Cette année marque le 90ᵉ anniversaire de sa naissance.
Yves Saint Laurent, couturier français né le 1er août 1936 à Oran (Algérie) et mort le 1er juin 2008 à Paris, est l'un des créateurs de mode les plus influents du XXe siècle, à qui l'on doit notamment l'introduction du smoking féminin et du premier prêt-à-porter de luxe signé par un grand couturier.
Né dans une famille de notables alsaciens établie en Algérie depuis 1871, Yves Henri Donat Mathieu-Saint-Laurent grandit à Oran, où son père Charles Mathieu-Saint-Laurent dirige une compagnie d'assurances et possède une chaîne de salles de cinéma. Dès l'adolescence, il manifeste un goût précoce pour le dessin de mode. En novembre 1954, il participe au concours du Secrétariat international de la laine à Paris et remporte deux prix dans la catégorie robe, parmi 6 000 croquis anonymes soumis. Karl Lagerfeld obtient le premier prix dans la catégorie manteau lors de ce même concours. Recommandé par Michel de Brunhoff, directeur de Vogue France, il est engagé en 1955 comme assistant par Christian Dior. A la mort subite de Dior en octobre 1957, Saint Laurent, âgé de vingt et un ans, prend la direction artistique de la maison. Sa première collection, baptisée "Trapèze", est présentée en janvier 1958 et rencontre un accueil remarquable, sauvant financièrement l'entreprise. Appelé sous les drapeaux en 1960, il est hospitalisé au Val-de-Grâce pour dépression avant d'être réformé, et la maison Dior le licencie pendant son absence, le remplaçant par Marc Bohan. Il engage et gagne un procès pour rupture abusive de contrat, et avec l'indemnité obtenue ainsi que le soutien financier du milliardaire américain J. Mack Robinson, il fonde sa propre maison de couture, avec Pierre Bergé comme directeur financier et associé.
La première collection de la maison Yves Saint Laurent est présentée le 29 janvier 1962 au 30 bis rue Spontini à Paris. Dès ses débuts, le couturier réinvente le caban et le trench-coat pour les femmes. En 1965, sa collection "hommage à Piet Mondrian" associe blocs de couleurs primaires et lignes noires sur des robes en jersey, transposant directement la peinture dans le vêtement. En 1966, il introduit Le Smoking, premier smoking féminin, et ouvre la boutique Saint Laurent Rive Gauche, première boutique de prêt-à-porter portant le nom d'un grand couturier, accessible au plus grand nombre. Ses collections suivantes s'inspirent successivement de l'Afrique (1967), des arts visuels, avec des hommages à Pablo Picasso, Henri Matisse, Vincent van Gogh ou Georges Braque, et de cultures lointaines, notamment via la collection "Opéra-Ballets-Russes" (1976-1977). En 1980, il rachète avec Pierre Bergé le jardin Majorelle à Marrakech, créé par le peintre Jacques Majorelle, et l'ouvre au public. En 1983, à l'initiative de Diana Vreeland, le Metropolitan Museum of Art de New York lui consacre une rétrospective, première grande exposition muséale consacrée à un créateur de mode vivant. Il prend sa retraite en 2002 lors d'un défilé rétrospectif au Centre Pompidou rassemblant plus de trois cents modèles. Il est également l'un des premiers couturiers à faire défiler régulièrement des mannequins noires, dont Katoucha Niane, Pat Cleveland et Iman.
1936 : naissance le 1er août à Oran (Algérie)
1954 : remporte deux prix au concours du Secrétariat international de la laine à Paris, rencontre Karl Lagerfeld sur le même podium
1955 : présenté à Christian Dior par Michel de Brunhoff, directeur de Vogue France ; engagé comme assistant
1957 : prend la direction artistique de la maison Dior à la mort de Christian Dior
1958 : présente avec succès la collection "Trapèze" sous l'étiquette Dior
1960 : hospitalisé au Val-de-Grâce ; licencié par Dior, remplacé par Marc Bohan ; gagne son procès pour rupture abusive de contrat
1962 : première collection de la maison Yves Saint Laurent, rue Spontini, Paris
1965 : collection "hommage à Piet Mondrian"
1966 : introduction du smoking féminin ; ouverture de la boutique Saint Laurent Rive Gauche, première boutique de prêt-à-porter d'un grand couturier
1976 : collection "Opéra-Ballets-Russes", hommage à Serge de Diaghilev
1980 : rachat du jardin Majorelle à Marrakech avec Pierre Bergé
1983 : rétrospective au Metropolitan Museum of Art de New York, à l'initiative de Diana Vreeland
1985 : reçoit les insignes de chevalier de la Légion d'honneur des mains de François Mitterrand
1998 : met en scène trois cents mannequins sur la pelouse du Stade de France lors de la Coupe du monde de football
2001 : promu commandeur de la Légion d'honneur
2002 : déclare sa retraite lors d'une conférence de presse le 7 janvier ; défilé rétrospectif au Centre Pompidou le 22 janvier
2008 : décès le 1er juin à Paris des suites d'un cancer du cerveau
Yves Saint Laurent est le fils de Charles Mathieu-Saint-Laurent (1909-1988), président d'une compagnie d'assurances et propriétaire d'une chaîne de cinémas, et de Lucienne Wilbaux (1914-2010), fille de l'ingénieur belge Edmond Wilbaux. Il grandit au 11 rue Stora à Oran avec ses deux soeurs cadettes, Michèle (1942-2020) et Brigitte (1945-2015). Il fréquente le lycée Lamoricière à Oran avant de venir à Paris en 1954 pour suivre brièvement les cours de l'Ecole de la chambre syndicale de la couture parisienne. En janvier 1958, il rencontre Pierre Bergé, qui devient son compagnon de vie et son associé. Les deux hommes se pacsent quelques jours avant la mort du couturier, en juin 2008. Yves Saint Laurent a résidé au 55 rue de Babylone, dans le 7e arrondissement de Paris, où il décède.
