Bernard Buffet, peintre et graveur français né le 10 juillet 1928 à Paris, est l'une des figures les plus singulières de la peinture figurative du XXe siècle, célèbre pour ses lignes noires anguleuses et ses visages émaciés, et reconnu en 1958 par le New York Times comme l'une des cinq personnalités culturelles les plus marquantes de la France d'après-guerre.
Fils de Charles Buffet, directeur d'une entreprise de robinetterie, et de Blanche Colombe, Bernard Buffet grandit au 29, rue des Batignolles dans le 17e arrondissement de Paris, où il commence à dessiner dès l'âge de dix ans. Elève du lycée Carnot pendant l'Occupation, il intègre l'École nationale supérieure des Beaux-Arts en 1943, à quinze ans, grâce à une dérogation pour son jeune âge, et travaille dans le studio du peintre Eugène Narbonne. Parmi ses condisciples figurent Maurice Boitel et Louis Vuillermoz. Il quitte l'établissement en 1945 pour travailler seul, développant un style figuratif aux lignes sèches et tendues que la critique qualifie rapidement de « misérabiliste », en référence à Francis Gruber. En 1946, il expose pour la première fois un autoportrait au Salon des Moins de Trente Ans, galerie des Beaux-Arts. En 1947, il participe au Salon des Indépendants et au Salon d'Automne, et devient membre fondateur du groupe anti-abstraction L'Homme-Témoin, aux côtés de Bernard Lorjou. En 1948, à vingt ans, il remporte ex aequo avec Bernard Lorjou le Prix de la critique, consécration qui le propulse sur la scène artistique parisienne. Le marchand Emmanuel David lui propose un contrat d'exclusivité la même année, relation partagée à partir de 1957 avec Maurice Garnier.
Dès 1949, Bernard Buffet présente chaque année une grande exposition à thème : séries sur la guerre, les clowns, les fleurs, les villes, les paysages de Provence et de Bretagne. En 1952, il illustre Les Chants de Maldoror du comte de Lautréamont. En 1955, la revue Connaissance des Arts le désigne comme le meilleur peintre d'après-guerre lors d'un référendum national. L'année suivante, en 1956, le pavillon français de la 28e Biennale de Venise lui consacre une salle individuelle. En 1958, la galerie Charpentier organise sa première rétrospective, qui attire plus de 100 000 visiteurs. La même année, le New York Times le classe parmi les « Fabulous Five » aux côtés de Brigitte Bardot, Françoise Sagan, Roger Vadim et Yves Saint Laurent. Sa réputation dépasse alors les frontières françaises, avec des expositions à New York, Tokyo, Londres et dans les principales capitales européennes. Élu à l'Académie des beaux-arts en 1974, Chevalier de la Légion d'honneur en 1973, il reste jusqu'à sa mort l'un des peintres français les plus exposés au Japon, où le Musée Bernard Buffet, fondé par le collectionneur Kiichiro Okano, ouvre le 23 novembre 1973 à Surugadaira.
1928 : naissance le 10 juillet à Paris (9e arrondissement), cité Malesherbes
1943 : intègre l'École nationale supérieure des Beaux-Arts à quinze ans
1945 : décès de sa mère Blanche d'un cancer du sein ; quitte les Beaux-Arts pour travailler seul
1946 : premier autoportrait exposé au Salon des Moins de Trente Ans
1947 : membre fondateur du groupe anti-abstraction L'Homme-Témoin avec Bernard Lorjou
1948 : Prix de la critique partagé avec Bernard Lorjou ; contrat d'exclusivité avec Emmanuel David
1949 : épouse Agnès Nanquette, condisciple des Beaux-Arts (divorce l'année suivante) ; première exposition personnelle galerie Drouant-David
1950 : rencontre Pierre Bergé, qui devient son compagnon et gérant de carrière
1952 : illustration des Chants de Maldoror de Lautréamont
1955 : premier prix du référendum de la revue Connaissance des Arts
1956 : salle individuelle au pavillon français de la 28e Biennale de Venise
1958 : rétrospective à la galerie Charpentier (plus de 100 000 visiteurs) ; désigné par le New York Times parmi les « Fabulous Five » ; rencontre et épouse Annabel Schwob le 12 décembre à Ramatuelle
1961 : donation d'un cycle sur la Passion du Christ au Vatican (exposé au Musée d'Art Moderne des Musées du Vatican)
1962 : naissance de sa fille Virginie
1963 : naissance de sa fille Danielle
1973 : nommé Chevalier de la Légion d'honneur ; ouverture du Musée Bernard Buffet à Surugadaira (Japon) par Kiichiro Okano
1974 : élu membre de l'Académie des beaux-arts
1978 : création d'un timbre-poste de 3 francs pour l'administration postale française, représentant L'Institut et le Pont des Arts
1997 : diagnostic de la maladie de Parkinson
1999 : suicide à son domicile de Tourtour (Var) le 4 octobre
2016 : grande rétrospective au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris (14 octobre 2016 - 26 février 2017)
Bernard Buffet est le fils de Charles Buffet, directeur d'une société de robinetterie, et de Blanche Colombe, décédée d'un cancer du sein en 1945 alors qu'il avait dix-sept ans. Il grandit avec son frère aîné Claude dans le quartier des Batignolles à Paris. En 1949, il épouse brièvement Agnès Nanquette (1923-1976), condisciple aux Beaux-Arts, dont il divorce l'année suivante. Il partage sa vie de 1950 à 1958 avec Pierre Bergé, qui gère alors sa carrière. Le 12 décembre 1958, il épouse à Ramatuelle la romancière et chanteuse Annabel Schwob (1928-2005), rencontrée à Saint-Tropez cette même année. Le couple adopte trois enfants : Virginie (née en 1962), Danielle (née en 1963) et Nicolas (né en 1973). Buffet peint Annabel de manière obsessionnelle, lui consacrant en 1961 une exposition entière intitulée « Trente fois Annabel ».
