Gustave Courbet, né le 10 juin 1819 à Ornans (Doubs) et mort le 31 décembre 1877 à La Tour-de-Peilz (Suisse), est un peintre et sculpteur français, chef de file du réalisme au XIXe siècle, connu notamment pour L'Origine du monde (1866) et son engagement lors de la Commune de Paris de 1871.
Issu d'une famille de propriétaires terriens franc-comtois, Gustave Courbet reçoit sa première formation artistique au petit séminaire d'Ornans auprès de Claude-Antoine Beau, ancien élève d'Antoine-Jean Gros. Il poursuit au collège royal de Besançon dans la classe de Charles-Antoine Flajoulot, disciple de Jacques-Louis David. En 1839, il part pour Paris officiellement pour y faire du droit, mais fréquente rapidement les ateliers de Charles de Steuben et de Nicolas-Auguste Hesse. Formé en autodidacte au musée du Louvre, il y copie Diego Vélasquez, Francisco de Zurbarán et José de Ribera. Au Salon de 1844, son Autoportrait au chien noir est accepté pour la première fois. C'est avec L'Après-dînée à Ornans, présenté au Salon de 1849, qu'il obtient une médaille et l'exemption de jury pour les années suivantes, tout en suscitant la polémique pour avoir traité une scène ordinaire dans des dimensions réservées à la peinture d'histoire.
Les envois au Salon de 1850-1851, notamment Un enterrement à Ornans et Les Casseurs de pierre, cristallisent l'opposition entre l'Académie et le réalisme naissant. En 1855, refusant de soumettre L'Atelier du peintre et Un enterrement à Ornans au jury de l'Exposition universelle, Courbet ouvre un "Pavillon du Réalisme" personnel avec l'aide de son mécène Alfred Bruyas, acte fondateur pour l'autonomie des artistes face aux institutions. Il entretient des relations étroites avec le philosophe Pierre-Joseph Proudhon, le critique Jules Champfleury et le poète Charles Baudelaire, rencontrés dès la fin des années 1840 à la brasserie Andler. En 1865, lors d'un séjour à Trouville, il fait la connaissance de Claude Monet et de James Abbott McNeill Whistler. En 1866, le diplomate Khalil-Bey lui commande Le Sommeil puis L'Origine du monde, toile acquise par le musée d'Orsay en 1995. Son corpus dépasse un millier d'oeuvres.
Élu au conseil de la Commune de Paris par le 6e arrondissement en avril 1871 et nommé président de la Fédération des artistes, Courbet est tenu pour responsable de la démolition de la colonne Vendôme, renversée le 16 mai 1871. Arrêté le 7 juin 1871, jugé devant le troisième Conseil de guerre, il est condamné le 2 septembre 1871 à six mois de prison et 500 francs d'amende, peine purgée à la prison Sainte-Pélagie à Paris. En mai 1873, le président Mac Mahon décide la reconstruction de la colonne aux frais de Courbet. Le jugement civil du 26 juin 1874 le condamne à régler 323 091,68 francs, soit plus de trente années de versements annuels. Ses biens sont mis sous séquestre. Incapable d'acquitter cette somme, il s'exile en Suisse en juillet 1873 et ne reviendra jamais en France. Il conteste la condamnation jusqu'à sa mort, refusant en novembre 1877 de verser la première traite de 15 000 francs proposée par l'État.
