Paul Gauguin (Eugène Henri Paul Gauguin), peintre postimpressionniste français né en 1848 et mort en 1903 aux îles Marquises, dirige l'École de Pont-Aven avant de produire en Polynésie une œuvre dont la portée et la dimension morale sont aujourd'hui rediscutées.
Eugène Henri Paul Gauguin passe son enfance entre Lima et Orléans, puis sert dans la marine marchande avant de devenir agent de change à la Bourse de Paris. Son tuteur, le collectionneur Gustave Arosa, l'introduit dans les milieux artistiques. À partir de 1874, il se rapproche de Camille Pissarro, qui l'initie à la peinture, et expose avec les impressionnistes aux côtés d'Edgar Degas. Le krach boursier de 1882 précipite sa reconversion : il abandonne la finance pour se consacrer entièrement à la peinture. En 1886, il séjourne à Pont-Aven, en Bretagne, où il élabore avec Émile Bernard une esthétique fondée sur l'aplat et la couleur, le synthétisme. De cette période datent La Vision après le sermon et La Belle Angèle. À l'automne 1888, il rejoint Vincent van Gogh à Arles, séjour de deux mois qui s'achève sur une rupture violente.
En avril 1891, muni d'une mission officielle de l'administration française, Gauguin embarque pour Tahiti, alors colonie française. Il s'installe à Mataiea et y peint une série d'œuvres marquées par les couleurs vives et les motifs polynésiens, dont Manao tupapau et Nafea faa ipoipo. Rentré à Paris en 1893, il expose chez Paul Durand-Ruel et rédige avec l'écrivain Charles Morice le récit Noa Noa. Les ventes restant faibles, il regagne la Polynésie en 1895 et confie la diffusion de ses toiles à son ami Georges-Daniel de Monfreid et au marchand Ambroise Vollard. En 1897 et 1898, il réalise la composition D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?. Installé aux îles Marquises à partir de 1901, il y rédige le manuscrit Avant et après. L'écrivain Victor Segalen rachètera après sa mort plusieurs de ses dernières œuvres.
Lors de ses séjours en Polynésie, Gauguin a partagé sa vie avec plusieurs très jeunes filles : à Tahiti, vers 1891, une adolescente connue sous le nom de Teha'amana, puis Pa'ura ; aux îles Marquises, en 1901, Marie-Rose Vaeoho, âgée d'environ treize ans. Ces relations, documentées par sa correspondance et par ses propres écrits, font l'objet depuis la fin des années 2010 d'un réexamen critique. L'exposition « Gauguin Portraits », présentée à la National Gallery de Londres en 2019, a explicitement posé la question de son comportement, tout comme les débats entourant le film Gauguin, voyage de Tahiti d'Édouard Deluc (2017), avec Vincent Cassel. Sur le plan judiciaire, en conflit ouvert avec l'administration coloniale et la gendarmerie d'Atuona, Gauguin est condamné en mars 1903 à trois mois d'emprisonnement et à une amende pour diffamation envers un gendarme ; il meurt avant l'examen de son appel.
1848 : naissance à Paris, le 7 juin
1851 : mort de son père, Clovis Gauguin, lors du retour du Pérou
1865 : engagement dans la marine marchande
1871 : entrée comme agent de change à la Bourse de Paris
1873 : mariage avec Mette-Sophie Gad
1874 : rencontre avec Camille Pissarro et premiers pas en peinture
1882 : abandon de la finance pour la peinture
1886 : premier séjour à Pont-Aven, en Bretagne
1888 : séjour à Arles auprès de Vincent van Gogh
1891 : premier départ pour Tahiti
1893 : retour à Paris et exposition de ses œuvres tahitiennes
1895 : second départ pour la Polynésie
1901 : installation aux îles Marquises
1903 : condamnation judiciaire, puis mort à Atuona le 8 mai
Fils de Clovis Gauguin, journaliste républicain au journal Le National, et d'Aline Chazal, fille de la militante Flora Tristan, Gauguin passe une partie de son enfance à Lima avant d'étudier au petit séminaire de La Chapelle-Saint-Mesmin puis au lycée Pothier d'Orléans. En 1873, il épouse à Paris la Danoise Mette-Sophie Gad, dont il a cinq enfants : Émile, Aline, Clovis, Jean-René et Paul-Rollon. La famille s'installe un temps à Copenhague, dans la belle-famille, mais le couple se sépare de fait au milieu des années 1880, Gauguin choisissant de revenir seul à Paris pour se consacrer à la peinture.
