberto. Sa scolarité reste marquée par la maladie et il quitte le lycée à quatorze ans pour se consacrer à l'art. Il vit de 1917 à sa mort avec Jeanne Hébuterne, dont il a une fille, Jeanne, née en 1918 à Nice ; le couple ne s'est jamais marié. Avant elle, il entretient une liaison tumultueuse avec la poétesse britannique Beatrice Hastings, entre 1914 et 1916.
Modigliani cultive des amitiés marquantes avec le sculpteur Constantin Brâncuși, le peintre Chaïm Soutine, qu'il initie aux usages parisiens et à la peinture française, et le marchand Léopold Zborowski, son principal soutien financier des dernières années avec son épouse Anna. Il fréquente également la poétesse russe Anna Akhmatova, rencontrée à Paris en 1910, et le poète Max Jacob, avec qui il partage un goût commun pour la culture juive. Fier de ses origines italiennes et juives sans être pratiquant, il reste indifférent aux questions politiques de son temps, contrairement à son frère aîné Giuseppe Emanuele, militant socialiste emprisonné pour ses convictions.
Amedeo Modigliani meurt le 24 janvier 1920 à vingt heures quarante-cinq, à l'hôpital de la Charité à Paris, des suites d'une méningite tuberculeuse, après avoir été retrouvé inconscient dans son atelier deux jours plus tôt par ses amis Moïse Kisling et Manuel Ortiz de Zárate. Ses funérailles, suivies par près d'un millier de personnes dont Pablo Picasso et Fernand Léger, ont lieu au cimetière du Père-Lachaise. Le lendemain de son décès, sa compagne Jeanne Hébuterne, enceinte de huit mois, se donne la mort en se jetant du cinquième étage de l'appartement de ses parents. Le jour même des obsèques, la galerie Devambez présente une vingtaine de ses tableaux, marquant le début d'une reconnaissance posthume qui ne s'est jamais démentie depuis.
Amedeo Modigliani repose au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, dans la 96e division. Jeanne Hébuterne, dont la famille catholique avait d'abord refusé toute inhumation commune avec un défunt juif, y a finalement été transférée en 1930 pour reposer à ses côtés, à la demande du frère aîné du peintre et de plusieurs de ses amis parisiens.
1 - Lors de la mobilisation générale de 1914, Modigliani tente de s'engager dans l'armée française mais il est réformé en raison de ses problèmes pulmonaires chroniques, hérités de la tuberculose contractée dans l'enfance.
2 - Le commissaire de police du quartier, féru de peinture, rachetait parfois discrètement des œuvres à Modigliani lorsque celui-ci échouait ivre au poste, et ornait son bureau de toiles signées Soutine, Utrillo et Modigliani.
3 - Lors de sa rencontre avec Auguste Renoir en 1918, Modigliani quitte brusquement les lieux après que le vieux peintre lui a confié aimer caresser longuement ses toiles comme des chairs féminines.
4 - Refusant tout travail alimentaire malgré la misère, Modigliani aurait décliné un poste d'illustrateur que lui proposait le journal satirique L'Assiette au beurre, jugeant la commande incompatible avec son exigence artistique.
5 - Le restaurateur montparnassien Victor Libion laissait Modigliani et ses amis rester des heures durant devant un seul verre à La Rotonde, sans jamais les presser de consommer ou de partir.
6 - Une riche cliente américaine ayant réclamé une signature plus visible sur un dessin qu'elle jugeait pourtant payé trop cher, Modigliani l'aurait délibérément défiguré en y traçant des lettres énormes en travers.
- Métier(s) : Peintre, sculpteur
- Résidence principale : Paris (Montmartre puis Montparnasse), France
- Relations de couple : Jeanne Hébuterne (compagne, à partir de 1917) ; Beatrice Hastings (relation, 1914-1916)
- Enfants : Jeanne Modigliani (1918-1984)
- Distinctions : Reconnaissance posthume mondiale ; record européen aux enchères pour une de ses œuvres (2026)
17 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
Nous deux, on va au café. Ma femme va à la maison. À l'italienne. Comme on fait chez nous.
— Propos rapportés par Anselmo Bucci, cités dans la biographie de Jeanne Modigliani, 1958
Ton devoir est de ne jamais te consumer dans le sacrifice. Ton devoir réel est de sauver ton rêve.
— Lettre à Oscar Ghiglia, vers 1901, publiée dans « Ton devoir réel est de sauver ton rêve : lettres et notes », éditions Fayard/Mille et Une Nuits
Je ne fais pas de la peinture d'après la nature, je fais de la peinture d'après moi, devant la nature.
— Propos rapportés, cités dans les monographies biographiques (Niveau B, formulation reprise par plusieurs sources secondaires sans document primaire daté)
Quand je connaîtrai ton âme, je peindrai tes yeux.
D'un oeil, observer le monde extérieur, de l'autre regarder au fond de soi-même.