Ses muses de référence incluent Victoire Doutreleau, l'une de ses premières mannequins connue chez Dior, Betty Catroux avec laquelle il entretient une amitié très proche et dont il est le parrain de la fille, Loulou de La Falaise, et l'actrice Catherine Deneuve, qu'il surnomme son "porte-bonheur" et qui porte ses créations dès les années 1960. Engagé politiquement aux côtés de François Mitterrand avec Pierre Bergé, il collabore aussi avec des artistes et metteurs en scène comme Roland Petit, Jean-Louis Barrault, Luis Buñuel et Alain Resnais pour qui il conçoit des costumes. Il souffre tout au long de sa vie de crises dépressives, d'addictions à l'alcool et aux médicaments, dont il parle publiquement lors de son discours de retraite en 2002.
Yves Saint Laurent décède le 1er juin 2008 à son domicile parisien, au 55 rue de Babylone dans le 7e arrondissement, des suites d'un cancer du cerveau. Les obsèques se déroulent en l'église Saint-Roch à Paris. Pierre Bergé prononce le discours funèbre en présence de la mère du couturier, Lucienne Wilbaux, ainsi que de Catherine Deneuve, Laetitia Casta, du président de la République Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni, de Bernadette Chirac, de Farah Pahlavi, des couturiers Jean-Paul Gaultier et Valentino, et des dirigeants Bernard Arnault et François Pinault. Des hommages institutionnels sont rendus en France et dans le monde entier. Une promenade de l'avenue de Breteuil, à Paris, est ultérieurement baptisée en son nom.
Les cendres d'Yves Saint Laurent sont déposées dans le jardin Majorelle à Marrakech, propriété qu'il avait rachetée avec Pierre Bergé en 1980. Deux musées lui sont consacrés : le musée Yves Saint Laurent Paris, ouvert en octobre 2017 au 5 avenue Marceau, et le musée Yves Saint Laurent Marrakech, ouvert la même année. Sa maison natale à Oran a été transformée en musée en juillet 2022.
1 - En 1954, le jury du concours du Secrétariat international de la laine était composé notamment de Hubert de Givenchy et Christian Dior. La robe de cocktail en crêpe noir dessinée par Saint Laurent pour le premier prix fut réalisée dans les ateliers de Givenchy, et c'est lors de la remise des prix que Dior décida de l'engager.
2 - Au moment de son licenciement abusif par la maison Dior en 1960, Yves Saint Laurent ne pesait plus que 35 kilos selon la biographie de Bertrand Meyer-Stabley et Lynda Maache, conséquence directe de sa dépression et de son séjour au Val-de-Grâce.
3 - L'adolescent Yves Saint Laurent confectionnait déjà des robes découpées dans du papier avec de l'encre et de la gouache pour habiller les poupées de sa soeur Michèle ; selon celle-ci, il déguisait ses camarades en Carmen à l'aide des bas noirs de la concierge de la famille.
4 - En 1998, Yves Saint Laurent met en scène trois cents mannequins sur la pelouse du Stade de France lors de la finale de la Coupe du monde de football, diffusant ses créations dans des foyers qui n'avaient jamais suivi un défilé de haute couture.
5 - La fondation Pierre-Bergé-Yves-Saint-Laurent, reconnue d'utilité publique, conserve plus de 5 000 vêtements de haute couture, 15 000 accessoires et plus de 150 000 croquis et objets divers issus de quarante ans de création.