Au fil de sa carrière, Gauguin se constitue un réseau dans l'avant-garde parisienne : il fréquente Stéphane Mallarmé et les poètes symbolistes, et son enseignement informel marque de jeunes peintres comme Paul Sérusier, à l'origine du groupe des Nabis. Il entretient une correspondance suivie avec Georges-Daniel de Monfreid, son principal relais en métropole durant ses années polynésiennes. Gauguin laisse aussi plusieurs écrits, dont Cahier pour Aline, dédié à sa fille, le récit Noa Noa et le manuscrit autobiographique Avant et après, rédigé à Hiva Oa. Ces textes mêlent souvenirs, réflexions sur l'art et critiques de l'administration coloniale.
Paul Gauguin meurt le 8 mai 1903 dans sa case d'Atuona, sur l'île de Hiva Oa. Son voisin Tioka découvre son corps. À la fin de sa vie, il souffrait d'une blessure à la jambe transformée en eczéma purulent, de troubles cardiaques et, selon plusieurs de ses biographes, des suites d'une syphilis ; la cause exacte du décès reste discutée, certaines analyses tardives ayant nuancé l'hypothèse syphilitique. Affaibli et isolé, il était par ailleurs en conflit avec les autorités coloniales. Il est inhumé au cimetière du Calvaire d'Atuona. L'écrivain Victor Segalen, arrivé peu après, rassemble et achète une partie de ses derniers travaux.
Paul Gauguin repose au cimetière du Calvaire d'Atuona, à Hiva Oa, non loin de la tombe de Jacques Brel, installée plus de soixante-dix ans après. Un centre culturel et un espace muséal lui sont consacrés à Atuona, tandis qu'un musée portant son nom existe à Papeari, à Tahiti. De nombreuses œuvres sont conservées au musée d'Orsay, à Paris.
1 - Avant de peindre, Gauguin a navigué six ans dans la marine marchande puis nationale, parcourant l'Amérique du Sud et l'Inde ; il participe à la guerre de 1870 avant de rejoindre la Bourse de Paris.
2 - Par sa mère, il descend de Flora Tristan, figure du socialisme et du féminisme naissants ; la famille revendiquait aussi une ascendance liée à d'anciens propriétaires terriens espagnols du Pérou, voire à un ancien vice-roi.
3 - Une rixe à Concarneau, en 1894, lui vaut une fracture de la jambe dont il ne se remettra jamais ; mal cicatrisée, cette blessure limitera fortement sa mobilité jusqu'à sa mort.
4 - Au début des années 2000, des fouilles à Atuona ont permis de retrouver quatre dents attribuées à Gauguin dans un puits ; des analyses confiées à l'historienne Caroline Boyle-Turner n'y ont décelé ni mercure ni arsenic.
5 - Peu après son arrivée à Tahiti, Gauguin peint Arii Matamoe, qui représente une tête tranchée sur un coussin ; un conservateur du musée Getty y a vu une volonté de choquer le public parisien.
- Métier(s) : peintre, sculpteur, céramiste, graveur, écrivain
- Résidence principale : Atuona (Hiva Oa, îles Marquises) en fin de vie ; auparavant Paris et la Bretagne
- Relations de couple : Mette-Sophie Gad (épouse, 1873) ; compagnes en Polynésie, dont Teha'amana et Pa'ura
- Enfants : cinq enfants nés de Mette-Sophie Gad (Émile, Aline, Clovis, Jean-René, Paul-Rollon)
- Distinctions : non documentées (reconnaissance essentiellement posthume)
448 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
Le laid peut être beau, le joli, jamais.
Cuisiner suppose une tête légère, un esprit généreux et un coeur large.
Si je pensais à l'absolu, je cesserais de faire tout effort même pour vivre.
La vérité ne se dégage pas de la polémique, mais des oeuvres qu'on a faites.
La peinture est comme l'homme, mortel mais vivant toujours en lutte avec la matière.
L'art est une abstraction, c'est le moyen de monter vers Dieu en faisant comme notre divin Maître, créer.
L'artiste ne doit pas copier la nature mais prendre les éléments de la nature et créer un nouvel élément.
Dieu n'appartient pas au savant, au logicien, il est aux poètes, au rêve, il est le symbole de la Beauté, la Beauté même.
Le métier vient tout seul, malgré soi, avec l'exercice, et d'autant plus facilement qu'on pense à autre chose que le métier.
Le laid peut être beau, le joli, jamais.
Cuisiner suppose une tête légère, un esprit généreux et un coeur large.
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La vérité ne se dégage pas de la polémique, mais des oeuvres qu'on a faites.
La peinture est comme l'homme, mortel mais vivant toujours en lutte avec la matière.
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L'artiste ne doit pas copier la nature mais prendre les éléments de la nature et créer un nouvel élément.
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Le métier vient tout seul, malgré soi, avec l'exercice, et d'autant plus facilement qu'on pense à autre chose que le métier.