Cette année marque le 125ᵉ anniversaire de sa disparition.
Victoria, née Alexandrina Victoria de Hanovre, fut reine du Royaume-Uni de 1837 à 1901 et impératrice des Indes à partir de 1876. Son règne de soixante-trois ans, le plus long de l'histoire britannique avant Élisabeth II, donna son nom à l'« époque victorienne ».
Fille du prince Édouard-Auguste, duc de Kent, et de la princesse Victoire de Saxe-Cobourg-Saalfeld, Victoria est élevée au palais de Kensington sous le « système de Kensington », un régime strict imposé par sa mère et le contrôleur John Conroy. À la mort de son oncle Guillaume IV le 20 juin 1837, elle accède au trône à dix-huit ans et fait disparaître son premier prénom Alexandrina dès les premiers documents officiels. Son couronnement est célébré à l'abbaye de Westminster le 28 juin 1838. Le whig Lord Melbourne, alors Premier ministre, exerce une influence décisive sur la jeune souveraine politiquement inexpérimentée. Elle devient également la première occupante royale du palais de Buckingham. Le 10 février 1840, elle épouse son cousin germain le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha à la Chapel Royal du palais Saint James. De cette union naissent neuf enfants entre 1840 et 1857, scellant son surnom posthume de « grand-mère de l'Europe ».
Le règne de Victoria coïncide avec l'apogée de l'Empire britannique et la révolution industrielle. Elle inaugure avec Albert la première Exposition universelle au Crystal Palace de Hyde Park le 1er mai 1851. Elle traverse une succession de ministères dirigés notamment par Robert Peel, Lord Russell, Lord Palmerston, Lord Derby, William Ewart Gladstone, qu'elle détestait, et Benjamin Disraeli, qui obtint pour elle le titre d'impératrice des Indes via le Royal Titles Act de 1876. Après la mort d'Albert en 1861, elle se retire à Windsor et Osborne, gagnant le surnom de « veuve de Windsor ». Sa popularité remonte avec les jubilés d'or (1887) et de diamant (1897). Auteure prolifique, elle publie Leaves from the Journal of Our Life in the Highlands en 1868, vibrant éloge de son serviteur écossais John Brown.
Le règne de Victoria est marqué par la Grande Famine en Irlande à partir de 1845, qui entraîne la mort d'environ un million d'Irlandais et l'émigration d'autant. Surnommée The Famine Queen en Irlande, Victoria fait don personnel de 2 000 livres pour le secours, mais l'administration britannique est tenue pour responsable de l'aggravation du désastre. En 1839, l'affaire Flora Hastings, demoiselle d'honneur faussement accusée de grossesse hors mariage par la reine et morte d'une tumeur hépatique, vaut à la souveraine d'être conspuée comme « Mme Melbourne » lors de ses apparitions publiques. Sa relation très commentée avec le domestique John Brown puis avec le Munshi Mohammed Abdul Karim alimente les rumeurs de cour et les soupçons d'influence indue.
1819 : naissance le 24 mai au palais de Kensington à Londres.
1837 : accession au trône le 20 juin à la mort de Guillaume IV.
1838 : couronnement à l'abbaye de Westminster le 28 juin.
1840 : mariage avec le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha le 10 février ; première tentative d'assassinat par Edward Oxford.
1845 : achat d'Osborne House sur l'île de Wight ; début de la Grande Famine en Irlande.
1851 : inauguration de l'Exposition universelle au Crystal Palace, le 1er mai.
1858 : mariage de sa fille aînée Victoria au futur Frédéric III de Prusse.
1861 : décès du prince Albert le 14 décembre, début du veuvage prolongé.
1876 : prise du titre d'impératrice des Indes via le Royal Titles Act.
1882 : tentative d'assassinat par Roderick McLean à la gare de Windsor.
1887 : jubilé d'or, cinquantenaire de l'accession au trône.
1897 : jubilé de diamant, soixantenaire du règne.
1899 : séjour à Nice, à l'Hôtel Régina à Cimiez.
1901 : mort le 22 janvier à Osborne House, sur l'île de Wight.
Victoria est née le 24 mai 1819 au palais de Kensington, fille unique d'Édouard-Auguste de Hanovre, duc de Kent et de Strathearn, militaire et quatrième fils du roi George III, et de la princesse allemande Victoire de Saxe-Cobourg-Saalfeld. Orpheline de père dès 1820, elle grandit auprès de sa mère et de sa demi-sœur Feodora de Leiningen, étudiant sous la direction de la gouvernante hanovrienne Louise Lehzen, qui devient une figure d'attachement durable. Le 10 février 1840, elle épouse son cousin Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, dont elle aura neuf enfants : Victoria (1840), Édouard (1841, futur Édouard VII), Alice (1843), Alfred (1844), Helena (1846), Louise (1848), Arthur (1850), Léopold (1853) et Béatrice (1857).
Après le décès d'Albert en décembre 1861, Victoria reste en deuil le restant de sa vie. Elle entretient une relation étroite et controversée avec son domestique écossais John Brown jusqu'à la mort de celui-ci en 1883, puis avec son secrétaire indien Mohammed Abdul Karim, qui lui enseigne l'urdu. Son oncle Léopold Ier, roi des Belges, fut son principal conseiller dynastique. Elle séjourne régulièrement sur la Côte d'Azur, notamment à Nice au quartier de Cimiez, et entretient des liens diplomatiques chaleureux avec Louis-Philippe Ier puis Napoléon III et l'impératrice Eugénie. Elle soutient le Reform Act de 1867, mais s'oppose au droit de vote des femmes.
