Jean-Auguste-Dominique Ingres

† à 86 ans
le 29 août 1780
Décédé le 14 janvier 1867 Cause de la mort : pneumonie aiguë
Naissance :  Montauban (Tarn-et-Garonne, 82)France  
Nationalité : française
Astrologie
Taille 155 cm

Biographie

Maître incontesté du néoclassicisme et gardien rigoureux de la doctrine du dessin, Jean-Auguste-Dominique Ingres a dominé la peinture française du XIXe siècle. Son style, alliant une précision quasi photographique à des distorsions anatomiques expressives, a fait de lui le rempart de l'académisme face à la montée du romantisme.


Parcours

Né à Montauban, Jean-Auguste-Dominique Ingres reçoit sa première formation de son père, sculpteur et peintre, avant d'intégrer l'atelier de Jacques-Louis David à Paris en 1797. Lauréat du Prix de Rome en 1801 avec L'Ambassade des envoyés d'Agamemnon, il doit attendre cinq ans pour rejoindre l'Italie. Durant son long séjour romain puis florentin, il développe un style singulier, s'inspirant de Raphaël et des maîtres de la Renaissance, tout en affirmant une primauté absolue de la ligne sur la couleur. Ses débuts sont pourtant marqués par des critiques acerbes qui jugent son style "gothique" ou "archaïque". Malgré ces résistances, il s'impose progressivement comme un portraitiste hors pair, immortalisant la haute société européenne avec une minutie virtuose. Son retour triomphal à Paris en 1824, après le succès de Le Vœu de Louis XIII, le place à la tête de l'école néoclassique, devenant le directeur de l'Académie de France à Rome quelques années plus tard.

Devenu une figure institutionnelle majeure, Ingres consacre une grande partie de sa vie à l'enseignement, prônant l'étude du modèle vivant et des antiques. Son œuvre est jalonnée de nus féminins iconiques, tels que La Grande Odalisque ou La Source, où il n'hésite pas à allonger une colonne vertébrale pour parfaire l'harmonie visuelle. Bien que se considérant avant tout comme un peintre d'histoire, genre qu'il juge supérieur, il reste célébré pour la finesse psychologique de ses portraits civils, comme celui de Monsieur Bertin. Sa carrière est marquée par une opposition constante avec Eugène Delacroix, symbole du romantisme coloré. En 1855, l'Exposition universelle lui consacre une rétrospective monumentale, consacrant son influence sur des générations d'artistes. Jusqu'à sa mort, il continue de retravailler ses compositions obsessionnelles, dont le célèbre Le Bain turc, testament artistique où s'exprime son goût pour l'orientalisme et la pureté des formes, léguant à sa ville natale une collection inestimable de dessins et de toiles.


Repères chronologiques

1797 : Entre dans l'atelier parisien de Jacques-Louis David, chef de file du néoclassicisme.
1801 : Remporte le Grand Prix de Rome de peinture, sommet des récompenses académiques.
1806 : Exposition de Napoléon Ier sur le trône impérial, vivement critiqué au Salon.
1814 : Achèvement de La Grande Odalisque, œuvre majeure commandée par Caroline Murat.
1824 : Triomphe au Salon avec Le Vœu de Louis XIII et retour définitif à Paris.
1825 : Élu membre de l'Académie des Beaux-Arts et nommé Chevalier de la Légion d'honneur.
1832 : Réalisation du portrait de Monsieur Bertin, chef-d'œuvre du réalisme bourgeois.
1835 : Nommé directeur de la Villa Médicis à Rome, poste qu'il occupe durant six ans.
1841 : Retour à Paris où il est accueilli avec les plus grands honneurs officiels.
1855 : Reçoit la Grande Médaille d'honneur lors de l'Exposition universelle de Paris.
1862 : Termine Le Bain turc et est nommé sénateur du Second Empire par Napoléon III.
1867 : Décès de l'artiste à Paris des suites d'une pneumonie à l'âge de 86 ans.


Vie personnelle et engagements

Fils de Jean-Marie-Joseph Ingres, Jean-Auguste-Dominique Ingres est élevé dans le respect des traditions artistiques. Il épouse en premières noces Madeleine Chapelle en 1813, une modiste qui fut son soutien indéfectible durant ses années romaines difficiles. Après le décès de cette dernière en 1849, il se remarie en 1852 avec Delphine Ramel, parente de ses amis proches, qui saura organiser sa fin de vie et protéger son travail. L'artiste n'a pas eu d'enfants, reportant toute son affection et son exigence sur ses nombreux élèves. Profondément conservateur, il était très attaché à l'ordre social et aux institutions académiques, percevant son art comme un sacerdoce moral contre la décadence des formes.

