Vincent van Gogh, peintre néerlandais du XIXe siècle, a produit en moins de dix ans plus de deux mille oeuvres qui ont posé les fondements de l'expressionnisme et du fauvisme. Méconnu de son vivant, il s'est donné la mort à Auvers-sur-Oise à 37 ans.
Né le 30 mars 1853 à Groot-Zundert, dans le Brabant-Septentrional néerlandais, Vincent Willem van Gogh grandit dans une famille de l'ancienne bourgeoisie. Son père, Theodorus van Gogh, est pasteur de l'Église réformée néerlandaise, et sa mère, Anna Cornelia Carbentus, est fille d'un relieur de la cour du duché de Brabant. À seize ans, Vincent entre en apprentissage chez Goupil & Cie à La Haye, firme d'art dirigée par Hermanus Tersteeg, grâce à l'entremise de son oncle Cent. Il travaille ensuite à Londres en 1873, où il gagne plus que son père à vingt ans, puis à Paris dès mai 1875. Choqué de voir l'art réduit à une marchandise, il est licencié en avril 1876. Il se tourne alors vers la vocation religieuse, échoue aux examens de théologie à Amsterdam, et tente de devenir évangéliste auprès des mineurs du Borinage en Belgique à partir de décembre 1878, avant d'être renvoyé par le comité d'évangélisation. C'est à Cuesmes qu'il s'oriente résolument, en 1880, vers la peinture et le dessin.
En octobre 1880, Van Gogh s'inscrit à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles sur les conseils du peintre Willem Roelofs, et travaille à l'atelier d'Anthon van Rappard. Il s'installe ensuite à La Haye où son cousin par alliance Anton Mauve lui enseigne l'aquarelle. Après un séjour en Drenthe, il rejoint sa famille à Nuenen, où il peint en 1885 ses premières toiles maîtresses, dont Les Mangeurs de pommes de terre. Il s'établit à Anvers puis arrive à Paris en mars 1886 chez son frère Theo, marchand d'art et soutien permanent. À l'atelier du peintre Fernand Cormon, il rencontre Henri de Toulouse-Lautrec, Émile Bernard et Paul Gauguin. Influencé par le pointillisme de Camille Pissarro et Paul Signac, sa palette s'éclaircit radicalement. En février 1888, il s'installe à Arles, où il peint la première série des Tournesols et invite Gauguin dans sa Maison Jaune. Après une crise violente le 23 décembre 1888 durant laquelle il se tranche le lobe de l'oreille gauche, il entre à l'asile Saint-Paul-de-Mausole à Saint-Rémy-de-Provence en mai 1889.
1853 : naissance le 30 mars à Groot-Zundert, Pays-Bas
1869 : entrée en apprentissage chez Goupil & Cie à La Haye à seize ans
1873 : transfert à la succursale de Londres ; période de grande sérénité personnelle
1876 : licenciement de Goupil & Cie à Paris ; premiers travaux bénévoles comme enseignant et prédicateur en Angleterre
1878 : mission évangélique auprès des mineurs du Borinage en Belgique
1880 : inscription à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles ; orientation définitive vers la peinture
1882 : début de la peinture à l'huile à La Haye ; relation avec Sien Hoornik
1885 : achèvement des Mangeurs de pommes de terre à Nuenen ; mort de son père Theodorus en mars
1886 : arrivée à Paris chez Theo ; fréquentation de l'atelier Cormon ; rencontres avec Toulouse-Lautrec, Gauguin, Pissarro
1888 : installation à Arles en février ; série des Tournesols ; arrivée de Gauguin en octobre ; automutilation le 23 décembre
1889 : internement volontaire à l'asile Saint-Paul-de-Mausole à Saint-Rémy-de-Provence en mai ; La Nuit étoilée
1890 : premier article élogieux dans le Mercure de France par Albert Aurier en janvier ; seule vente documentée de son vivant (La Vigne rouge, 400 francs) ; installation à Auvers-sur-Oise en mai
1890 : blessure par balle le 27 juillet à Auvers-sur-Oise ; décès le 29 juillet à 1 h 30 du matin
Vincent van Gogh est le fils aîné de Theodorus van Gogh, pasteur, et d'Anna Cornelia Carbentus. Il a cinq frères et soeurs : Anna Cornelia, Théodore (dit Theo), Elisabetha Huberta, Willemina Jacoba et Cornelis Vincent. Son frère Theo van Gogh, marchand d'art, lui verse une pension mensuelle tout au long de sa carrière et constitue son interlocuteur privilégié : plus de 650 lettres lui sont adressées. Theo épouse Johanna Bonger en janvier 1889 ; leur fils, Vincent Willem II, naît le 31 janvier 1890. Van Gogh n'a jamais été marié. Il entretient une relation avec Sien Hoornik, ancienne prostituée, de 1882 à 1883 à La Haye.
Parmi ses proches, Van Gogh entretient des liens artistiques forts avec Paul Gauguin, malgré leur rupture dramatique d'Arles, et correspond abondamment avec Émile Bernard. Il admire profondément les oeuvres de Jean-François Millet et de Rembrandt, dont il réalise des interprétations personnelles. À Auvers-sur-Oise, il est suivi par le docteur Paul Gachet, médecin et collectionneur d'art ami de Paul Cézanne. Sa solidarité avec les ouvriers et les paysans traverse toute son oeuvre, des études de tisserands à Nuenen aux scènes de moisson provençales, sans qu'il adhère à aucun engagement politique documenté.