Au début des années 1950, Bernard Buffet fréquente un cercle d'intellectuels et d'écrivains qui comprend Jean Giono, Jean Cocteau, Louis Aragon, Georges Simenon et Maurice Druon, lequel lui consacre une biographie chez Hachette en 1964. Annabel Buffet elle-même est proche de Françoise Sagan et de Juliette Gréco, figures de Saint-Germain-des-Prés. Buffet vit à Paris jusqu'au milieu des années 1950, puis s'installe dans diverses propriétés en Provence (château de l'Arc, près d'Aix-en-Provence, à partir de 1956) et en Bretagne, avant de se retirer définitivement à Tourtour, dans le Var, où il décède en 1999. Il ne se rend pour la première fois au Japon, pour visiter son propre musée, qu'en 1980.
Bernard Buffet est décédé le 4 octobre 1999 à son domicile privé de Tourtour, dans le Var. Atteint de la maladie de Parkinson depuis 1997, il ne pouvait plus peindre en raison de tremblements et d'une fracture du poignet consécutive à une chute. Il a mis fin à ses jours en s'asphyxiant. Son épouse Annabel Buffet, présente sur la propriété, a été dévastée par cette disparition et a quitté le domaine de La Baume pour s'installer dans l'Yonne. La cause précise et les modalités du décès ont été rapportées par les services de police, puis relayées par la presse nationale et internationale, dont Le Temps et l'AFP. Ses cendres ont été dispersées dans le parc du Musée Bernard Buffet à Higashino-Hachibudaira, ville de Nagaizumi, au Japon, conformément à ses souhaits.
Les cendres de Bernard Buffet reposent symboliquement au Japon, dans le parc du Musée Bernard Buffet à Higashino-Hachibudaira (ville de Nagaizumi, préfecture de Shizuoka), musée fondé par le collectionneur Kiichiro Okano le 23 novembre 1973. Ce musée conserve plus de 2 000 oeuvres du peintre. En France, ses oeuvres sont présentes au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris et au Petit Palais.
1 - Dans les années 1950, la célébrité de Bernard Buffet est telle qu'en plein restaurant cannois, les enfants de Pablo Picasso, Claude et Paloma Picasso, lui demandent un autographe en présence de leur père - épisode rapporté par plusieurs témoins contemporains.
2 - Pendant les premières années de sa carrière, Bernard Buffet payait le loyer de son atelier non pas en espèces mais en tableaux : une toile par trimestre remise au propriétaire des lieux, selon les sources de son entourage.
3 - Andy Warhol a déclaré dans une interview relayée par l'Académie des beaux-arts que Bernard Buffet était, selon lui, le peintre français le plus important - un éloge surprenant venant du père du Pop Art, courant en opposition directe au figuratif expressionniste de Buffet.
4 - En 1978, l'administration postale française commande à Bernard Buffet le visuel d'un timbre de 3 francs représentant L'Institut et le Pont des Arts, associant ainsi l'un des peintres les plus décriés par les milieux intellectuels à un symbole d'État.
5 - Bernard Buffet n'a visité le musée qui lui était entièrement consacré au Japon qu'en 1980, soit sept ans après son inauguration en 1973, bien que ce musée soit devenu l'une des plus grandes collections mondiales de son oeuvre.
- Métier(s) : peintre, graveur, lithographe, illustrateur, sculpteur
- Résidence principale : Tourtour (Var), France (dernières années)
- Relations de couple : Agnès Nanquette (1949, divorce 1950) ; Pierre Bergé (1950-1958) ; Annabel Schwob (épouse, 1958-1999)
- Enfants : Virginie (1962), Danielle (1963), Nicolas (1973) (tous adoptés)
- Distinctions : Prix de la critique (1948, ex aequo) ; 1er prix Connaissance des Arts (1955) ; Chevalier de la Légion d'honneur (1973) ; membre de l'Académie des beaux-arts (1974)
33 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
« Il ne faut pas confondre la peinture avec la politesse. »
— Galerie Omagh, citation de Bernard Buffet, 1964 (traduit de l'anglais pour le contexte original ; version française attestée par plusieurs galeries)
« Je ne crois pas à l'inspiration. Je ne suis qu'un forçat. »
— Galerie Omagh, déclarations publiques de Bernard Buffet, 1964 (traduit de l'anglais)
« La haine dont je suis entouré est pour moi le plus merveilleux cadeau que l'on m'ait fait. »
— Propos rapportés par Hérodote.net, citant des déclarations publiques de l'artiste