1819 : naissance le 10 juin à Ornans (Doubs) de Jean Désiré Gustave Courbet
1831 : entre au petit séminaire d'Ornans, premiers cours de dessin avec Claude-Antoine Beau
1837 : interne au collège royal de Besançon, cours de dessin de Charles-Antoine Flajoulot
1839 : part pour Paris, s'inscrit brièvement en droit avant de se consacrer à la peinture
1844 : première admission au Salon avec l'Autoportrait au chien noir (Petit Palais, Paris)
1849 : médaille au Salon pour L'Après-dînée à Ornans, exemption de jury obtenue
1850-1851 : scandale au Salon avec Un enterrement à Ornans et Les Casseurs de pierre
1853 : rencontre son mécène Alfred Bruyas à Montpellier ; Les Baigneuses suscitent la polémique
1855 : refus de deux toiles à l'Exposition universelle ; ouverture du "Pavillon du Réalisme" ; publication du manifeste réaliste
1866 : commande de L'Origine du monde par le diplomate Khalil-Bey
1870 : nomination à la Légion d'honneur, refusée publiquement
1871 : élu à la Commune de Paris ; condamné le 2 septembre à six mois de prison
1873 : condamné à financer la reconstruction de la colonne Vendôme ; exil en Suisse (juillet)
1874 : s'installe définitivement à La Tour-de-Peilz, au bord du lac Léman
1877 : refuse la première traite de remboursement ; meurt le 31 décembre à La Tour-de-Peilz
Gustave Courbet est le fils d'Éléonor Régis Courbet, propriétaire terrien et agriculteur à Flagey (Doubs), et de Suzanne Sylvie Oudot. Seul garçon d'une fratrie de quatre enfants, il a pour soeurs Thérèse (1824-1925), Zélie (1828-1875) et Juliette (1831-1915), qui lui servent de premiers modèles. En 1841, lors d'un séjour en Normandie, il rencontre Virginie Binet (1808-1865), une Dieppoise de onze ans son aînée, avec qui il entretient une liaison de quatorze années. Virginie lui donne un fils, Désiré Alfred Émile, né en 1847 et mort en 1872, que Courbet ne reconnaît pas officiellement. Célibataire toute sa vie, il n'a pas d'autre union documentée.
Républicain convaincu, Courbet s'inscrit dès 1848 dans les cercles intellectuels parisiens réunis à la brasserie Andler autour de Pierre-Joseph Proudhon, dont les idées anarchistes influencent sa vision sociale, et de Charles Baudelaire, avec qui il collabore au journal Le Salut public. Il est également proche de Jules Champfleury, défenseur du réalisme littéraire. Son mécène Alfred Bruyas, collectionneur montpelliérain, lui offre un soutien financier décisif à partir de 1853. En exil à La Tour-de-Peilz, Courbet continue de peindre, sculpte le buste Helvetia qu'il offre à la municipalité en 1875, et maintient une correspondance active avec sa soeur Juliette Courbet et ses amis parisiens.
Gustave Courbet meurt le 31 décembre 1877 à La Tour-de-Peilz, en Suisse, d'hydropisie (rétention de liquide), complication d'une cirrhose du foie. La dégradation de sa santé s'accélère au cours des derniers mois de 1877, aggravée par les tensions liées à la condamnation financière relative à la colonne Vendôme. Aucune cérémonie religieuse officielle n'est documentée. Les obsèques ont lieu le 4 janvier 1878 à La Tour-de-Peilz, en présence d'environ quatre cents personnes venues de Vevey, Lausanne, La Chaux-de-Fonds et de France. Il est inhumé provisoirement dans le cimetière de La Tour-de-Peilz. Sa soeur Juliette Courbet et ses amis proches figurent parmi les présents. Aucune déclaration officielle de personnalités gouvernementales françaises n'a été documentée au moment du décès, Courbet étant mort en exil et sous le coup d'une condamnation.
Gustave Courbet est inhumé au cimetière communal d'Ornans (Doubs), où sa dépouille est rapatriée en juin 1919, quarante-deux ans après sa mort. Sa maison natale à Ornans abrite le musée départemental Gustave Courbet, consacré à son oeuvre. À La Tour-de-Peilz (Suisse), un parcours à ciel ouvert est dédié à ses années d'exil (1873-1877).
1 - Pour son premier envoi public en 1839, Courbet réalise avec son ami Max Buchon quatre dessins lithographiques destinés aux Essais poétiques de ce dernier, publiés par un imprimeur de Besançon : il a alors à peine vingt ans.
2 - Convoqué en 1870 pour recevoir la Légion d'honneur, Courbet la refuse par lettre au ministre, arguant que l'État est incompétent en matière artistique : un refus rare à une époque où la distinction est très recherchée.
3 - Lors de la Commune de Paris de 1871, Courbet fait blinder les fenêtres du Louvre pour en protéger les oeuvres, et prend des mesures similaires à l'Arc de Triomphe, à la fontaine des Innocents et à la manufacture des Gobelins.