Le 27 juillet 1890, Van Gogh sort peindre dans un champ au-dessus d'Auvers-sur-Oise et se tire une balle de revolver dans la poitrine. Il regagne l'auberge Ravoux à pied, où l'aubergiste Arthur Ravoux et le docteur Jean-Baptiste Mazery le découvrent blessé. Le docteur Paul Gachet est également appelé : la balle ne peut être extraite. Theo van Gogh, prévenu par le peintre néerlandais Anton Hirschig, accourt de Paris et reste au chevet de son frère. Vincent van Gogh décède le 29 juillet 1890 à 1 h 30 du matin dans sa chambre numéro 5 de l'auberge Ravoux. Le docteur Gachet prononce l'oraison funèbre lors de l'inhumation le 30 juillet 1890.
Vincent van Gogh est inhumé au cimetière municipal d'Auvers-sur-Oise. En 1914, Johanna van Gogh-Bonger fait transférer la dépouille de Theo, décédé à Utrecht en janvier 1891, pour la déposer aux côtés de son frère. Les deux frères reposent ainsi côte à côte dans ce même cimetière.
1 - Lors de son séjour au Borinage en 1878, Van Gogh descend à sept cents mètres de profondeur dans le puits du charbonnage de Marcasse et sauve un mineur lors d'un coup de grisou. Cette expérience de solidarité ouvrière précède directement sa vocation de peintre.
2 - Van Gogh n'a vendu qu'un seul tableau de son vivant : La Vigne rouge, acquise en janvier 1890 par la peintre belge Anna Boch pour 400 francs, lors de l'exposition des XX à Bruxelles.
3 - Pendant ses deux mois à Auvers-sur-Oise, Van Gogh peint environ quatre-vingts toiles et soixante-quatre dessins, soit une oeuvre toutes les vingt-six heures en moyenne, avant de s'ôter la vie le 27 juillet 1890.
4 - Fasciné par les estampes japonaises, Van Gogh constitue avec son frère Theo une collection de plus de quatre cents oeuvres de maîtres tels qu'Hiroshige et Hokusai, aujourd'hui conservée au musée Van Gogh d'Amsterdam.
5 - À Nuenen en 1884, Van Gogh entreprend de copier intégralement le Cours de dessin de Charles Bargue, méthode académique page par page, pour renforcer sa technique autodidacte avant d'intégrer l'atelier Cormon à Paris.
- Métier(s) : peintre, dessinateur
- Résidence principale : Auvers-sur-Oise (dernière résidence)
- Relations de couple : Sien Hoornik (1882-1883, non marié)
- Enfants : aucun
- Distinctions : néant (oeuvre reconnue uniquement à titre posthume)
248 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
Eh bien vraiment nous ne pouvons faire parler que nos tableaux.
— Dernière lettre à Theo van Gogh, trouvée sur la personne de Vincent le 27 juillet 1890, Auvers-sur-Oise
La normalité est une route pavée : on y marche aisément mais les fleurs n'y poussent pas.
— Vincent van Gogh. Entre terre et ciel. Les paysages, Carel Blotkamp et al., Hatje Cantz, 2009, p. 2e de couverture
N'oublions pas que les petites émotions sont les grands capitaines de nos vies et qu'à celles-ci nous obéissons sans le savoir.
— Lettres à son frère Théo, Gallimard, 1988, p. 517 (Saint-Rémy-de-Provence, 1889-1890)
Que la tempête se lève, que la nuit tombe ; qu'est-ce qui est le plus redoutable, le danger ou la peur du danger ? Je préfère la réalité, le danger même.
— Lettres à son frère Théo, Gallimard, 1988, p. 193 (La Haye, 1882-1883)
Je rêve ma peinture, ensuite je peints mon rêve.
Il faut commencer par éprouver ce qu'on veut exprimer.
Il n'y a rien de plus réellement artistique que d'aimer les gens.
La folie est salutaire pour cela, qu'on devient peut-être moins exclusif.
Je me suis instruit aux cours gratuits de la grande université de la misère !
Qui n'a pas appris à dire "elle et aucune autre" sait-il ce que c'est que l'amour ?
Réaliser des esquisses revient à planter des graines pour faire pousser des tableaux.
Cultivez votre amour de la nature, car c'est la seule façon de mieux comprendre l'art.
En fin de compte nous aurons eu assez de cynisme, de scepticisme et de charlatanisme, et nous voudrons vivre plus musicalement.
N'oublions pas que les petites émotions sont les grands capitaines de nos vies et qu'à celles-là nous y obéissons sans le savoir.
Cette vie artistique, que nous savons ne pas être la vraie, me paraît si vivante et ce serait ingrat que de ne pas s'en contenter.
J'ai compris que, même pauvre et nécessiteux aux regards du monde, on peut s'enrichir en Dieu et que ce trésor-là, nul ne peut vous l'enlever.
Je suis en train de peindre avec l'entrain d'un Marseillais mangeant la bouillabaisse, ce qui ne t'étonnera pas lorsqu'il s'agit de peindre de grands tournesols.
Je ne puis changer le fait que mes toiles ne se vendent pas, mais le jour viendra où les gens reconnaîtront qu'elles valent plus que le coût de la peinture que j'ai utilisée.