Écrivain-voyageur français né le 26 avril 1972 à Paris, Sylvain Tesson est l'auteur de récits d'aventure et d'essais récompensés par le prix Médicis essai 2011, le prix Goncourt de la nouvelle 2009 et le prix Renaudot 2019 pour La Panthère des neiges.
Géographe de formation, titulaire d'un DEA de géopolitique obtenu à l'Institut français de géopolitique sous la direction d'Yves Lacoste, Sylvain Tesson découvre l'aventure en 1991 en traversant à vélo le désert central d'Islande, suivi d'une expédition spéléologique à Bornéo. En 1993-1994, il réalise un tour du monde à bicyclette de 25 000 kilomètres avec son ami de lycée Alexandre Poussin, dont ils tirent en 1996 le récit On a roulé sur la terre, lauréat du prix jeune de l'IGN. À 25 ans, il marche du Bhoutan au Tadjikistan à travers l'Himalaya, périple raconté dans La Marche dans le ciel. À la fin des années 1990, il traverse les steppes d'Asie centrale à cheval avec l'exploratrice Priscilla Telmon, sur plus de 3 000 kilomètres du Kazakhstan à l'Ouzbékistan, expédition à l'origine de La Chevauchée des steppes en 2001.
De mai 2003 à janvier 2004, il suit l'itinéraire des évadés du goulag décrit par Slavomir Rawicz, voyage relaté dans L'Axe du loup et l'album Sous l'étoile de la liberté, réalisé avec le photographe Thomas Goisque. En 2010, il vit six mois en ermite dans une cabane au bord du lac Baïkal, expérience qui donne Dans les forêts de Sibérie, prix Médicis essai 2011 et succès de librairie passé en 2020 le seuil des 500 000 exemplaires. En 2018, le photographe animalier Vincent Munier l'invite au Tibet observer la panthère des neiges : il en tire le roman La Panthère des neiges, prix Renaudot 2019. Il publie successivement Avec les fées en 2024 puis Les Piliers de la mer chez Albin Michel le 3 avril 2025.
En janvier 2024, la nomination de Sylvain Tesson comme parrain du Printemps des poètes déclenche une tribune publiée dans Libération, signée par environ deux mille acteurs du milieu littéraire dont Baptiste Beaulieu, Chloé Delaume et Jean d'Amérique, qui s'opposent à ce choix en raison de ses positions politiques jugées réactionnaires. La tribune est dénoncée par Jack Lang, créateur de la manifestation, ainsi que par la ministre de la Culture Rachida Dati et par le ministre de l'Économie Bruno Le Maire. L'écrivain Nicolas Mathieu prend également sa défense. Le 26 janvier 2024, Sophie Nauleau, directrice artistique du Printemps des poètes, démissionne de ses fonctions. Sylvain Tesson, ancien chroniqueur sur Radio Courtoisie, est cité dans l'enquête de François Krug Réactions françaises publiée en 2023.
1972 : naissance à Paris le 26 avril
1991 : première expédition, traversée à vélo du désert central d'Islande
1993-1994 : tour du monde à bicyclette avec Alexandre Poussin
1996 : publication d'On a roulé sur la terre, prix jeune de l'IGN
2001 : La Chevauchée des steppes, récit de la traversée à cheval avec Priscilla Telmon
2003-2004 : itinéraire des évadés du goulag de Sibérie à l'Inde
2009 : prix Goncourt de la nouvelle pour Une vie à coucher dehors
2010 : six mois d'ermitage au bord du lac Baïkal
2011 : prix Médicis essai pour Dans les forêts de Sibérie
20 août 2014 : chute de dix mètres à Chamonix lors d'un séjour chez Jean-Christophe Rufin
2015 : Berezina, prix des Hussards et prix de la Page 112
2016 : Sur les chemins noirs, récit de sa traversée pédestre de la France
2017 : Chevalier de l'ordre national du Mérite
2019 : prix Renaudot pour La Panthère des neiges
Janvier 2024 : polémique autour de son parrainage du Printemps des poètes
2025 : parution des Piliers de la mer et prix Ryszard-Kapuściński à Rome
Sylvain Tesson est le fils de Philippe Tesson (1928-2023), journaliste et fondateur du Quotidien de Paris, et de Marie-Claude Tesson-Millet (1942-2014), médecin spécialisée en rhumatologie et en médecine tropicale, qui ont fondé ensemble Le Quotidien du médecin en 1971. Il a deux sœurs, la comédienne et metteuse en scène Stéphanie Tesson, née en 1969, et la journaliste d'art Daphné Tesson, née en 1978. Sébastien Thiery, dramaturge, est son beau-frère. Il grandit à Chatou dans les Yvelines et étudie au lycée Passy-Buzenval de Rueil-Malmaison, avant une hypokhâgne et une khâgne au lycée Claude-Debussy de Saint-Germain-en-Laye, devenu lycée Jeanne-d'Albret.