4 - Condamné à payer 323 091,68 francs pour la reconstruction de la colonne Vendôme, Courbet meurt le 31 décembre 1877 sans avoir versé la moindre traite : sa dernière lettre connue, de novembre 1877, est un refus d'acquitter les 15 000 premiers francs proposés par l'État.
5 - Sa dépouille, déposée dans un cercueil doublé de plomb en prévision d'un rapatriement, attend quarante-deux ans avant d'être transférée à Ornans en juin 1919, soit au centenaire de sa naissance l'année suivante.
- Métier(s) : peintre, sculpteur
- Résidence principale : Ornans (Doubs), puis Paris, puis La Tour-de-Peilz (Suisse, en exil)
- Relations de couple : liaison avec Virginie Binet (1841-1854, non officialisée), célibataire
- Enfants : Désiré Alfred Émile (1847-1872, fils non reconnu avec Virginie Binet)
- Distinctions : médaille au Salon de 1849 pour L'Après-dînée à Ornans ; Légion d'honneur nommée en 1870, refusée publiquement
227 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
La peinture est la représentation de formes visibles. L'essence du réalisme est sa négation de l'idéal.
— Déclarations attribuées à Gustave Courbet, compilées dans les sources biographiques (thehistoryofart.org/fr/gustave-courbet/citations)
Me voici par le peuple de Paris introduit dans les affaires politiques jusqu'au cou, président de la fédération des artistes, membre de la Commune, délégué à la mairie, délégué à l'instruction publique. Quatre fonctions les plus importantes de Paris.
— Lettre autographe de Gustave Courbet, Commune de Paris, 1871 (Cabinet des Estampes, Bibliothèque nationale de France)
Je suis au milieu peignant, à droite sont les amis, les travailleurs, les amateurs du monde de l'art. A gauche, l'autre monde de la vie triviale, le peuple, la misère, la pauvreté, la richesse, les exploités, les exploiteurs ; les gens qui vivent de la mort.
— Lettre de Gustave Courbet à Alfred Bruyas décrivant L'Atelier du peintre, vers 1854-1855, citée dans les sources biographiques
J'ai étudié, en dehors de tout système et sans parti pris, l'art des anciens et l'art des modernes. Je n'ai pas voulu plus imiter les uns que copier les autres. J'ai voulu tout simplement puiser dans l'entière connaissance de la tradition le sentiment raisonné et indépendant de ma propre individualité.
— Manifeste du Réalisme, préface du catalogue de l'exposition personnelle, Paris, 1855
Les gens qui prient perdent du temps.
L'état est incompétent en matière d'art.
A quoi sert la vie si les enfants n'en font pas plus que leurs pères ?
La peinture est la représentation de formes visibles. L'essence du réalisme est sa négation de l'idéal.
— Déclarations attribuées à Gustave Courbet, compilées dans les sources biographiques (thehistoryofart.org/fr/gustave-courbet/citations)
Me voici par le peuple de Paris introduit dans les affaires politiques jusqu'au cou, président de la fédération des artistes, membre de la Commune, délégué à la mairie, délégué à l'instruction publique. Quatre fonctions les plus importantes de Paris.
— Lettre autographe de Gustave Courbet, Commune de Paris, 1871 (Cabinet des Estampes, Bibliothèque nationale de France)
Je suis au milieu peignant, à droite sont les amis, les travailleurs, les amateurs du monde de l'art. A gauche, l'autre monde de la vie triviale, le peuple, la misère, la pauvreté, la richesse, les exploités, les exploiteurs ; les gens qui vivent de la mort.
— Lettre de Gustave Courbet à Alfred Bruyas décrivant L'Atelier du peintre, vers 1854-1855, citée dans les sources biographiques
J'ai étudié, en dehors de tout système et sans parti pris, l'art des anciens et l'art des modernes. Je n'ai pas voulu plus imiter les uns que copier les autres. J'ai voulu tout simplement puiser dans l'entière connaissance de la tradition le sentiment raisonné et indépendant de ma propre individualité.
— Manifeste du Réalisme, préface du catalogue de l'exposition personnelle, Paris, 1855
Les gens qui prient perdent du temps.
L'état est incompétent en matière d'art.
A quoi sert la vie si les enfants n'en font pas plus que leurs pères ?