Passionné de musique, Ingres était un violoniste amateur de bon niveau, jouant régulièrement au sein d'orchestres ou avec des amis, ce qui a donné naissance à l'expression populaire "violon d'Ingres". Il entretenait des amitiés fidèles avec des compositeurs tels que Franz Liszt ou Luigi Cherubini, dont il a peint un portrait célèbre. Ses relations sociales étaient marquées par une certaine austérité et une dévotion absolue au travail de l'atelier. Parmi ses mentors, outre David, il vénérait Raphaël qu'il considérait comme la perfection absolue de l'art. Ses engagements étaient avant tout artistiques et académiques, luttant sans relâche pour le maintien des prix et des concours traditionnels contre les innovations stylistiques qu'il jugeait dangereuses.


Contexte du décès

Jean-Auguste-Dominique Ingres est décédé le 14 janvier 1867 à son domicile du quai Voltaire à Paris. La cause précise est une pneumonie contractée après avoir pris froid lors d'un dîner en ville quelques jours plus tôt. À 86 ans, il s'est éteint en pleine possession de ses facultés, travaillant encore sur ses calques. Ses obsèques furent célébrées en l'église Saint-Thomas-d'Aquin devant une foule immense composée de dignitaires et d'artistes. Son éloge funèbre fut prononcé par le peintre Eugène-Emmanuel Amaury-Duval. Un hommage national fut rendu à celui qui était alors considéré comme le plus grand dessinateur de son temps, et ses restes furent conduits au cimetière du Père-Lachaise.


Lieux de référence

La sépulture de Jean-Auguste-Dominique Ingres se situe au cimetière du Père-Lachaise à Paris (division 23), ornée d'un buste réalisé par son élève Jean-Marie Bonnassieux. Le Musée Ingres Bourdelle à Montauban constitue le lieu de mémoire principal, abritant le legs de l'artiste, notamment ses milliers de dessins préparatoires et son fameux violon.


Anecdotes

1 - On raconte que lors de sa visite à l'atelier de Delacroix, Ingres aurait quitté la pièce précipitamment en déclarant que l'odeur du soufre (symbole du romantisme) y était insupportable.
2 - L'artiste mesurait environ 155 cm, une petite stature qui contrastait avec son tempérament volcanique et l'autorité naturelle qu'il exerçait sur ses nombreux élèves et disciples.
3 - Pour sa toile La Grande Odalisque, les critiques de l'époque affirmèrent qu'il avait ajouté "trois vertèbres de trop" au modèle pour obtenir cette courbure de dos si particulière.
4 - Ingres était si maniaque du dessin qu'il pouvait passer des années à corriger le contour d'un bras ou d'une épaule sur un même calque avant de passer à la peinture.
5 - Son amour pour le violon était tel qu'il préférait parfois discuter de musique avec ses invités plutôt que de commenter ses propres chefs-d'œuvre picturaux.


Points clés

- Métier(s) : Peintre, dessinateur, violoniste
- Résidence principale : Paris (France) et Rome (Italie)
- Relations de couple: Madeleine Chapelle (1813-1849), Delphine Ramel (1852-1867)
- Enfants : Aucun
- Distinctions : Grand Officier de la Légion d'honneur, Sénateur du Second Empire

Autres peintres

Questions autour de Jean-Auguste-Dominique Ingres

Qui est né le même jour que Jean-Auguste-Dominique Ingres ?
Charlie Parker, Fleur Pellerin, Albert Lebrun, Carla Gugino et Chris Hadfield sont nés le 29 août comme Jean-Auguste-Dominique Ingres.
À quel âge est mort Jean-Auguste-Dominique Ingres ?
Jean-Auguste-Dominique Ingres est mort à 86 ans, le 14 janvier 1867.
Qui est mort le même jour que Jean-Auguste-Dominique Ingres ?
Shelley Winters, Ricardo Bofill, Daniel Balavoine, Ricardo Montalbán et Humphrey Bogart sont morts le 14 janvier comme Jean-Auguste-Dominique Ingres.
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