Sa vie sentimentale a été marquée par sa relation avec l'exploratrice Priscilla Telmon, sa compagne d'expédition pendant plusieurs années, puis par sa liaison avec l'écrivaine Bénédicte Martin entre 2010 et 2014, qui en tirera l'autofiction L'Homme nécessaire. Depuis juin 2022, il partage la vie de l'essayiste belge Catherine Van Offelen, spécialiste des questions de sécurité, rencontrée lors d'un vernissage parisien. Il a déclaré au Journal du Dimanche en 2020 ne pas avoir souhaité d'enfant. Pratiquant assidu de l'alpinisme, il compte parmi ses partenaires de cordée le grimpeur Daniel Du Lac et l'écrivain Jean-Christophe Rufin.
1 - Avant sa chute, Sylvain Tesson pratiquait depuis l'adolescence la « stégophilie », terme qu'il a forgé à partir du grec ancien pour désigner l'escalade nocturne des toits, et avait ainsi escaladé Notre-Dame de Paris à plusieurs reprises.
2 - Pendant son ermitage de 2010 sur le lac Baïkal, l'écrivain avait emporté avec lui environ soixante-dix livres, deux chiens recueillis sur place et une importante quantité de tabac et de vodka, comme il l'a détaillé dans son journal.
3 - Le 20 août 2014, sa chute de dix mètres à Chamonix survient chez son ami Jean-Christophe Rufin, après un dîner arrosé fêtant la remise du manuscrit de Berezina à son éditeur Ludovic Escande, en présence du grimpeur Daniel Du Lac.
4 - À l'été 2017, France Inter lui confie une série de huit émissions intitulée « Un été avec Homère », suivie en 2020 de « Un été avec Rimbaud », deux exercices de lecture commentée diffusés en quotidienne durant les vacances.
5 - En 2020, six ans après son accident, il escalade l'aiguille d'Étretat, pic rocheux haut d'environ soixante-dix mètres, en compagnie du grimpeur Daniel Du Lac.
6 - Le journaliste Sébastien Spitzer, dont il a préfacé l'ouvrage Sauver ou périr consacré à la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris en 2019, a vu ce texte intégré au spectacle Notre Dame, reine de douleur, reine de victoire joué au Théâtre de Poche-Montparnasse en 2024-2025.
- Métier(s) : écrivain, essayiste, écrivain-voyageur, conférencier, chroniqueur radio
- Résidence principale : Paris, avec un pied-à-terre rural en Normandie selon la presse
- Relations de couple : Priscilla Telmon (fin des années 1990), Bénédicte Martin (2010-2014), Catherine Van Offelen depuis juin 2022
- Enfants : aucun
- Distinctions : prix Goncourt de la nouvelle 2009, prix Médicis essai 2011, prix des Hussards 2015, prix Renaudot 2019, prix Ryszard-Kapuściński 2025, Chevalier de l'ordre national du Mérite 2017, Chevalier de l'ordre du Mérite maritime 2025
« Cette chute de dix mètres de haut m'avait fait vieillir de cinquante ans. »
— Interview Libération, après son accident de 2014
« Je crois que mon père souffre profondément que nous n'ayons pas d'enfant, Stéphanie et moi, mais il ne l'avouera jamais. »
— Interview Journal du Dimanche, 2020
« J'ai une très sale gueule et cela me coûte d'être devant un objectif. J'ai une gueule cubique, je peux aller draguer au musée Picasso ! »
— Interview Causette, 2015
« Il m'aura fallu courir le monde et tomber d'un toit pour saisir que je disposais là, sous mes yeux, dans un pays si proche dont j'ignorais les replis, d'un réseau de chemins campagnards ouverts sur le mystère, baignés de pur silence, miraculeusement vides. »
— Sur les chemins noirs, Gallimard, 2016
Qui m'aime me suive, disait le vent.
L'espérance est une insulte à l'instant.
Quelque soit la direction prise, marcher conduit à l'essentiel.
L'élégance est de se comporter dans la solitude comme en société.
Sapin de noël : on aura même réussi à rendre les arbres ridicules.
La pluie a été inventée pour que l'homme se sente heureux sous un toit.
J'aimerais que les gens ramassent les souvenirs qu'ils laissent en moi.
Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir.
Le temps a sur la peau le pouvoir de l'eau sur la terre. Il creuse en s'écoulant.
Il est plus facile à un fleuve qu'à un homme de réussir en naissant dans le ruisseau.
Entre l'envie et le regret, il y a le présent. Il faudrait s'entraîner à y tenir en équilibre.
On dispose de tout ce qu'il faut lorsque l'on organise sa vie autour de l'idée de ne rien posséder.
Rien ne vaut de passer un bon moment avec soi même, à parcourir les rayonnages de sa bibliothèque intérieure.
L'homme est un enfant capricieux qui croit que la Terre est sa chambre, les bêtes ses jouets, les arbres ses hochets.
- L'amour, c'est se rencontrer, se dissoudre, disparaître. - Tu arrêtes, chéri, avec tes aphorismes de paquet de lessive ?