- Métier(s) : couturier, créateur de mode
- Résidence principale : Paris (7e arrondissement)
- Relations de couple : Pierre Bergé (compagnon de 1958 à 2008, pacsé en juin 2008)
- Enfants : aucun documenté
- Distinctions : chevalier de la Légion d'honneur (1985), commandeur de la Légion d'honneur (2001), CFDA International Fashion Award (1982), Oscar de la mode (1985), CFDA Geoffrey Beene Lifetime Achievement Award (1999)
« J'ai choisi aujourd'hui de dire adieu à ce métier que j'ai tant aimé. »
— Discours de retraite, conférence de presse, 5 avenue Marceau, Paris, 7 janvier 2002 (publié dans Libération, 8 janvier 2002)
« Les modes passent, le style est éternel. La mode est futile, le style pas. »
— Citation attribuée à Yves Saint Laurent, reprise notamment par le musée Yves Saint Laurent Paris ; sans date de première occurrence identifiée avec certitude
« Je me dis que j'ai créé la garde-robe de la femme contemporaine, que j'ai participé à la transformation de mon époque. »
— Discours de retraite, conférence de presse, 5 avenue Marceau, Paris, 7 janvier 2002 (publié dans Libération, 8 janvier 2002)
« Tout homme pour vivre a besoin de fantômes esthétiques. Je les ai poursuivis, traqués. Je suis passé par bien des angoisses, bien des enfers. »
— Discours de retraite, conférence de presse, 5 avenue Marceau, Paris, 7 janvier 2002 (publié dans Libération, 8 janvier 2002)
« En ouvrant en 1966, pour la première fois au monde, une boutique de prêt-à-porter à l'enseigne d'un grand couturier, j'ai conscience d'avoir fait progresser la mode et d'avoir permis aux femmes d'accéder à un univers jusque-là interdit. »
— Discours de retraite, conférence de presse, 5 avenue Marceau, Paris, 7 janvier 2002 (publié dans Libération, 8 janvier 2002)
S'habiller est un mode de vie.
Il n'existe pas un noir, mais des noirs.
Sans élégance de coeur, il n'y a pas d'élégance.
Le plus beau vêtement d'une femme, c'est sa nudité.
Dans la haute-couture, il n'y aura plus rien après Coco Chanel et moi.
Le plus beau vêtement qui puisse habiller une femme, ce sont les bras de l'homme qu'elle aime.
Quand on se sent bien dans un vêtement, tout peut arriver. Un bon vêtement, c'est un passeport pour le bonheur.
Les femmes qui suivent de trop près la mode courent un grand danger. Celui de perdre leur nature profonde, leur style, leur élégance naturelle.
« J'ai choisi aujourd'hui de dire adieu à ce métier que j'ai tant aimé. »
— Discours de retraite, conférence de presse, 5 avenue Marceau, Paris, 7 janvier 2002 (publié dans Libération, 8 janvier 2002)
« Les modes passent, le style est éternel. La mode est futile, le style pas. »
— Citation attribuée à Yves Saint Laurent, reprise notamment par le musée Yves Saint Laurent Paris ; sans date de première occurrence identifiée avec certitude
« Je me dis que j'ai créé la garde-robe de la femme contemporaine, que j'ai participé à la transformation de mon époque. »
— Discours de retraite, conférence de presse, 5 avenue Marceau, Paris, 7 janvier 2002 (publié dans Libération, 8 janvier 2002)
« Tout homme pour vivre a besoin de fantômes esthétiques. Je les ai poursuivis, traqués. Je suis passé par bien des angoisses, bien des enfers. »
— Discours de retraite, conférence de presse, 5 avenue Marceau, Paris, 7 janvier 2002 (publié dans Libération, 8 janvier 2002)
« En ouvrant en 1966, pour la première fois au monde, une boutique de prêt-à-porter à l'enseigne d'un grand couturier, j'ai conscience d'avoir fait progresser la mode et d'avoir permis aux femmes d'accéder à un univers jusque-là interdit. »
— Discours de retraite, conférence de presse, 5 avenue Marceau, Paris, 7 janvier 2002 (publié dans Libération, 8 janvier 2002)
S'habiller est un mode de vie.
Il n'existe pas un noir, mais des noirs.
Sans élégance de coeur, il n'y a pas d'élégance.
Le plus beau vêtement d'une femme, c'est sa nudité.
Dans la haute-couture, il n'y aura plus rien après Coco Chanel et moi.
Le plus beau vêtement qui puisse habiller une femme, ce sont les bras de l'homme qu'elle aime.
Quand on se sent bien dans un vêtement, tout peut arriver. Un bon vêtement, c'est un passeport pour le bonheur.
Les femmes qui suivent de trop près la mode courent un grand danger. Celui de perdre leur nature profonde, leur style, leur élégance naturelle.