Victoria s'éteint le 22 janvier 1901 vers 18 h 30 à Osborne House, sa résidence privée sur l'île de Wight, à l'âge de 81 ans. La cause médicale rapportée est une attaque cérébrale, survenue dans un contexte de rhumatismes invalidants et de cataracte avancée. Son fils et successeur Édouard VII ainsi que son petit-fils l'empereur allemand Guillaume II se trouvent à son chevet. Conformément à ses volontés exprimées en 1897, les funérailles sont militaires, le blanc remplaçant le noir traditionnel. La cérémonie se déroule le 2 février 1901 à la chapelle Saint-Georges du château de Windsor. Sa disparition met un terme à un règne de soixante-trois ans et sept mois.
Victoria est inhumée aux côtés du prince Albert dans le mausolée royal de Frogmore, situé dans le Grand Parc de Windsor, après deux jours d'exposition publique. Un monument à sa mémoire est érigé en 1910 devant l'Hôtel Régina à Cimiez, à Nice, où elle séjournait régulièrement. La capitale des Seychelles, le lac Victoria et les chutes Victoria portent également son nom.
1 - En 1853, Victoria devient la première souveraine britannique à accoucher sous chloroforme, pour la naissance de son fils Léopold, malgré l'opposition du clergé qui invoquait le verset Genèse 3,16 et celle des médecins jugeant l'anesthésie dangereuse.
2 - Selon son biographe Giles St Aubyn, Victoria écrivait en moyenne 2 500 mots par jour ; son journal personnel, tenu sans interruption de 1832 à sa mort, finit par représenter 122 volumes, dont les originaux furent détruits par sa fille Béatrice.
3 - Sa dernière volonté fut que son loulou de Poméranie préféré, Turri, soit déposé sur son lit de mort à Osborne House.
4 - À la demande de Victoria, son cercueil contenait un peignoir d'Albert, un moulage en plâtre de la main du prince consort, ainsi qu'une mèche de cheveux de John Brown et une photographie de ce dernier dissimulées dans sa main gauche par un bouquet.
5 - Elle survécut à au moins huit tentatives d'attentat, dont celles d'Edward Oxford en 1840, John Francis en 1842, William Hamilton en 1849, Robert Pate en 1850, Arthur O'Connor en 1872 et Roderick McLean en 1882.
6 - Sa première rencontre avec son futur époux Albert lui inspira, dans son journal, une description précise et enthousiaste de ses cheveux, ses yeux bleus, son nez et ses dents : « le charme de sa contenance est son atout le plus délicieux ».
- Métier(s) : reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, impératrice des Indes.
- Résidence principale : palais de Buckingham (Londres), château de Windsor, Osborne House (île de Wight), château de Balmoral (Écosse).
- Relations de couple : épouse du prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (1840-1861).
- Enfants : neuf, Victoria (1840), Édouard (1841), Alice (1843), Alfred (1844), Helena (1846), Louise (1848), Arthur (1850), Léopold (1853), Béatrice (1857).
- Distinctions : fondatrice de la Croix de Victoria (1856), titre d'impératrice des Indes (1876), Médaille du jubilé d'or (1887) et Médaille du jubilé de diamant (1897).
« Cela valait la peine de se faire tirer dessus pour voir à quel point l'on est aimée. »
— Réaction à l'attentat de Roderick McLean, 2 mars 1882 (traduit de l'anglais)
« Il n'est pas dans nos habitudes d'annexer des pays à moins que nous n'y soyons obligés et forcés. »
— Correspondance politique de la reine, années 1870 (traduit de l'anglais)
« Si nous voulons maintenir notre position de puissance de premier rang, nous devons être préparés à des attaques et des guerres, quelque part ou ailleurs, continuellement. »
— Correspondance privée, années 1870 (traduit de l'anglais)
« J'ai été réveillée à 6 h par Mamma qui me dit que l'archevêque de Canterbury et Lord Conyngham étaient là et qu'ils voulaient me voir. […] Lord Conyngham m'informa alors que mon pauvre oncle, le roi, n'était plus et avait expiré à 2 h 12 ce matin et que par conséquent "Je" suis "Reine". »
— Journal personnel de Victoria, 20 juin 1837 (traduit de l'anglais)
« Cela valait la peine de se faire tirer dessus pour voir à quel point l'on est aimée. »
— Réaction à l'attentat de Roderick McLean, 2 mars 1882 (traduit de l'anglais)
« Il n'est pas dans nos habitudes d'annexer des pays à moins que nous n'y soyons obligés et forcés. »
— Correspondance politique de la reine, années 1870 (traduit de l'anglais)
« Si nous voulons maintenir notre position de puissance de premier rang, nous devons être préparés à des attaques et des guerres, quelque part ou ailleurs, continuellement. »
— Correspondance privée, années 1870 (traduit de l'anglais)
« J'ai été réveillée à 6 h par Mamma qui me dit que l'archevêque de Canterbury et Lord Conyngham étaient là et qu'ils voulaient me voir. […] Lord Conyngham m'informa alors que mon pauvre oncle, le roi, n'était plus et avait expiré à 2 h 12 ce matin et que par conséquent "Je" suis "Reine". »
— Journal personnel de Victoria, 20 juin 1837 (traduit de l'anglais)