Quand on se méfie de la pauvreté de sa vie intérieure, il faut emporter de bons livres : on pourra toujours remplir son propre vide.
Aimer c'est reconnaître la valeur de ce qu'on ne pourra jamais connaître. Et non pas célébrer son propre reflet dans le visage d'un semblable.
L'ennui ne me fait aucune peur. Il y a morsure plus douloureuse : le chagrin de ne pas partager avec un être aimé la beauté des moments vécus.
Privé de voiture, l'ermite marche. Privé de supermarché, il pêche. Privé de chaudière, son bras fend le bois. Privé de télé, il ouvre un livre.
Lire nous confirme que la solitude est un trésor. Un livre peut changer une vie. Et dire qu'il n'y a aucune mise en garde d'inscrite sur la couverture !
On s'apercevra vite que la nuit à la belle étoile est néfaste. La voûte céleste rend insomniaque : trop de beauté, trop de grandeur pour songer à dormir.
Il est bon de n'avoir pas à alimenter une conversation. D'où vient la difficulté de la vie en société? De cet impératif de trouver toujours quelque chose à dire.
La bonté n'a de valeur que dispensée discrètement. Dès qu'on l'affiche, elle s'annule. La patrie de la bonté, c'est le silence de nos cours et le secret de nos actes.
Qu'est-ce que la société? Le nom donné à un faisceau de courants extérieurs qui pèsent sur le gouvernail de notre barque pour nous empêcher de la mener où bon nous semble.
« Cette chute de dix mètres de haut m'avait fait vieillir de cinquante ans. »
— Interview Libération, après son accident de 2014
« Je crois que mon père souffre profondément que nous n'ayons pas d'enfant, Stéphanie et moi, mais il ne l'avouera jamais. »
— Interview Journal du Dimanche, 2020
« J'ai une très sale gueule et cela me coûte d'être devant un objectif. J'ai une gueule cubique, je peux aller draguer au musée Picasso ! »
— Interview Causette, 2015
« Il m'aura fallu courir le monde et tomber d'un toit pour saisir que je disposais là, sous mes yeux, dans un pays si proche dont j'ignorais les replis, d'un réseau de chemins campagnards ouverts sur le mystère, baignés de pur silence, miraculeusement vides. »
— Sur les chemins noirs, Gallimard, 2016
Qui m'aime me suive, disait le vent.
L'espérance est une insulte à l'instant.
Quelque soit la direction prise, marcher conduit à l'essentiel.
L'élégance est de se comporter dans la solitude comme en société.
Sapin de noël : on aura même réussi à rendre les arbres ridicules.
La pluie a été inventée pour que l'homme se sente heureux sous un toit.
J'aimerais que les gens ramassent les souvenirs qu'ils laissent en moi.
Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir.
Le temps a sur la peau le pouvoir de l'eau sur la terre. Il creuse en s'écoulant.
Il est plus facile à un fleuve qu'à un homme de réussir en naissant dans le ruisseau.
Entre l'envie et le regret, il y a le présent. Il faudrait s'entraîner à y tenir en équilibre.
On dispose de tout ce qu'il faut lorsque l'on organise sa vie autour de l'idée de ne rien posséder.
Rien ne vaut de passer un bon moment avec soi même, à parcourir les rayonnages de sa bibliothèque intérieure.
L'homme est un enfant capricieux qui croit que la Terre est sa chambre, les bêtes ses jouets, les arbres ses hochets.
- L'amour, c'est se rencontrer, se dissoudre, disparaître. - Tu arrêtes, chéri, avec tes aphorismes de paquet de lessive ?
Quand on se méfie de la pauvreté de sa vie intérieure, il faut emporter de bons livres : on pourra toujours remplir son propre vide.
Aimer c'est reconnaître la valeur de ce qu'on ne pourra jamais connaître. Et non pas célébrer son propre reflet dans le visage d'un semblable.
L'ennui ne me fait aucune peur. Il y a morsure plus douloureuse : le chagrin de ne pas partager avec un être aimé la beauté des moments vécus.
Privé de voiture, l'ermite marche. Privé de supermarché, il pêche. Privé de chaudière, son bras fend le bois. Privé de télé, il ouvre un livre.
Lire nous confirme que la solitude est un trésor. Un livre peut changer une vie. Et dire qu'il n'y a aucune mise en garde d'inscrite sur la couverture !
On s'apercevra vite que la nuit à la belle étoile est néfaste. La voûte céleste rend insomniaque : trop de beauté, trop de grandeur pour songer à dormir.
Il est bon de n'avoir pas à alimenter une conversation. D'où vient la difficulté de la vie en société? De cet impératif de trouver toujours quelque chose à dire.
La bonté n'a de valeur que dispensée discrètement. Dès qu'on l'affiche, elle s'annule. La patrie de la bonté, c'est le silence de nos cours et le secret de nos actes.
Qu'est-ce que la société? Le nom donné à un faisceau de courants extérieurs qui pèsent sur le gouvernail de notre barque pour nous empêcher de la mener où bon nous semble.